L'Ange de la vengeance
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49 critiques spectateurs

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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 septembre 2015
Nous sommes en plein dans les années Reagan quand Ferrara choisit pour son troisième long métrage de faire une entrée fracassante dans le film de "rape & revenge», sous-genre du film de "revenge" popularisé par Michael Winner depuis "Un justicier dans la ville" (1974). Ferrara visiblement fasciné par la beauté de Zoé Tamerlis donne un double sens au parcours tragique de Thana jeune muette travaillant comme couturière chez un créateur de mode. Le viol soudain qui la foudroie en plein jour au détour d’une rue passante de son quartier va progressivement faire émerger la face sombre de la personnalité de Thana dont l’éveil brutal à la sexualité transforme sa crainte des hommes sans doute induite par son handicap en une haine féroce jamais assouvie. Si le film peut être vu comme un plaidoyer féministe tant la caricature des hommes est outrée, il peut aussi s’apparenter aux contes de fées tels Cendrillon ou Blanche Neige. Thana gravit rapidement toutes les étapes qui la font passer d’une jeune fille timorée et complexée à une mante religieuse aux accoutrements de plus en plus provocants. Ferrara qui aime par-dessus tout choquer ira même dans un final tout à la fois décadent et extatique jusqu’à mêler l’institution religieuse à un carnage à l’esthétique propice à être jugée complaisante par les âmes sensibles. C’est cette dualité du propos qui fait tout le sel du film et qui constituera dès lors la marque de fabrique des meilleures productions de Ferrara comme « The king of New York » ou « Bad Lieutenant ». Fort de ces parti pris radicaux, Ferrara n’en finira pas d’alimenter la polémique à propos de son goût pour une violence outrageusement esthétisée. Pour « L’ange de la vengeance » il faut observer une forme de dérision chez l’auteur qui n’hésite pas à dresser quelques portraits comiques comme le patron de Thana, obsédé sexuel ridicule ou sa logeuse envahissante et à offrir quelques diversions affriolantes sur l’essaimage des morceaux d’un cadavre dans tout New York. Une dérision qui disparaîtra un temps du travail de Ferrara pour réapparaître en 2007 dans « Go go tales ». Comme Ferrara on ne peut qu’être sensible à la beauté de Zoé Tamerlis devenue Lund qui finira sa vie à Paris victime comme Jim Morrison d’une overdose non sans avoir fait une dernière apparition poignante dans « Bad Lieutenant » qu’elle avait coscénarisé avec Ferrara.
lemiwings
lemiwings

45 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2014
Film méconnu du grand Abel à redécouvrir de toute urgence!!
jamesluctor
jamesluctor

167 abonnés 1 704 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2011
Très bon revenge movie que voilà. Si le premier viol laissait un peu de marbre le spectateur (certes c'est un viol atrocement bien filmé, mais de seulement 20 secondes), le second se produisant à peine quelques minutes plus tard permet vraiment de créer un traumatisme encore jamais vu. Et nous commençons donc dans cette escalade de violence qui nous conduira à une extermination du casting masculin. Mais curieusement, le film ne m'a pas vraiment semblé être une oeuvre féministe (et c'est là qu'il se démarque de ses congénères). La folie aveugle de cette mannequin se muant en femme de nuit provocatrice et mortelle est d'autant plus choquante auprès du spectateur masculin, qui se sent aussi visé par elle. Ne somme nous pas en train de contempler sa beauté ? Ceux qui le font dans ce film sont abattus de sang froid. On en arrive à un final quasi de Palmien, qui se termine en carnage bref, mais hautement symbolique (une femme déguisée en homme clos cette tragédie). Film intéressant, avec une bande son des plus marquantes et des acteurs impliqués. Un très beau travail d'Abel Ferrara.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 avril 2010
l'un des meilleurs films de rape and revenge et l'un des meilleurs film du maitre du noir abel ferrara,film injustement méconnu par ailleurs il mérite largement d'être vu c'est véritablement un bijou
chrischambers86

16 164 abonnés 13 120 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 mai 2022
Et si "Ms .45" (1980) ètait tout simplement le meilleur long-mètrage de Abel Ferrara ? Cette folie meurtrière particulièrement violente a marquè son temps dans le style de film underground! A 29 ans, Ferrara signait là son second long-mètrage, une histoire de vengeance à la lisière du fantastique qui aborde la même thèmatique que "Death Wish", à savoir l'auto-dèfense! Abel a le savoir-faire de rendre dègueulasse tout ce sur quoi il pointe une camèra! Autant dire qu'on rentre pied au plancher dans une sorte d'engrenage cauchemardesque au niveau de la rue avec cette jeune femme muette traumatisèe par deux viols successifs, et qui va se poser par la suite comme « l'ange de la vengeance » qui extermine tous les hommes sur son passage! A seulement 17 ans, Zoë Lund (crèditèe Zoë Tamerlis) trouvait dèjà le plus grand rôle de sa courte carrière tant elle a su si bien s'incarner dans le personnage de cette couturière à la fois belle, troublante et hallucinante! Elle y dèmontrait une puissance d'interprètation (il faut la voir face à son miroir ou avec des lèvres d'un rouge fatal) qui n'aurait pu aller qu'en èvoluant! L'actrice et brillante ècrivaine est morte d'une overdose à l'âge de 37 ans dans l'indiffèrence quasi-gènèrale! Bref le rèsultat aurait pu être racoleur si Abel n'y avait pas mis ses mains expertes en utilisant comme jamais les lieux crasseux de New York sur fond de musique jazzy enlevèe! Un incontournable...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2008
Film de genre oublié à tort, car Ferrara y expose une histoire violente de vengeance nocturne où la musique nous envoûtent, tout comme l'actrice principale... En bonus, un final fasciant... Du vrai et grand cinéma de genre... A découvrir...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 septembre 2011
je vient de le voir tout recement!!!!! encore un film glauque de ferrara, bon sa a vieillit ave cle temp mais le film n'est vraiment pas mauvais du tout!!!!! le film est tres agreable et prenant a regarder!!!!! jai vraiment aimer le film dommage qui'il ne dure pas longtemp!!!!! a voir pour les amateur de polar/thriller bien de noir de film oldschool
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2009
Juste avant de le voir je n'avais jamais entendu parler de ce film de Ferrara qui s'avère une bonne surprise avec cette pauvre muette qui se fait violer 2 fois dans le même journée ; après ces 2 agressions elle a soif de justice mais elle va tomber dans une spirale fatale la menant à la folie et à la psychose contrairement au justicier Bronson qui a su rester lucide. Film très court mais très intense avec une Zoé Lund (ou Tamerlis) très impressionnante, actrice qui connaîtra une fin tragique comme l'héroïne qu'elle incarne. Parfois il arrive qu'au hasard on découvre un excellent film qui nous était inconnu c'est le cas pour moi avec ce sombre et cruel L'Ange de la vengeance. L'histoire est accompagnée d'une sympathique musique jazzy très entraînante.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 3 février 2013
Abel Ferrara un réalisateur surestimé, honnêtement on est plus proche d'un nanard que d'un thriller à la De Palma. Le seul point intéressant c'est la transformation de Zoë Lund durant le film, pour le reste j'ai plutôt rigolé que tremblé.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 juillet 2009
Une muette frigide se fait violer dans la rue, elle rentre chez elle, et là, pas de bol, un cambrioleur la viole aussi ! Oh ! Mais elle réussi a prendre le dessus, l’assomme, le coupe en morceau, et récupère son calibre. S’en suit une vengeance psychotique et éperdue sur tout ce qui a une bite. Ben avec un pitch comme ça si vous n’avez pas envie de voir le film, merde ! rape and revenge forever !!!
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2015
Bien qu’il soit méconnu, le troisième film d’Abel Ferrara datant de 1981 était déjà un électrochoc qui annonçait son talent pour transcender des sujets polémiques. En accentuant à l’extrême le propos féministe inhérent au genre du Rape and revenge (sous-genre florissant dans les années 70), le scénario réussit à injecter au film une bestialité terrifiante dans sa description des rapports hommes/femmes. Le parcours du personnage de Thana, dont on suit la plongée dans une spirale de violence, fait naitre un dilemme moral quant à sa part d’humanité et la justification des meurtres qu’elle commet. Dans la peau de cette pauvre fille malentendante et frigide qui va peu à peu se transformer en prédateur sexuel hantant les rues new-yorkaise, Zoë Lund est parfaite tant elle apporte un mélange de charme et de froideur à son personnage. On ne peut que regretter que cette artiste ait succombée trop jeune à une overdose après avoir coécrit le scénario de Bad lieutenant. L’esthétisme avec laquelle sont filmées les scènes les plus crues (dont la fusillade finale, une scène particulièrement marquante) fait élever le long-métrage au-dessus du lot d’une simple série B, et mérite d’être redécouvert.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 novembre 2019
Abel Ferrara, encore loin de l'explosion de "Bad Lieutenant", pose pourtant son style si reconnaissable et si efficace dès ce troisième long-métrage où il nous plonge dans la quête de vengeance de Thana, une jeune femme muette violée deux fois dans la même journée et qui après l'assassinat de son deuxième violeur, décide d'abattre tous les hommes un peu trop collants et trop libidineux de la ville. Se muant peu à peu en ange de la vengeance (comme le dit si bien le titre français à l'opposé du sobre "Mrs. 45" en anglais), elle prend de plus en plus confiance en elle et se montre de plus en plus séduisante voire provocante (son costume de nonne de la scène finale) afin d'arriver à ses fins, des fins qui dépassent le stade de la simple vengeance pour aller vers des pulsions plus morbides et plus violentes. Dans la lignée des rape and revenge movies des années 70, Ferrara évite à son récit tout ridicule en embrassant son sujet et son héroïne comme il sait si bien le faire. La violence est brutale, les hommes montrés comme des sagouins pervers et la mise en scène vient sublimer la moindre action de Thana, interprétée par une Zoë Lund plus troublante que jamais. Maîtrisant le moindre détail de son film (le montage, l'utilisation de la couleur rouge, la musique), Ferrara livre une œuvre forte et sans concessions dont la courte durée (1h20) lui permet d'aller à l'essentiel sans jamais lâcher le spectateur.
thrashiffanneau
thrashiffanneau

21 abonnés 214 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2022
En 1981 sort Ms. 45 traduit « L’Ange de la Vengeance » en français, le film est signé Abel Ferrara, alors tout jeune réalisateur new-yorkais.
Il s'agissait officiellement de sa deuxième réalisation, mais officieusement de la troisième, le jeune homme s’étant essayé à la pornographie plus tôt dans sa vie.

Le budget du film est très maigre, on décompte 62 000 $. Il a été accordé à Abel Ferrara par la Warner grâce à la curiosité de William Friedkin (réalisateur de French Connection, Le Convoi de la Peur, L’Exorciste ou encore La Chasse à l’époque) qui l'avait repéré avec son premier film Driller Killer.
Le film est rentré dans ses frais et a même connu un petit succès inattendu en France : 121 752 entrées.

Après s'être donc essayé à la pornographie, puis à l'horreur type psycho killer, ce troisième film est un rape & revenge, sous-genre de l'horreur et du thriller où une femme violée se venge de ses tortionnaires et parfois des mâles toxiques autour.

S'ouvrant sur un petit défilé de mode où l’on fait d’abord la connaissance d’Albert, modeste créateur de mode en plein New-York, puis de l’une de ses employées : Thana.
Thana est une femme en apparence réservée et, on s’en rend vite compte, muette.
Alors qu’elle rentre seule, elle est victime d’un viol par un homme masqué dans une ruelle, elle reprend sa route bouleversée jusqu'à chez elle et tombe sur un cambrioleur qui va également la violer.
C’est la goutte de trop pour Thana qui assomme puis exécute froidement son assaillant, c'est alors le début d’une spirale infernale de meurtres…

Comme dit en début de chronique, le film date de 1981, niveau contexte on est aux débuts de la mode du slasher movie tandis que celle des rape & revenge et des vigilante movies s’essouffle, ces deux sous-genres ayant connu leur âge d’or dans les années 70.
Dans le contexte géographique, on sait qu’en parallèle du jeune Abel, un certain Frank Henenlotter commence le tournage de Basket Case de l’autre côté de la ville.
Les deux loustics, aux côtés de William Lustig ou encore Martin Scorsese sont les représentants d’un cinéma démystificateur qui démontre les pires travers de la Big Apple dans la forme, et subversif/anti-système dans le fond.

L’héroïne Thana est interprétée par Zoë Lund (née Tamerlis), jeune artiste qui ambitionnait une carrière dans le cinéma. Elle a été présentée à Abel Ferrara suite à un casting passé pour les films Grease et La fièvre du samedi soir, et ce sont les ardentes convictions féministes de la jeune femme qui ont convaincues le réalisateur.
Celle-ci a contribuée au script, et plus encore puisqu'on la retrouvera plus tard au générique du plus grand succès d’Abel Ferrara, Bad Lieutenant, comme co-scénariste et actrice.

Le script complété, l’actrice trouvée et le réalisateur prêt, on peut passer à la critique de ce Ms. 45.
Pour commencer, le film se déroule en 3 actes simples tous remarquablement efficaces : un premier où l’on pose les 3 décors clés du film et les atrocités qui vont faire basculer Thana, un second sur les divers actes vengeurs de Thana et le dernier où la folie meurtrière de Thana flanche jusqu'à sa fin définitive au bal de la fête d’Halloween.

Ferrara instaure une symbolique forte dès le départ à son personnage central : celle d'une gente féminine en proie aux prédateurs masculins dans leur routine dont les cris de terreur et de douleur ne sont pas entendus.
En effet, le film commence sur Thana au travail au milieu de ses collègues, elle partira ensuite toujours entourée de ces dernières, se faisant copieusement sifflées au passage par les hommes errants dans la rue avant de finir la route seule où elle sera victime d’un atroce viol qu'elle ne pourra pas signaler en criant car étant muette.
En rentrant chez elle dévastée, elle tombe sur un cambrioleur qui lui fera subir un second viol et c’est ce qui sera le point de départ à sa série de meurtres.

Voilà le quotidien d’une femme active new-yorkaise posé par le réalisateur : métro (les rues), boulot (le salon dédié à la création vestimentaire), dodo (l’appartement), et la survie à cette routine relève clairement du miracle.
Au travail, comme l’indique le petit défilé de mode qui ouvre le film, la femme est traitée comme un être qui crée et porte l’esthétisme, elle est vecteur de belles choses, les plans fixes sur les robes colorées et la teinte rose en témoignent. C’est dans cet environnement aussi contraignant que celui du travail qu'elle est le plus à son aise.
Une fois sortie, la pollution ambiante vient salir tout ça, les images de Ferrara deviennent ternes, les plans moyens paraissent plus suffocants (alors que l'on est en extérieur). On passe en caméra à l’épaule, sentant les pas des talons aiguilles et la lourdeur du facteur d'insécurité central au film : les hommes.

Le second viol est l’élément déclencheur du film, le cœur du problème est énoncé dans une ruelle abandonnée entre des poubelles auquel le réalisateur et sa caméra prennent une certaine distance comme symbolique du sentiment éprouvé d’une victime de viol : saleté et solitude.
Thana rentre alors chez elle les vêtements déchirés, les cheveux dépeignés, le maquillage en guenille et les larmes aux yeux, une apparence dont va s'amuser le cambrioleur qui l'attend chez elle, l'accusant de traînée.
Ferrara met alors en lumière une deuxième figure de violation psychologique que l'on fait subir aux femmes : le viol physique a été démontré avant et maintenant les répercussions verbales insultantes qu’on leur fait porter qui sera également symbolisé ici par un viol.
On a évidemment quelques éléments propres au style horrifique, comme ce bain que prend Thana mais qui ne lave en rien l'image masquée du premier violeur qui apparaît sous forme de jumpscare dans le miroir ou encore la découpe et la répartition méthodique des membres du cambrioleur.

Et c'est suite à ça que démarre le revenge movie, comparable à Taxi Driver dans l’orchestration de la violence en milieu new-yorkais qui se finira dans un bain de sang avec quelques éléments d’horreur proches du psycho killer grâce à la proximité que l’on a avec Thana et, grâce aux idées de mise en scène de Ferrara, la suggestion d’une folie meurtrière de plus en plus apparente et progressivement immorale (on passe de deux criminels, à des coureurs de jupons, à un homme juste amoureux en passant par un suicidaire.)
Les premières approches meurtrières en extérieur de Thana sont stylisées, Ferrara sait créer les scènes qui l’iconise, on pense notamment à celle dans le parc où le réalisateur s’accorde une plongée quasi-totale, l’approche des agresseurs est chorégraphiée avant de subir la foudre de l’Ange de la Vengeance. Celles qui suivront seront plus bruts, la stylisation s’estompe.

Thana, semblable alors à Nami Matsushima de La Femme scorpion, tombe sur sa parfaite opposition, elle tentera de la tuer mais l’impuissance de son pistolet à ce moment-là s’avérera sensée : l'homme assis avec elle est rongé par l’adultère de sa femme, il finit par se rendre compte que Thana a essayée de l’exécuter mais s'est trouvée impuissante, impuissance qu’il va saisir pour se suicider, le temps d'adresser un dernier regard provocateur sur ce qu'il pense être un problème : la femme.

Et c'est dès cette détonation que l’on découvre le constat de Ferrara : un patriarcat qui fait des femmes mais aussi des hommes ses victimes.
Des femmes en proie à diverses formes de sexisme, d’abus, d'oppression face à des hommes perdus dans un virilisme toxique, défendant un honneur sexuel masculin. Et c’est cette illusion patriarcale de déshonneur qui invite cet homme à mettre fin à ses jours.

Suite à cette expérience, Thana paraît de plus en plus désemparée et s’enferme jusqu’à arrêter d’aller travailler, synonyme d'épanouissement dans cette vi(ll)e hostile, et d’envisager de faire définitivement taire le chien de sa propriétaire intrusive.
Il ne reste plus que le bal d’Halloween à laquelle Thana est invitée où tout va s’enchaîner : le bain de sang au bal façon Carrie au bal du diable et l’arrivée de la police dans son appartement suite à la découverte de sacs-poubelle suspects.

C’est dans cette séquence finale que Ferrara déchaîne la paranoïa de Thana, au milieu de la soirée dansante naissent les ambiguïtés sexuelles : Thana devient un sujet de convoitise auprès de son patron et nous sommes spectateurs de conversations étranges comme celle d’une femme qui reproche à son mari d’avoir refusé une vasectomie après la naissance de leur fils.
Thana, déguisée en religieuse et ayant prêchée ses balles juste avant en les marquant de son rouge à lèvre, se prépare à l’intervention divine contre la source de ses maux : le sexe et l’obsession qu’on lui porte.

C’est ainsi que son patron va l’embarquer à l’étage pour commencer un acte sexuel auquel est n’est évidemment pas favorable.
Elle l’exécute et Ferrara décide de donner un effet de ralenti sur le massacre que va perpétrer Thana, son canon ne sera dirigé que sur des hommes qu'elle descendra de sang-froid.
À la manière d’un Bad Lieutenant, le massacre prend une dimension christique où Thana s’exhibe comme un ange de la mort face à la perversion des hommes, certainement justifié par les croyances chrétiennes de l’actrice Zoë Lund.
C’est à ce point de non-retour que Ferrara justifie le féminisme de son récit, Thana finit par mourir, exécutée dans son dos par une femme et c'est l’œil remplit de désespoir qu'elle le constate, se refusant de lui tirer dessus.

Le rideau tombé, le spectateur est le seul témoin des deux horreurs vécues par Thana, dans la diégèse du métrage, elle est une couturière qui a virée cinglé.
Abattue par une femme, Ferrara démontre par cette intention à quel point la gente féminine s'est accoutumée voire intégrée malgré elle dans le système patriarcal, la figure de Thana étant un appel à la révolte féministe. Aujourd'hui encore, le sujet est tristement d’actualité et même si la radicalité de Thana est une image qui n'appartient qu’au cinéma, il est toujours temps de faire raisonner ce cri que l’on a fait taire depuis trop longtemps. Un grand film underground.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 janvier 2012
Déception. L'Ange de la Vengeance est une petite série B des plus anecdotiques, pas totalement dénuée d'intérêt mais fort peu crédible, relativement racoleuse et surtout très lassante. Je m'explique : tout d'abord, le film de Ferrara s'avère pratiquement insignifiant dans la mesure où il succède aux films du Nouvel Hollywood et qu'il peine donc à rivaliser avec un Taxi Driver ou un Carrie ( deux oeuvres phares avec lesquelles il partage d'ailleurs des points communs ). Toutefois, L'Ange de la Vengeance peut séduire par ses symboles et autres détails significatifs : à commencer par le mutisme du protagoniste ( qui ne dit mot consent, comme disait l'Autre... ). Par ailleurs, la dimension paranoïaque du long métrage d'Abel - malheureusement pas assez développée à mon goût - véhicule un malaise plutôt intriguant. En revanche, L'Ange de la Vengeance rebute par son aspect irréaliste ( deux viols en moins de vingt minutes, c'est totalement improbable ) et ses situations souvent téléphonées. De plus, ce postulat d'un rape and revenge présenté sous la forme d'un parcours aux résonnances mystiques me semble proprement lourdingue voire douteux. Enfin, la mise en scène d'Abel Ferrara, répétitive jusqu'à la saturation, ne relève en rien le niveau : le final finit de nous épuiser avec cette utilisation abusive du ralenti. Bref, nous sommes très loin de la maîtrise d'un Bad Lieutenant... A voir à la rigueur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 septembre 2007
Un chef d'ouevre du film noir injustement méconnu du grand public.
Ici, il est question d'une jeune couturiere muette qui se fait violer deux fois dans la meme journée.Traumatisée, elle reste tout d'abord murée dans un silence total, puis decide de se venger sur la gente masculine, armée d'un revolver.Le scenario est certes mince, mais la force du film tient au réalisme de la realisation.Abel ferrara a filmé new-york comme un protagoniste de l'histoire,a la fois temoin et agresseur.L'heroine joue formidablement bien le role de la victime introvertie qui se mue peu a peu en justiciere provocante et totalement folle.
Un film tres court, mais efficace,à l'ambiance malsaine, glauque et pessimiste.De nombreuses scenes(dont le massacre final) sont devenues cultes et la bande-son du film(du saxophone tres eightees)est inoubliable.
Du grand Ferrara a reserver a un public adulte et averti.
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