Voici le temps des assassins
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Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2009
Magnifique exemple de « qualité à la française » que la Nouvelle vague en général et Truffaut en particulier se feront un plaisir de prendre pour cible, en étant souvent d’une mauvaise foi manifeste... Dans ce film noir à l’atmosphère parfois irrespirable, Duvivier fait là, comme toujours, un travail d’artisan très honnête et il n’y a rien à redire à ses partis pris de mise en scène ou de direction d’acteurs. Gabin joue un rôle taillé sur mesure et Danièle Delorme est parfaite dans un personnage de garce comme le cinéma français les aimait tant à cette époque d’après-guerre. L’histoire est sans faille et bien racontée, très correctement filmée et jouée dans l’esprit par l’ensemble de la distribution, très homogène et de qualité. Un film intéressant qui fait réfléchir sur les noirceurs de l’âme humaine dues à la misère…
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2009
Un film pareil ne peut-être signé que par Julien Duvivier,c'est "the" film d'auteur par excellence.Le climat,le noir et blanc,la façon de jouer,les acteurs formidablement dirigés...Tout cela, c'est une époque révolue.Quelle chance nous avons aujourd'hui de pouvoir à loisir visionner et montrer aux amis de telles œuvres:la France des années 1930/1950 ou du moins une certaine France,celle des petites gens qui tentent ou rêvent d'améliorer leurs conditions de vie.Duvivier est la noirceur même,il ne croit pas en l'homme,c'est tout à fait son droit car tous ces personnages existent mais il nous les montre sous un réalisme artistique qui fait froid dans le dos. Quel talent!Heureusement qu'il existe des abbés Pierre et des sœurs Emmanuelle pour éclairer l'autre face hommaine, car dans ce film en dehors d'élans de générosité toujours plus ou moins intéressés,personne ne fait confiance à personne et chacun est prêt à croire le mal que l'on dit des autres.En plus ,il y a un personnage particulièrement sadique,magnifiquement interprété par Germaine Kerjean.Qui peut oublier comment elle se sert de son fouet pour tuer avec plaisir les poulets de son restaurant?Il faut être en forme avant de sortir un Duvivier de sa pochette sauf Don Camillo bien entendu.
NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2013
Voici le temps pour Gabin d'être face à deux femmes machiavéliques. Sans vous dévoiler la seconde, la première est jouer par l'actrice Danièle Delorme, tout simplement prête à tout pour berner son monde. Gabin quand lui joue un brave restaurateur, prestance solide, il nous dessert une fois de plus tout son statut d'un grand acteur. Film français de haute qualité qui monte en brutalité ainsi qu'en fatalité.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2016
On est très proche du chef d'œuvre : L'ambiance des Halles, celle du restaurant sont rendues magistralement. Gabin est impérial, Delorme bluffante et superbe, les vielles sont toutes plus méchantes les unes que les autres C'est très noir mais sans manichéisme, la mère de Gabin est loin d'être épargnée dans l'affaire spoiler: (une cinglée sadique qui tue ses poulets à coup de fouet
!). La progression dramatique est parfaite, mi mélodrame, mi thriller avec quelques pointes d'humour. Ajoutons-y une réalisation aux petits oignons, des cadrages et une photographie sans reproches. Il y a juste un problème : la fin : certes ça devait se terminer un peu comme ça, mais cette surenchère dans le rocambolesque n'était vraiment pas de mise.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2016
"Voici le temps des assassins" est un film surprenant et malin, surtout au vu de son coup de théâtre qui fait basculer le personnage de Catherine, d'abord naïf et tendre, dans une dimension perverse et machiavélique. Ce changement de connotation s'inscrit dans le projet du film, qui se fait d'abord passer pour un mélodrame subtilement mis en scène où chaque regard est chargé d'une fragilité et d'un désir puissants, avant de devenir un véritable "film à scénario", ce que l'on pourrait regretter sur le coup du premier grand retournement de situation. Ainsi, il faut accepter que les promesses de mise en scène annoncées dans le premier tiers du film ne soient finalement pas la pierre angulaire de ce suspense mais que ce dernier mise principalement sur son écriture, par ailleurs excellente. Elle construit ses systèmes d'opposition et de manipulation autour de la méchanceté des femmes, qui ne laissent guère de doute sur la misogynie du film, tellement vicieuses qu'elles ne se supportent même pas entre elles (la scène du fouet) et dont l'esprit maladif semble être héréditaire, à la manière des personnages de Zola, sans que l'on comprenne précisément ce qui anime le plan de Catherine et son obstination jusqu'au-boutiste. Ce personnage est passionnant, capable de mentir avec un naturel désarmant et trompant le spectateur aussi bien que Gérard (Gérard Blain) et André (Jean Gabin), en partie grâce à la beauté aveuglante d'une Danièle Delorme aussi charmeuse que terrifiante, incarnation du diable à gueule d'ange et dont l'intelligence est si redoutable qu'on peine à deviner comment son entreprise pourra être stoppée. Julier Duvivier signe un film à la noirceur jubilatoire, politiquement incorrect et avant-gardiste dans sa représentation de l'érotisme féminin.
Ryce753
Ryce753

32 abonnés 431 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2014
Voilà un grand film de Julien Duvivier avec Monsieur Gabin dans le rôle d'un restaurateur intègre, honnête, ayant (peut-être un peu trop) le coeur sur la main mais loin d'être naif et crédule. Danièle Delorme incarne Catherine, une jeune femme machiavélique et sournoise, prête à tout pour se procurer de l'argent, allant même jusqu'à causer de sérieux soucis au restaurateur et au meilleur ami de celui-ci. Ce film, empreint d'une atmosphère lourde et noire, est un classique du cinéma français. Les décors du quartier des Halles de Paris, le restaurant qui sert presque de décor principal, le froid de l'hiver, la pluie, la brume, des personnages sombres et déchus (comme la mère de Catherine), l'hôtel au bord du lac, l'appartement poisseux et délabré où vit la mère de Catherine, bref tous ces détails rendent ce film immersif, envoûtant et prenant. Du vrai bon cinéma d'antan.
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2010
Vu quatre fois ce film...avec l'impression de découvrir à chaque fois.
Je suis de ceux qui pense que Julien Duvivier est, au même titre, que Jean Renoir, un des grands maîtres du cinéma français, classé à tort dans les cinéastes appartenant à une certaine "Qualité française" à la Jean Delannoy... Entièrement faux !!! Il nous le prouve magistralement avec ce film... Pour moi parmi ses chefs d'oeuvres, et parmi les meilleurs films du monde (ce n'est pas pour rien que Tonie Marshall s'apprête à en faire une réadaptation avec Gérard Depardieu)... Tant le sujet est fort, ultra maîtrisé, le jeux des acteurs touchant au sublime, la mise en scène excellente (du niveau d'un Welles)...
Premier point fort: la vision de Duvivier sur les humains, remplie d'amertume et de cynisme (mais avec une pointe d'espoir incarné par le personnage d'André Chatelain - joué par Gabin), rendue par l'atmosphère créé par l'écriture, la photo et les décors.
Deuxième point fort: LE RÔLE DE DANIELE DELORME !!! A mille lieux de ses niaiseries qu'elle avait l'habitude d'incarnées... Pour moi une des meilleures "saloperies" de l'histoire du cinéma...Superbe de noirceur incarnée... A voir rien que pour elle...
Troisième point fort: le jeu des autres acteurs, Jean Gabin (étonnement sobre en restaurateur naïf et généreux - certainement l'un de ses meilleurs contre-emploi), Lucienne Bogaërt (qui compose la mère de D. Delorme, finalement plus retorse, et machiavélique que sa fille, qu'elle utilise comme une arme...) et Germaine Kerjean (en mère de Jean Gabin, il faut juste voir la scène -saisissante- où elle fouette Danièle Delorme)...
A voir pour la scène finale, sans concessions, simplement suggérée... ce qui en fait la force.... SUBLIME !!!
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 décembre 2008
Fascinant du début à la fin!Quels acteurs!
rogertg2
rogertg2

34 abonnés 762 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2008
Un très bon film qui maintient notre attention d'un bout à l'autre. Jean Gabin est excellent en tant que brave restaurateur qui se laisse manipuler, quant à Danielle Delorme, on a envie plusieurs fois de l'étrangler car elle est vraiment ignoble.
Pauline G.
Pauline G.

45 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2015
Film noir et non dénué d'humour pour autant, Voici le temps des assassins fustige le pouvoir des femmes comme la naïveté des hommes amoureux. Le scénario fouillé se voit souligné par une mise en scène qui accentue le cynisme ambiant, porté par Jean Gabin en homme fort et indépendant qui fond comme neige au soleil face à la beauté de Danièle Delorme, dont l'apparence frêle et fragile ne masque que mieux l'immensité de son mauvais fond. Le rôle de Gérard Blain n'est pas en reste non plus, se posant comme le pilier caché sur lequel repose toute l'intrigue. Reposant sur des méthodes et des contrastes qu'on n'a pas l'habitude de voir dans le cinéma d'aujourd'hui, Voici le temps des assassins est un film captivant car surprenant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 mai 2007
j'ai super bien aimé çe film sur une femme fatale .
SUPER scénario , c'est un film noir .
Dans la lignée des diaboliques avec signoret.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 120 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2019
Parfaitement maîtrisè et d'une rare noirceur pour l'èpoque, "Voici le temps des assassins" est un incontournable du cinèma français! Jean Gabin est remarquable face à une garce inoubliable, l'impressionnante Danièle Delorme! Mais pourquoi diable est-elle aussi mèchante et mauvaise ? Duvivier dira qu'elle est nèe comme ça! Un rôle difficile à porter mais l'actrice s'y engage nèamoins avec confiance, car le personnage de Catherine lui allait comme un gant! Premier grand rôle au cinèma du jeune Gèrard Blain et reconstitution admirable des mythiques halles de Paris à tel point qu'on croirait que ce sont les vraies! Assurèment l'un des meilleurs films de Duvivier qui provoque bien des surprises où le rèalisateur renoue avec la puissance de ses plus grandes rèussites d'avant-guerre ("La bandera", "La belle èquipe"...).
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 avril 2016
Une femme aussi glaciale.... Comment a-t-il pu tomber dans le piège?? Une machination autour de l'amour et du remords. Cette femme est un monstre de froideur et d'insensibilité et il n'y a que lui qui ne s'en rend pas compte. Excellent film réalisé avec un scénario formidable et un suspense très présent. Les acteurs sont également superbes. Une réussite qui est également un témoignage magnifique du Paris des Halles.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 avril 2024
Ayant rencontré des difficultés pour se réapproprier son statut de réalisateur majeur du cinéma français à son retour d'Hollywood en 1944, Julien Duvivier aura bénéficié du succès mondial des deux premiers épisodes de la saga des Don Camillo qu'il met en scène au début des années 1950 pour revenir au premier plan. Il en profite pour entreprendre un projet plus ambitieux tiré d'un roman de Peter de Mendelssohn qui lui tient à cœur. Ce sera "Marianne de ma jeunesse" tourné essentiellement en Bavière. Le film est un échec mal digéré par Duvivier qui comble de malheur perd son épouse Olga quelques mois après la sortie du film.
C'est peut-être pour mettre un terme à cette période noire qu'il sollicite Jean Gabin avec lequel il a connu ses plus grands succès critiques ("La Bandera", "La belle équipe", "Pépé le Moko") et qui vient tout juste de sortir du tunnel de l'après-guerre avec "Touchez-pas au grisbi" de Jacques Becker (1954). Avec Maurice Bessy et Charles Dorat, Duvivier concocte un scénario original d'une noirceur absolue créant avec le personnage interprété par Danièle Delorme sans doute ce qui s'est fait de plus dérangeant dans le domaine de l'amoralité. Bernard Blier avait déjà été le jouet de manière cruelle et tragique de Simone Signoret dans "Manèges" d'Yves Allégret (1949) mais l'introduction du personnage drolatique interprété par Jane Marken déclenchait un recul qui adoucissait quelque peu le propos. Rien de tel ici où le cynisme minaudier et sans retenue de la jeune femme cornaquée par sa mère (Lucienne Bogeart) nous est imposé jusqu'au mot fin.
Jean Gabin dit André Chatelin, restaurateur célibataire dans le quartier des Halles est sans doute voulu par Duvivier comme le Jeannot de "La belle équipe" qui ayant réussi son entreprise, aurait quitté les bords de la Marne pour Paris et laissé la gestion de sa guinguette à sa mère (Germaine Kerjean). Gabrielle (Lucienne Bogeart) de son côté serait le double de Gina (Viviane Romance), la belle garce qui se chargeait de briser le rêve communautaire des chanceux de la belle équipe, revenant d'entre les morts pour continuer de diffuser le poison de son charme mortifère via sa fille (Danièle Delorme) élevée dans ce seul but. Cette interprétation possible vient encore renforcer l'accusation de misogynie faite par une partie de la critique à l’encontre de Duvivier.
Il est vrai que si l'on couple ces deux films magnifiques pourtant distants de près d'une vingtaine d'années, on peut voir une récurrence dans la manière dont Duvivier profondément humaniste tout autant que pessimiste propose une vision de la femme présentée comme principale source de perversion de violence et de déchéance chez l'homme. Cette inclinaison difficilement niable chez beaucoup de cinéastes de cette génération n'enlève rien à la brillante manière dont Duvivier mêle les images naturalistes d'un marché des Halles bouillonnant au tourment qui ronge les cœurs et les âmes derrière la façade du restaurant d'André (Jean Gabin) depuis que la diabolique ingénue y a posé ses griffes. On est pris à la gorge par le piège que l'on voit très rapidement se refermer sur un Gabin tout en sobriété. Mais Duviver ne relâche jamais l'étreinte, poussant toujours un peu plus loin le cynisme de la jeune femme qui quelquefois paraît agir comme un robot de chair.
Si la photographie d'André Thirard est somptueuse, la direction d'acteurs de Duvivier est d'une efficacité redoutable, conduisant la toute jeune Danièle Delorme à camper hardiment une des plus belles garces du cinéma français. Si vous n'avez pas vu "Voici le temps des assassins", il vous faut absolument combler ce manque.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 octobre 2017
Julien Duvivier, c’est quand même quelqu’un dans l’histoire du cinéma français. Un cinéaste à qui l’on doit certains classiques comme « Marie-Octobre » (1957), « Le Petit monde de Don Camillo » (1952) ou encore « Pépé le Moko » (1937). Autrement dit, Duvivier, c’est un calibre. Jean Gabin, pareil, c’est un calibre, un monstre sacré de notre cinoche qui lui aussi est tributaire d’une bonne palanquée de classiques cinématographiques, dont un cité juste au dessus. Rien que ça, ça m’a suffit pour m’intéresser à « Voici le temps des assassins… », et je dois bien admettre que j’attendais beaucoup de ce film. Mais au final, c’est la déception qui m’anime. Je n’ai pas été emballé plus que ça. Pourtant le style de Duvivier, caractérisé par un pessimisme continu et des personnages évoluant constamment dans une atmosphère sombre, ça me branche vachement, mais sur ce coup là non, ça ne m’a pas fait d’effet particulier. Pendant les trois quarts du film, l’histoire, enfin plus précisément le déroulement de l’histoire est tout de même vachement linéaire et convenu. Et le rythme n’est pas des plus enlevés. On s’ennuie donc pas mal. Pour que l’ensemble se décante et que la machine démarre vraiment, il faut attendre le moment durant lequel le personnage joué par Jean Gabin découvre la machination dont il est la victime. Vraiment, pour moi, en ce qui concerne le contenu de ce film noir, c’est mi-figue, mi-raisin. En ce qui concerne le jeu des acteurs, c’est la même chose. Grande surprise: Gabin n’est pas dans une grande forme, n’est donc pas aussi impérial que d’habitude et n’est pas très convaincant. C’est quand même rare. Gérard Blain est à baffer. Celle qui fait la meilleure impression, c’est Danièle Delorme. « Voici le temps des assassins… » était sans aucun doute un film puissant pour l’époque, mais le temps en décide autrement. Aucun film, même majeur n’est à l’abri.
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