La Vie et rien d'autre
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CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 décembre 2021
Sur un sujet rarement abordé, Bertrand Tavernier offre un 100ème rôle, salué par un César, à l’immense Philippe Noiret, celui d’un Commandant de l’armée française chargé de recenser les soldats disparus au lendemain de la Grande Guerre. On peut reprocher à « La Vie et rien d’autre » sa lenteur, pas le réalisme de sa reconstitution, encore moins sa valeur historique. Au-delà de humanité qui s’en dégage et de l’affection naissante entre l’Officier et une femme du "monde" à la recherche de son époux jouée par une Sabine Azéma un brin démonstrative, le film se nourrit d’excellents dialogues, parsemés ici et là d’humour et balançant quelques vérités ou autres réflexions qui ne sont pas toujours bonnes à entendre. L’affiche annonce "un monument"… on n’en est pas si loin.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 décembre 2021
Je suis mitigé après la projection de ce film. Certes le sujet est intéressant (la recherche et l'identification des disparus sur les ex champs de bataille au lendemain de la grande guerre), certes la mise en scène est soignée et les plans filmés magnifiquement, certes Noiret (surtout) et Azéma portent bien leur rôle, mais j'ai trouvé le montage parfois décousu, les dialogues souvent peu audibles et les question sur qui étaient vraiment ces deux hommes que cherchent les deux femmes ? N'étaient-ils pas au fond un seul et unique ?) mal posées et mal résolues
noizet
noizet

7 abonnés 213 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2021
il y a un peu d'exagération en ce qui concerne la recherche du soldat inconnu. c'est sans doute une façon de tourner en dérision cette idée de mettre en avant, un personnage anonyme pour masquer les millions de morts qui se cachent derrière.
Toutefois ce film montre avec beaucou de justesse ,à la fois la grande détresse de ceux qui cherchent leurs morts et le malaise que suscite le constat de cette "grande boucherie".
les histoires sentimentales qui accompagnent cette histoire ne relèvent pas de la fiction, elle sont le reflets de beaucoup de choses vécues
Trois de mes grands oncles sont morts à cette guerre et mon grand père est mort des suite des maladies qu'il y a contracté. je me suis donc beaucoup intéressé à cette periode et j'ai retrouvé dans ce film des choses dont j'avais entendu parlé par des gens qui ont vécu cette période.
on peut être assez bête pour ne mettre qu'une étoile à ce film, si on n'a pas compris que ce n'était pas une fiction et qu'on est suffisamment nul en histoire pour penser qu'il n'y a pas de scénario ...
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2021
Il flotte un parfum de Voyage au bout de la nuit sur ce film d'après première guerre mondiale qui mêle constat historique et anti militariste, et histoire d'amour. La reconstitution est fidèle la réalisation précise quoique un peu longue et Noiret est immense.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2021
Tavernier est mon réalisateur français préféré (jusqu'à "Capitaine Conan"). C'est dans les films historiques que son art s'exprimait le mieux, car il avait cette capacité à parler de la grande histoire, des rapports dominants/dominés, de la lutte des classes, en s'approchant au plus près de l'individu. Il n'est donc pas étonnant de retrouver "La vie et rien d'autre" dans ses meilleurs films, tant le carnage de la première guerre mondiale lui donnait matière à exposer ses idéaux en dénonçant la monstruosité politique de la chose et le sacrifice collectif épouvantable qui en a résulté. Tavernier réussit l'exploit de faire l'un des meilleurs films de guerre alors qu'elle est terminée depuis deux ans, qu'il n'y a pas un seul combat, et pourtant il y a toujours une tension, un sentiment de danger permanent à cause des bombes encore présentes dans les sols. On a aussi l'impression que cette guerre n'est pas finie, car tout se passe dans le cadre militaire, il n'y a quasiment que des soldats, on est sur des terrains massacrés et dans des villages en ruine, comme si tout ça n'était finalement qu'une pause avant la prochaine boucherie. Et au milieu de tout cela, quelques dizaines de civils perdus qui recherchent désespérément un proche disparu, qui regardent des objets ramassés sur les champs de bataille pour essayer de trouver une preuve de leur mort et enfin pouvoir faire leur deuil. Et Tavernier choisit de nous montrer ces personnages très secondaires, ils existent dans le film, ils sont palpables, et ils permettent de passer tant d'émotions, même plus que le duo Noiret/Azéma qui a un rôle plus didactique. Car Tavernier aimait surligner son propos - parfois un peu trop -, et c'est à travers ces deux personnages qu'il va instiller toute sa pensée politique, sociale, et son sentiment profond d'antimilitariste au travers de phrases chocs. "La vie et rien d'autre" est ainsi un film de guerre qui ne parle que de violences morales, de vies brisées, de désespoir, il n'y est pas question de grands faits d'armes mais de la glorification à des fins politiques du sacrifice de millions de vies (d'où l'histoire parallèle de la recherche du soldat inconnu presque tournée en dérision). "La vie et rien d'autre" est un film lent mais prenant et fascinant, terriblement émouvant, l'une des plus belles œuvres sur les conséquences de la guerre.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 août 2021
Un film de guerre ou la guerre est passée mais pas terminée. Le major Dellaplanne (merveilleux Philippe Noiret) est chargé de mettre un nom sur les disparus des tranchées alors que sa hiérarchie tente de minimiser le massacre qu’a été la première guerre mondiale. Ce film montre une société qui tente de panser ses plaies, qui survit dans la nostalgie de la vie d’avant alors que plus rien ne sera jamais pareil. Une société de ruines et de fantômes qui hantent ceux qui restent. Un film d’une grande sobriété dans tous ses aspects mais d’une efficacité redoutable. Une des belles réussites de Bertrand Tavernier.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 mars 2023
Comme toujours avec les films de Bertrand Tavernier, on a le droit à une reconstitution historique de très grande qualité. Cette fois-ci, il nous transporte à la fin de la Première Guerre mondiale. A travers la rencontre d’un commandant (Philippe Noiret) chargé d’identifier les corps des soldats morts au combat et d’une femme bourgeoise (Sabine Azéma) à la recherche de son époux disparu, le réalisateur décrit un contexte social et humain particulièrement sordide. Il dénonce notamment le commerce lucratif des monuments commémoratifs, le désarroi des familles en deuil, la déliquescence de l’armée française, etc.. Bref, ce long-métrage austère et dramatique repose essentiellement sur l’excellente interprétation de Philippe Noiret, ce qui lui vaudra le César du meilleur acteur en 1990.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2021
J'ai regardé La vie et rien d'autre il y a environ un an. Eh bien ce film m'a marqué. Et j'avais vraiment envie de le revoir. Alors je l'ai regardé une deuxième fois. Et certaines choses sont devenues plus claires le message central est évidemment que la guerre est un désastre pour tout le monde. Et qu'il ne faut rien faire pour cacher cette vérité à quiconque. C'est la conviction de Delaplane c'est son combat et c'est son code moral. Il y a une histoire d'amour qui vient s'immiscer dans son devoir ennuyeux et déprimant. Pourquoi les gens ne voient-ils pas qu'un homme comme Delaplane ne peut pas gérer son amour surtout au milieu d'un combat aussi horrible. La Vie et rien d'autre est un beau film touchant un peu lent certes mais le sujet exige que l'on prenne le temps de connaître tous les détails afin de mieux comprendre la nature de ce drame humain. Qu'est ce qui pousse tous ces gens à chercher des vestiges de leurs proches juste pour avoir la preuve de leur mort. Ce que nous ne comprendrons peut-être jamais pour ne pas avoir vécu ca . Ce n'est pas un grand film d'action c'est plutôt un film sur la réflexion. Un film que beaucoup de gens qui voient la guerre comme quelque chose de glamour auraient dû voir mais ne le feront probablement jamais...
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 avril 2021
En 1920, le commandant Delaplane est chargé d'identifier les centaines de milliers de morts et de blessés anonymes, hérités de la Grande Guerre. Un travail de fourmi, alors que les cadavres s’amoncèlent encore ! "La Vie et rien d'autre" aborde ainsi la Première Guerre Mondiale sous un angle original. Plutôt que de montrer directement l'horreur du conflit, Tavernier en montre en permanence les conséquences. Des familles brisées, un pays qui croule sous les victimes (à tel point que l'armée cherche à minimiser le nombre de cadavres), des objets nostalgiques ou meurtriers qui font surface régulièrement, la volonté de mémoire des communes et du gouvernement, et bien sûr des paysages apocalyptiques en réaménagement. Bref, se souvenir mais aussi reconstruire, chez les humains et dans la logistique ! C'est sur le plan visuel que le film frappe fort. Tourné avec une très belle photographie grisâtre, l'allure automnale et boueuse du film sied très bien à cet univers où tout est provisoire, et où les personnages et l'environnement semblent littéralement s'accrocher, ou s'appuyer, sur les ruines du passé. Un grand soin est apporté à ce niveau, avec notamment bon nombre de figurants et des décors soignés. Dans tout cela, on suivra avec attachement cet officier incarné par un charismatique Philippe Noiret, qui sera touché par la recherche de deux femmes, et qui tient à faire son métier proprement, malgré les entraves de ses supérieurs qu'il gêne. A ses côté, quelques seconds rôles hauts-en-couleurs. Dont plusieurs touches d'humour réussies, avec un sculpteur joyeusement infecte campé par Maurice Barrier, et une sous-intrigue très drôle sur la recherche d'un corps de soldat inconnu... "La Vie et rien d'autre" est ainsi un beau film, et une approche originale sur la Première Guerre mondiale.
Philippe G.
Philippe G.

30 abonnés 190 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2021
Je suis surpris de constater que personne n'a encore fait le rapprochement entre la thématique de ce film avec un autre réalisé près de trente ans plus tard: AU REVOIR LA HAUT, traitant d'un thème à peu près similaire.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2021
Je n’ai pu noter mieux ce film en raison d’une longueur excessive et de trop nombreux passages un peu à vide. Autrement, j’applaudis à ce vibrant hommage aux 350.000 disparus de la Grande Guerre et, de manière générale, aux « poilus ». Les acteurs sont tous excellents, en particulier Philippe Noiret. Seule Sabine Azéma paraît un poil excessive. Bravo également aux prises de vue et à l’ambiance d’alors bien retranscrite.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2021
La vie et rien d'autre est un film absolument sublime... Déjà rien que l'idée de placer son action après la première guerre mondiale, avec un héros qui doit retrouver les disparus est une idée formidable. Le film a certes quasiment le même message que Capitaine Conan, film que tournera Tavernier quelques années plus tard, à savoir que les gens et surtout les hauts gradés, n'ont rien compris à ce qu'était la guerre, les deux films ne sont pas des redites, mais sont réellement complémentaires.

On peut y voir les dégâts de la guerre, comment ça transforme les hommes et surtout dans le cas de Conan, ceux qui l'ont gagnée (et qui ne se sont pas contentés de la faire). Parce que là on a beau être deux ans après la fin de la guerre on sent sa présence partout, entre les veuves à la recherche de la dépouille de leur mari, les militaires, les hôpitaux de guerre, les commémorations... Tout a été transformé par la guerre... jusqu'au physique des instituteurs, qui reviennent mutilés.

Et là, encore une fois, je me répète, mais quelle intelligence dans l'écriture ! Tavernier se permet de ne pas être « efficace », il se permet de digresser, de nous montrer plein de seconds rôles, de leur accorder un peu de temps, quelques répliques, quand bien même ils ne sont pas utiles à l'intrigue... Quel autre cinéaste aurait, avec autant d'humanité, filmé des aubergistes, des chauffeurs, des paysans, des familles endeuillées et des militaires, les aurait accompagné, les aurait filmé afin de montrer que le film est plus qu'un simple microcosme avec trois personnages qui cherchent des disparus ?

On est clairement là dans l'exact inverse d'un 1917 (pour prendre le dernier film sur la première guerre mondiale qui est sorti). Chez Mendes tout était millimétré, tout devait transpirer le cinéma, l'action, être impressionnant, fallait en jeter plein la gueule au spectateur... Ce qui fait que je n'ai pas cru un seul instant au film, bien trop artificiel et faux... Alors que chez Tavernier ça transpire la vie par tous les pores !

Le moindre second rôle est bien écrit et existe. Il y a une volonté de faire vivre cette époque au spectateur grâce aux détails, aux personnages... On sent que Tavernier s'est bien documenté, qu'il avait envie que cette histoire ne fasse pas toc. Et ça c'est grandiose !

Comme quoi, avec trois excellents acteurs (Noiret en tête), bien accompagnés par des seconds rôles de qualité, un soin particulier accordé aux détails et on a un film bien plus accrocheur et immersif que n'importe quelle montagne russe hollywoodienne. L'humanité qui se dégage du film, de par son écriture, fait tout. On sent que ça foisonne, que ça grouille, que ça vit.

Et parce que ça vit on s'attache aux personnages, ce qui rend la fin, cette lettre finale, absolument déchirante... C'est peut-être le seul moment du film qui fait un peu cinéma, mais qu'est ce que c'est beau et bien tourné !
Terriblement touchant.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2021
Bertrand Tavernier aime prendre son temps et, avec beaucoup de méticulosité, plonger le spectateur dans une atmosphère d'époque. On se croirait donc en 1920, au lendemain de la première guerre mondiale, aux côtés du commandant Dellaplane campé par Noiret. Il recense les soldats disparus en France, non identifiés par leurs familles ainsi que ceux qui sont devenus muets ou très perturbés. Ce qui l'énerve au plus haut point, ce sont tous ces politiciens ou haut gradés qui veulent minimiser le nombre de morts. Lors de son travail d'investigation, une femme, Irène, est à la recherche de son époux disparu. Il va la recevoir et la trouver très attirante.
Ce très bon film porté par un Philippe Noiret émouvant, transmet un message humaniste dans une lumière assez crépusculaire.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2021
Indubitablement la technicité d'une réalisation n'a pas de secret pour Bertrand Tavernier qui se plaît notamment à magnifier les paysages et à tisser un lien entre leur atmosphère et le ressenti des personnages. Cependant une froideur diffuse enroule la mise en scène, renforcée par des dialogues intéressants mais peu naturels ainsi que le jeu assez artificiel de Sabine Azéma, rendant peu sensible au sort de personnages pourtant bien dessinés et instillant une ennuyeuse distance alors qu'on perçoit aisément l'indignation du réalisateur face à l'hypocrisie, à la mécanisation sentimentale et aux manipulations étatiques de cette période historique dont la minutieuse reconstitution mérite compliment. Tenant le film par son charisme et par sa profondeur, Philippe Noiret se distingue, figure complexe d'un officier s'accrochant à une tâche d'humanisation devenue obsolète pour des supérieurs plus attirés par le symbolisme ostentatoire que par la lucide réalité. Une œuvre dense.
cinéman
cinéman

49 abonnés 926 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2021
Belle reconstitution des charniers de la seconde guerre mondiale lorsque les femmes cherchaient leurs maris souvent de façon désespérée. Le duo Philippe Noiret/ Sabine Azema fonctionne à merveille.
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