Film fantastique réalisé par Peter Berg, Hancock est un long-métrage correct. L'histoire nous fait suivre John Hancock, un super-héros alcoolique rejeté par les habitants de sa ville de Los Angeles à cause des dégâts matériels qu'il cause à chacune de ses interventions, du à sa force et sa résistance surhumaines. Également capable de voler, il est le seul de son genre et vit dans la solitude. Un jour, il sauve la vie de Ray, un homme idéaliste qui rêve de rendre le monde meilleur. Ce dernier, persuadé que John n'est pas aussi irrécupérable qu'il semble l'être, décide de l'aider à avoir une meilleure image auprès de la population et des médias. D'abord sceptique, Hancock se laisse convaincre, mais le prix à payer pour cela va causer bien des soucis. Ce scénario, original dans le monde des super-héros, s'avère plutôt plaisant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous plongeant dès les premières secondes dans son univers, chose appréciable. S'ensuit, au fil des minutes, un récit efficace, bien rythmé, dépoussiérant les codes du genre, mais qui souffre de quelques tares scénaristiques, à commencer par la révélation faite vers l'heure de visionnage qui n'est clairement pas une surprise tant cet élément est appuyé à de multiples moments avant de nous le faire comprendre plus explicitement. Il est également dommage que le concept ne soit pas davantage poussé, même s'il reste rafraîchissant, et le fond manque clairement d'un sujet. Il n'y a quasiment pas de thématique traitée et de message. D'autant plus qu'au cours de l'aventure, on va aussi en savoir plus sur ses origines, en dépit de pas mal de questions restants sans réponses et de certains éléments discutables. Tout cela donne lieu à des scènes d'envergure durant lesquels l'action est très présente et destructrice, alors que le super-héros résiste à tout, semblant invincible. Le ton se veut quant à lui pas très sérieux malgré une certaine violence et quelques passages un peu plus sentimentaux. Mais l'humour prédomine et celui-ci parvient à décrocher quelques sourires. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, à commencer par le principal intéressé donnant son titre à l’œuvre. Un rôle-titre bien incarné par un Will Smith au regard d'ivrogne, pas très aimable, mais pour qui l'on ressent de l'empathie. Il est entouré par une distribution comportant également Jason Bateman, Charlize Theron, Jae Head, Daeg Faerch ou encore Eddie Marsan. Tous ces individus entretiennent des rapports compliqués soutenus par des dialogues amusants, notamment lorsqu'ils sortent de la bouche de John pas avare en répliques vulgaires et provocatrices. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère de bonne facture. Sa mise en scène parvient à nous faire ressentir la puissance et l'invulnérabilité de son protagoniste principal et nous gratifie de séquences d'action nous faisant ressentir sa vitesse. Les séquences aériennes sont également bien fichues. Cependant, l'esthétique n'est franchement pas reluisante. La faute à une caméra tremblante et à une photographie ternie par un étalonnage fade. C'est regrettable car les efforts fait sur la destruction des environnements sont impressionnants, notamment grâce à des effets spéciaux globalement crédibles, même si certains sont un peu en deçà. Ce visuel en dents de scie est accompagné par une bande originale pas très inspirée mêlant morceaux de rap et compositions plus conventionnelles. Hélas, aucune de ses notes n'est marquante et il manque clairement d'un thème principal à la hauteur de ceux des véritables films de super-héros, permettant de les identifier musicalement. Reste une fin satisfaisante donnant presque envie de voir une suite car il y aurait encore des choses à dire et à faire avec cet univers. En conclusion, Hancock est un film divertissant valant le coup d’œil, sans pour autant être indispensable.