"Jo" est une pure mécanique de rire, un huis clos vaudevillesque où le génie de Louis de Funès explose dans un feu d'artifice de gags et de panique. Porté par une intrigue aussi simple que redoutable, le film est une démonstration éclatante de ce que la comédie de boulevard peut produire de meilleur : un divertissement effréné et jubilatoire.
Le film repose entièrement sur la performance explosive de Louis de Funès. Dans le rôle de cet auteur de théâtre dépassé par les événements, il est tout simplement déchaîné. Chaque scène est un prétexte à une nouvelle crise de nerfs, une nouvelle mimique hilarante, un nouveau cri strident. Son énergie est le moteur d'une comédie qui ne s'arrête jamais, transformant la macabre dissimulation d'un cadavre en un ballet burlesque irrésistible.
Cette performance est servie par un scénario d'une efficacité comique implacable. Adapté d'une pièce de théâtre, le film en conserve la structure millimétrée. L'enchaînement des quiproquos, des visiteurs inopportuns et des rebondissements est d'une précision diabolique. Le rythme est haletant, créant une avalanche de gags visuels et de situations absurdes. L'humour, basé sur le grotesque et le burlesque, fonctionne à merveille, jouant constamment sur la panique grandissante d'un personnage qui s'enfonce toujours plus dans le chaos.
Si Louis de Funès occupe tout l'espace, il est magnifiquement entouré de seconds rôles de qualité. Bernard Blier, en inspecteur Ducros faussement débonnaire, est un adversaire et un partenaire de jeu idéal, dont le calme flegmatique pousse de Funès dans ses derniers retranchements. À ses côtés, Claude Gensac est parfaite en épouse complice, et d'autres apparitions savoureuses, comme celle de Michel Galabru en entrepreneur envahissant, viennent pimenter cette farce menée tambour battant.
"Jo" est une pièce d'orfèvrerie comique, une farce menée tambour battant par un Louis de Funès en état de grâce. Un film qui, malgré sa simplicité, atteint un sommet d'efficacité et de drôlerie. Hilarant, tout simplement.