Bon, Twin Peaks le film fait partie de ces métrages que je n’avais jamais vu de peur d’entamer la légende que je me suis construite autour d’eux (à l’instar de Tess et du Silence des agneaux). Finalement la curiosité l’a emporté, et je me suis lancé, et malheureusement, pas tout à fait avec le résultat génial que j’espérai.
Je vais commencer par les bons points. Déjà la musique est excellente, la bande son dans l’ensemble, qui apporte vraiment une belle ambiance au métrage. Là-dessus rien à redire, même si les deux thèmes les plus réussis sont ceux du début et ceux de la fin.
Ensuite Lynch ne manque pas de talent, et propose un métrage souvent très soigné avec une ambiance très travaillée, mais un peu trop changeante. Le film choisit l’éclectisme de ce côté-là, et ce n’est peut-être pas le meilleur choix, mais enfin Lynch travaille ses images et le rendu est convaincant. Il y a quelques plans très beaux, dont celui de la fin, et dans l’ensemble la mise en scène montre qu’on n’a pas à faire à un branque, mais à quelqu’un d’intelligent qui a de l’idée.
Je relève aussi quelques très bonnes prestations d’acteurs, comme celle de Sheryl Lee et de Ray Wise, qui compensent des prestations assez inégales pour le reste, mais surtout des personnages sans grande construction. Gros souci du film, il empile les personnages pendant 2 heures, mais n’en laisse entrevoir le plus généralement que des caricatures ou des enveloppes bien trop creuses. Peut-être que Lynch est d’ailleurs victime de son travail trop léchés, qui empêche au film de dégager, par le filtre vaporeux qui l’enveloppe, toute la sensualité, l’émotion, la force qui aurait dû être la sienne. L’épilogue de Laura Palmer en est un bon exemple, pour ma part c’est un des gros ratés du métrage.
En effet le film reste malheureusement bien trop froid, bien trop distant. Là où Sailor et Lula à l’inverse respiré la sensualité torride, là ce n’est pas le cas du tout, et le souci c’est que le film manie les sentiments et les émotions, mais tout est noyé dans une sorte d’onirisme surréaliste mal approprié. Du coup je suis resté assez indifférent à ce qui pouvait se passer de dramatique ou de joyeux dans ce film. Le scénario n’est d’ailleurs pas vraiment à la hauteur. Si la première partie est accrocheuse, la seconde en revanche est faible. Déroulé très lent, manque de piquant, onirisme qui verse trop dans le délire pur et dur, on a droit à un joli catalogue d’images papier glacé, mais avec un fond qui aurait réellement mérité plus d’approfondissement, plus de relief, quelque chose qui vienne saisir le spectateur, et ne le laisse pas dans une forme d’engourdissement. Un film qui n’arrive pas à me toucher après un meurtre, en m’ayant montré pendant toute sa durée ou presque la vie de la victime, je suis désolé mais je reste critique.
En sommes, Twin Peaks fire walk with me ne m’a pas complétement déçu quand même malgré mon opinion assez critique. Visuellement singulier avec une esthétique travaillée et avec un réalisateur concerné, on louera encore la bande son et la prestation des principaux acteurs. C’est déjà un beau bagage. Mais c’est un Lynch, c’est un métrage tout de même très ambitieux, avec un casting en or, bref, c’est le genre de métrage qui se doit quand même de mettre une baffe, et ce n’est pas le cas véritablement. 3.