Autant le dire, ma déception envers ce "Elephant" est immense ! Franchement, sur le papier, j'avais tellement envie d'aimer ce film. Au vu de son synopsis, de ses premières images et de sa portée politique énorme, le long-métrage avait tout pour me plaire. Mais finalement, ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Pourtant, il faut remettre l'église au milieu du village, le problème ne venant pas foncièrement de l'idée originale du projet. En effet, je comprends parfaitement ce que Gus Van Sant a voulu faire avec ce film. Ici, l'objectif était de nous plonger dans le quotidien des étudiants, à savoir une routine presque banale. Via de nombreux plans-séquences, le réalisateur capture le naturel de ces acteurs, dans des moments de vie vraiment classiques. Les étudiants vont en cours, au réfectoire, font du sport, etc... Ce quotidien est assez simple, mais il est finalement le reflet d'une tranquillité qui n'attend qu'à être secouée. Alors que les indices sur ce qui se prépare se multiplient, Gus Van Sant choisit de couper ce quotidien via son ultime séquence, la fameuse fusillade. Et honnêtement, elle est assez violente, et elle réussit sans problème à nous faire ressentir la cruauté qui se dégage de ce geste. En soi, dans son déroulé, le long-métrage n'a donc rien de très décevant, car on connaît ce type d'approche. Via une réalisation très sobre et proche du documentaire, le but était simplement d'aborder ce sujet via un prisme quotidien et cela n'a rien de surprenant. Pourtant, même si je comprends ce qui a voulu être fait, je reste parfaitement hermétique à cette exécution. Déjà, car même si l'ensemble est très court, cela reste très long à regarder. Au total, la fusillade ne se déroule que lors des 10 dernières minutes, nous avons donc 1h10 à attendre pour voir cela. Par conséquent, ajouter à cette mise en scène très planante, on ne peut pas dire que le rythme soit particulièrement prononcé. En vérité, on s'ennuie même beaucoup, la faute à des personnages peu impactants. Clairement, j'aurais pu accepter cette idée si quelque chose d'autre avait réussi à m'accrocher pendant ce temps-là, mais ce n'est jamais le cas. Personnellement, je trouve que l'ensemble des personnages est très oubliable, j'en ai d'ailleurs oublié plus de la moitié au moment où j'écris ces lignes. Je les trouve surtout peu crédibles, la faute à un casting qui ne réussit pas correctement à faire transparaître ce sentiment de quotidien. Beaucoup des acteurs ne sont donc pas assez convaincants, notamment dans leurs gestuelles. Si leurs dictions restent bonnes, leurs mouvements sonnent toujours très faux. Alors, si on prend tout cela en compte, on en arrive finalement à un résultat très compliqué à juger. Certes, l'idée est là, et on ne peut pas dire que la dernière séquence ne fonctionne pas. Mais malheureusement, à cause de grosses longueurs et de protagonistes franchement quelconques, je n'ai clairement pas accroché. Je sais bien que ce n'est pas le plus important au sein de ce film, et c'est donc un peu bizarre de venir en parler pour juger ce projet. C'est d'ailleurs bien pour cela que j'ai précisé que j'avais compris l'intention du film, et, encore une fois, je la trouve louable. Cependant, celle-ci ne réussit jamais à toucher ma sensibilité, et c'est bien là qu'est le problème. Pour conclure, un film qui va à fond dans son concept.