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BabsyDriver
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2,5
Publiée le 4 août 2009
Difficile de revoir ce film tant d'années après l'interdiction de la peine de mort en France. Le final reste d'une grande puissance, menée par un Alain Delon qui a rarement été plus bouleversant.
Plaidoyer contre la peine de mort de José Giovanni. Larmoyant et ultra manichéen. Inspiré de sa propre expérience de condamné à mort, Giovanni essai de nous tirer les larmes avec le gentil gangster repenti et le méchant flic revanchard... Quand on sait que le réalisateur qui, en plus d'être un ancien gangster, était un Collaborationniste, cette leçon de morale bien-pensante laisse un gout amer... Un culot pareil, faut oser !
Sinon, le film est bien réalisé, le Jean Gabin d'après-guerre est toujours une dégustation dont on se lasse pas.
Ce film poignant et criant de vérité. Les dialogues sont taillés sur mesure pour un Gabin magnifique comme à son habitude avec devant lui un Delon maître de son art. Delon est émouvant et sublime dans les derniers plans du film. José Giovanni à réussit son film au prix d'un plaidoyer contre la peine de mort à laquelle il a échappé de justesse. Bravo!
Un très bon film noir. Assez dur dans son propos, ce film ne redore pas le blason de notre système judiciaire, et que dire de ses deux acteurs principaux…
Quel mauvais film, le duo mythique ne fonctionne pas cette fois ci. Les dialogues ne sont pas bons, Gabin n'est que l'ombre de lui même et la mise en scène est plate.
Une étoile, bien payée, pour la fin qui sauve le film. Lequel a très mal vieilli. Le choix des acteurs est très discutable, de Lanoux à Farmer et Giraudeau. Gabin joue un rôle qui n'est pas fait pour lui et j'ai vu Delon bien meilleur. En dehors de ça, on s'ennuie ferme tout le long. Seule l'exécution de la sentence nous procure un semblant d'émotion. A éviter.
Revoir aujourd’hui « Deux hommes dans la ville » de José Giovanni sorti sur les écrans en 1973, il y a exactement 50 ans peut déclencher des sentiments ambivalents ou contradictoires. On peut bien sûr apprécier de voir Jean Gabin dans son antépénultième rôle être produit par Alain Delon qui lui portait tout autant un immense respect qu’une amitié sincère. Les deux hommes avaient déjà partagé la même affiche dans « Mélodie en sous-sol » (1963) et « Le Clan des Siciliens » (1969) tous deux réalisés par Henri Verneuil. Gabin visiblement très fatigué par un long parcours de vie durant lequel il ne s’est pas ménagé est particulièrement touchant dans ce rôle d’éducateur complètement investi (sans doute trop pour être totalement impartial et efficace) dans sa mission qu’il vit quasiment comme un sacerdoce après une carrière de flic. Alain Delon de son côté, au sommet de son art et de sa beauté, démontre avec ce chef de gang en quête de reconversion après dix ans de prison, qu’il est capable d’insuffler émotion et nuance à son jeu parfois jugé par une critique tatillonne un peu mécanique et dénué d’affect. Les regards échangés entre les deux hommes toujours signifiants sont chargés d’émotion, peut-être conscients qu’il s’agit de leur dernière rencontre sur l’écran. Les efforts communs de l’ancien détenu et de l’éducateur en attente de sa retraite pour trouver le chemin qui mènera à l’inversion d’une trajectoire jusqu’alors marquée du sceau de la violence se teintent d’un rapport père/fils particulièrement convaincant. Toute cette thématique sans doute un peu utopique développée par José Giovanni fait mouche. Le flic obsessionnel aux penchants sadiques incarné par un formidable Michel Bouquet espoiler: n Javert des temps modernes, renforce encore par contraste la sympathie qui émane de Gino Strabliggi (Alain Delon). C’est en grande partie sous cet angle humaniste que l’on pouvait voir « Les deux hommes dans la ville » jusque dans les années 1990, sorte de version simplifiée des « Misérables » proposée par José Giovanni avec Delon dans le rôle de Jean Valjean . Mais depuis le contexte ambiant a profondément changé qui amène à voir le film comme un très pesant portrait à charge sans nuance aucune des institutions judiciaires et policières. À l’époque, le film sorti cinq ans après 1968, s’inscrivait dans une volonté rousseauiste de bannir toute forme de répression dans un pays qui pratiquait encore, certes de manière très exceptionnelle, la peine de mort et qui en l’absence de preuves laissait toujours s’exercer le jugement sur la base d’une intime conviction hasardeuse. Le militantisme de réalisateurs et d’intellectuels tels André Cayatte, José Giovanni, Costa-Gavras, Yves Boisset, Robert Badinter et beaucoup d’autres a heureusement contribué à la disparition de ces deux dispositions sans aucun doute incompatibles avec un régime démocratique accompli. Mais comme souvent avec les mutations sociales, les choses continuant d’avancer parfois mues par un jusqu’au boutisme non tempéré, peuvent conduire à des conséquences négatives contraires à l’effet initial recherché en toute bonne foi. Ainsi de fil en aiguille l’individualisation de la peine et la prise en compte du parcours du prévenu érigées en dogme séduisant et valorisant ont conduit à une réduction drastique des peines d’incarcération dont Germain Cazeneuve (Jean Gabin) explique dans le film qu’elles sont la plus sûre fabrique à récidive. spoiler: Giovanni tendu vers son objectif ira même jusqu’à laisser penser que c’est le plus souvent la police, ici par le biais de l’un de ses hauts représentants, qui ramène les anciens détenus à leur condition. Pire, l’inspecteur principal ira jusqu’à la fabrique de faux et le soudoiement de témoin pour faire replonger Strabliggi dans le cercle infernal de la violence . Lino Ventura, fidèle compagnon d’armes de Giovanni (déjà sept films en commun) avait refusé le rôle de l’éducateur, arguant du fait que celui du policier joué par Michel Bouquet trop caricatural desservait la force du propos. Inflexible, Giovanni fera appel à Yves Montand puis enfin à Gabin. Avec le recul on peut tout de même se dire que le constat fait par Giovanni dans son film ne peut être totalement détaché de son passé criminel qui à la relecture fait froid dans le dos avec au menu collaboration avec les nazis, antisémitisme, torture et participation à un assassinat. Un très lourd passif qui ne peut s’expliquer comme Giovanni tente de le faire par une enfance défavorisée, le réalisateur issu d’un milieu très bourgeois étant lui-même le contre-exemple de sa démonstration. Il faut toutefois comme on le fait trop souvent de nos jours ne pas oublier de détacher l’œuvre et l’artiste de l’homme en constatant que Giovanni savait raconter une histoire mais aussi diriger les acteurs, permettant aux deux monstres sacrés qu’étaient Gabin et Delon de livrer une performance à la hauteur de leur réputation qui n’était à l’époque plus à faire. C’est donc en revoyant « Deux hommes dans la ville » quarante ans plus tard que l’on peut mesurer le temps qui a passé. On remarquera enfin la courte apparition de Gérard Depardieu débutant, lui aussi futur monstre sacré, descendu depuis de son piédestal.
José Giovanni réalisateur, on connaît : une certaine tendance à la démonstration, mais un propos souvent respectable, une belle efficacité et d'excellents acteurs. C'est précisément le cas avec « Deux hommes dans la ville », œuvre ne brillant pas par son absolue subtilité, tout en restant intéressante à suivre. Pourtant, l'entreprise a de quoi étonner : Alain Delon, l'acteur de droite et ici producteur, nous livre en effet un réquisitoire brutal contre la peine de mort, et ce alors que nous ne sommes qu'en 1973 ! Le tout accompagné par Jean Gabin, pas connu lui non plus pour ses positions progressistes. Reste que le scénario a beau être légèrement poussif, on se sent de bout en bout concerné par ce récit souvent poignant, montrant intelligemment les failles du système judiciaire tout en restant un polar de bonne facture, aux personnages bien construits et au suspense convaincant. De plus, Gabin et Delon ont l'excellente idée de la jouer sobre, livrant ainsi parmi leurs plus belles prestations, surtout le premier. Le tout entouré de nombreux seconds rôles talentueux : Mimsy Farmer, Michel Bouquet, Victor Lanoux, Bernard Giraudeau, Gérard Depardieu, Malka Ribowska, Jacques Monod… A noter un dénouement attendu et pourtant très dur, nous convainquant définitivement du discours de Giovanni, dont la portée avait dû être encore plus forte lors de sa sortie en salles. Du cinéma sans génie, mais très honorable.
Passé un début un peu long, "Deux hommes dans la ville" gagne progressivement en intensité et on ne peut qu'être pris par ce sentiment d'injustice à l'égard de cette histoire d' ancien gangster souhaitant se racheter une conduite. Ce sentiment trouvera son paroxysme dans une fin émotionnellement forte et poignante. Il manque néanmoins à ce long métrage une réalisation consistante mais véhicule parfaitement cette position du cinéaste contre la peine de mort.
Un intéressant drame policier sur la cruauté et la partialité de la peine capitale en France(abolie en 1981,donc toujours en vigueur à l'époque du tournage en 1973).José Giovanni,qui sait de quoi il parle,puisqu'il avait été condamné à mort,avant d'être relaxé, dresse un constat accablant de la justice.Anachronique,injuste, féroce;cet instrument qui juge sans forcément avoir tous les élements en main,rassemble tous les traits du totalitarisme.A nuancer toutefois,car Giovanni,emporté dans son élan,est très manichéen avec des truands à réhabiliter,et des policiers à maudire.Il a le mérite de placer Alain Delon dans le rôle de la victime.Ex-braqueur,qui réussit sa reconversion dans la société,mais qui subira le harcèlement d'un inspecteur impitoyable(Michel Bouquet,que l'on aime détester),et in facto la rechute fatale.Jean Gabin en éducateur de prisonniers,c'est également original,même si le monstre sacré a les traits tirés et la démarche fragile."Deux hommes dans la ville" témoigne d'un assez fine analyse des préjugés et des pressions pesants sur les ex-taulards en rédemption.Par contre,il manque terriblement d'émotion(pas le fort de Giovanni)alors que la scène finale,solennelle,est bourrée de pathos.Des maladresses,mais autant de cran pour aborder le sujet.
José Giovanni, ancien condamné à mort gracié, puise dans son expérience personnelle pour faire ce film qui, comme beaucoup de longs-métrages français réalisés dans les années 70 repose essentiellement sur son casting avec en tête d'affiche Jean Gabin et Alain Delon épaulés par un Michel Bouquet en grande forme qui campe un beau salaud de flic borné. L'histoire vaut surtout pour la force de son sujet auquel le cinéaste croit à fond tant il est impliqué et il faut dire que voir une guillotine fonctionner en 1973 fait froid dans le dos. La mise en scène a beau être plate, le casting et l'histoire maintiennent l'intérêt.
Le réalisateur caricature beaucoup ces personnages et les enjeux. Cette exagération permet néanmoins d'appuyer fortement les propos louables du metteur en scène. Il dresse un piètre portrait de la justice française qu'il descridibilise totalement !