Hôtel du Nord
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83 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Un canal, un hôtel, des gueules, des voix : Hôtel du Nord, c'est d'abord ça. On a vraiment l’impression d’entrer dans ce petit monde populaire, avec son hôtel modeste, ses chambres, son canal, ses repas collectifs, ses amants perdus. Marcel Carné fait du décor un personnage à part entière : le canal Saint-Martin semble ouvrir vers un départ possible, mais tout le monde reste coincé là, dans l’attente de jours meilleurs. C’est triste, mais jamais plombant, parce que la gouaille, les engueulades et les répliques donnent au film une vie incroyable. Les dialogues sont évidemment cultes (pas seulement 'Athmosphère') et fabriquent les personnages. Arletty et Louis Jouvet dominent le film, elle mordante et plus parisienne que nature, lui élégant, cynique et déjà mélancolique. Autour d’eux, Bernard Blier, Annabella, Paulette Dubost, et tous les seconds rôles donnent l’impression d’une vraie communauté. Derrière l’atmosphère bon enfant, on sent pourtant une cruauté douce, un bonheur toujours empêché, comme si ce monde populaire était déjà condamné avant même de disparaître. Un grand film de réalisme poétique, vivant et fragile, qu’on quitte avec le sentiment d’avoir connu ses gens.
pasmaldutout
pasmaldutout

54 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mars 2026
Dans Hôtel du Nord, il y a une mélancolie qui traverse tout le film et qui en fait bien plus qu’un simple classique du cinéma français. On y sent battre le cœur d’un Paris populaire disparu — celui des bords du canal, des petites chambres et des cafés remplis où se croisent les gens du quartier, les amants et les marginaux. La mise en scène, en apparence simple, dirige ce petit monde comme une chorégraphie faite de regards et de silences. Le décor lui-même devient un personnage.
Ce qui marque d’abord, c’est l’atmosphère : la brume du canal, les lumières de fête, les jeux d’ombres dans les couloirs créent une ambiance à la fois réaliste et poétique. Le film joue constamment sur le contraste entre la dureté du quotidien et une forme de tendresse discrète. Une phrase, un geste ou un ton de voix suffisent à faire surgir l’émotion, le drame ou l’humour. On devine derrière chaque personnage une vie abîmée, des rêves trop grands pour ce cadre modeste, mais tout cela reste suggéré, jamais forcé.
Les personnages sont l’autre grande richesse du film. Même ceux qui ne font qu’apparaître un instant donnent l’impression d’avoir toute une histoire derrière eux. On retrouve dans leurs échanges de la gouaille, de l’ironie, cette façon de cacher la fatigue et la déception sous la plaisanterie. Les acteurs créent des figures à la fois typiques et uniques, familières mais jamais caricaturales. On a l’impression d’entrer dans un lieu où tout le monde se connaît, où les histoires circulent de bouche en bouche.
Les dialogues sont vifs, drôles, parfois cruels, mais toujours justes. Certaines répliques sont devenues célèbres, pourtant elles gardent leur force quand on les réentend. Ce ne sont pas seulement de « belles phrases » — elles révèlent les rapports entre les personnages, leurs blessures, leurs défenses. L’humour n’efface jamais l’émotion ; il la rend au contraire plus humaine.
Visuellement, le noir et blanc semble fait pour cette histoire. L’image joue sur les contrastes sans chercher l’effet : elle capte une lumière, une atmosphère, un temps en train de disparaître. Le canal n’est pas un décor de carte postale, mais un lieu de passage, entre immobilité et départ. Le film exprime ce sentiment d’attente, comme si tout le monde était au bord de quelque chose — d’un amour, d’un drame ou d’une fuite.
Ce qui rend Hôtel du Nord si touchant, c’est sa façon d’allier la dureté et la douceur.
Jean Pierre Villaume
Jean Pierre Villaume

32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 novembre 2025
C'est un film plein d'humanité. Un endroit ordinaire, des gens ordinaires, mais on les regarde avec tendresse. Je passe sur les détails techniques (rue refaite en studio...) qui ne m'intéressent guère. Les personnages sont tous passionnants. Bien sûr les acteurs ne sont pas tous à la hauteur. Je tâche d'oublier Annabella dont le personnage aurait pu être émouvant. Jean-Pierre Aumont, c'est moins grave car on le voit moins. Mais Arletty est bonne (sans plus, malgré sa réplique célèbre), et que dire du couple Lecouvreur, et surtout de Louis Jouvet qui sait rendre émouvant un texte qui, dans la bouche de beaucoup, serait plat.
Le film finit ni bien ni mal, ou plutôt bien et mal. Peu importe, la vie continue
Laurent
Laurent

13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2025
Il est tellement beau ce film devenu un classique où tout y est parfait, les acteurs, la mise en scène et ses superbes dialogues.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mars 2025
Après Drôle de drame et Le Quai des brumes, Marcel Carné offre une fois de plus un classique du cinéma français (le plus impressionnant étant de constater la vitesse à laquelle ceux-ci s’enchainaient et celle qui séparait les fins de tournages de leurs sorties). Adaptant très librement le roman d’Eugène Dabit (dont les parents étaient les propriétaires du véritable Hôtel du Nord), Marcel Carné réunit un casting incroyable (Annabella, Louis Jouvet, Arletty, Paulette Dubost ou encore Bernard Blier) dont le charisme peut arriver parfois à rendre sympathiques des personnages pouvant avoir des comportements détestables spoiler: (on comprend par exemple que le personnage de Louis Jouvet frappe celui d’Arletty)
. Ces grands comédiens réussissent à offrir des performances mémorables en partie car ils doivent jouer des dialogues savoureux signés Henri Jeanson (qui ne connait pas le célèbre "Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?"). En outre on apprécie que le scénario de Jean Aurenche et du même Jeanson possède un aspect de film choral qui arrive à présenter la vie à la fois autant sous ses aspects dramatiques que comiques (en grande partie grâce à ses phrases cultes). Ainsi, Hôtel du Nord est un pur plaisir de cinéphile et d’amoureux du cinéma de cette époque (un public plus jeune pouvant trouver le jeu un peu théâtral) qui pourront se régaler du début à la fin (la dernière séquence débutant avec la réplique "Le jour se lève" qui est le titre du film suivant de Carné et se terminant par "Maintenant, c’est fini. – Quoi donc ? – L’Hôtel du Nord").
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

42 abonnés 1 030 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2024
Sans nul doute le film le plus connu (avec le quai des brumes) de Marcel Carné. Le duo Louis Jouvet et Arletty crêvent littéralement l'écran, on retrouve également Bernard Blier qui commençait sa carrière. Les dialogues de cet Hôtel du Nord sont excellents, ils ne se limitent pas au fameux "atmosphère, atmosphère est ce que j'ai...". Il faut également souligner les décors absolument fabuleux, l'entièreté du film a été tourné en studio, et on ne s'en rend pas forcément compte. 8/10
Adrien89
Adrien89

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 novembre 2024
Un grand film des années 30. L'intrigue est bien construite grâce aux histoires entrelacées qui se déroulent dans l'Hôtel du Nord. C'est un film très bien réalisé, interprété par d'immenses acteurs.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2023
L'hôtel du Nord est comme une pension de famille; les gens qui y passent semblent s'y fixer en attendant des jours meilleurs ou un nouveau départ qui reste le plus souvent à l'état de velléité. C'est là, au bord du canal Saint-Martin (contre-symbole de la sédentarité), que se noue le drame de Renée et Pierre, jeune couple d'amoureux que le mal de vivre pousse à une vaine tentative de suicide. spoiler: A défaut d'y laisser la vie, Renée travaille désormais dans l'hôtel du Nord.

Le récit de Marcel Carné tourne autour de l'existence de deux couples; l'un est celui des jeunes amants accablés et bientôt désunis, l'autre liant une prostituée et son "homme", plus oisif que proxénète. Et il faut bien dire que le couple de légende formé par Arletty et Jouvet éclipse celui, très romantique et douloureux, composé par Annabella et Jean-Pierre Aumont. Les deux premiers, figures éminemment populaires et parisiennes bénéficiant des dialogues excellents et drôles de Jeanson, sont irrésistibles. Arletty fait un numéro inoubliable , tout en accent et en argot de Paname, et ses scènes de ménage avec Jouvet, relèvent malgré les nuances des deux rôles (et un machisme brutal qui ne passerait plus aujourd'hui) de la comédie.
La force de la mise en scène de Carné est de préserver, à côté des deux acteurs charismatiques, l'existence des autres personnages et le fil dramatique de l'histoire. Carné crée l'atmosphère (celle que, précisément, Jouvet dit à Arletty vouloir quitter...) d'un quartier parisien d'un autre temps, d'un autre cinéma.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2023
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2023/07/05/hotel-du-nord-critique/

Tout de suite, ça grouille, ça joue, ça bruite devant l’hôtel du Nord. Les destins se croisent, et parfois s’entremêlent. C’est aussi un couple d’amoureux sur un banc. Avant que l’on comprenne leur drame, des amoureux si jeunes et qui ont pourtant déjà l’air si blasés, mélancoliques et désespérés. La peine de Renée et Pierre est à fendre le cœur et pourtant ils semblent s’aimer, une condition indispensable au bonheur, mais qui pour eux ne paraît tellement pas suffisante. A ce point que l’on apprend qu’ils veulent mourir, rester ensemble mais dans un autre monde. Leur résignation à l’écran est bouleversante. Leurs yeux sont remplis d’amour et de détresse. Les moments que l’on passe avec eux en cet instant sont terriblement poignants. « On a que notre amour et rien de plus ». Ils veulent être libres, mourir sous une bonne étoile, avec la mort comme voyage de noces.

Renée à propos de Pierre : « Il faut que je l’oublie, il faut que je l’oublie. Mais pendant ce temps-là, je pense à lui. « Le piège inextricable du manque. Dans le manque, l’autre est toujours en vie.
Raymonde à Edmond : « Atmosphère, atmosphère !!! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère !! » pour une réplique qui est donc entrée légitimement dans le panthéon des dialogues du cinéma français.
Renée et Edmond : « L’autre, tu n’as pas voulu le tuer toi. J’ai fait pire, je lui ai donné de l’espoir « . Peut-être l’arme du crime la plus immatérielle autant que cruelle.

Dès le début, on tire un coup de feu à l’hôtel du Nord, il y en aura un autre à la toute fin. Dès le début, il y a des amoureux sur un banc, on en retrouvera un à la fin. Seront-ils les mêmes ? Les coups de feu et les coups de foudre se confondent. L’hôtel du Nord, c’est une parabole finalement très existentielle. La vie du Canal Saint-Martin, c’est ici le monde en miniature.

Hôtel du Nord, c’est bien plus qu’une réplique, même si bien sûr on l’attend avec impatience. Une multitude d’autres pépites s’y glissent, un vrai bonheur de cinéma !!
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2023
Dès les premières minutes Marcel Carné impose son style très "réaliste poétique" mais on remarque aussi que le trio Carné-Jeanson-Aurenche ont pris énormément de libertés avec le roman originel. Ils ont mélangé et/ou mixé les personnages et leurs caractères, ils ont atténué un peu la noirceur du livre et surtout ils ont un peu arasé les tragédies que subissent les femmes, ou plutôt ils suggèrent plutôt que le montrer frontalement, jusqu'à une grande partie des dialogues qui sont justement essentiels dans le film. Evidemment, quand on parle dialogue on pense forcément à la mythique tirade de Raymonde alias Arletty qui est désormais entrée dans la panthéon du cinéma français. Il faut aussi rappeler que les acteurs ne sont pas pour rien dans la mise en valeur de l'écriture, Louis Jouvet et son flegme inquiétant et faussement détaché et surtout la gouaille de Arletty transcende les répliques. Derrière ces mots d'auteur il y a pourtant tout un monde, toute une France d'alors qui est dépeinte avec ses ouvriers, ses gens d'en-bas, tout une société réunie dans un hôtel façon microcosme où les femmes tentent d'exister et de croire au bonheur. On laissera le dernier mot à Arletty qui dira du film : "Rien n'est démodé dans ce film. Pas une phrase. Pas un mot. Ce n'est pas de l'argot - l'argot se démode - ce sont des images. Il n'y a rien à retirer, rien à y remettre. C'est un morceau "fait", une partition."
Site : Selenie.fr
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2023
Profond, vivant, avec des acteurs connus et excellents assez moderne dans la mise en scène, les mouvements de caméra. A voir mais à tête reposée.
plusbelgelavie
plusbelgelavie

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 septembre 2023
L'histoire d'un couple (joué par Anabella et Jean Pierre Aumont) qui ne se sent pas bien à Paris, ils débarquent à l'hôtel du nord, et le film suit leur liaison un peu mélancholique d'un couple qui ne sait pas comment ils peuvent faire pour être heureux ensemble, une référence du cinéma français à prendre le temps d'écouter , et aussi de superbes vues d'époque de paris en noir et blanc à déguster!
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 août 2022
J'ai aimé ce film qui commence par un long travelling avant sur un couple dont la fille a des chaussures noires, et qui se termine au même endroit sur un traveling arrière avec le même couple, mais la fille a des chaussures blanches.
J'ai été étonné de voir beaucoup d'enfants à l'écran.
J'ai souri chaque fois qu'apparaissait une enseigne Byrrh (du placement de produit avant l'heure ?)
Dommage que l'histoire de la transfusion de sang ne dure pas tout le film.
J'ai adoré Edmond, personnage revenu de tout.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2022
Hôtel du Nord de Marcel carné n'est pas de ces films de postures ! Ici, on parle vrai, non pas pour déclamer de grande vérité, ou pour établir de grands principes, non, on ne pavane pas de cela dans ce coin là. Hôtel du Nord est plutôt du genre à vouloir restituer la splendeur de cette vie de quartier, de son phrasé, de sa gouille, à nouer des destins, le tout, dans une joie et une tristesse folle ...

Pour moi qui aime tant les conversations entremêlés lors de grand gueuletons je suis ici servis, d'entrée de jeu qui plus est. On mange, on boit, on se chambre, on rigole, on cause de nos vies et de celles des autres, certaines associations viennent se graver quelque part, ici et là, un peu comme celle-là : " - C'est pas de la peur, mais des souvenirs ". Que dire de plus ? Toutes les mentions sont là, sans trop en raconté, il y'a tant de justesse dans tout çà.

Je pars un peu dans touts les sens il vrai lors de ses quelques lignes. Car avant d'entrée dans cet Hotel et de nous retrouver autour de cette table, il y'a un autre petit voyage tout aussi somptueux à voir. Je parle bien sur de ce canal, de ce banc, dans ses envolées avec caméra que l'on redécouvrira plus tard, dans son final. Si les personnages sont si étourdissants, le cadre à aussi son mot à dire.

Pour poursuivre vers nos protagonistes, ils et elles ont de la gueules ! Au propre, comme au figuré. La vie passe par la mort et la mort par la vie, personne ne fais de chichi là-dessus, une génération fragile et forte de ses capacités et de ses errances qui ne cessent de se hisser vers des triangulations émotionnels qui dans le sang et la pensée raconte tout un panorama de tronches inoubliables. spoiler: Edmond / Paulo / Robert, ou peu importe le patronyme qu'il dessert tiens d'office le pompon à ce petit jeu. Renée, Raymonde, Louise, Adrien et Prosper, comme tout les autres sont également saisissant.
Marcel Carné contemple homme et femme qui émette des souhaits, réprouvent, chutent, se relèvent, qui vivent et qui meurt avec poésie et donc Art, dans une rêverie immortelle car réelle.

" - Le bonheur et vous sa fait deux. "

J'en reviens à sa sincérité, à sa pudeur aussi, jamais un " - Je t'aime " n'aura été aussi soumis à une désinvolture et un à un sens profond pour répondre autant de sa tendresse que de sa tristesse. On esquisse un sourire et voilà qu'un autre sentiment lâche à coté. J'aime que l'on se foutent des convenances, de registre, d'idée en la matière pour complètement embrassé fiévreusement et ceux à bras le corps ce franc parler qui raconte tout. Je me répète, je le sais, mais que c'est beau !

Un classique !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juin 2023
Très écrit ce drame à l'atmosphère de film noir verse dans l'artificialité, instaurant une froide distance avec les personnages malgré une entrée en matière dînatoire intrigante. Tandis que Louis Jouvet incarne parfaitement le flegme désabusé tandis qu'Arletty joue de sa gouaille parisienne dans une atmosphère réaliste, les états d'âmes du couple suicidaire semblent fort théâtraux, ébréchant notre potentiel intérêt au fur et à mesure. Désuet.
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