Il y a quelques bons plans (qu'on attribue logiquement à Jaume Collet-Serra, connaissant sa jolie filmo) dans ce très mitigé La Maison de cire : le gars masqué dans l'ombre de la maison qui attrape sa victime en contre-plongée "décadrée" (bancale), le mec dans les phares de la voiture, etc... On était trop jeune lors de la sortie en salle de ce film d'épouvante, et il est longtemps resté un fantasme de DVD qu'on se refilait sous le manteau entre copains (nous, on a eu Scream : on a nettement gagné au change), aussi : on le rattrape enfin, avec vingt piges de retard, hallelujah, allumez un cierge. Ah zut, il a fondu, il y a de la cire partout... Un peu comme le scénario de ce film pour ados (bon courage si vous le découvrez comme nous sur le tard), il est gorgé de facilités inutiles, de scènes d'ados qui se tripotent sur de la musique des années 2000, d'effets spéciaux voyants (mais pas trop moches, on a vu pire). On pense à ce gars complètement stupide qui essaie de libérer son copain...en le pelant comme une mandarine. On pense à cette promo "See Paris Hilton Die" un peu racoleuse (sa scène
de mort empalée
n'a rien de folichon). On pense à cette fin qui met le paquet sur les effets numériques (la maison de cire
qui fond
fait très faux, mais encore une fois : on a vu pire, avec des budgets plus conséquents, et plus de modernité technologique, donc on ne va pas trop râler). On pense à l'acteur de "Cousin Skeeter" (oui, ça, on n'était pas trop jeune pour bien connaître... Damned) qui est complètement paumé 90% de ses scènes. On pense au twist final carrément inutile (
"Ils étaient trois frères !"
) après le premier soubresaut du scénario (
"Le moche, en fait, ce n'est pas forcément le méchant de l'histoire."
) qui nous réveille à dix minutes de la fin. On pense à cette BO très "ado années 2000" (du punk-rock qui décape les tympans) qui cible ouvertement son public (si les acteurs ne le faisaient pas déjà). On sauve quand même la petite curiosité qui nous prend de savoir comment ce survival finira, qui arrivera à reprendre la route, qui servira de chandelle, tout en grappillant les quelques bonnes images de Collet-Serra. Mais quand même : quand vous voyez que votre pote a la peau qui s'arrache, ne le pelez pas comme une mandarine...