C'est avec regret que je mets 3 étoiles mais le climat de ce film est si fabriqué, si dénué d'intérêt psychologique, sans réel scénario et sans aucun personnage autre que des marionnettes recherchant l'amour et ne trouvant qu'un pauvre plaisir passager que je n'arrive pas à y entrer.Bien évidemment, je vois la superbe mise en scène d'une élégance incomparable, le jeu fin et subtil des actrices plus que des acteurs d'ailleurs, sauf en ce qui concerne Fernand Gravey. J'adhère au dialogue guère profond mais subtilement romantique et j'apprécie le charme suranné des années 1900 à Vienne vues par une camera des années 50. Reste que pour moi le cinéma c'est avant tout des humains de chair et d'os avec leur aspirations profondes angéliques ou diaboliques et j'ai besoin de leurs émotions pour être ému moi-même. Dans ''la ronde'', Ophuls à poussé le baroque trop loin comme il le fera dans ''Lola Montes''…Je laisse cela aux spectateurs qui aiment vraiment cette façon artistique de créer de telles ambiances, ils existent.
Ophuls s'amuse à montrer que l'amour est impossible et n'est qu'un jeu cruel; les dialogues sont le plus souvent pétillants, les décors sont somptueux; la mise en scène est exceptionnelle, caractéristique du style Max Ophuls fait de longs travellings, plans-séquences et mouvements de caméra. La qualité des différents épisodes est inégale : certaines scènes sont vraiment remarquables d'humour, notamment celles jouées par Danielle Darieux que ce soit avec son jeune amant Daniel Gélin ou avec son mari en train de faire son bilan financier au lit. Certaines scènes manquent par contre de rythme et de vivacité en particulier celle de Gérard Philipe. Très bon film cependant, presque chef d'oeuvre
Un conte tout en finesse et distanciation sur la primauté du désir sexuel, son indifférence, ou plutôt sa prééminence par rapport aux étiquettes et aux conventions sociales. L’auteur autrichien (de l’Empire austro-hongrois finissant) de « La ronde », Arthur Schnitzler, était le plus freudien des écrivains. La réalisation de Max Ophüls frôle la perversité dans sa manière de garder les apparences d’une viennoiserie d’opérette (ou de comédie musicale) dans une évocation manifeste de la sexualité en tant que telle. La photographie, les décors, les costumes, sont d’une beauté éblouissante. Le film bénéficie des interprétations d’une brochette de comédiens formidables et au mieux de leur art.
Décidément, je n'accroche pas beaucoup au film de Max Ophüls. Bon côté mise en scène c'est très classe avec des beaux plans et mouvements de caméras mais niveau scénario il y a à redire. L'idée de départ est osée mais parfois exploitée de manière peu originale, la vision des relations entre les hommes et les femmes à la fois caricaturales (même pour les années 50) et critiques. Avec des yeux modernes ce film est même un peu rétrograde.
Un véritable ravissement pour les yeux et les oreilles. La photographie est de toute beauté, les acteurs magistraux (surtout Darrieux que je découvre enfin), la mise en scène à se pâmer. On tient là un film-somme, une véritable élégie. Max Ophuls avait bien compris que la vie peut parfois être le plus beau des spectacles et c'est ce qu'il cherche à montrer en mettant en scène cette Ronde obsédante qui emporte toute ma sympathie. Chef d'œuvre.
Le film s’ouvre sur un long plan séquence où un personnage nous explique ce qu’il va faire : nous présenter « la ronde » à travers différentes scènes. Au début on pense qu’il parle du cycle de l’amour qui se reproduit sans cesse mais petit à petit on comprend qu’il s’agit de la ronde de l’infidélité, des désirs impulsifs et stériles. Sous couvert d’une légèreté apparente accompagné d’un peu d’humour Max Ophüls nous montre en réalité son constat très sombre sur la société incapable d’aimer en dehors du désir, lâche et hypocrite ce qui fait de La Ronde un film fort et moderne. Ophüls n’a d’ailleurs aucunement besoin de filmer les ébats de ses personnages pour faire fonctionner son film qui délivre parfaitement son message. Les interprétations sont excellentes et le casting prestigieux, Anton Walbrook, Simone Simon, Serge Reggiani, Simone Signoret et Danielle Darrieux. La mise en scène reste discrète, Ophüls utilisant beaucoup de plans séquences mais aussi quelques cadrages obliques surprenants. Bref, la Ronde est un film maîtrisé et réussi.
J'ai été ébloui par ce film, le premier que je voyais d'Ophuls. Dès le début, l'image de la ronde s'impose au cours d'un incroyable plan séquence, qui n'a rien à envier à un Orson Welles. Tout est stylisé dans ce film : décors reconstituant une Vienne de fantaisie, mouvements de caméra etourdissants, jeu constant avec le spectateur. Cette brillance de la forme, à laquelle répondent l'humour des dialogues et le talent des comédiens, contraste admirablement avec le pessimisme du propos. Ici, l'amour est impossible et n'est qu'un jeu cruel; mais c'est le génie de ce film de nous entraîner et de nous faire accepter ce jeu fataliste.
Quelle élégance ! Quel style ! La vieille à côté de moi en sortant disait à son mari "c'est un peu lent, quand même" ! C'est toi la vieille qui est peu lente, avais-je envie de lui répondre ! Sinon, c'est un bel hommage au libertinage, une si belle tradition française. Ophuls aime autant les femmes que Mizoguchi, et c'est pour quoi j'adore aussi ce cinéaste. Et puis, cette musique, cet humour...Bref, à ne pas rater !
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4,0
Publiée le 6 octobre 2025
L'amour est un manège qui nous fait tourner la tête! Entrez dans cette « ronde » de Max Ophüls que prèsente une nouvelle fois le Cinèma de minuit, d'après la pièce de Schnitzler dont s'inspire l'oeuvre! Le meneur de jeu se nomme Anton Walbrook et c'est lui qui mène "La ronde" (1950) autour de plusieurs histoires galantes à la mise en scène tout en finesse et en èlègance! Une petite promenade dans le temps (Vienne, 1900) avec de grandes vedettes de l'èpoque (Signoret, Reggiani, Darrieux, Gèrard Philipe...) qui aguichent, sèduisent, dèniaisent ou s'enfuient! Quinze ans après ce grand classique du cinèma français, Roger Vadim signera (hèlas!) une nouvelle « ronde » des amours n'apportant rien de bien nouveau et de nuancèe malgrè sa prestigieuse distribution...
Dans ce film, Max Ophüls joue avec la frivolité de l'amour et le compare à un flux cyclique : au lieu de suivre des personnages, avec l'amour qui va et vient, il suit l'amour qui passe d'une personne (et non d'un couple, chaque personnage recevant l'amour avant de le donner) à une autre. Le film est très théatralisé, avec Walbrook en metteur en scène, scénariste, ingénieur, censeur ^^... de ce marivaudage montrant toutes les couches de la société de cette Vienne de 1900, sur le ton de la dérision et de l'absurde. La forme a un peu vieilli, aucun doute, mais le film reste franchement bon et assez drôle par moments, abordant certains thèmes surprenants pour l'époque (l'impuissance!) de façon légère.
Fraîcheur subtile, finesse, légèreté caractérisent les films de Max Ophuls, cinéaste inclassable et d'une grande indépendance d'esprit, qui furent tous un enchantement pour le spectateur. Ophuls aime les histoires en costumes, les décors somptueux, les ambiances raffinées, les objets, au point que ses personnages paraissent emprisonnés dans ces cadres scintillants et parfois surchargés, qui leur servent de miroir et semblent leur renvoyer le reflet de leur propre vacuité.Car, chez le cinéaste, les objets ont presque autant d'existence que les personnes, tout concoure à créer une atmosphère propice au déroulement d'une intrigue qui oscille entre réalité, fiction et artifice.
Cet art de la mise en scène, ce style élégant sont ceux d'un marivaudage brillant, mais qu'une seconde lecture ouvre sur une réflexion plus profonde, voire pessimiste. La Ronde est manifestement une interrogation sur l'amour. C'est lui qui mène la danse, cette valse viennoise pleine de grâce et de désinvolture.Et, cependant, tout cela n'est-il pas tragique, sorte de danse macabre écervelée et insouciante, où l'érotisme rejoint la mort, la frivolité le désespoir ? En définitive, les personnages, faussement joyeux d'Ophuls, éphémères et presqu'irréels, pris de vertige et d'angoisse, car appartenant à des époques révolues, sont condamnés à une mort imminente et se trouvent au bord du gouffre qui va les anéantir.Ainsi vont les 11 héros de La Ronde, suite de brefs récits présentés par un meneur sous forme de tableaux et interprétés par des acteurs éblouissants. Parmi eux, Danielle Darrieux, Simone Signoret, Serge Reggiani, Daniel Gélin.Ils contribuent à faire de La Ronde un chef-d'oeuvre de bon goût, où la poésie ne cesse d'être présente dans cette variation féerique sur le thème éternel du désir.
Trois étoiles généreuses. Parce qu'il faut reconnaitre que la mise en scène de Max Ophuls est brillante et que certains numéros d'acteurs excellents. Mais toutefois, l'ensemble est parfois ennuyeux, et même si le principe est de qualité, ce film est tout de même très inégal. Mais on ne peut l'ignorer.