465 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
62 critiques spectateurs
5
19 critiques
4
21 critiques
3
14 critiques
2
6 critiques
1
2 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
kinophil
23 abonnés
262 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 20 mars 2013
Réflexion sur la recherche du bonheur qui se termine par la sentence "Le bonheur n’est pas gai". Excellent film à la mise en scène virtuose et aux univers particulièrement bien retranscrits par un luxe de détails, au niveau des décors, des costumes ou de l'ambiance générale (frénésie de la maison de bal, bucolisme de la campagne normande parcourue en petit train à vapeur (avec wagon-compartiment réservé aux dames) ou en charrette, merveilleuses notations de saynètes marginales (représentant en jarretières trop entreprenant sous un tunnel...). Superbe interprétation de la fine fleur des comédiens français de l'époque. Réalisation brillante, virevoltante avec des travellings incessants et une caméra vertigineuse à la limite excessive à donner le tournis.
Un chef-d’œuvre signé Max Ophüls. Le réalisateur allemand adapte à l'écran trois nouvelles de Maupassant dont l'extraordinaire "Maison Tellier" et la fantastique histoire du "Masque" où la caméra d'Ophüls, débridée comme jamais, vole de scène en scène, pour rendre toute la gravité de l'histoire imaginée par le grand écrivain français. Certes, le "Modèle" semble la moins réussie de ces trois adaptations, mais il faut souligner la qualité d'une distribution dans laquelle figurait toutes les stars françaises de l'époque : de Gabin à Danielle Darrieux, en passant par Gaby Morlay, Claude Dauphin ou Pierre Brasseur. Le résultat de l'ensemble est saisissant de vérité et de profondeur psychologique, mélange d'expressionnisme français et de réalisme allemand. Magique !
Avec "Le Plaisir", Max Ophuls adapte 3 contes de Mautpassant réunis sous la thématique annoncée par son titre. 3 histoires qui nous emmènent dans des lieux où les personnages cherchent à profiter du présent sans penser au temps qui passe, et qui finiront malheureux pour ne pas avoir su être patient. La forme du film à sketch est difficile à maitriser, mais le réalisateur s'en sort avec tous les honneurs. Les nouvelles sont liées entre elles par la voix du narrateur, l'un des points forts du film : une voix totalement subjective et s'addressant directement à nous comme si Mautpassant lui-même nous parlait. On pourra sans doute reprocher quelques longeurs dans la deuxième partie, ou un manque d'unité dans la dernière, plus ambigue. La thématique du temps, et la tragédie de l'homme qui veut lutter contre, est magnifiquement suggérée par la mise en scène. Voir ainsi la symbolique du masque, puis du portrait, deux moyens par lesquels on essaie en vain de figer le temps. Voir aussi le travail sur les visages, visages de femmes surtout, tojours en ambiguité, quelque part entre la pureté et la paillardise. Et puis difficile de ne pas évoquer les mouvements de la caméra, utilisation du travelling et de la grue. La séquence d'ouverture de "la maison tellier" nous présente ainsi en une seule sécquence la rue, la maison, les fenêtres et toutes ses habitantes, sans jamais y entrer : on se croirait dans un Hitchcok/ De Palma ! Sont encore à évoquer, pour terminer, un gros casting impeccable et un sens de l'humour efficace. "Le Plaisir" en sera un pour vos yeux et vos oreilles !
Le Plaisir est un très beau film à sketch de la part de Max Ophuls. Tourné au début des années 50, ce long métrage est une adaptation extrêmement fidèle de trois nouvelles de Guy de Maupassant que sont : le Masque, la Maison Telliet et le Modèle. Ces trois histoires sont toutes très différentes, mais cela n'empêche pas qu'elles soient très agréable à visionner, avec une préférence pour " la Maison Tellier " qui est aussi la plus longue de toutes. L'univers de Guy de Maupassant est ici particulièrement bien retranscrit, que ce soit au niveau des décors ( pour la 1ère et la 3 ème histoire ) qu'au niveau des costumes et de l'ambiance en règle générale du style de l'écrivain ( surtout pour la 2 ème histoire ). De plus l'interprétation de l'ensemble des comédiens est superbe; pour la première histoire je retiendrais un Claude Dauphin excellent dans le rôle du médecin ; pour la seconde histoire, un Jean Gabin parfait dans le rôle de Joseph Nivet ; et pour la troisième histoire, la magnifique Simone Simon qui est à la fois touchante et émouvante à travers le personage de Joséphine, le modèle. Il s'agit donc d'une oeuvre qui est hautement recommandable à la fois pour les fans de l'écrivain , mais aussi pour ceux qui veulent y découvrir son univers.
Une mise en scène excellente tous les plans et mouvements de caméra sont sublimes. Les dialogues et décors arrivent a donné du charme, de ce côté là je trouve ce film réussi. Mais les nouvelles adaptées ici ne sont pas à mon goût, les deux histoires les plus intéressantes (et même celle-ci ne sont pas grandiose) sont les deux plus courtes et elles ne durent que à peine 15 minutes chacune. Je croyais voir un film plus flamboyant au vue des critiques incroyables de ce film.
Trois histoires. Trois, c’est impair. Et le film semble impair aussi. On jongle de bonne en mauvaise impression. L’utilisation de la voix off, du conte, n’est pas surexploité, mais fatigue déjà. Selon moi, Ophüls ne nous laisse pas nous faire plaisir en silence. Du bruit, partout, tout le temps, jamais nous n’avons le temps de souffler. Bien que l’entrée en matière de la seconde histoire soit virtuose, celle-ci finit par lasser à cause de dialogues interminables. C’est un peu bavard, un peu trop théâtral, on sent le costume. La surutilisation des dialogues est d’autant plus à déplorer que les plans sont extraordinaires, et suffiraient pour tout dire ! Les dernières scènes du film suffisent à légitimer le plaisir de voir le film. Dommage, ce fut ponctuel.
Loin des œuvres monolithiques et dépourvues de toute subtilité, le Plaisir est un film que l’on peut voir et revoir sans jamais se lasser ; c’est un tableau plein de fraicheur, il en sort une image radieuse… Dès les premières secondes, dans l’obscurité, une voix off (Jean Servais) s’élève du néant et se présente a nous comme étant Maupassant, et nous emporte dans chacune des trois histoires. La première séquence du bal est vertigineuse, la caméra valse au milieu des personnages et nous communique leur frénésie avec une rare intensité. Tous au long du film cette camera poursuit sa trajectoire sans jamais s'éterniser, dans une totale fluidité qui est propre au cinéma d’Ophüls. Un casting formidable, des commentaires et dialogues qui déploient les richesses de la langue française. Ce film cultive la joie de vivre, même s’il est boudé par certain a cause de son coté pessimiste ; c’est que lorsque l’on traite du plaisir en tant que satisfaction des désirs il ne faut pas s’attendre a ce qu’on flatte vos illusions… Aussi quand Ophüls prend le partie de filmer la maison Tellier de l’extérieur, on pourrait penser que c’est une manière de dénoncer la prostitution. La conclusion est que le plaisir n’est pas à confondre avec le bonheur et « qu’il n’est pas de bonheur positif » comme disait Schopenhauer. Quoi qu’il en soit cette œuvre nous confie qu’il ne suffit pas de vivre pour jouir, mais vivre de vivre, vivre de célébrer l’existence.
Sur le fond comme sur la forme, Le plaisir est sans conteste le plus beau film à sketchs jamais réalisé, ce style étant surtout utilisé dans les comédies. En effet, cette splendide réflexion sur la recherche du bonheur est filmée dans de très beaux décors et avec des effets de caméra en mouvements perpétuels, un système de mise en scène vivante que bien des cinéastes ont plus tard repris à Max Ophüls. Adapté de trois nouvelles de Maupassant, dont on retrouve d’ailleurs la verve poétique, ce long-métrage donne tant sa place au talent de ses acteurs qu’à la sobriété de son propos.
Tout simplement brillant, on a ici une oeuvre abouti en tout points… tellement belle, cette réflexion sur le plaisir, sans jamais nommé le plaisir dont il est question, avec cette pudeur, ces litotes et euphémismes… jusqu'à cette phrase de conclusion tellement vrai et belle. La force du film réside aussi dans sa narration en trois partie, qui s'accorde parfaitement sans aucune fausse note et cette voix off se disant Guy de Maupassant aère le récit et lui confère une certaine légèreté tout en sachant ce taire pour laisser parler les acteurs et leur plaisirs…
4* ce n'est pas assez pour une telle perfection,du moins en ce qui concerne la maison Tellier.Je suis moins euphorique sur les 2 autres et je n'aime guerre les films à sketches.Mais la maison Tellier renferme à elle toute seule la quintessence du cinema parlant noir et blanc.Il ne faut pas oublier l'importance du texte de Maupassant (la qualité de la parole faisant partie intégrante du cinéma) ,la voix du conteur et l'extraordinaire poésie qui se dégage du parcours entre la gare et la ferme...Même ceux qui n'ont jamais connu le bonheur des vacances d'été a la campagne doivent en ressentir la plénitude.A voir et revoir sans cesse,à montrer à tous et en parler souvent c'est donner au septième art la place qu'il mérite:la première.
Le titre du film résume aussi bien ce que l'on resent à la vision de ce film qu'au propos du film lui-même. Les histoires sont introduites de façon très originale. La mise en scène élégante de Max Ophuls avec ses somptueux travellings est tout aussi géniale que dans ses autres meilleurs films. La distribution quand à elle réunit le meilleur du cinéma français de l'époque (voir même du cinéma français tout court !) avec notamment une interprétation savoureuse de Jean Gabin en paysan normand. Un des chefs d'oeuvre du cinéma français des années 50.
Exellent film, comme tout les Ophüls d'ailleurs. L'adaptation est exellente et la mise en scène virtuose comme d'habitude. Ophüls ne filme aucun plan fixe et nous offre quelques longs plan-séquence agrémenté d'une photographie magnifique et des travellings vertigineux qui ont fait sa renommer et dont d'autres cinéaste, notemment Kubrick, ce sont inspiré. L'interprétation est superbe, mais en particulier celles de Gabin et de Darrieux, qui sont surrement les personnages les plus attachant grâce à leurs charismes hors du commun. La mise en scène d'Ophüls dans "Le modèle" est moins puissante, moins présente que dans les deux autres, mais le film n'en souffre aucunement, car elle est tout de même d'un niveau exeptionnelle. La voix-off est très bien utilisé et grâce à elle le film garde un certain équilibre entre les nouvelles de Maupassant et une adaptation cinématographique qui ne les aurait pas respecté. En fin de compte, c'est un essentiel d'Ophüls à ne pas manquer.