Comédie horrifique coécrite par Gene Wilder et Mel Brooks, et réalisée par ce dernier, Frankenstein Junior est un film plaisant. L'histoire nous fait suivre Frederick Frankenstine, l'arrière-petit-fils du docteur Frankenstein dont il renie les travaux, qui, après avoir donné un cours sur le système nerveux, est abordé par un homme apportant le testament de son grand-père. Frederick laisse alors sa fiancée sur le quai de la gare et se rend au château familial en Transylvanie, où il est accueilli par Igor, un serviteur bossu, et Inga, une laborantine. Rechignant à suivre les pas de son aïeul, il décide finalement à son tour de créer un être vivant à partir de cadavres. Igor, chargé de trouver le cerveau d'un génie pour l'implanter dans la tête de la créature, se trompe et apporte à son maître un cerveau anormal. Résultat, lorsque le docteur parvient à donner vie à la créature, celle-ci devient incontrôlable. Ce scénario, adapté du roman Frankenstein Ou Le Prométhée Moderne, de l'auteure Mary Shelley, s'avère agréable à visionner pendant toute sa durée d'une heure et quarante-cinq minutes. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue qui prend tout de même pas mal de temps à se mettre en place, pour ne pas dire trop. En effet, il faut attendre trois quarts d'heure pour qu'enfin on assiste à la naissance du monstre. C'est seulement à partir de ce moment là que le récit décolle enfin réellement avec l'apparition de cette étrange attraction. Sa présence donne lieu à des scènes sympathiques semant le trouble sur les intentions de cette invention scientifique. Cette revisite du mythe à la sauce parodique rend un bel hommage à ses modèles ainsi détournés et gentiment moqués dans le dessein de faire rire en faisant de nombreux clins d’œil au film originel ainsi qu'à ses deux suites, en plus de faire également une référence appuyée à King Kong. Et si l'humour est plutôt fin, ne tombant pas dans la farce, se contenant d'apparaître par petite dose de temps en temps, celui-ci a tout de même du mal à se montrer réellement drôle. On sourit à de nombreuses reprises sans jamais vraiment rire aux éclats. L'ensemble est porté par des personnages hauts en couleur, sacrément appréciables. Des rôles interprétés par une distribution particulièrement convaincante comprenant Gene Wilder en descendant de l'emblématique docteur Frankenstein, Marty Feldman en serviteur au physique atypique, Peter Boyle en monstre aussi effrayant qu'attachant, Teri Garr en assistante séduisante, ainsi que Madeline Kahn, Cloris Leachman ou encore Kenneth Mars et son bras articulé, sans oublier la courte apparition de Gene Hackman. Tous ces individus entretiennent des rapports amusants, soutenus par des dialogues bien écrits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène et ses fondus au noir entre les séquences rendent un hommage graphique aux films pastichés. À cela s'ajoute le fait que le film soit entièrement tourné en noir et blanc afin d'appuyer encore davantage cet hommage. Ce choix est judicieux en plus d'être parfaitement maîtrisé et de conférer une atmosphère esthétique d'époque. Le lieu où se déroule l'action, à savoir le château, est, en plus d'être marquant, lui aussi un clin d'œil puisqu'il s'agit du même château que dans le film de 1931 réalisé par James Whale. Ce visuel rétro est accompagné par une très bonne bande originale cosignée par John Morris et Victor Herbert, dont les compositions typiques de la période collent parfaitement aux situations et aux images. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Frankenstein Junior qui, en conclusion, est un long-métrage divertissant, même s'il ronronne un peu trop avant de le devenir véritablement.