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inspecteur morvandieu
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2,0
Publiée le 30 janvier 2024
Deux ans après "Mortelle randonnée", Michel Serrault, dans un registre analogue, endosse l'habit de l'enquêteur solitaire et caustique. Si, dans le brillant polar de Claude Miller, l'"Oeil" se mettait à confondre la suspecte avec sa fille disparue, le policier Robert Staniland, dans le film de Jacques Deray, tend à s'identifier à la victime d'un meutre, spoiler: notamment en tombant amoureux de la maîtresse de ce dernier, une froide beauté qui affirme en être l'assassin.
La comparaison entre les deux film s'arrête là. Car la mise en scène de Deray est médiocre, laissant à Michel Audiard le soin d'inventer des scènes incongrues, parfois drôles, d'autre fois très visiblement artificielles. Pour tout dire, le scénario du film apparait constamment factice, avec ses personnages et ses rebondissements discrédités par l'invraisemblance ou la complaisance. En somme, l'énigme ne tient pas debout et c'est le numéro d'acteur de Michel Serrault qui maintient l'intérêt. A ses côtés, Charlotte Rampling, belle et fascinante, compose un rôle dont la seule sensualité occulterait presque le caractère ambigü, mystérieux, trop peu convaincant. On finit par tourner en rond dans une intrigue sans ressort, paresseusement dédiée au talent de Serrault et charme de Charlotte Rampling.
Ambiance feutrée et irréelle dans ce polar de Jacques Deray, bien aidé par ses acteurs principaux Serrault et Rampling (un peu moins par les autres). L'ensemble ne manque pas de charme mais un peu de nerf n'eût pas été du luxe, sans compter que par moments le récit semble fabriqué de bric et de broc (spoiler: le flic qui occupe l'appartement de la victime, parmi d'autres idées curieuses... ). Le cinéma français a déjà produit mieux dans le genre, mais aussi bien pire: dans le cas présent et en dépit de quelques longueurs, le procédé reste efficace.
Deray crée l'ambiance. Serrault habite le personnage désabusé qui s'acclimate parfaitement au décor. L'enquête ne cherche pas loin les coupables mais on s'attache davantage au déroulement et à la noirceur jazzy et très stylée
Jacques Deray ne fut que rarement connu du grand public, masqué qu'il était par ses prestigieux casting.
Delon, Belmondo se succéderont fréquemment devant sa caméra dans des polars qui seront des succès commerciaux restés dans les mémoires pour certains ( " la piscine ", "Borsalino", "Borsalino and co"...).
On sait moins aujourd'hui que le cinéaste ( rarement considéré par le cinéma d'auteurs) était doté d'un réel et subtil talent de mise en scène.
Il suffit de visionner ce polar au ton décalé qu'est ce " on ne meurt que..." (1985) tiré d'un ouvrage de Robin Cook ( référence majeure du roman policier) pour s'en rendre compte.
Dernière collaboration pour le cinéma de Michel Audiard ( il décédera peu après la sortie du film) Deray donne l'occasion à Serrault et Rampling de produire une prestation formidable.
Le prétexte tourne autour de la rencontre entre un policier et une femme vénéneuse et très belle au cours d'une enquête. Première suspecte, le policier tombe amoureux d'elle.
L'intérêt du film porte sur le ton et l'ambiance qui font penser aux meilleures réalisations de Michel De Ville.
On notera la présence de Jean Pierre Bacri, de JP Darroussin et de Gérard Darmon à leurs débuts. Au final, c'est une grande réussite.
Le prix " Jacques Deray" attribué chaque année à un film policier ou à un thriller témoigne de l'importance de ce cinéaste.
À moins de se lancer dans une thèse sur la filmographie de Michel Serrault, ce film est inutile. Malgré Michel Audiard au scénario et au dialogue, les scènes se suivent sans saveur et ça pourrait durer des semaines. Deux répliques sortent du lot, comme celle-ci après une scène d'action qui ferait rire des élèves de CE1 aujourd'hui : " Une société où les bourreaux choisissent leur crime à la carte m'inspire les plus vives réserves." On appréciera la qualité du texte. Ou encore, voulant calmer les ardeurs d'un policier zélé prompt à des conclusions hâtives : "Nous n'avons que 300 millions de neurones à disposition alors ne les encombrons pas de choses inutiles." On sent bien la patte de l'auteur sans la puissance qu'on lui connait dans les Tontons Flingueurs. Quant à Charlotte Rampling, elle a beau se mettre à nu, son jeu sans saveur est d'un ennui profond. Je dois avouer que son charme me laisse de marbre, ce qui n'aide pas. Une enquête qui aurait pu faire un bon téléfilm d'automne, un dimanche après-midi après le gigot de mamie.
Petit polar signé Jacques Deray. Un bon artisan, mais qui s’est un peu perdu avec ce film mineur qui ne retiendra guère l’attention. Formellement, le film est plutôt bien fait. La photographie est très belle, la bande son très jazz donne au film une ambiance de film noir qui transparaît aussi dans les costumes, l’aspect femme fatale de Rampling, l’ambiance très nocturne. Il y a de beaux décors, la mise en scène de Deray sait installer un climat inquiétant, intriguant et sensuel. Pour ma part, on sent que le film avait une solide équipe à la réalisation, et de ce côté-là rien à redire, les amateurs de belles images apprécieront. J’ai apprécié. Le souci c’est le reste ! D’abord le scénario. J’ai rien contre les histoire lente, quand elles ont des choses à dire. Mais là, c’est lent et il n’y a pas d’enquête, pas de suspense. On sait très rapidement qui est coupable, et l’aspect enquête disparaît vite fait au profit d’une pseudo-romance ridicule à laquelle on ne croit pas. Les vieilles ficelles du polar noir sont employées, mais il fallait muscler tout ça pour sortir des clichés et du déjà vu. De surcroît, très mauvaise idée à mon sens d’avoir pris pour dialoguiste Michel Audiard. Sa gouaille populaire, ses répliques piquantes ne font pas du tout bon ménage avec l’ambiance sensuelle et poisseuse qui cherche parfois à s’installer. Elles apportent un humour décalé qui casse l’ambiance, et c’est surtout très sensible lors du premier échange entre policiers qui ressemble plus à du Fred Vargas qu’à du Dashiell Hammett ! Reste le casting. Rampling était toute indiquée en femme fatale et elle fait le travail en se désapant souvent en plus ! Après, son rôle est un peu étrange, un peu incohérent, et finalement, on peine à y croire alors qu’elle est parfaite pour ce type de rôle. De même, on peine à croire à Deluc dans son rôle. Pourtant on devrait, mais quelque chose ne prend pas, sûrement car il n’est finalement qu’une ombre dans le film alors qu’il devrait avoir une place plus importante. Au milieu de tout cela, Michel Serrault est très bon, comme de coutume. Mais là aussi, son personnage n’a pas vraiment de consistance. Quelle est sa vie ? Sa relation aux femmes ? Est-il séducteur même sans argument ? Le personnage est difficile à saisir, tour à tour plat et fade, et excentrique et bizarre, sa relation avec Rampling ne tient par ailleurs pas vraiment la route et l’alchimie ne se met jamais pleinement entre eux. En clair, un beau film, mais handicapé par son scénario plat et cliché, et porté par des acteurs tout indiqués pour leurs rôles mais des rôles mal dégrossis, mal établis, et comme tout le film repose sur leurs relations ambigües, c’est frustrant. 2.5
Un polar bien trop mou pour captiver, qui vaut davantage par son ambiance que son intrigue et pour entendre Michel Serrault et l’énigmatique Charlotte Rampling réciter les derniers dialogues de Michel Audiard.
Un polar signé Jacques Deray aidé au scénario par Michel Audiard avec de bonnes intentions mais dont la réalisation est trop classique qu'on se croirait dans un téléfilm du Samedi soir sur France 3 !! Les points positifs de ce long métrage viennent des interprétations des comédiens principaux et mème secondaires tels que Michel Serrault en flic manipulé qui veut connaitre la vérité, Charlotte Rampling en suspect dominatrice, Xavier Deluc, Jean-Pierre Bacri toujours raleur, Jean-Pierre Darroussin avec des cheveux sur la tète à l'époque (rire), Gérard Darmon en photographe et puis il y a une bonne intrigue qui piste plusieurs personnes aprés un meurtre avec une bonne surprise à la fin. Mais coté réalisation, j'ai connu Jacques Deray beaucoup plus inspiré, notamment dans les années 60 et 70, il faut dire que le genre policier dans le cinéma Français s'éssoufle à cette période là pendant quelques temps. "On ne meurt que deux fois" ne se regarde une fois à la limite mais pas deux, dommage.
Soit le film a mal vieilli soit il était déjà pas terrible au départ ! Les personnages ne sont pas crédibles, pas un seul, La réalisation le script et la direction d'acteur surtout manque de cohérence du coup on ne rentre pas dans l'histoire, Serrault sauve un peu le film mais on reste d'un bout à l'autre devant un écran et des acteurs sans voir apparaître les personnages
Jacques Deray est un réalisateur intéressant, malgré quelques « bébeleries » tout à fait dispensables. « On ne meurt que deux fois » apparaît assez singulier dans sa filmographie : polar sans vraiment en être un, enquête sans vraiment en être une... L'auteur de « Symphonie pour un massacre » fait preuve d'une certaine nonchalance pour amener à ce qui l'intéresse : les personnages, en premier lieu celui interprété par un Michel Serrault impeccable. Son étrange relation avec Charlotte Rampling intrigue (quitte à manquer de crédibilité, parfois) : on évite pas mal le manichéisme, si bien qu'une part d'inconnu, de mystère plane jusqu'au bout sur ce meurtre assez sordide. Ces choix ont toutefois leurs limites : rien de réellement excitant ni d'inoubliable, l'intrigue, sans être réellement perdue de vue, n'étant pas suffisamment dense, complexe pour séduire totalement. De plus, et même si c'est intégré dans le scénario, je ne trouve pas l'actrice anglaise suffisamment belle, troublante pour exercer un tel pouvoir de fascination sur chacun. Reste le plaisir de croiser quelques futurs grands noms du cinéma français : Jean-Pierre Darroussin, Gérard Darmon et Jean-Pierre Bacri, ainsi qu'un dénouement assez mélancolique, assumant pleinement une certaine noirceur. Enfin, pour ses tous derniers dialogues, Michel Audiard nous offre quelques répliques brillantes, les meilleures étant toutes prononcées par Serrault spoiler: (« tous les flics boivent pendant le service », pour ne citer qu'elle) : salut l'artiste. Inégal, jouant sans doute un peu trop de sa dimension « décalée », mais plutôt intéressant, notamment dans sa dimension humaine.
Un excellent polar de Deray qui réunit tous les ingrédients nécessaires . Un scénario solide , très orignal , assez tortueux, complexe . Des dialogues de Audiard , au millimètre, savoureux , typique . Et un duo d'interprétation magistral , Michel Serrault au sommet de son art , en flic désabusé, blasé , septique . ET la sublime Charlotte Rampling , beauté diabolique , érotique , magnifiquement filmée, dénudée , pleine de grâce.. .
Michel Serrault comme je l'adore . Flic un peu dépassé et qui fait ce qu'il a envie de faire. Ce polar noir est vraiment bon . Charlotte Berling est magnifique et glacial . Une enquête hors norme qui laisse un flic se faire avoir et perdre ses moyens par une femme sans scrupules. Un petit clin d'œil à Bacri qui m'a plus en Barman dégonflé. Excellent
Le curieux intérêt du film c'est qu'aux 2/3 on se rend compte que Charlotte Rampling a, certes, des yeux splendides mais qu'elle joue plutôt mal. Et comme elle est censée interpréter une femme fatale, inquiétante, vénéneuse... ça ne fonctionne plus. Voire, le film qui avait une certaine atmosphère au début avec des acteurs chevronnés ou débutants dans le registre qu'on leur connaissait ou qu'on découvrait (Serrault caustique, Bacri râleur, Darroussin lunaire...) finit dans l'humour involontaire.