Cyrano de Bergerac, sorti en 1990, avec Gérard Depardieu dans le rôle du grand Cyrano. Un rôle immense, qui lui a valu une nomination aux Oscars, et qui montre à quel point c’est un acteur exceptionnel, indépendamment de tout ce qu’on peut penser aujourd’hui de l’homme. Franchement, dans ce film, il est incroyable.
Les acteurs en général sont très bons. Anne Brochet dans le rôle de Roxane est parfaitement choisie. Elle a ce charme, cette beauté, cette présence qui correspondent totalement au personnage, même si par moments je trouve qu’elle est un peu dans le surjeu. Mais ça reste cohérent avec le ton de l’époque et de la pièce.
Au niveau des costumes, c’est juste impeccable. Rien à redire. Les décors aussi sont super bien faits, on est vraiment plongé dans l’ambiance, dans cette France un peu idéalisée, théâtrale. C’est un film qui marque, clairement. Une histoire forte, intemporelle. J’avais déjà apprécié l’œuvre originale de Edmond Rostand, mais le film m’a permis de mieux comprendre certaines scènes que je n’avais pas forcément saisies à la lecture.
Et justement, c’est là que le film m’a vraiment touché : dans la manière dont il rend Cyrano profondément humain.
Parce que derrière le panache, derrière les grandes tirades, derrière cette fierté presque insolente, moi ce que je vois surtout, c’est un homme qui se retient. Un homme qui ressent énormément de choses, mais qui n’arrive pas à les dire. Il y a chez lui une tension constante entre ce qu’il voudrait exprimer et ce qu’il choisit de garder pour lui. Et ça, le film le montre encore mieux que le livre, à travers les regards, les silences, les hésitations.
Il y a cette peur du regard des autres, cette difficulté à franchir un cap, à se livrer complètement. Et Cyrano, malgré toute sa force, il est bloqué par ça. Il préfère rester dans l’ombre, quitte à passer à côté de sa propre histoire.
Et c’est ça qui rend le personnage aussi fort. Parce qu’il n’est pas juste admirable, il est aussi tragique. Il incarne une forme de grandeur, mais une grandeur qui peut devenir un piège. Sa fierté, son honneur, son refus du compromis… tout ça le rend noble, mais son grand courage face au danger masque sa lâcheté face à ce qui compte véritablement et ça l’empêche aussi d’être heureux.
C’est exactement ce mélange qui m’a marqué : cette idée d’un homme capable de tout, sauf de dire “je t’aime” en son nom. Et au final, il paie ce choix toute sa vie.
Au final, c’est un film que j’ai vraiment adoré, une histoire que j’adore. C’est beau, c’est fort, c’est marquant.