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    Détour
    note moyenne
    3,8
    124 notes dont 23 critiques En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
    répartition des 23 critiques par note
    3 critiques
    11 critiques
    8 critiques
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    Votre avis sur Détour ?

    23 critiques spectateurs

    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,5
    Publiée le 15 novembre 2016
    J'aime bien écouter des interviews de Jean-Luc Godard, parce que j'apprends des choses, parce qu'il est passionnant et parce que j'en découvre de nouveaux et c'est bien entendu le cas de ce Détour. Il en parlait comme d'un film axé sur le temps plus que sur l'étendue (reste à savoir ce que ça veut réellement dire) et moi j'aime le temps, voir le temps, sentir le temps. Bien évidemment on est loin des longues séquences où des personnages s'ennuient dans certains films et où le temps reprend tout son sens, mais tout de même. Le film se passe dans un laps de temps très réduit, quelque chose comme 48h, et plutôt que d'aller en ligne droite vers son but, il se permet un détour (d'où le titre) et nous raconte ce qui se passe durant ce petit détour. Parce que ici, contrairement à d'autres films, tout reste dans des proportions assez réalistes, la médiocrité des personnages, l'impossibilité de faire quelque chose de réellement fou...

    Je vois très bien ce film réalisé par quelqu'un d'autre où justement le héros décide d'endosser sans rechigner l'identité d'un mort pour toucher un héritage sans penser à tout ce qu'il ne sait pas sur le défunt pour maintenir l'illusion avant de se faire démasquer. Ici ce n'est pas le cas, c'est bien plus banal, bien plus tragique et finalement bien plus triste, parce que type n'est pas quelqu'un de mauvais, ni même mu par de mauvaises intentions, il cherche juste à sauver sa peau par rapport à un mauvais concours de circonstances, il ne veut même pas en profiter...

    Au mauvais endroit, au mauvais moment...

    J'aime le côté extrêmement abrupte de la fin, on est habité à des productions où il y aurait plus, mais là non, il n'y a pas plus, tout se conclut très rapidement (le film dure à pleine plus d'une heure), cette fin qui, d'ailleurs, malgré la censure arrive à un peu plus subtile et permet de laisser planer le doute sur ce que l'on voit, simple illustration du discours du héros, ou réalité ?

    Et le paradoxe est là dans le film, on a un film qui prend le temps de nous raconter l'histoire d'amour du héros en détail au début du film alors qu'en vrai on n'avait pas besoin de la voir, savoir qu'il allait à L.A. juste pour retrouver sa poule rêvant d'être artiste ça suffisait, on discute plus de ce qu'il faudrait faire qu'à réellement faire quelque chose, parce durant tout le film, personne ne fait rien du tout, si ce n'est rouler, aller manger et discuter et pourtant on a une sensation de vitesse, de précipitation qui semble quelque peu contradictoire.

    Je pense que se sont les conditions de production qui ont rendu ça possible, il fallait tourner vite, donc peu de scènes, dans peu de décors différents et c'est ce qui donne au film, son petit goût unique de série B bien sympathique qui fait vraiment plaisir à voir, parce qu'on a pas été pris pour un con car le film propose réellement du cinéma.
    Raw Moon Show
    Raw Moon Show

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    4,0
    Publiée le 12 avril 2014
    A l'instar de Mulholland Drive ou de Kiss me deadly, Detour est un film culte avant toute chose pour son atmosphère cauchemardesque. Il est difficile après l'avoir vu de ne pas penser qu'il fut une influence majeure de Lost Highway (David Lynch, 1997). Il y a déjà ce générique de début tellement semblable. Mais ce n'est pas tout. Al Roberts, le personnage principal, traverse les Etats-Unis pour rejoindre sa pette amie partie faire fortune à Hollywood. Lorsqu'il débarque à LA, la seule caractérisation qui nous en est donnée est un simple garage, tout comme dans Lost Highway lorsque le héros transfiguré apparaît pour la première fois, sous sa deuxième identité, dans LA. Il est alors garagiste. Mais il y a bien plus. Quand Dick Laurent (Bill Pullman) est saxophoniste, Al Roberts (Tom Neal) est pianiste. Lorsque Dick Laurent ou Diane Selwyn dans Mulholland Drive paraissent atteints d'une même schizophrénie, c'est déjà en filigrane le thème central de Detour qui déroule une histoire subjective à travers les yeux et le témoignage affecté d'un personnage qui se noie littéralement dans les replis de mensonges plus gros les uns que les autres, cherchant en permanence à se trouver des excuses, à s'inventer des scénarii voués à le déculpabiliser de 2 homicides... Toutes les thématiques du film noir sont ainsi réunies : le héros poisseux, des meurtres, la femme aux 2 visages (la blonde lumineuse et la brune fatale), l'identité flottante, la route perdue, un garage, un hôtel, un bar, un héritage... et un final magistral dans lequel un téléphone provoquera littéralement la mort de Vera l’autostoppeuse. Quant à Tom Neal, son interprète principal, il va dans la vraie vie épouser le destin de son personnage et sera quelques années plus tard accusé du meurtre de sa deuxième femme. Incarcéré, il purgera sa peine, ne cessera de clamer son innocence et décèdera peu de temps après sa remise en liberté. Etranges destins d'acteurs marqués au fer rouge par des rôles dans des films indélébiles.
    Estonius
    Estonius

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    4,5
    Publiée le 13 septembre 2016
    Un film fauché (ça se voit) et réalisé à la Corman (trois semaines ?) Et pourtant le résultat est bluffant. Nous avons là un portrait de femme fatale version teigne assez rarement vu au cinéma et remarquablement interprété par la troublante Ann Savage. L'histoire est simple mais fonctionne parfaitement, la photographie est très correcte et même très belle par instants. Si le film n'avait pas été brimé par son faible budget et par quelques débilités imposées par la censure on aurait tenu là un chef d'œuvre. On en est là néanmoins tout près.
    TTNOUGAT
    TTNOUGAT

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    5,0
    Publiée le 5 janvier 2016
    Un film court que tout apprenti réalisateur doit connaitre tant il est le modèle parfait de ce qui peut être conçu au cinéma en moins de une semaine, et avec un budget minuscule. Évidemment, les deux acteurs principaux et la forme du récit à la première personne y sont pour beaucoup, les flashbacks servant grandement l’ambiance et l’économie de moyens. Cela dit, la création du climat ‘’noir’’ est uniquement du au talent de Ulmer et à sa recherche constante d’angles expressifs qui surgissent dans une lumière tamisée. Il a eut aussi la bonne idée de trouver une vraie femme fatale (Vera) qui ne cache pas son jeu, échoue pourtant dans ses tentatives de séduction mais utilise parfaitement son intelligence pour parvenir à ses fins. Roberts est lui aussi bien campé car il n’a rien d’une victime consentante et il ne finira par plier que sous les coups du destin…Trop c’est trop, surtout quand on n’y peut rien. Le scénario marie les situations absurdes à la perfection et on ne saura jamais exactement de quoi est mort Haskell  et pourquoi Vera s’est elle servi du téléphone de cette manière. Peu importe, c’est intellectuellement lumineux et passionnant, c’est ce qui compte. La base de l’histoire décrite dans ‘’Detour’’ est en fait bien banale car les hommes qui se désespèrent quand ils sont seuls et auxquels il n’arrive que des conflits lorsqu’ils sont entourés est une histoire du quotidien…Ici, deux mauvaises rencontres ont suffi et un cinéaste extrêmement doué en a fait pour trois francs six sous un superbe cauchemar.
    Loïck G.
    Loïck G.

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    3,0
    Publiée le 26 juillet 2020
    n 1945 Edgar G. Ulmer tente de sortir de l’ombre en filmant celles d’un film noir qui ne dit pas encore son nom, mais en possède déjà des codes dont on pourra s’inspirer par la suite. Le réalisateur n’a pas le sou et tourne en quelques jours ( deux semaines ? ) une histoire parfaitement adaptée du livre de Martin Goldsmith, à la seule différence notoire pour son violoniste qui devient pianiste de bar. Le reste est conforme à l’histoire du gars qui se trouve à la mauvaise place au mauvais moment. Un enchaînement de circonstances le conduit à toucher le fond, et même pire quand une femme qu’il pensait aider, appuie là où ça fait encore plus mal. Ca dure une petite heure, c’est plaisant, avec deux acteurs qui s’en tirent plutôt pas mal.
    Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    3,5
    Publiée le 1 juin 2014
    Petit moyen métrage d’un cinéaste venu de l’Est comme les Wilder, Lubitsch et consorts mais qui n’aura pas eu accès à la célébrité et par voie de conséquence aux mêmes moyens pour mettre en œuvre ses projets (à moins que ce ne soit l’inverse). Son film réellement monté à l’économie a malgré tout su devenir un classique du genre. La légende veut qu’il ait été réalisé en trois jours. On peut en douter même si l'on est bien loin des images léchées d’ « Assurance sur la mort ». C’est cette urgence qui fait tout le sel du film. Tom Neal incarne le parfait looser qui cherchant à rejoindre en Californie sa fiancée qui l’a plus ou moins largué, se retrouve avec un cadavre sur les bras alors qu’il fait innocemment du stop. spoiler: Son statut de marginal l’incite à prendre l’identité de la victime plutôt que d’alerter la police dont il est sûr qu’elle le désignera immédiatement coupable. Pour comble de malchance il prendra lui même en stop une petite peste qui ayant reconnu l’automobile le fera chanter. Pris au piège de cette jeune femme au caractère plus fort que le sien il finira par la tuer à son tour en l’étranglant accidentellement avec le fil du téléphone alors qu’il se trouve dans une pièce voisine
    (Hum !!). Le looser intégral je vous dis ! Comme il l’avait prédit la police finira par le cueillir sur une nationale. Les enchaînements sont quelquefois tirés par les cheveux pour ne pas dire plus, reflet du manque de moyens qui oblige souvent le cinéaste à aller au plus court. Malgré tout le film fait son effet et on ne peut qu’être saisi devant tant de malchance. Zola est battu.
    real-disciple
    real-disciple

    Suivre son activité 52 abonnés Lire ses 1 022 critiques

    3,5
    Publiée le 7 novembre 2012
    Un bon film noir de courte durée avec peu de moyens mais qui repose surtout sur la confrontation entre les deux acteurs, le fataliste Tom Neal et l'hystérique Ann Savage. On retrouve les codes du film noir dont le destin qui s'acharne sur le personnage et des éclairages soignés. Sans être un excellent film noir, c'est un bon film.
    benoitparis
    benoitparis

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    4,0
    Publiée le 15 mai 2011
    Un film court et sans moyen transcendé par l’intelligence du genre, le film noir, du scénario et de la réalisation à l’économie. Le thème de la femme fatale est réduit à son expression la plus prosaïque (avec une jeune harpie vagabonde et même salingue), presque sordide. On est dans une sorte de road movie, où la route tient parfaitement son rôle de métaphore de la destinée. Avec des procédés très simples (en particulier sur les voix), Ulmer parvient à suggérer une ambiance entre la remémoration comateuse et le cauchemar. L’histoire est pleinement « noire » en ce qu’elle est une histoire de mouise, de fatalité. C’est excellent, et comme souvent chez Ulmer, ça se démarque totalement de ce que le cinéma américain, même dans ce genre là, peut avoir de glamour, de moralisme simpliste et d’optimisme obligé.
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 11 avril 2012
    La série B réserve souvent de très bonnes surprises, et "Detour" en est probablement un de ses meilleurs exemples. A peine plus d'une heure, tourné rapidement, pour pas grand chose et avec des acteurs inconnus, une technique largement perfectible : a priori, rien de bien extraordinaire. Et pourtant, le film fascine. Le scénario est même absolument irréprochable, implacable, tragique et logique. Le destin de son personnage principal place "Detour" dans le case du film noir, dont il respecte tous les codes, malgré le manque de moyens. Ce qui est ici encore plus fascinant, c'est la dimension de road-movie du film, avec tout ce que la route comporte de dangerosité pour le rêve américain (le personnage part à Hollywood et il est souvent question de l'Ouest) : même si l'histoire est totalement différent, rappelons nous qu'on est ici plus de 20 ans avant "Easy Rider". "Detour", ou quand une série B égale la série A.
    cylon86
    cylon86

    Suivre son activité 1532 abonnés Lire ses 4 430 critiques

    2,0
    Publiée le 19 février 2011
    Un classique du film noir tourné en quelques jours avec un scénario plutôt bien écrit mais qui manque d'audace. La mise en scène est très réussie et Tom Neal campe un pauvre type malchanceux avec brio face à une insupportable Ann Savage qui est parfaite dans la peau de son personnage. Mais l'ensemble manque de charme, la durée du film ne permettant pas de bien rentrer dans l'univers.
    anonyme
    Un visiteur
    3,5
    Publiée le 24 juin 2015
    Initialement prévu pour être une série B à petit budget, ce film noir a été reconnu comme l'un des meilleurs de son époque. Effectivement, le film est l'un des plus courts du cinéma (67 mn). Maintenant, de là à l'encenser comme un petit chef-d'œuvre, il existe des limites que je ne franchirai pas. J'ai accroché à l'intrigue par le ton narratif du début et l'image sombre, presque lugubre durant l'intégralité de l'histoire et j'ai été séduit par le jeu de l'acteur principal Tom Neal. En dehors de cela, le scénario est minimaliste et il manque l'étincelle qui aurait pour faire briller de mille feux ce road-movie pour qu'il atteigne le rang de merveille. Le manque de moyen est évident et Edgar G. Ulmer a dû faire au plus court pour boucler son film en six jours. Néanmoins, il est intéressant à suivre et l'on a envie de connaître l'issue. Claudia Drake et Ann Savage sont des actrices inconnues à mon répertoire mais la seconde mérite une mention particulière pour son interprétation de petite peste insupportable dans la peau de Vera, bien que son rôle soit à la frontière de l'acceptable. Je ne connais pas beaucoup de personnes qui accepteraient de se laisser mener en bateau par une donzelle indomptable aux allures de chat écorché vif. Une rareté à découvrir.
    ygor parizel
    ygor parizel

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    4,0
    Publiée le 7 octobre 2012
    Film noir devenu un classique pourtant tout est fait avec peu de moyen. Les éléments habituels du genre sont présents (une manipulatrice, fatalité, appât du gain, ...). Je trouve que le mélange film noir et road-movie est intelligent tout comme les retournements de situation. Dommage cela dit que la durée total n'aide pas au développement de l'histoire (à peine 1h15).
    tietie007
    tietie007

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    4,0
    Publiée le 1 mars 2007
    Un excellent road-movie, assez moderne pour l'époque, le narrateur étant le personnage principal. Des scènes formellement très belles.
    loulou451
    loulou451

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    5,0
    Publiée le 7 décembre 2008
    Un classique du film noir tourné avec quelques bouts de chandelle !!! Tournure du récit, ambiance noire à souhait, femme fatale, intrigue à tiroir... Rien ne manque à ce "Détour" qui, soixante ans après sa sortie en salles, peut encore faire la nique à nombre de thrillers actuels !!! En presque une heure, et sans aucun cliché, Edgar G. Ulmer réalise un des chefs-d'œuvres du polar américain.
    Jean-François S
    Jean-François S

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    4,0
    Publiée le 5 mai 2007
    George Edgar Ulmer fut un des plus prolifique réalisateur de série B des années 40 et 50. Sa filmographie aborde tous les styles avec plus ou moins de succès, jamais avec assez d'argent. La réussite de plusieurs de ses films alors que sa carrière continuait à stagner lui valut un statut de réalisateur maudit. "Detour" en est le parfait exemple, des décors sous accessoirisés (un bistrot sans tables ni chaises), des lumières marquant des ombres involontaires aux murs trahissent le manque de moyens, alors que la mise en scène et le scénario tiennent parfaitement la route dans le plus pur style du film noir. Tourné en 6 jours, Ulmer dut ajouter le plan de fin pour avoir l'autorisation d'exploitation, la censure n'admettant pas qu'on puisse finir un film sans l'arrestation d'un criminel. Le film sorti assez anonymement mais fut propulsé au statut de culte par la Nouvelle Vague français dans les années 60. En 1992, il fut le premier film de série B à être inscrit au National Film Registry américain.
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