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Jean-luc G
88 abonnés
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3,5
Publiée le 7 novembre 2020
cinéastes exigeants, les Dardenne nous proposent un cinéma physique qui filme de près les épaules rentrées d'un Gourmet jouant Olivier avec un intériorité impressionnante. Pas d'artifice musical, une tension venant du seul parcours des acteurs et de la montée très progressive d'une confrontation vers une fin ouverte comme toujours chez les deux frères: spoiler: pardon, rejet ou adoption ? Une réussite pour appréhender leur travail précis de mise en scène. Festival Lumière 2020
Malgré ses ressorts dramatiques et la qualité de son interprétation, je suis resté pour le moins insensible à ce drame des frères Dardenne dont le cinéma dépouillé peut rendre – ce fut le cas pour moi – l’accès très difficile. On s’ennuie ferme sur un récit évoquant pourtant un sujet fort.
Nouveau film suffocant et entêtant de Jean-Pierre et Luc Dardenne qui n'ont que peu de concurrence,lorqu'il s'agit de capter les ambivalences de l'âme humaine,et pour le coup,cette nécessité de la catharsis qui ressemble à du masochisme. "Le Fils"(2002)ne raconte pas,il se vit. 90 minutes durant,les cinéastes belges filment en plans très rapprochés le visage,la nuque,le corps d'Olivier Gourmet,menuisier anéanti par l'assassinat de son fils. Cet homme fuyant prend sous son aile un jeune en réinsertion sociale. Mais veut-il l'aider ou se venger? Pourquoi le suit-il partout? Pourquoi l'humilier si ce n'est pour devenir une figure paternelle la minute d'après, Des questions existentielles que chacun interprètera à sa manière,les Dardenne se gardant bien d'entretenir la moindre piste. Ils continuent dans la veine d'un cinéma très exigeant,presque dépourvu de dialogues,sans musiques et dont les personnages sont fréquemment suivis de dos. Des situations anodines deviennent des abîmes de complexité.Cette manière de filmer ce qui semble peu cinématographique impose le respect. Gourmet est incroyable de colère rentrée et sourde.
Ranger le film des frères Dardenne dans la catégorie « thriller », comme le prétend sa version Dvd, relève du foutâge de gueule aggravé. Le terme est dérivé de « thrilling »(= « palpitant »). Or, « Le Fils » est tout, sauf palpitant. Et surtout pas sa première heure. Si la critique intello-bobo narcissique française a gobé complaisamment la tchatche explicative à rallonge des Dardenne’s brothers, les honnêtes cinéphiles ont trouvé gonflant leurs techniques de caméra au poing tout azimut. Sans prétendre que le film est un navet, encenser une narration aussi lente et aride, acclamer un suivi aussi myope de l’action relève de la préciosité artistique la plus imbécile.
L'air sévère et ombrageux, Olivier enseigne la menuiserie à quelques jeunes apprentis. Un nouvel élève arrive, qui semble le bouleverser. On saura pourquoi au cours du film. Le drame psychologique des frères Dardenne se fonde sur une situation exceptionnelle pour laquelle l'acteur Olivier Gourmet compose un homme accablé par le souvenir, soucieux de découvrir qui est, au sens de la personnalité, son nouveau jeune élève, et comme désireux de tisser une relation filiale avec lui. La caméra des frères réalisateurs tournoie autour d'Olivier, colle au plus près du personnage pour capter sa fébrilité, son émotion indicibles. Cette façon de procéder qui bannit le plan large, qui se consacre exclusivement à la vérité des personnages, n'est pas sans faire naître un sentiment de claustrophobie... Et ce d'autant qu'on n'est pas forcément touché par la souffrance uniforme du menuisier. Le sujet des Dardenne m'a semblé parfois étriqué, voire affecté sinon artificiel. Conjointement à la symbolique du bois, le film montre les approches d'Olivier amorçant un dialogue difficile mais utile à exorciser sa douleur. Son émotivité intériorisée ne nous atteint pas toujours.
Un peu latent, des scènes qui croulent en longueur. Malgré tout, le rôle principal est réussi, joué par un acteur au top de sa forme. Le scénario un peu trop facile ne donne pas grand chose au film. Ca avance, mais on s'ennuie presque par certaines scènes totalement inutiles. On a pas de surprise, c'est un peu un sentiment mitigé ce film. Les scènes sont bien crées cependant, et l'univers un peu froid fait son effet. Le reste est limité.
Chez les Dardenne, tout semble toujours partir d’un geste : ici, ce n’est pas tant le pardon qui est interrogé que la possibilité même d’un geste vers l’autre, quand cet autre est porteur d’un passé que nul mot ne peut réparer.
Le film entier est suspendu à ce que l’on ne sait pas et même lorsqu’on l’apprend, rien ne se débloque. Olivier, lui, sait déjà. Il a reconnu l’adolescent. Il a compris. Et tout le film se tiendra dans cet intervalle de non-dit, entre le moment où le personnage sait et celui où le spectateur commence à ressentir.
Ce garçon, coupable d’un meurtre que le film n’explicite jamais, devient à la fois l’ennemi et l’occasion d’un renversement. Ce que tente Olivier, sans se l’avouer, ce n’est pas de pardonner : c’est de désamorcer l’idée même de vengeance. Il ne cherche pas à éduquer Francis, mais à ne pas se perdre lui-même. Il le regarde, le jauge, le mesure comme un morceau de bois qu’on ne sait pas encore s’il faut le scier ou le garder.
Il y a si peu de mots, dans Le Fils. Si peu d’explications. Le silence du travail, le silence des repas, le silence du regard. Le film ne nous dit jamais comment Olivier souffre, ni même s’il souffre encore. Il ne fait que poser, en creux, cette question terrible : que reste-t-il quand la justice a été rendue mais que rien n’a été réparé ?
Le titre dit beaucoup de choses, c'est peut-être le titre le plus intéressant des Dardenne, en effet il donne une certaine idée du film : un film sur les rapports pères fils (déjà magnifiquement bien traité dans la promesse) ? Un film sur la recherche d'un fils réel ou de substitution ? Sauf que c'est bien plus intelligent que tout ça, on passe outre les lieux communs et clichés en tous genres. Gourmet est formidable, c'est vraiment un acteur exceptionnel, il campe un personnage mystérieux, un peu brusque, un peu effrayant et assez mystérieux, le spectateur n'est mis dans aucune confidence il ne sait rien, il n'y a pas cette frustration d'être pris pour un idiot qui a tout de suite tout compris. Gourmet est un vrai personnage, on ne peut pas le définir simplement et bêtement et c'est là la force des Dardenne, ne pas se cantonner aux chemins battus, proposer quelque chose de neuf, et dans une réalité sociale assez effrayante. Les fins chez les Dardenne sont magnifiques, la fin du Fils n'échappe pas à la règle, comme si toute la lourdeur du monde qui entoure ces personnage s'enlevait pour laisser place à quelque chose d'un peu plus beau. Le fils est peut-être tout de même le film des Dardenne qui m'a le moins plu. Mais ça reste un très beau film.
C'est un Olivier Gourmet silencieux, tout en retenu, dérouté, qui manifeste un jeu intense et profond que l'on suit à la trace, un menuisier divorcé incarné par une "gueule" de Cinéma comme on en voit rarement et qui porte le film entièrement sur ses épaules. Un Cinéma réaliste qui nous est offert par les frères Dardenne, une histoire prenante qui nous intrigue et nous mène à réfléchir avec des personnages à la psychologie travaillé. Un mot, un regard, un geste, une parole, tout ces petits rien qui suscitent tant d'émotion, les deux belges filment au plus prêt des corps, n'hésitent pas à transpercer d'une caméra au poing leurs acteurs pour mieux dévoiler leurs âmes, leurs sentiments, leurs démons et leurs pensées. Triste, froid, terne mais néanmoins très beau: voilà comment pourrait se résumer leur Cinéma.
Les frères Dardenne ont un cinéma vraiment particulier, c'est le moins qu'on puisse dire. Je les trouve à part, se démarquant de la plupart des réalisateurs et possédant leur propre "touche", leur "marque de fabrique"(façon de filmer) dans le milieu audiovisuel. Après "Rosetta", ce film en est encore un parfait témoignage. Presque à la manière d'un Ken Loach, ils arrivent, caméra à l'épaule, à filmer les acteurs de manière réaliste, des faits et gestes anodins de la vie quotidienne ainsi que les décors bruts et naturels de la ville où a lieu l'action de leur récit pour arriver à nous raconter une histoire "simple", sans artifice et qui pourrait pourquoi pas toucher chacun d'entre nous. L'histoire nous tient en haleine, presque intrigante et la tension est palpable durant tout le film. Olivier Gourmet dans le rôle du professeur de menuiserie est carrément crédible et a la gueule de l'emploi. Le jeune garçon interprétant Francis fait preuve également de beaucoup de naturel. Le thème principal du film (le pardon) est très proche de film comme "Trois enterrements" de Tommy Lee Jones, "Crossing Guard" de Sean Penn ou encore "Que la bête meure" de Chabrol. Bien sûr, inutile de préciser qu'à part le thème, la comparaison s'arrête là.
En règle générale, les films des Dardenne m'horripilent autant sur le fond que sur la forme. Pour une fois, le fond m'interesse. L'intérêt marqué que le personnage principal porte à ce jeune garçon éveille la curiosité et fait s'interroger sur les raisons de ce comportement. Et une fois la réponse à cette question révélée, on veut connaitre ses intentions réelles, difficiles à percevoir derrière le regard scruptateur et impénétrable d'Olivier Gourmet, qui est d'ailleurs impécable. Malheureusement, la forme reste quant à elle pénible. Le systématisme de la mise en scène, dont la démarche consiste à filmer le personnage de dos en caméra à l'épaule du début à la fin, tient moins du parti pris artistique que de l'acharnement envers le spectateur. On peut envisager cette pratique le temps d'une séquence pour dépeindre le personnage comme un fauve blessé ou comme une masse physique potentiellement menaçante, mais pas pendant 1h45. Les Dardenne veulent sans doute donner une dimension de réalisme documentaire, de prise sur le vif (d'autant que l'image est dégueulasse et tremblotante), mais le procédé ne se fait jamais oublier et ne donne au contraire qu'un côté artificiel et poseur à la mise en scène.
Une histoire forte, un scénario intelligent et bouleversant. Olivier Gourmet interprète ici le rôle de sa vie, ce personnage marque les esprits pour longtemps. Mon film des Dardenne préféré.
Sujet intéressant, mais au bout d'une heure de film, on commence à sentir des longueurs. Il aurait fallu couper environ 10 minutes au montage pour donner un peu plus de rythme à l'ensemble. Olivier Gourmet dans le rôle du formateur dans un centre pour apprentis en menuiserie est crédible dans ce rôle réaliste. La question du pardon face au pire est centrale dans ce film. Toutefois tout se déroule sans grands discours. Nous ne saurons jamais vraiment pourquoi le personnage incarné par Gourmet choisit la voie du pardon. Les raisons lui sont propres, et c'est au spectateur de faire ses propres déductions.