L'Année du dragon
Note moyenne
3,9
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161 critiques spectateurs

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dougray
dougray

274 abonnés 1 904 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 juillet 2010
Je suis peut-être passé à côté mais j'ai trouvé ce film super long, particulièrement chiant et surtout le personnage de Mickey Rourke n'est pas du tout attachant voire même franchement détestable. Reste qu'un film de Mickey Rourke du temps de sa splendeur a toujours un intérêt (aussi minuscule soit-il)! Reste un film trop banal pour être interessant
Xavier d
Xavier d

12 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2024
Bof bof, film quil a beaucoup vieilli (musique, réalisation, jeu des caterus très 80's). Beaucoup moins intéressant que "Voyage au bout de l'enfer" (même style). Intéressant pour voir le jeune et excellent Mickey Rourke.
christophe M.
christophe M.

10 abonnés 483 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2015
Chinatown, un état dans l'état avec ses codes ses rituels son histoire et sa mafia que l'acteur principal va tenter de combatre
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mai 2024
Le début du film entre dans le vif du sujet en mêlant en quelques minutes tous les paramètres du film : des funérailles emblématiques, un meurtre, une journaliste pleine d'abnégation, une police aveugle, un jeune caïd aux dents longues aux côtés des vieux sages des Triades et surtout l'arrivée impromptue d'un nouveau chef de la police de Chinatown. 10mn d'effervescence et de tensions et de violences autant physiques que psychologiques qui se démarquent des autres films policiers contemporains par sa noirceur et son pessimisme. Personne n'est tout blanc ou tout noir dans cette histoire. La mise en scène de Cimino suit ainsi l'évolution de son personnage. Un flic sous tension qui se retrouve dans un Chinatown sous ébullition, un mélange forcément dangereux, une caméra nerveuse qui semble vouloir être partout dans la foule. Puis le flic devient comme un chien fou et cette fois la caméra s'attarde moins sur la foule que sur l'objectif du policier. Le face à face Rourke-Lone est solide avec en prime un duel culte façon western urbain. Malgré encore un succès mitigé le film reste un nouveau chef d'oeuvre à voir et à conseiller.
Site : Selenie.fr
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2021
Très charismatique, Mickey Rourke confère de la force à un film plus nuancé et intéressant qu'a priori. Dans une mise en scène dynamique soutenant une situation initiale classique, le récit se fait sombre, tendu, violent, parfois avec pertinence, parfois avec maladresse. Sans temps mort ni fioritures l'intrigue établit un parallèle entre gangsters et média de façon habile malgré des dialogues inégaux. Une intéressante tentative de densifier le propos d'un policier.
Dynastar21
Dynastar21

40 abonnés 439 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2020
L'Année du dragon. Je me demande encore, comment j'ai pu passer à côté de ce film si longtemps. Développons un peu. Celui-ci s'ouvre tout d'abord sur une scène de fête de rue célébrant le nouvel an Chinois dans le quartier New-yorkais de Chinatown. Et quelle claque visuelle ! On s'y croirait presque, la reconstitution est impeccable, les couleurs sont flamboyantes et la manière de filmer et sublimer de Cimino, annonce le tempo pour la suite. spoiler: C'est pendant cette fête qu'un vieil homme Chinois se fait assassiner par un adolescent. Immédiatement après, on assiste à l'hommage funéraire de rue en souvenir du vieux parrain mafieux (car c'est effectivement ce qu'il était). Le film terminera sur la même scène de funérailles, d'un autre mafieux, mais cette fois, le jeune « Joey Tai », jeune loup ambitieux qui voulut être plus malin et plus dur que les vieux bandits, habitués eux à plus de finesse.
La boucle est bouclée. Que se passe t-il entre ces deux marqueurs chronologiques ? Et bien l'on assiste à une formidable leçon de cinéma par un de mes réalisateurs favoris : Michael Cimino. En ce qui concerne le contexte, il faut savoir que c'est à l'époque son 4ème long-métrage après : un premier essai très prometteur (« Le canardeur »), une consécration (« Voyage au bout de l'enfer ») et une chute (« La porte du paradis »). Sorti en 1985, « L'Année du dragon » intervient donc cinq années après l'échec commercial (un des pires de l'histoire du cinéma qui a presque mis en faillite le studio « United Artists ») de La Porte du Paradis, fresque gigantesque sur l'histoire américaine, trop peut-être.
On suit donc un flic grande gueule et hyperactif (Mickey Rourke génial, et sûrement dans l'un des plus grands rôles de son inégale carrière), le plus décoré de la ville, qui débarque à Chinatown pour mettre fin à la guerre des gangs, guerre à la fois de succession entre les vieux truands, et les jeunes sans limites ; et guerre de territoires entre les Chinois d'un côté et les Italiens de l'autre. Et malgré le fait qu'il soit raillé par ses pairs, « Stanley White » ne prend pas de pincettes, il part littéralement en croisade contre l'émanation des triades Hongkongaises à New-York. Et Cimino défait pour nous le rêve américain en quatre étapes :
Premièrement, le patriotisme du pays de « l'oncle Sam » est mis à mal quand on se rend compte que cette guerre fait s'affronter le petit prolétaire Polonais originaire de Brooklyn contre les descendants des immigrés Chinois et que la notion de « melting-pot » dévoile enfin ses limites. Drôle d’antithèse quand on apprend que Stanley a d'ailleurs changé son nom de famille Polak en « White » pour faire « plus américain » (synonyme d’intégration peut-être ?) tandis que finalement on en revient toujours aux origines d'un tel ou d'un autre.
Deuxièmement il dresse un portrait noir sur cette jeunesse dure et sans repères qui tranche avec la bienséance des vieux mafieux Chinois en costumes blancs assis autour d'une table à fumer le cigare. Il faut d'ailleurs noter que la majorité, voir même, toutes les scènes de violence sont le fruit de ces novices : la fusillade complètement folle dans le restaurant au début, l'assassinat de Connie, le viol de Tracy et le meurtre du policier infiltré suivi de l'agression dans la boîte de nuit.
Troisièmement il nuance la faculté du rêve américain à ce que chacun puisse faire fortune dans les affaires à partir de rien, en montrant la corruption ambiante. Car si notre super flic est censé mettre de l'ordre dans le quartier de Chinatown (pour ne plus faire fuir les touristes, symbole de l'économie légale) c'est surtout une apparence car derrière on se rend compte que les triades sont depuis longtemps en contact avec la Police pour que les choses se passent intelligemment pour tout les acteurs, la force publique et la pègre (et donc qu'une partie de leurs activités illégales soient passées sous silence).
Quatrièmement et la liaison avec le point précédent va de soi, Cimino montre le traumatisme (qu'il avait déjà amplement abordé dans « Voyage au bout de l'enfer ») d'une génération par la guerre du Vietnam et notamment ici dans ses conséquences sociales : Stanley sacrifie tout pour sa croisade contre le crime, meurtri par l'échec de la guerre (cf. scène surprenante spoiler: dans le bar où son pote Louis tente de lui faire entendre raison tout en justifiant le marché passé avec les gangsters Chinois, qu'on croirait tout droit sortie de « The Deer Hunter » avec la même musique nostalgique
), sa femme, ses amis, ses collègues et sa hiérarchie qui ne l'apprécient pas du tout. Il finit par avoir une liaison avec cette journaliste d'origine Chinoise (bien intégrée, née à San Francisco) qui l'attire autant que les triades le rebutent, cette relation improbable qui détruit tout mais survit à la fois à ce désastre.
Désastre qui se termine sur les rails de chemin de fer du port de New-York entre Stanley et Joey et qui sonne comme un symbole quand on connaît le rôle joué par les immigrés Chinois pour sa construction aux États-Unis.
Le seul point non pas négatif, mais plutôt interrogatif concerne la fin du film absolument étrange de mon point de vue. Mais Cimino aurait expliqué que les dernière paroles de Stanley avait été refusées par les producteurs du film, et donc on peut penser que cette fin n'illustre pas vraiment la vision de l'auteur.
Pour conclure, Michael Cimino, nous offre un film puissant, violent psychologiquement et physiquement, un western moderne dans les rues du quartier de Chinatown qui invite à la réflexion ; une œuvre réfléchie qui sonne comme une rédemption après des années d'échec. Il gagnerait amplement à être bien plus connu et reconnu du grand public.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 septembre 2016
En ce début septembre, voici mon film de rentrée : « L’année du dragon », grosse claque cinématographique. Ow… Et comble de bonheur, tomber sur une œuvre de Michael Cimino par le plus grand des hasards (!) m’a comblé étant donné que le réalisateur culte de « Voyage au bout de l’enfer » est parti cet été. Ainsi va la vie…
Mais revenons sur le métrage de Cimino qu’il faut impérativement avoir vu une fois dans sa vie. Non pas pour rendre hommage au metteur en scène déchu mais plutôt pour d’autres raisons.
Tout d’abord, l’histoire. A Chinatown, une vague de violence fait couler du sang. Un capitaine de police, ex-soldat du Vietnam, va tout faire pour arrêter une organisation criminelle naissante : la guerre des gangs est lancée !
Aidé par Oliver Stone au scénario (dont on reconnaît la patte engagée), Michael Cimino, peu enclin à lisser son histoire sur des archétypes post-Vietnam (tel « Rambo 2 »), cisèle un polar contemporain basé sur le roman éponyme de Robert Daley (également auteur du « Prince de New York » et « Dans l’ombre de Manhattan », tous deux adaptés par Lumet) en y insufflant une sacré dose de déchéance humaine. Les personnages sont tous bien troussés (Mickey Rourke viscéral) et malgré un script assez banal (gentils contre méchants, final en happy end), Cimino nous surprend par son atmosphère décrépie au possible, et Stone, par son engagement à ne vouloir rien lâcher, son faire-valoir.
Au sein de cette guerre des gangs chorégraphiée par David Mansfield à la musique (il s’agit ici de sa seconde collaboration avec Cimino depuis « La porte du paradis »), Alex Thomson à la photo (« Excalibur » et « Alien 3 », c’est lui !!), du remarquable travail de Wolf Kroeger pour les décors (le quartier malfamé de New York a été entièrement reconstruit ! Spécialiste des films de guerre : « Rambo », « Outrages » de De Palma, « Stalingrad » version 2001) et d’un montage fluide, le scénariste de « Magnum force » nous fait passer dans les rues moites et funèbres de Chinatown comme si notre dernière heure était arrivée. Un peu à la Alex Proyas dans « Dark city » je trouve. Et ici, appuyé d’une noirceur à la Peckinpah, Cimino ancrant ainsi « L’année du dragon » comme un polar made in 80’s. Super !
Pour les besoins du film, le metteur en scène s’est octroyé les services d’un casting trois étoiles. Et pas n’importe lequel (!). Dans la peau du capitaine de police parti en guerre contre les triades chinoises, on retrouve Mickey Rourke (il s’agit ici de la première collaboration entre l’acteur et le réalisateur) qui livre une excellente interprétation. Tout en intensité, il apporte le charisme/machisme d’un homme qui n’arrive pas à panser les plaies d’une guerre encore présente dans les mémoires. Il se fait ainsi le héros d’une cause perdue, héros qui n’a d’ailleurs plus rien à perdre contre la société américaine qui tente de se reconstruire. Considéré comme son meilleur rôle au cinéma (que je place également parmi l’élite de ses meilleures compositions), Rourke, qui a roulé sa bosse dans les 80’s (« 9 semaines ½ », « Angel heart »), fera un come-back surprenant dans les années 2000 : « Sin city », « The wrestler », « Expendables »... . Son adversaire chinois est campé par le jeune loup John Lone bien convaincant dans le rôle du méchant. Apprécié du cinéma, mais trop rare. En atteste sa nomination aux oscars pour « Le dernier empereur » et ce rôle-ci (!). Avec Ariane également qui apporte l’atout fraîcheur et dramatique pour sa seule incursion devant la caméra !!! Ainsi doté d’un trio totalement inédit, Rourke-Lone-Ariane, le seul second couteau qui arrive à s’imposer se nomme Raymond J. Barry (c’est le copain-policier du capitaine enragé), lui aussi dans l’un de ses premiers rôles !! Revu dans « Né un 4 juillet », « Chute libre » et « Training day » pour ne citer que ceux-là.
« L’année du dragon », c’est donc un métrage de Cimino. Au-delà de la mise en scène inventive, des morceaux de bravoure sont filmés de manière décapante, glaçante ou authentique (certaines scènes sont dignes de rester dans la mémoire collective comme le prouve le combat final entre Rourke et Lone). De même, la violence ou les dialogues crus permettent de nous immerger au sein de cette guerre contre le syndicat du crime. Le réalisateur du « Sicilien » nous invite ainsi dans le royaume décadent de la mafia chinoise et thaïlandaise, le New York des années 1970-80 dans lequel croupie la moisissure de l’American way of life : un western urbain dans toute sa décadence.
Pour conclure, « Year of the dragon »(1985) est pour toutes les raisons que je viens d’invoquer un métrage de légende et d’anthologie dans la carrière du cinéaste qui mit cinq ans à se remettre du naufrage critique et commercial de « La porte du paradis ». Ruinant l’United Artist, Cimino engagea le non moins célèbre Dino De Laurentiis pour financer son cinquième long-métrage. Producteur emblématique italien (« Riz amer », « La strada »), sa carrière est couronnée de succès : « La bataille des Ardennes », « Serpico », « Hannibal »… .
Spectateurs en manque de polars, si vous voyez Mickey Rourke,… flinguez-vous !
Accord parental souhaitable et interdit aux moins de 13 ans.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2013
Un capitaine de police arrogant, égoïste, et raciste est chargé de remettre de l'ordre dans un Chinatown rongé par le crime et les triades. "Year of the Dragon" est un polar caustique et glauque, donnant ainsi une image peu ragoûtante du quartier de New York. Le film sera même taxé de racisme à l'époque, certains critiques confondant les propos du protagoniste avec ceux du réalisateur. Pourtant, la première force du long métrage est là : il propose des personnages nuancés, charismatiques, et bien dessinés. Avec notamment d'un côté, Mickey Rourke dans l'un de ses meilleurs rôles, et face à lui un méchant froid, mais ambitieux et brutal, interprété par l'inquiétant John Lone. Par ailleurs, l'ambiance est très travaillée. On est proche d'un film noir, avec en prime de courtes scènes d'action efficaces, à la violence très graphique. "Year of the Dragon" est donc un film policier très réussi.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2015
En seulement six ans et trois films, Michael Cimino aura tutoyé les sommets et sombré dans les tréfonds d'Hollywood. Après des débuts prometteurs grâce au "Canardeur" (1974) sous l'égide de Clint Eastwood comme producteur et acteur qui avait repéré le jeune scénariste sur "Magnum Force", Cimino se lance avec "Voyage au bout de l'enfer" (1978) dans le récit biographique de trois ouvriers métallurgistes partis faire la guerre du Vietnam qui comme beaucoup d'appelés connaitront un retour au pays encombré des traumatismes subis dans le fin fond de la jungle. Le pari était risqué, le sujet étant encore tabou à l'époque. C'est le jackpot, le film multi récompensé dans les festivals est nommé neuf fois aux Oscars et récolte cinq statuettes dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Voilà, Cimino devenu l'égal des Friedkin, Coppola, Scorcese, Ashby, ou De Palma qui ont tous un background supérieur au sien. Dans la foulée celui qui est devenu le chouchou d'Hollywood embarque United Artists dans la réalisation d'une immense fresque relatant de manière romancée l'épisode de la "guerre du comté de Johnson" conflit terrien empreint des relents racistes qui accompagnèrent la privatisation des grands espaces de l'Ouest américain. Trop ambitieux et sans doute pas assez immédiatement évocateur des enjeux qu'il entend exposer, le film sera un flop. Les montages successifs ne parvinrent pas à changer la donne et la United Artists fut emportée par le fond. Dès lors, Cimino qui avait entre temps acquis la réputation de réalisateur incontrôlable et mégalomane dut en rabattre sous peine de passer rapidement au statut de paria. Autant dire que les enjeux sont très forts pour lui quand il se voit proposer "The year of the dragon" par Dino De Laurentis l'adaptation du roman éponyme de Robert Daley. Faisant appel à Mickey Rourke l'acteur qui monte qu'il avait déjà dirigé pour un rôle très court dans "Les portes du Paradis", il se montre plus prudent en choisissant d'évoquer certaines des thématiques qui lui tiennent à cœur via le véhicule plus rassurant et surtout plus vendeur du film de genre. Ce qui connaissent bien l'œuvre de Francis Ford Coppola retrouveront dans "Year of the Dragon" comme dans "Deer Hunter" et "Heaven's Gate" des emprunts à la démarche opératique du réalisateur italo-américain et plus particulièrement au "Parrain" dont Cimino reproduit la stylisation de la violence en l'électrisant de la fameuse scène du deuxième volet de la saga où Don Corleone (De Niro) exécute son premier contrat en suivant la longue procession d'une fête de voisinage dans les rues de New York. Le capitaine Stanley White (Mickey Rourke) vétéran du Vietnam est devenu un flic respecté ayant remis de l'ordre dans plusieurs quartiers au prix de méthodes parfois expéditives signes d'un trauma encore présent et d'une volonté de trouver enfin un sens à une guerre ayant conduit à l'enlisement et dont les motivations ne sont jamais apparues très claires. Sa mutation à Chinatown ne pouvait qu'accroître la sensation pour White d'être à nouveau sur le terrain de la même guerre à spoiler: la recherche cette fois d'un ennemi bien visible, un jeune mafieux ambitieux , Joey Tai (John Lone très convaincant) qui s'est choisi un parcours à la Richard III pour atteindre les sommets de la triade familiale. C'est donc une lutte à mort qui s'engage, White ne reculant devant aucun dommage collatéraux. On peut compter sur Oliver Stone scénariste aux côtés de Cimino et lui aussi ancien du Vietnam pour faire de "L'année du dragon" un ballet sanglant où les scènes choc s'entremêlent avec les moments introspectifs où White constate dépité les ravages de sa fuite en avant. C'est d'ailleurs un peu la faiblesse du film que de présenter un homme aussi bicéphale, capable de s'apitoyer sur le sort réservé par les Etats-Unis aux ouvriers chinois ayant construit le chemin de fer traversant le continent et dans l'heure suivante d'envoyer comme indicateur son jeune collègue descendant de ces mêmes ouvriers se faire massacrer dans la gueule de loup. Idem pour l'incohérence qui laisserait penser que la hiérarchie de White est à ce point laxiste face à un capitaine ayant visiblement perdu le sens de la mesure. Le final enfin est tout à fait dans le style racoleur de Stone qui juste après l'enterrement pathétique de la femme de White victime du manque de discernement de ce dernier, nous le présente ragaillardi et peut-être même assagi dans les bras de la jolie journaliste (Ariane Koizumi) autre victime de sa quête purificatrice
. Toutes ces faiblesses scénaristiques ajoutées à un manichéisme simplificateur ont valu au film d'être taxé d'un racisme primaire émanant de deux vétérans du Vietnam réglant leurs comptes par pellicule interposée. Reste un exercice de style flamboyant à prendre au second degré où Mickey Rourke et John Lone se renvoient la balle avec maestria.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2010
Le meilleur rôle de Mickey Rourke et le plus grand film de Michael Cimino, bien aidé au scénario par Oliver Stone. Du cinéma uppercut, qui ne prend pas de gants et assène ses vérités sans ménagement, tout en proposant d’innombrables séquences pleines de beauté et riches en émotions. A l’épicentre de ce séisme, Stanley White, inspecteur de la police new-yorkaise qui a juré de nettoyer Chinatown de sa mafia. Dès le début, il y va dans la provoc’ et le rentre-dedans, contre les Chinois, contre ses ronds-de-cuir de collègues, contre les médias, contre le monde entier. Pendant deux heures, c’est un festival de répliques jubilatoires, qui ont déjà fait jaser à l’époque et qui aujourd’hui, à l’aune du politiquement correct qui sévit, semblent incroyables de franc-parler : « Les Chinois, ça croît que le tripot, le racket, la corruption, c’est normal, parce que c’est vieux de mille ans. »; « Les Chinois, ils y sont toujours pour quelque chose, jamais ils y sont pour rien »; « Je l’emmerde, la retraite. C’est justement ça, le problème : dans tous les corps de police, le moindre poulet pense qu’à sa putain de pension. » ; « Tu veux savoir ce qui coule les Etats-Unis ? C’est pas l’alcool, c’est pas la drogue. C’est la télé, les médias. Je hais cette façon de faire son beurre en collant un micro sous le nez des gens. Je hais ta façon de mentir aux infos de huit heures. Je hais ta façon de tuer l’émotion vraie. Je hais tout ce merdier que tu représentes ». Et l’extraordinaire harangue aux flics du quartier avant la descente dans le club de jeux ! Qui oserait balancer des choses pareilles aujourd’hui ? White est un ancien du Vietnam, thème récurrent du cinéma de Cimino, qui inscrit « L’Année du dragon » dans la droite lignée de « Voyage au bout de l’enfer ». Pour incarner ce personnage extrême, écorché vif et dévoré par son combat au point d’y sacrifier tout son entourage et sa carrière, il fallait un grand acteur. Mickey Rourke est plus que cela. Il est génial de bout en bout, charismatique comme plus jamais il ne le sera. Il impose une dégaine inimitable, il habite chaque regard, chaque parole d’une intensité incroyable, d’un faux détachement qui n’est qu’à lui. Un numéro magistral, une classe exceptionnelle ! On en oublierait presque la superbe prestation de John Lone, la beauté d’Ariane (actrice qui, étrangement, n’a pas fait carrière par la suite), la réussite de tous les autres personnages. Et pour couronner le tout, il y a la magnifique réalisation de Cimino, nerveuse, vive, d’une beauté sombre et tragique, qui transforme ce qui pourrait n’être qu’un bon film de genre en un drame crépusculaire d’une ampleur exceptionnelle et une réflexion passionnante sur la guerre, l’engagement, la fidélité à ses valeurs, et le poids d’une volonté d’homme face à la faillite d’un système et à la démission collective. Faut-il préciser que tout ceci n’a pas pris une ride et reste éminemment d’actualité ?
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2018
Superbe mise en scène. Et même si l'ambiance du film est un peu démodé (le film est très 80's), le film accroche grâce notamment à ses personnages complexes et bien écrits. L'intrigue est assez simple mais le film ne manque pourtant pas de rebonds scenaristique. Bon moment de cinéma.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2016
Cinq ans après l'échec critique et public immérité de "La Porte du Paradis", Michael Cimino réalise un polar très personnel, avec l'aide du célèbre producteur Dino De Laurentiis, se déroulant principalement dans le quartier de Chinatown. Ce qui aurait pu être un film banal et manichéen sur un flic justicier face à de méchants chefs mafieux se révèle en fait une plongée ultra-réaliste sur le fonctionnement de Chinatown et sur l'illégalité généralisée qui tente d'être combattue par le capitaine Stanley White, incarné par un Mickey Rourke tout en ambiguïtés, à l'image d'un personnage qui peut être tout aussi tendre et romantique que dominé par son égoïsme et son jusqu'au-boutisme, qui porteront d'ailleurs des conséquences sur ses proches. Le super-flic solitaire est donc complexe, et Cimino ne fait rien pour que le spectateur soit en empathie avec lui; il nous est toujours laissée cette liberté d'interprétation face aux agissements de White et aussi devant son idéal américain, qui réclame une justice irréprochable et rapide, quitte à ne pas prendre en considération l'Histoire de son pays et le rôle qu'y ont joué les chinois : cet intérêt pour la représentation des Etats-Unis est propre à Cimino, il était déjà là dans "Voyage au bout de l'enfer" et il était surtout présent dans "La Porte du Paradis". Outre cette dimension historique, le film est aussi un polar très bien mené, qui ressert progressivement l'étau autour de son personnage principal, quelque peu desservi par des dialogues parfois répétitifs mais mis en valeur par une atmosphère singulière, incarnée par une tension continue qui éclate à travers des scènes d'une violence inouïe, qui provoquent des ruptures dans le récit afin de mieux le relancer et qui s’inscrivent d'abord dans un cadre urbain avant de déborder sur l'intime, un moyen subtil de créer une forte dramaturgie, évolutive et implacable. "L'Année du dragon" se fait donc pardonner ses quelques longueurs par sa capacité à émouvoir lors des scènes plus sentimentales et à impressionner dans des séquences s'inscrivant pleinement dans un genre parfaitement assimilé par un cinéaste dont on regrette désormais amèrement la disparition.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2010
Il est des films phares à une époque donnée qui revus après quelques décennies montrent combien le cinéma a évolué entre temps. Référence des polars des années 80, "L'année du dragon" accuse le poids des ans par une réalisation d'une mollesse maintenant surprenante pour le genre auquel il appartient. Là où des films comme "Le parrain" ou "Chinatown" - pour ne citer qu'eux - réussissent encore à nous captiver, cette réalisation de Michael Cimino fait maintenant pâle figure. C'est la différence entre les grands films et les autres, et celui-ci ne fait que confirmer que Cimino était un réalisateur d'une envergure bien modeste.
Carne
Carne

106 abonnés 1 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un film culte.
L'interprétation de Mickey Rourke est impeccable tout comme la mise en scène de Cimino qui est d'une rare violence.
Le film enchaîne des passages d'anthologie comme le meurtre du chinois, le meurtre de la femme et le final qui donnent des frissons.
A voir et à revoir sans modération.
Un film culte sans précédent.
Buzz063
Buzz063

99 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2011
Le dernier grand film de Cimino. Réalisation toujours inspirée du cinéaste qui capte magnifiquement l'atmosphère du quartier de Chinatown et scénario au cordeau porté par un personnage principal complexe et parfaitement campé par Mickey Rourke. Le héros est à la fois exemplaire dans son refus de la corruption et dans sa droiture morale et en même temps ambigu de par sa vie privée et ses penchants parfois à la limite de la xénophobie dues aux souvenirs de sa participation à la guerre du Vietnam, qu'il peine à oublier. Cela étant, Cimino ne se sert jamais du fait que son personnage est un vétéran pour l'excuser, montrant au contraire que ce statut arrange bien le personnage pour lancer ses phrases à l'emporte-pièce. C'est paradoxalement le côté chevalier blanc du personnage et son intraitabilité qui va envenimer les choses et pousser les gangs toujours plus loin dans les représailles et l'escalade de violence, Cimino portant ainsi un regard très pessimiste et fataliste sur son sujet. Si son personnage est parfois limite, le film de Cimino fait en revanche comme souvent le portrait d'une Amérique construite par vagues successives d'immigrants qui apportent chaque fois une nouvelle pierre à l'édifice. Le personnage de Rourke rappelle ainsi fièrement plusieurs fois qu'il est "polak". De même, il est aidé par plusieurs personnages d'origine asiatique qui luttent contre les triades chinoises.
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