Comédie policière écrite par le trio comique Les Nuls et réalisée par Alain Berberian, qui fait pour l'occasion ses premiers pas au cinéma derrière la caméra, La Cité De La Peur est un film hautement réjouissant. L'histoire se déroule durant le festival de Cannes où les projectionnistes d'un mauvais film d'horreur nommé Red Is Dead sont assassinés successivement par un mystérieux tueur armé d'un marteau et d'une faucille, comme dans le film. C'est alors qu'Odile Deray, l'attachée de presse du film, comprend rapidement l’intérêt de ces meurtres pour la notoriété du long-métrage. Elle fait donc venir l'acteur principal du film et engage un garde du corps, alors que le commissaire Bialès est chargé d'enquêter sur ces meurtres. Ce scénario s'avère sacrément divertissant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue sous forme de mise en abyme parodiant les films d'horreur avec brio, enchaînant les scènes variées toutes plus saugrenues les unes que les autres, certaines étant véritablement surprenantes tant elles n'ont rien à faire ici à première vue. L'humour de la bande est parfaitement retranscrit dans chaque séquence via un humour de situation et un humour de dialogues. Cela donne lieu à du grand n'importe quoi débordant de créativité dans les gags. Le ton se veut absurde et débile et c'est franchement drôle. On rit énormément et les nombreuses références à d'autres œuvres cinématographiques sont une réussite. Même l'ambiance avec son suspense ridicule est excellente. L'ensemble est porté par des personnages tous plus crétins les uns que les autres. Des rôles parfaitement interprétés avec naturel par une distribution comprenant en tête d'affiche les membres du trio que sont Alain Chabat, Chantal Lauby et Dominique Farrugia. Gérard Darmon trouve également un rôle qui lui sied à ravir. Ils sont entourés par de nombreux autres noms comme Sam Karmann, Patrick Lizana ou encore Jean-Christophe Bouvet, en plus d'avoir droit à des apparitions sympathiques de Tchéky Karyo, Jean-Pierre Bacri, Eddy Mitchell ou encore Valérie Lemercier. Tous ces individus hauts en couleur entretiennent des rapports improbables particulièrement marrants, à la faveur des incompréhensions, du non-sens et de leur faible quotient intellectuel. Des échanges servis par des dialogues absolument savoureux, devenant instantanément cultes tant ils sont bien écrits et toujours bien exprimés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère de bonne facture. Sa mise en scène est soignée et fourmille de détails comiques dans ses plans. C'est d'une grande richesse imaginative et les lieux visités sont appréciables. Ce visuel honorable est accompagné par une bande originale aux titres éclectiques s'accordant très bien avec l'action loufoque. Elle donne même lieu à une séquence musicale dansée mémorable. De surcroît, les bruitages burlesques viennent encore plus accentuer l'effet comique de certaines situations. Reste une fin satisfaisante venant ainsi mettre un terme à La Cité De La Peur qui, en conclusion, est un long-métrage à découvrir absolument tant il fait passer un très, très bon moment.