Billy Wilder est un réalisateur dont j'apprécie beaucoup le travail, Audrey Hepburn est une actrice talentueuse à la classe inimitable et ce film est considéré comme un classique. Que pouvait-il mal se passer ?
Après "Vacances romaines", qui m'avait tout aussi déçu d'ailleurs, Hepburn rempile pour une comédie romantique mais cette fois-ci, les rôles sont inversés. Si elle était une princesse qui se rêvait ménagère dans le premier, elle est maintenant une fille de chauffeur qui se rêve dans les bras de la haute bourgeoisie. Enfin, plus particulièrement de David dont elle est éperdument amoureuse depuis son enfance.
Si ce dernier l'a toujours ignoré, il va soudain tomber sous son charme à son retour de Paris, ville qui l'a complètement changée. Enfin, soyons clairs, elle avait les cheveux longs, maintenant, elle a les cheveux courts et s'habille bien. Un glow-up de qualité ! Bref, si c'est un amour enfin réciproque, David est promis à une autre dont la famille serait bien utile à l'entreprise de la sienne. C'est alors que rentre dans la course Linus, le frère de David, pour empêcher cette union. Mais Linus ne risquerait-il pas de tomber à son tour sous le charme de Sabrina ?
Linus qui a quand même grosso modo trente ans de plus. Non pas que la différence d'âge me dérange et je ne me permettrait encore moins de la juger mais dans une comédie romantique, je n'y crois pas une seconde. Surtout lorsqu'une jeune femme aussi solaire, charismatique et rayonnante est en face d'un homme terne, taciturne et vieux jeu. Non pas qu'Humphrey Bogart soit mauvais, il est au contraire très bon mais le film l'aurait été d'autant plus si cette romance n'en n'était resté qu'à la blague, à la limite source de comique du film.
D'autant plus que l'ensemble est lourd, Sabrina va à Paris et ramène tous les clichés qui vont avec, notamment "La Vie en rose" jouée pendant tout le film sous toutes les formes possibles (même si j'avoue que de l'écouter de la bouche d'Hepburn apporte un certain charme), sans parler du rythme relativement lent pour un film qui, au final, ne raconte quand même pas grand-chose.
Bref, sans Audrey Hepburn, "Sabrina" ne serait qu'un film mineur peu inspiré et surtout sans saveur de son réalisateur.