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Kiwi98
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3,0
Publiée le 25 novembre 2014
C'est le 14 Juin 1962 que Albert DeSalvo fait sa première victime, une vieille dame à son domicile, il orchestre également une mise en scène de son corps pour choquer le public. Puis vinrent 12 autres meurtres qui donnent au criminel le surnom de "L'Etrangleur de Boston". Ce sont les événements dont s'inspire Richard Fleischer pour son film du même nom, des événement particulièrement macabres qu'il n'hésite pas à mettre en scène.
Le film se montre étonnamment avant gardiste au niveau du montage collant plusieurs images sur l'écran et décrivant un même moment vu de différents points de vues comme le fera Darren Aronofsky dans "Requiem for a Dream" près de 35 ans plus tard. Dans la psychose "L'Etrangleur de Boston" nous entraine dans une enquête policière macabre, Fleischer qui s'est fait conseiller par l'inspecteur et le procureur chargés de l'affaire (interprété par Henry Fonda), ici on ne se contente pas de suivre les indices ou de suivre une enquête rude mais de sonder la personnalité d'un tueur comme dans le duel final très psychologique, on sait également se concentrer sur l'inquiétude ambiante, l'attitude des médias, du public, les victimes des meurtres sont principalement montrées et étudiée le film nous attachant à elles pour nous faire comprendre qu'elles vivent leurs dernières minutes.
La seconde partie s'attarde sur le duel psychologique donc, se passant essentiellement dans une salle d'interrogatoire imposant un duel mental entre Tony Curtis et Henry Fonda. On fonctionne comme un huit clos oppressant et tumultueux ou un homme dérangé se découvre ne sachant que penser de sa personnalité et de ses actes enfermé dans une pièce ressemblant à son esprit lui ordonnant de céder à ses pulsions schizophrènes.
L'enquete est tellement laissée de coté qu'elle en devient assez inintéressante finalement, à la fois redondante et longue, on se lasse parfois, le film ne décolle vraiment que lors de ses splendides dernières minutes mais sinon c'est en même temps léger dans son contenu et trop lourd dans son traitement. Ce n'est pas un polar mais un drame glauque trop calme.
En bref pour mon premier Fleischer je me sens assez déçu, trop de répétition, pas assez d'action, de suspens ou de réflexion pour en faire un thriller génial mais les dernières minutes sauvent à elles seules le film et nous sommes émerveillés par ce plan final.
Fletcher explose le cadre habituel du thriller pour livrer un film aussi audacieux dans sa forme que dans son discours. L’usage virtuose du spleet-screen permet de dynamiser le récit et d’amplifier sa nature anxiogène : la préparation d’un meurtre a rarement été aussi angoissante. Mais le procédé vient surtout parfaitement épouser le propos, tant individuel (la schizophrénie et le dédoublement de personnalité) que philosophique (la banalité du Mal, omniprésent et anonyme). Ou comment un passionnant thriller rejoint les théories les plus avancées d’Hannah Arendt… Le choix de Tony Curtis dans le rôle du tueur (« banalisé » par des prothèses) est gonflé et donne l’occasion au comédien de livrer sa meilleure performance (son tueur est glaçant et incroyablement crédible, à la fois terrifiant et bouleversant). Le choix d’Henry Fonda, lui, est plus attendu (heureusement que son personnage de flic implacable se complexifie à la fin, lorsqu’il s’interroge sur sa propre fascination au Mal). La dernière demi-heure est une plongée troublante dans le gouffre de la psyché humaine - et la mise en scène, abandonnant le split-screen, se fait toujours aussi expérimentale avec des flash-back mentaux et une audacieuse déconstruction de l’espace. Bref, un très grand film d’un très grand cinéaste, un peu oublié aujourd’hui… A redécouvrir de toute urgence !
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4,5
Publiée le 3 juillet 2020
Je viens de voir L'Etrangleur de Boston ce soir et même si j'ai 59 ans je ne l'avais jamais vu auparavant. La performance de Tony Curtis m'a époustouflé. La simplicité et la réalité de sa performance m'ont fait peur. Je dois le considérer comme le méchant le plus terrifiant et le plus humain de mon expérience cinématographique. Il est au centre de l'écriture de la réalisation et de la mise en scène d'une netteté remarquable dans ce film. La performance de Curtis me convainc qu'il était l'acteur le plus polyvalent, le plus courageux et le plus sous-estimé de la fin du XXe siècle. Je mets au défi tout autres acteurs de jouer un tueur en série fou auquel la caméra de Fleisher l'a soumis sans nous faire rire. Il a fait trembler ma peau et mon cœur et en même temps je l'ai compris et j'ai eu pitié de lui. Tony Curtis est l'acteur vedette le plus sous-estimé de la fin du 20e siècle...
D’après un fait divers réel, Fleischer plonge dans le monde de la schizophrénie avec la réelle intention d’en cerner les effets. Une mise en scène astucieuse (jeu de miroirs, notamment) lui donne raison. Il aura fallu pour ça attendre les conclusions d’une enquête policière, qui personnellement ne m’a pas trop convaincue. Mais il faut savoir être patient… Pour en savoir plus
(Spoilers) Basé sur une histoire vraie ce film policier est assez étonnant. L'étrangleur de Boston est scindé en deux parties, la première ou l'enquête policière est montrée, avant de traiter le sujet de manière psychologique sur la seconde. C'est là que l'on découvre le fameux personnage joué par Tony Curtis dans un rôle à contre emploi. On découvre la psychose de cette personne, oui bien sûr impossible de ne pas avoir une pensée au chef-d'œuvre d'Hitchcock. C'est particulier, parce qu'on finit par compatir envers son personnage (d'où je pense que le choix de prendre Curtis est intéressant), malgré tous les crimes horribles qu'il a pu faire. Au final on retiendra donc l'interprétation du grand Tony Curtis, ainsi qu'un montage particulier découpant l'image en plusieurs parties. Un bon film, à voir.
Ce film qui utilise follement le split screen -qui mime la multiplicité des pistes que les enquêteurs doivent suivre, la multiplicité des meurtres (au nombre de 11), mais instaure également une analogie entre l’écran et l’esprit du tueur- est aussi intéressant pour le jeu de Tony Curtis, qui joue dans un plan séquence silencieux, le dédoublement de personnalité qui laisse place à l’Etrangleur de Boston. Fleischer, dans un film très sobre mais avant-gardiste, propose l’adaptation d’une histoire vraie dans un film notable de sa filmographie. Le réalisateur de Soleil Vert signe donc un film mineur mais intéressant, et en tout cas agréable à regarder malgré le malaise qu’il communique avec le personnage du tueur en série.
Une découverte, construction dramatique remarquable et Tony Curtis qui tient ici sans doute l'un de plus grands rôles de sa carrière, face à une légende, Henry Fonda.
Beaucoup de beaux split screens au début, quelques belles idées de réalisation (quand Tony Curtis cherche dans ses souvenirs) mais l'ensemble est assez long et ennuyeux.
Avant gardiste , c'est le moins qu'on puisse dire... C'est quand meme rare de voir des films de 1968 avec une telle gueule , en l'occurence "l'etrangleur de Boston" est trés peu démodé . Dans le fond comme dans la forme , le film est moderne ( voir les plans , voir également au niveau des homosexuels , prostituées , trav et noirs ) . Tony Curtis est juste transformé , impressionnante performance du Danny d'"amicalement votre" . Pour tout ca et pour une intrigue interressante , a voir
Performance étonnante de la part de Tony Curtis. Le film est pas mal sans plus, malgré quelques trouvailles de mise en scène intéressantes (notamment le "split screen", bien qu'un peu trop utilisé à mon goût, et les scènes qui mélangent passé et présent pendant l'interrogatoire), mais c'est vraiment l'interprétation de Tony Curtis qui fait que ce film mérite d'être vu.
L'un des modèles du film de tueur en série . "L'étrangleur de Boston" est une analyse clinique d'un homme schizophrène capable d'être un père aimant et un assasin des plus sadique. Sans le talent de l'excellent R.Fleischer, le film n'aurait put être qu'une honnête série B mais grâce au réalisateur, le film devient un classique qui influencera bon nombre d'oeuvres futures. Le réalisateur s'attarde sur sur l'enquète préalable de manière très documentée ,à la manière d'un journaliste durant 2/3 du film . Si cette partie est très intéressante c'est le dernier tiers qui imprésionne le plus. Dans cette partie l'auteur s'attarde à la personnalité trouble de l'assassin Albert DeSalvo face à un policier pugnace interprété par H.Fonda. Derrière le visage de ce tueur, un immense acteur : Tony Curtis. Méconnaissble, il livre là, sa meilleure performance : il est absolument phénoménal !!! Troublant et habité, il se livre à une véritable descente dans les méandres de l'esprit de DeSalvo : une expérience unique dans le cinéma . En bref c'est une grande oeuvre qui n'a comme faiblesse que son rythme mais qui inspirera bon nombre d'auteur (Fincher...).
Inspiré d'un fait divers récent à l'époque, un très grand thriller, superbement mis en scène et d'un intérêt documentaire évident. Tony Curtis est très impressionnant dans un rôle à contre-emploi, et donne au personnage authentique d'Albert DeSalvo une dimension pathétique et fascinante. Remarquable utilisation du "split-screen".
Dans le dernier plan de L'Étrangleur de Boston (The Boston Strangler, Richard Fleischer, 1968), la caméra opère un lent travelling arrière pour abandonner Albert DeSalvo, (Tony Curtis) le tueur en série arrêté par la police depuis peu, figé dans l'une des encoignures de la pièce, littéralement confondu avec les murs blancs de ce qui s'apparente davantage à un hôpital qu'à la salle d'interrogatoire d'un poste de police. Ce mouvement de caméra instaure une tension, une inquiétude qui participent du malaise traversant tout le film. Nous ne voyons plus ce détenu de l'extérieur, du point de vue que Joël Magny appelle « le point de vue de l'observateur invisible » que l'on peut référer à celui du cinéaste[1], mais nous sommes désormais dans la psyché, dans le cerveau du meurtrier. La caméra est, en effet, « dans le personnage » pour mieux saisir ses hallucinations visuelles, traduites à l'écran de manière troublante par des images mentales perturbées, des distorsions de l'espace que seul le cerveau d'un schizophrène peut générer. Cette pièce, immense, immaculée, lisse, sans porte, donc sans échappatoire, se dilate au fur et à mesure que le travelling arrière opère son déplacement. Les objets, table et chaises ont disparu, les murs et le sol, aussi blancs qu'un linceul, forment un espace paradoxalement étouffant, en dépit de l'immensité qui se crée autour du personnage........
Voir la suite de ma chronique à partir d'un photogramme du film: http://etoilesdetoiles.blogspot.com/2022/01/les-images-mentales-chez-richard.html
« Ils ont dit à la télé qu’on allait débroussailler l’Afrique. Ils feraient mieux de nettoyer Boston »
Plusieurs femmes âgées sont retrouvées étranglées. L’enquête patine entre suspects irréprochables et fausses pistes. Richard Fleischer maîtrise sa caméra comme personne : elle zoome, elle s’éloigne, elle virevolte et elle se scinde même. Le film se partage en deux parties : l’une qui montre l’extrême chiendent dans lequel la police s’est empêtrée ; l’autre, un huis clos épatant une fois le tueur arrêté dans lequel il est question de maladie mentale qui contient un face-à-face ébouriffant entre Tony Curtis et Henry Fonda sublimant leur texte par la puissance d’interprétation. Le récit fait la part belle au boulot de la police et se veut comme une critique de la presse qui fait l’autruche car des meurtres n’étaient apparemment pas assez tapageurs.
L'Étrangleur de Boston est un thriller angoissant qui s'inspire de faits réels. Le film plonge le spectateur dans l'atmosphère sombre et terrifiante de la traque d'un tueur en série. L'histoire est bien ficelée, explorant les tenants et aboutissants de l'enquête de manière captivante. Les performances des acteurs sont convaincantes, en particulier celle du protagoniste qui incarne le détective déterminé. Cependant, certains pourraient trouver le traitement de la violence assez explicite et dérangeant. Dans l'ensemble, "L'Étrangleur de Boston" réussit à créer un film palpitant et anxiogène pour les amateurs de thrillers.