Troisième épisode de la série, "Resident Evil : Extinction" est pourtant le premier volet de la saga à totalement assumé le parti-pris de Paul . Anderson. Si l'univers est repris, il n'est pas question de se laisser limiter par ce dernier. Alors, après deux premiers opus qui étaient réellement des films de survie, celui-ci s'éloigne complètement de la formule et se présente comme un film post-apocalyptique. Nos personnages vont évoluer dans un désert, l'ambiance n'est clairement plus horrifique, et l'action sera donc totalement de mise (tout comme dans le second volet). En bref, c'est ce film qui a plongé la série dans cet éloignement avec le matériau d'origine. Pourtant, est-ce vraiment lui qui a amené la saga à devenir le n'importe quoi qu'on lui connaît ? Honnêtement, je ne trouve pas. Effectivement, je suis bien conscient que cet opus est tout aussi compliqué à regarder que le précédent. Mais pour moi, il reste toujours plus appréciable que les trois autres épisodes qui suivront. Cependant, contrairement au deuxième film, le choix du ton a été complètement retravaillé. Là où ce dernier semblait vouloir développer un rythme pêchu et enchaîner les scènes d'action, celui-ci profite bien plus de son ambiance et de ses décors désertiques. Une bonne chose sur le papier, mais qui n'est finalement qu'un trompe-l'œil. Certes, les environnements sont chouettes, mais cela ne nous empêche pas de retrouver les mêmes problèmes. Déjà, Milla Jovovich est toujours aussi insupportable en tant qu'héroïne principale. Depuis qu'elle a complètement changé de personnalité dans le premier film, elle a perdu tout son intérêt. Désormais, elle n'est plus que ce personnage qui réussit tout sans problème, auquel il est donc impossible de s'attacher. Elle ne perd jamais, elle est trop forte et elle semble même être le centre de tout. Autrement dit, il est encore compliqué de se sentir concerné par un film qui propose un personnage principal aussi vide et interprété avec si peu d'envie par l'actrice. Et globalement, c'est même pire que cela, le scénario de ce nouveau volet étant particulièrement long à démarrer. C'est bien simple, pendant les 45 premières minutes, il ne se passe rien. On fait juste de l'exposition, à voir ce que sont devenus nos héros depuis le précédent ou comment Umbrella survie, et c'est tout. Il faudra attendre la dernière demi-heure pour enfin découvrir un enjeu et une direction à suivre.
Un enjeu qui semble également sortir de nulle part, avec ce choix d'aller vers un endroit inconnu, simplement parce qu'Alice a trouvé un cahier abandonné quelque part et qu'il dit que là-bas, c'est génial !... Autrement dit, une aventure qui assure une totale confiance !
Mais bon, même à ce niveau, la conclusion semble avoir du mal à se rattraper. Alors que l'on pensait avoir enfin trouvé un enjeu, la dernière séquence choisit pourtant de se concentrer sur tout autre chose, probablement pour un final plus épique !
Mais franchement, même à ce niveau, ce sera décevant, l'introduction du prochain film semblant être la fin de celui-ci, et tout ce délire autour de l'Arcadia ne servant finalement que dans le prochain volet. En soi, ce long-métrage n'a donc servi qu'à amener les éléments du prochain, et c'est bien dommage.
Malheureusement, cela nous perd donc juste un peu plus sur ce que nous sommes censés regarder, et on a encore la sensation que cette saga avance à l'aveugle. Ce qui sauve ce film, je l'ai dit, c'est cette idée de monde post-apocalyptique qui rend bien. Et intégrer à cela, je trouve que quelques scènes d'action sont vraiment prenantes, notamment celles des corbeaux ou de Las Vegas. Mais en dehors de cela, il est toujours compliqué de faire confiance à cette adaptation. Et c'est plutôt une bonne façon de le formuler, la saga venant de livrer, avec ce troisième film, son dernier projet "acceptable". Pour conclure, la continuité des problèmes, avant la chute.