Un classique du film policier français. Un classique pour Lautner et un autre classique pour Belmondo. Ce film joue dans la retenue, surtout chez Belmondo, ce qu'on apprécie, cela donne une certaine classe à ce film qui est servi par une bonne histoire. On retrouve tous les ingrédients du film policier à la française, des bagarres et cascades, les services secrets, des gros flingues, des flics (en second role) etc... A noter le role de Hossein qui fait froid dans le dos bien qu'il ne fasse pas grand chose et disparaisse assez rapidement. Et bien sur la superbe musique de Morriconne qu'on entend enormement au début. Ensuite ça se calme et on est content de la retrouver vers la fin.
Pour cette troisième collaboration avec Georges Lautner, Belmondo ressent le besoin de recentrer son image vers un peu plus de sérieux, ses dernières productions comme « L’incorrigible » (Philippe de Broca, 1975), « L’animal» (Claude Zidi, 1977), « Flic ou voyou » (Georges Lautner, 1979) ou « Le guignolo » (Georges Lautner, 1980) ayant amené l’acteur vers une surenchère stérile dans le burlesque et les fameuses cascades, marque de fabrique de l'acteur depuis "L'homme de Rio" (Philippe de Broca, 1964). Un projet avait été envisagé avec Yves Boisset mais comme c’était prévisible, les deux hommes n’avaient pu s’entendre, Belmondo souhaitant continuer d’œuvrer dans le film d’action où son personnage sert de pivot central. Sur les conseils du producteur Alexandre Mnouchkine, il s’est donc tourné à nouveau vers Georges Lautner pour une adaptation d’un roman de la série noire de l’auteur anglais Patrick Alexande (Mort d'une bête à la peau fragile). Audiard est bien sûr aux dialogues mais aussi à l’écriture d'un scénario qu’il a bien du mal à terminer étant accaparé par celui de « Garde à vue » (Claude Miller, 1981) qui lui tient à cœur. Francis Veber appelé à la rescousse, jouera le « script doctor » pour structurer l’affaire. Le film ne part donc pas sous les meilleurs auspices et cela se ressent dans la partie introductive censée se dérouler en Afrique (en réalité en Camargue) qui semble complètement artificielle pour nous présenter le héros, baroudeur des services secrets, lâché par ses supérieurs suite à une opération d'élimination « caviardée ». Heureusement les choses s’arrangent quand le commandant Josselin Beaumont rentre en France pour régler ses comptes. On est alors en terrain balisé et Lautner en vieux routier déjà très efficient dans le genre avec Alain Delon (« Mort d’un pourri »,1977), parvient à redresser la barre en contenant un Belmondo qui ne peut malgré tout s’empêcher de tomber par moments dans la gaudriole, son péché mignon, diminuant ainsi la portée de sa réhabilitation en héros dramatique. Aidé par la somptueuse musique d’Ennio Morricone mais aussi par la plastique de la superbe Marie-Christine Descouard, le film a fait un tabac au box-office, devenant le plus gros succès de Lautner et démontrant le flair de Belmondo à sentir les aspirations du public. Il n’empêche que son début franchement raté n’aide pas à la crédibilité du film et dénature quelque peu le jeu de certains seconds rôles qui en miroir parait un peu outrancier (Jean Desailly, Gérard Darrieu). On reste donc bien loin de la grande époque du « Doulos » de Jean-Pierre Melville, 1962 quand le jeune acteur sorti du Conservatoire suscitait tous les espoirs.
Avec plus de cinq millions d'entrées à sa sortie (1981), "Le professionnel" est le troisième plus gros succès de Belmondo au box-office, derrière "Le cerveau", number one, et "L'as des as" (revu avant-hier soir après le match sur Canal ). C'est ce qui m'a poussé à me faire un autre Bébel hier après-midi. Il s'agit également de la troisième collaboration Lautner/Belmondo après "Flic ou voyou" et "Le guignolo". Les deux hommes se rencontreront à nouveau pour "Joyeuses Pâques" et "L'inconnu dans la maison". Pour revenir au "Professionnel", le film commence de manière tonitruante : le générique de début montre un Bébel cadré, tenant son pistolet, paré de milles couleurs sur une BO intitulée "Le vent, le cri", composition virulente du maestro Morricone, alliant ainsi montage déséquilibré et musique de cible vivante. Une entrée en la matière minutieusement parfaite. Bingo ! Pour son début sur le métrage, le regretté Henri Decaë (directeur de la photo sur "Les 400 coups", "Plein soleil", "Le samouraï"...) ne fait pas fausse route, et se fait ainsi prendre la main dans le sac. Merci Henri !! De même pour le compo de "Once upon a time in America". S'ensuit les aventures de Joss Beaumont (incarné par un Bébel plus roublard que jamais) à travers le Malagawi et la France, n'ayant que faire de sa hiérarchie pour mener à bien sa dernière mission : tuer le chef d'état du Malagawi. A partir de ce scénario (écrit et dialogué par Lautner Veber, Michel et Jacques Audiard), certes peu inventif, mais diablement maîtrisé par les derniers-cités et servi par de très bons dialogues, tout est prétexte à mettre en valeur notre Bébel national qui s'en donne, il est vrai, à cœur joie. Mais qu'importe, car ici, le résultat est total. La confrontation avec ses supérieurs (seconds couteaux d'époque certes, mais pas des moindres !, car tous convaincant à souhait : Beaune, Vernier, Hossein, Desailly, Donnadieu...), les cavalcades bébelesques, les explosions, les corps-à-corps, les gunfight (dont le fameux duel méditerranéen Hossein-Belmondo sur le "Chi Mai" morriconien), la course-poursuite de Rémy Julienne (qu'on attend bien évidemment !), la romance..., le tout est orchestré pour nous permettre de prendre notre pied. Sans oublier bien sûr les partitions exaltantes d'un Morricone en pleine forme suivant les aventures de Belmondo. Sublime ! Finalement, "Le professionnel" est pour toutes ces raisons un classique du cinéma populaire des années 1980, et donc forcément un film culte pour l'excellentissime travail d'un autre maître en la matière, Ennio Morricone. Spectateurs pistoleros, un hélicoptère peut en cacher un autre ! 3 étoiles sur 4.
Un très bon film mettant en scène un Jean-Paul Belmondo en grande forme. Ce dernier incarne un agent des services secrets qui a été trahi par le gouvernement et décide de prendre sa revanche. Il est décidé à honoré le contrat qui lui avait été confié avant qu'un changement politique ne change la donne. Le film est prenant, servi par un très bon casting et une musique (Ennio Moricone) sensationnelle. Seul bémol, le sang est tellement mal fait qu'on se croirait dans une petite série Z sans budget. C'est dommage car ça fait perdre un peu d'impact au film. A voir et à revoir.
Au son d'une musique inoubliable signée Ennio Moricone, "le professionnel" revêt le statut de film culte. Ce polar est d'une efficacité folle grâce surtout à sa mise en scène sobre et soignée et à un bon scénario. A noté, la géniale performance de Robert Hossein en inspecteur abrupt. Un des plus grands succès de Bébel.
"Le Professionnel" (1981) rediff sur France 2 le 16.08.2015 Lautner a gagné le jackpot avec ce film ! Plus de cinq millions d'entrées à l'époque... Un succès que j'estime mérité : le scénario est bien écrit, sans les outrances qu'on pouvait craindre, avec un casting qui ne sombre pas dans le vedettariat mais qui affiche des valeurs sûres comme Robert Hossein (superbe) et Donnadieu ! Même Bébel est plus pondéré qu'à l'habitude et ça donne à son rôle un peu plus de consistance et de crédibilité ! Quant à la musique signée Ennio Morricone, elle est reconnaissable entre mille. Le réalisateur a décidément mis toutes les chances de son côté et le résultat est ce film passionnant, même si je n'aime pas sa fin (à vous de juger). A voir absolument. willycopresto
Un film culte avec une BO magistrale du grand Ennio morricone . Film d'action politique des années 80 Avec Belmondo en grande forme . Pour ainsi dire, je connaissais la musique comme tout le monde, mais je n'avais pas vu le film.
Bon, il faut être franc, Le Professionnel a plus marqué les esprits par sa musique que par ses qualités intrinsèques, qui restent celles d’un petit polar français des années 80 assez mou et pas toujours très heureux dans ses choix. Le casting permet à Belmondo de ressortir un personnage qu’il connait bien de héros à qui on ne la fait pas, volontiers séducteur, volontiers rigolard, mais sans concession avec les méchants. Plutôt à l’aise, l’acteur s’en sort bien, mais il faut reconnaitre que son personnage qui se sort continuellement de tous les pièges, qui pensent toujours à tous, sans aucune aspérité est parfois assez agaçant et pas très crédible. Il est entouré d’interprètes de qualité, notamment un Hossein qui s’en donne à cœur joie en méchant et un casting féminin de charme. Donnadieu est très bon aussi. Après il y a quelques loupés, notamment un Michel Beaune presque transparent. Le scénario est moyen. Le début en Afrique est franchement loupé. On dirait un résumé concentré d’un autre film, les images s’enchainent, les rebondissements aussi, sans vraiment de clarté. Honnêtement le début met assez mal à l’aise, surtout après le générique criard et terriblement vieilli. Ensuite les choses vont mieux. L’histoire se met en place. Globalement on ne s’ennuie pas, mais il n’y a rien de très enchantant. Si l’intrigue réserve de bons moments, notamment dans la conclusion réussie, le rythme nonchalant, l’invincibilité du personnage de Belmondo, les invraisemblances de certaines scènes aux limites du ridicule (il y en quelques-unes c’est presque de l’auto-parodie), viennent régulièrement entamer son efficacité. Visuellement si la mise en scène de Lautner est globalement bonne (sauf les passages en Afrique franchement loupés), se permettant quelques références à des genres comme le western, pour le reste le film se contente d’être correct. Décors plutôt bons mais pas très exploités, photographie quelconque. Le Professionnel marque bien sur des points par sa musique, même si au final elle n’est pas toujours très en adéquation avec ce qui se passe à l’écran. Elle est d’ailleurs parfois balancée pour dix secondes d’images à peine, alors que c’est un thème progressif bien plus à propos pour de longues séquences d’ambiance. En conclusion Le Professionnel est un de ces polars français typiques des années 80 qui a perdu pas mal en saveur, et qui malgré son succès à l’époque restait assez fade en bouche. Il y a de bonnes choses, et il y en a de mauvaises, la moyenne est pour moi la note méritée.
C’est vrai, c’est une série B (qui eut un gros succès) carrément infantile, c’est un tout petit Lautner, c’est des dialogues bien peu percutants pour du Michel Audiard, c’est des acteurs en roue libre mais je persiste, après quatre visionnements (en 32 ans), à trouver ce film excellent et divertissant. Parce qu’il est farci de “belmonderies” du meilleur cru, qu’il a un rythme d’enfer qui fait oublier les invraisemblances, qu’il est bourré d’humour et qu’il a une musique inoubliable, bref qu’il fait jubiler. Allez ! Je le reverrai bien encore une ou deux fois si je ne me fais pas assassiner dans les 10 ans qui viennent par une barbouze du SDECE !
Un chef d'œuvre avec le légendaire Jean-Paul Belmondo. Un très grand acteur de légende. La bande originale d'Ennio Morricone est sublime. Un très beau film. Un très bon polar.
Ce fut peut-être l'un de mes tout premiers souvenirs de cinéma, si ce n'est le premier, impliquant le grand Bébel. Bercé par la musique planante d'Ennio Morricone, dans une ambiance de polar et avec les mots d'Audiard, ce nouvel exemple de la collaboration entre Lautner et Belmondo est une fois encore l'occasion pour ce dernier d'un festival de répliques et châtaignes, avec un personnage un peu moins cabochard que dans d'autres circonstances, mais ici très bien entouré, notamment le glaçant Robert Hossein. Le film est efficace, admirable de précision, et si le style sent bon les années 80 (peut-être un peu trop par moments), cela lui confère un certain cachet.
Les marrons pleuvent avec Belmondo. Une petite course poursuite pas mauvaise. Un duel au pistolet. Quelques situations théâtrales et quelques belles répliques. Pas trop satisfait du déroulement du film et mitigé quant au final. Mais ce n'est pas mal. Un Bebel, quoi.
scénario assez classique pour un film d'espionnage, certes depuis ce temps il a vieilli (comme nous) mais pas la BO, qui donne de la puissance à cette histoire.
Lautner, Audiard, Morricone, les potes Robert Hossein et Michel Beaune... tout est réuni autour de la vedette Belmondo pour assurer un spectacle calibré et cousu main. Le contrat est respecté, rien à dire, Bébél promène son magnétisme et ce charme viril dont il a le secret, tout en affirmant sa puissance d'acteur dans ce rôle de Josselin Beaumont, agent secret pourchassé. Lautner se permet une légère satire des milieux politiques et policiers, mais n'oublie pas qu'il est un amuseur, en détendant ce climat cynique par 2 ou 3 bagarres et quelques moments d'humour, le tout sur les violons magiques de Morricone qui offre ici au moins 2 morceaux inoubliables, dont l'un sera hélas galvaudé par une stupide publicité de bouffe pour chiens. La scène finale au château de Maintenon, où Belmondo trouve une de ses rares morts à l'écran, a traumatisé beaucoup de fans à l'époque. On est alors en 1981, c'est l'un des derniers gros succès populaires de Belmondo, où son physique est encore avantageux, ce film a plus de 30 ans, avec une affiche dure et agressive dessinée par Masci, et il a toujours autant de force.