Ahurissant. Le culot, le dédain, la condescendance ainsi que l'ignominie avec lesquels les employés de cette usine ont été traité est tout simplement parfois insoutenable. Le pire dans cette histoire, c'est que des drâmes comme celui de Flint arrivent tous les jours dans le monde. C'est véritablement une honte et met en évidence le peu de valeur de "l'outil humain" dans les industries d'aujourd'hui. Un plaidoyer pour le prolétariat et une bombe pour le patronat. Le défilé dans la rue et le centre d'attraction sont tout simplement obscènes! A voir ou revoir de toute urgence pour ne pas oublier et lutter contre de tels agissements.
Le sujet est intéressant au départ, la manière du procédé l'est moins. On atteint vite fait la soporifie d'une reportage qui ne mène nul part et qui n'a répondu à aucune question. La pitié n'apporte aucune dignité.
Moore s'attaque à un sujet qui semble le dépasser. Il se contente de filmer; mal qui plus est; sans jamais réfléchir. Tant mieux, d'une certaine manière, parce qu'il se montre si partial quand il raisonne, que c'est souvent faux. Le manichéisme de l'auteur commence à naître, même s'il est plus supportable que dans les films suivants. Ici, c'est simplement la platitude qui domine. Voici une ville peuplée d'américains moyens, incultes, naïfs et impuissants, pédalant dans une vie sans avenir; au milieu de Mc Donald's, Jesus et miss Amérique. L'approche de Moore est si plate et emmerdante qu'on se désintéresse rapidement du débat. Pourquoi les usines ferment-elles? Une autre stratégie économique aurait-elle été viable? Que font les autorités pour attirer de nouvelles industries? Quels sont les plans de réinsertion? Des questions philosophiques peuvent également être posées... peut-on se plaindre du libéralisme économique dans une ville qu'il a nourri pendant près d'un siècle? L'installation d'usines au Mexique n'est-elle pas bonne pour le développement économique mexicain? Les délocalisations, n'est-ce pas de bonne guerre, en somme? Toutes ces questions sont délaissées par Moore, qui se contente de mettre mal à l'aise des péquenauds parvenus. Aussi impuissant que les autres, il se borne à montrer une ville moribonde et arc-boutée sur ses succès passés. Le sujet méritait un meilleur traitement...
Bienvenue dans le monde merveilleux de Michael Moore, un monde où les salauds sont vraiment salauds et les pauvres gens, de pauvres malheureux sans défense.
En effet, chez Michael Moore, on comprend très vite que le trublion américain en a après certaines personnes et qu’il ne lâchera pas tant qu’il n’aura pas vu Roger Smith et qu’il est évident qu’il ne le verra pas, dès les 10 premières minutes, le suspense est absent. Ce qui l’intéresse plus, c’est la vie de Flint, Michigan, ses habitants, leurs ressentiments… Et comme en plus, Moore a une sorte de complexe de supériorité qui l’oblige à ridiculiser les gens qui le méritent d’après lui. Ici, Roger Smith & Kaye Lani Rae Rafko prennent très cher par un Moore que l’on sent remonté.
Le tout est bien monté, intéressant sans être vraiment passionnant, avec une excellente musique et un rythme soutenu. A voir.
LE documentaire qui fit connaitre le sublime Mickael Moore. Déjà à l'époque le réalisateur usait de sa tenacité et de son humour assez grincant mais diablement efficace. Il a de la répartit et n'ose pas à faire le forcing pour dévoiller les faits plustôt que de les supposé ou de les resortir déjà analysés. Bref du vrai travail de journaliste neutre et impartial. Bravo encore.
Flint dans le Michigan fut certes le berceau de General Motors mais également celui de Michael Moore. Tout petit déjà, il carburait à l'imagerie de cette entreprise (en gros toute sa famille y travailla sauf lui). Quand le grand patron Roger B. Smith décida que le bénéfice hallucinant de la firme justifiait la fermeture de onze usines sur le territoire américain et l'ouverture d'usines au Mexique, les licenciements se comptèrent par dizaines de milliers. Au nom de la compétitivité, la ville de Flint fut sacrifiée sur l'autel du capitalisme. Sans le moindre scrupule ni compassion. D'ailleurs à en croire des gens comme Steve Wilson, il y a tant de beaux projets menant à la fortune que c'est presque une aubaine pour les ouvriers de perdre leur emploi !!! Défenseur patenté et rentre dedans de la cause prolétaire et de la justice sociale, le jeune cinéaste Moore et son équipe tentent de faire venir Roger B. Smith sur place pour qu'il constate les dégâts. Encore faut-il l'approcher... Sans surprise ils se heurtent à un système borné, les insignifiants ne pouvant se mêler aux hautes sphères (au quatorzième étage de l'immeuble de Detroit par exemple). En plus de son ironie dévastatrice, j'apprécie beaucoup le sens du montage de Moore, particulièrement efficace pour appuyer ses démonstrations (on retiendra la mise en parallèle des Noëls du milliardaire et du pauvre alors que Smith cite sans honte ni inspiration Charles Dickens). "Roger & Me" rapporte discours écoeurants et mesures phénoménales de connerie (constructions hors de prix destinées à faire de Flint le taudis une ville touristique !). A peine croyable, l'inauguration de la nouvelle prison est un grand moment de mauvais goût. Un documentaire à vous rendre malade est un documentaire nécessaire. Un peu moins de vingt ans après, on peut constater que la France rattrape joyeusement son retard en matière de précarité. Il ne vous reste que les yeux pour pleurer et les mains pour applaudir l'action révoltée de Michael Moore.
Chronique d'un monde qui va mal... Moore au début de sa réflexion n'épargne personne, égratignant avec humour les coupables, les profiteurs et les naïfs qui peuplent sa ville natale. Une ville fantôme qui se meurt et où le shériff expulse ses anciens camarades de classe la veille de Noël, des patrons qui n'ont que le profit à la bouche... Qu'il fait bon de vivre en France... Et quel talent, Mister Moore !
Moore débute sa carrière dans le documentaire avec "Roger and Me", un constat de la crise économique qu'a traversé le NE des Etats-Unis durant les 80's et plus tard, et en particulier la fermeture des usines General Motors à Flint, ville natale du réalisateur. On y trouve déjà son style cynique, sa stratégie fourbe pour interviewer ses ennemis, et un montage pas aussi prenant que dans "Bowling for Columbine" mais efficace. Néanmoins, le manque de subjectivité demeure assez présent et certains aspects du film frôlent la manipulation, critique qui sera souvent faite à Moore à partir de 2000. Au final, un pari cinématographiquement réussi mais à prendre avec des pincettes.
Premier documentaire de Michael Moore qui affirme sont culot mais aussi son engagement contre les multi-nationales. Moore sur la forme utilise le documentaire, qui devient son moyen d'expression. Son but est d'essayer de parler au président de Général Motor et parallèlement de nous présenter les conséquences qu'on eu les licenciements sur la ville et ses habitants. Moore a un humour que j'apprécie énormément et nous présente les avis des riches habitants ne connaissant pas les expulsions face aux avis de ceux qui ont perdu leur travail sont expulsés de chez eux et ne connaissent pas les parties de golfe. Très bon film de Moore qui grâce a son culot et sa volonté arrivera a se faire un véritable nom dans le cinéma et dans la vie politique.
Le cinéma de M. Moore a les défauts du cinéma militant, avec un réalisateur qui pose complaisamment en Zorro justicier. Roger et moi est un de ses premiers films où ils apparaissent le moins. La révolte est là, Moore rend compte d’un désastre qui le touche intimement, le sens de la dérision est terriblement efficace. Quelques décennies plus tard c’est toujours actuel, une ville industrielle qui tombe en ruine, des familles à la rue… et toujours l’industrie automobile américaine en faillite. Un film militant efficace et un document sur le début d’une crise qui nous casse tous. Plus seulement les ouvriers de Flint.
Un documentaire une nouvelle fois génial de Michael Moore qui sait trés bien nous manipuler pour nous faire réagir contre ces injustices et ces inégalités.
Il faut prendre les films de Michael Moore pour ce qu'ils sont. Selon les séquences, le cinéaste est dans le ton de la satire ou du pamphlet mais en aucun cas dans une démarche de documentariste. La partialité de son point de vue est une dimension centrale de ses films. Dès lors, lui repprocher une certaine mauvaise foi ou son talent dans la manipulation n'a pas de sens à moins de voir en lui ce qu'il n'est pas. Ou en tous cas ce qu'il nétait pas à l'époque car, malheureusement un peu trop prit au sérieux, en particulier en France, le trublion s'est peu à peu transformer en prédicateur, oubliant progressivement la dimension satirique de ses films pour se contenter d'un discours pamphletaire assez opportuniste. Utilisant à outrance les effets de montages ou la voix off, Moore est la plupart du temps dans la position du type poil à gratter dont le sens de la répartie offre des scènes vraiment marrantes. Filmé sur trois années, de la fermeture des usines en 1986 à la sortie du film en 1989, Roger et moi prend parfois l'aspect d'une chronique observant la mort progressive de l'industrie puis de la ville de Flint elle-même, quand bien même General Motors dégageait à l'époque des profits records. Les séquences, courtes mais impitoyables, où Moore s'en va filmer la haute société et une bourgeoisie du Michigan totalement déconnectée de la réalité sociale du pays sont assez édifientes (la soirée prison...). Depuis la crise économique déclenchée par les subprimes en 2006, le film prend une valeur et une dimension tout autre. Savoir que la gestion ubuesque de la compagnie, dans le but de cumuler le maximum de bénéfices à court terme, a faillit couler GM est forcément dans la tête du spectateur qui s'intéresse un minimum à l'actualité. De la même façon les séquences d'expulsions à la chaîne à Flint (l'adjoint du shérif explique en arrivant devant une maison qu'il a déjà procédé à l'expulsion de treize locataires différents pour ce seul batiment) font inévitablement penser aux mêmes images où en 2007-2008, sur l'ensemble du territoire américain, les expulsions se comptaient par millions.
le premier documentaire de michael moore et l'on voit déjà la patte très artistique pour dénoncé les abus de la société américaine. flint, michigan berceau de general motors va s'éteindre a petit feu a cause de la délocalisation de l'entreprise et contraindre au chomage la plupart des habitants. malgré des manifestations, et la construction d'un complexe hotelier et de tout ce qui va autour, celui-ci va faire faillite ou bout de 6 mois et enfoncé un peu la ville dans le désaroi. le pillage, les agressions, les meutres, les expulsions vont se multipliés faisant de la ville l'endroit le pire en amérique. le doc a beau avoir presque 20 ans mais l'histoire est plus que jamais d'actualité. une référence dans les documentaires choc.
Le meilleur documentaire de Moore et sans doute, dés le premier, avait-il atteint la perfection de son art dans sa mise en scène et dans la poursuite des responsables. Le théme (délocalisation d'une firme multinationale) est magistralement traité. Comme quoi, on réverait presque que Moore retombe dans l'anonymat pour nous refaire des films de cette justesse là, d'un haut niveau documentaire et qui n'a pas comme seul but de convaincre (par n'importe qu'elle moyen) mais de montrer une réalité occultée par les sphères médiatiques dominantes et les puissants.
Le tout premier documentaire de celui qui pourrait sans problème être maintenant considéré comme la Bête noire du capitalisme et du gouvernement américain, "Roger et moi" est, selon moi, le documentaire le plus "dur" et le plus critique de ce système qu'est le libéralisme. "Roger et moi" se décompose en gros en deux parties : la chute économique qui entraîne la désagrégation de Flint, avec la poursuite de Roger Smith dans l'espoir de décocher un entretien, qui sera toujours annulé, pour des raisons souvent saugrenues (je pense ici à la conférence de Roger avec ses actionnaires). Le fameux rêve américain est ici largement descendu, puisqu'il se transforme en cauchemar avec l'incompréhensible fermeture de l'usine de General Motors. Progressivement, le film suit un crescendo relatant la destruction de Flint, avec les pathétiques efforts d'une municipalité qui ferme les yeux en prétendant que Flint est une ville merveilleuse pour rétablir la situation, alors que les expulsions se poursuivent impitoyablement et inlassablement, tel un monstre affamé qui ne voit que des $ en face de ses yeux. La dignité humaine et le respect du aux êtres humains sont bafoués par ces expulsions immondes et le jeu de l'aveugle que joue Roger Smith, et toutes les célébrités mondaines, comme Miss Michigan, qui démontre bien qu'elle n'a d'attirant que sa plastique et son charmant sourire. Les aides sociales et les syndicats se montrent aussi transparents que du verre, et laissent les habitants se débrouiller seul. La scène finale du documentaire est une scène d'une puissance rare, émouvante et bouleversante, mettant en parallèle le discours de Smith et l'expulsion de la femme. Roger Smith fait ainsi une superbe antithèse de la réalité, démontrant bien qu'il y a une marge considérable entre ce que l'on dit et la réalité. Un film percutant, qui n'en poursuit pas de critiquer, jusqu'à la toute dernière seconde, où l'on retrouve les fameuses touches comiques de Moore. A voir absolument !