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Yasujirô Rilke
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5,0
Publiée le 3 novembre 2006
Tout les ingrédients qui font d'un bon film un chef d'oeuvre sont réunis : 1) Une réalisation excellente qui, avec des plans d'une composition belle de simplicité, transposent à la réalité une grâce toute intrinséque. 2) Deux acteurs ( Romy Schneider aussi belle que Brigitte Bardot dans "Le Mépris" (1963) et Claudia Cardinale dans "Vaghe stelle dell'Orsa" (1965) et Michel Piccoli, assurément l'un des très très grand acteur du cinéma français ) qui incarnenent une force du jeu aussi belle qu'immense. 3) Un montage qui donne au description un déictisme plus qu'adéquat. 4) Une musique atypique au film policier qui ancre définintivement l'oeuvre dans le genre. et 5) une photo mi-clair mi-obscur à l'image du film. Claude Sautet met là en image l'un, sinon le film policier le plus accrocheur qui soit. Grâce à la force de l'oeuvre on reste scotché pendant les 2h sans ciller. Moi qui suit d'une nature instable devant les films, je n'ai quasiment pas bougé devant ce "Max et les ferailleurs" (1970). A partir d'une histoire de film policier d'apparence banal, la mise en scéne de Sautet réussis à en faire un chef d'oeuvre incontestable du cinéma français et mondial. Je suis carrément tombé amoureux de ce film, de l'ambiance et des acteurs aussi. Quatre étoiles largement meritées, voire bien plus.
Dans l'oeuvre de Claude Sautet,"Max et les ferrailleurs" fait figure de charnière entre les polars melvilliens,et les chroniques vivantes.Il retrouve ses 2 magnifiques acteurs des "Choses de la vie":Michel Piccoli et Rmy Schneider.Le premier,policier distant et manipulateur,cherche à prendre en flagrant délit de braquage de banque une bande de zonards,peu ambitieux mais influençables.La seconde,prostituée élégante,facilement emportée par ses émotions,conduit sans le savoir cette bande à l'échec le plus cuisant.Sautet s'intéresse beaucoup à la relation entre le flic et la pute.Une relation basée sur le mensonge,mais sincère sentimentalement,et qui prouve bien que les évènements ne se passent jamais comme on le souhaiterait.Beaucoup de sobriété et de névroses dans ce drame policier.Sautet montre son goût pour la vie en communauté,aussi modeste soit-elle.Alors que Max,qui bénéficie du statut de représentant de la loi,est proche du désespoir à force de solitude.Le suspense repose sur les réactions de Max:son amour pour Lili,va t-il assouplir sa notion de justice?Ai-je dit que Romy Schneider est encore une fois parfaite,et largement mise en valeur?!Du très bon cinéma.
Peut-être l'un des meilleurs films de son auteur, « Max et les ferrailleurs » est de ces oeuvres qui savent trouver un excellent équilibre entre constat social alarmant et pur polar d'ambiance, très réussie au passage. Que ce soit les truands ou les flics, personne n'est d'ailleurs tout blanc ou tout noir, Sautet prenant grand soin de donner à chacun de ces personnages une identité, une sensibilité unique et ce sans aucun manichéisme. Sans surprise, c'est toutefois Max et Lily qui retiennent avant tout notre attention. Elle, jouée par une Romy Schneider sublime, est fascinante et pas si insaisissable, loin des rôles stéréotypés de « pute au grand coeur ». Lui semble être un descendant de la planète Vulcain : sans état d'âme, appliqué, sérieux, mais sa priori incapable d'avoir une quelconque affection. Ce n'est qu'au bout de très longues minutes que le masque finira par se fendre, mais sans jérémiades et surtout à travers un dénouement émouvant bien que brutal. Deux très beaux personnages pour une excellente histoire : c'est peut-être tout simplement cela le cinéma.
C'est toujours un plaisir de regarder jouer Michel Piccoli. Le film lui reste distrayant, avec une réalisation plutôt réussie, et on est bien immergé dans l'histoire. Mais quelle histoire! Un flic incapable d’arrêter des bandits, qui décide alors d'investir du temps et de son argent personnel pour pousser des petits voyous à commettre le crime qu'il souhaite, afin de savoir où et quand les arrêter. On a vu des histoires moins déroutantes quand même, et je ne parle même pas de la fin! Bref heureusement que Piccoli et quelques éléments tirent ce film vers le haut, car hélas le scénario n'est pas à la hauteur.
Un film qui a vraiment très bien vieillit ; comme un grand vin. Cette histoire de manipulation d'une petite bande de banlieue par un flic torturé, instable et malsain garde toute son acuité. Une belle réalisation , en extérieur , inspirée par la " nouvelle vague " et surtout un duo au sommet de son art / Piccoli plus machiavélique que jamais, et Romy Schneider, rayonnante de beauté, sensuelle , en prostituée , libre affranchie , qui tombe pourtant dans le piège. Un bon scénario , bine serré, et un final brutal , noir et anticonformiste. Du grand cinéma.
Vous reprendrez bien un peu de Michel Piccoli et de Romy Schneider? En 1971, Claude Sautet réunit à nouveau ce duo d'acteur formidable qu'il avait déjà dirigé dans son film précédent pour un résultat tout aussi satisfaisant. Max Et Les Ferrailleurs est l'œuvre la plus sombre de ce réalisateur, ce qui explique peut être que ce soit sa préférée. Piccoli est parfait dans ce rôle de policier froid et obsessionnel, et Romy Schneider est (comme toujours) d'une beauté à tomber raide. Néanmoins, l'histoire de ce polar farfelu est parfois dure à avaler.
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4,0
Publiée le 21 octobre 2010
Polar psychologique haut de gamme avec une mise en scène nerveuse, un dialogue vif, un duo d'acteurs au meilleur de leur forme, où le flic, vu ici par Claude Sautet est un ange noir! Un manipulateur pour qui la fin, la justice, justifient les moyens, la compromission avec ce qu'il traque et même l'encouragement au crime: crèer le dèlit pour mieux le punir! A la frontière du bien et du mal, Max est interprètè par un magistral Michel Piccoli! En prostituèe libre et sincère, Romy Schneider est aussi belle qu'èmouvante! Les seconds rôles possèdent ègalement des atouts, notamment l'excellent Bernard Fresson dont la rencontre avec Max - dans une rue puis autour d'un verre - est absolument superbe! Avec "Max et les ferrailleurs", Sautet s'impose comme un artisan majeur du renouveau du film policier français avec Melville, mais de façon moins froide et avec une vision plus gènèreuse que ce dernier! On se situe alors à une pèriode charnière entre le flic paternaliste au grand coeur des annèes 30-40 et le flic casse-cou des annèes 70-80! Mettons à part ce film remarquable de Sautet qui montre comment il aurait pu renouveler le genre un peu essoufflè du polar made in France...
Un très bon polar de Claude Sautet, avec un scénario original et une fin surprenante. Les acteurs sont plus que bons, Romy Schneider illumine chaque plan de sa beauté, Michel Piccoli est très froid et manipulateur sans oublier Bernard Fresson ou Georges Wilson. Sans être excellent, ce film policier est une bonne surprise, à découvrir.
Beau film que «Max et les Ferrailleurs». Sortant des sentiers battus du film policier, tout en s'inscrivant dans la continuité du genre. L'histoire est simple : Max (Michel Piccoli), ancien juge, est entré dans la police pour pincer en flagrant délit les malfrats depuis qu'un jour un coupable a été relaxé faute de preuves lorsqu'il était encore magistrat. Profitant de ses relations avec Abel, un membre d'une petite bande de ferrailleurs, il va essayer de les inciter à monter un coup pour ensuite pouvoir les prendre sur le fait. Seulement, au milieu de tout ça, il y a Lily (Romy Schneider toujours aussi belle), petite amie d'Abel. Max croyait pouvoir se servir d'elle impunément, mais malgré lui il ne pourra l'oublier le moment venu. En fait, le film repose surtout sur cette relation très ambiguë que nouent Lily et Max. Ce dernier apparaît comme un personnage froid, distant et complexe, rongé par ses obsessions. Et inévitablement, elles le mèneront à sa perte. Une histoire d'amour originale donc, servie par une mise en scène correcte bien qu'un peu plate et par des interprètes talentueux. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Une belle brochette d'acteurs, une interprétation impeccable dominée par Michel Piccoli, et Romy Schneider éblouissante et très convaincante en pute indépendante. Le scénario est très original et aussi inquiétant que le personnage joué par Piccoli. En revanche François Perrier semble sortir d'une série télé et Georges Wilson se demander ce qu'il fabrique ici. Un bon film mais parfois un peu mou.
Parmi ces nombreux projets en cours, entre écriture et réalisation, Claude Sautet fit une pause avec ce film noir, pas judicieux, à peine malicieux. Le dénouement nous achève sans qu'on puisse apprécier une mise en place pourtant diabolique et pourtant bien orchestrée.
Et un chef-d'oeuvre de plus dans la filmographie de Claude Sautet. Le succès de cette histoire de manipulation policière ne s'est jamais démenti. Et pour cause, Max et les ferrailleurs bénéficie d'un scénario magnifiquement écrit, d'une distribution éblouissante (Michel Piccoli en flic secret, insondable et monomaniaque obtient ici son plus grand rôle) et d'une mise en scène de Sautet quasi parfaite. Un des plus grands films français des années 1970...
Un policier décidé à prouver son efficacité tend un piège à une petite bande de gangsters... C'est en 1971 que Claude Sautet réalisa ce film policier qui possède son plus gros atout au niveau de l'interprétation de son casting. En effet, que ce soit Michel Piccoli dans le rôle du policier vulnérable et inquiétant ou encore l'excellente Romy Schneider dans celle d'une prostituée libre et pleine de sincérité, ce duo arrive à rendre bien captivant ce long métrage. D'ailleurs, j'ai trouvé que le film commençait à devenir vraiment intéressant dès que le personnage de Romy Schneider apparaît à l'écran. La mise en scène est également bien réussi et rend bien honneur au solide scénario que Claude Sautet à coécrit avec Claude Neron, et le tout est accompagné de quelques séquences assez marquantes - notamment celle concernant la fin du film qui est franchement bien émouvante. Une très belle réussite donc pour cette intrigue policière atypique, et qui se trouve être vraiment recommandable.
Après l'immense succès des "Choses de la vie" qui lui donne un style et une identité, Claude Sautet aborde à nouveau le genre policier qui lui avait permis de faire ses réels débuts de réalisateur ("Classe tous risques" en 1960). Très novateur et toujours flanqué de Jean-Loup Dabadie, il adapte le roman éponyme de Claude Néron sorti trois ans plus tôt pour proposer une revisite du genre peu banale. Il est fasciné par le personnage de Max (Michel Piccoli) qui lui rappelle ce qu'il nomme "la perversité des théoriciens" à laquelle il a été confronté dans sa jeunesse quand il naviguait dans la mouvance du Parti Communiste. Comment une idéologie poussée jusqu'à l'absurde peut-elle amener à justifier l'injustifiable ? Lénine, et Staline et avec eux tous les dictateurs et terroristes ont théorisé assez aisément sur le sujet à partir d'idées prémâchées qui expliquent qu'au nom d'une cause juste on peut être amené à employer les moyens peu recommandables de celui ou de ceux que l'on dénonce et entend combattre. C'est de cette trempe qu'est fait Max, spoiler: ancien juge d'instruction devenu flic qui frustré des maigres résultats qu’il obtient dans la lutte contre le grand banditisme décide de se fabriquer lui-même un flagrant délit en amenant des petits malfrats sans envergure à monter un hold-up vers lequel il les aura patiemment aiguillés. Pour se faire, il se servira d’Abel un ancien camarade de classe (Bernard Fresson) retrouvé par hasard, devenu un petit trafiquant de ferraille, vivant la bohème avec sa petite bande dans la plaine de Nanterre encore un bidonville à cette époque et de Lily prostituée allemande, compagne d’Abel et égérie du groupe qui lui servira bien involontairement d’agent de liaison facilitateur à travers une liaison tarifée jamais consommée. Mécanique infernale au service de principes moraux plus que contestables, minutieusement orchestrée par un Piccoli magistral de froideur obstinée dont les certitudes ne basculeront qu’à la toute fin quand il prendra enfin conscience de l’horreur de sa démarche qui consiste à utiliser des êtres humains comme objets d’assouvissement d’une obsession qui interroge fortement quant à ses motivations profondes. Si l’inanité de la justice et de la police habille pudiquement l’horrible dessein, on peut se demander si ce n’est pas un refus pathologique de l’altérité qui ronge Max découvrant chez Abel et Lily une liberté et une capacité à transgresser qu'incapable d'atteindre il décide de réprimer. Les producteurs avaient pensé à Delon ou Montand pour le rôle de Max mais leur refus permit à Sautet d’envisager de placer le couple Piccoli/Schneider dans un contexte diamétralement opposé à celui du couple de bourgeois qu’ils formaient dans «Les choses de la vie ». Romy Schneider a rarement été aussi belle que dans ce film où déjà elle laisse entrevoir sa faculté dangereuse à côtoyer la détresse. Max dont la nature perverse et machiavélique du projet est évidente, agit avec la complicité sournoise de sa hiérarchie (sublime Georges Wilson) qui aura beau jeu de se lamenter une fois le désastre constaté. Formidablement ciselé dans sa narration qui ressort presque de l‘horlogerie suisse, « Max et les ferrailleurs » était celui de ses films que préférait Sautet qui n’avait rien trouvé à lui enlever ou rajouter à posteriori comme il le faisait souvent. On ne peut qu’être d’accord avec lui en revoyant ce joyau d’une noirceur infinie.
Un grand polar « à la française » qui a pris peu de rides. Un policier d’époque, une histoire de paranoïa et de manipulation, une splendide peinture des marginaux d’alors. Mise en scène limpide et brillante, scénario et dialogues bien construits, belle musique décalée et puis l’interprétation… Georges Wilson, François Perier, Bernard Fresson… et puis Romy Schneider, belle et irradiante, lumineuse, face à un grandiose Michel Piccoli, rigide, corseté, à l’étroit dans ses principes, dont le regard hagard du final reste inoubliable.