Dénigré par beaucoup, il faut replacer ce "Géronimo" à sa véritable place. Il semble ici que Walter Hill ait essayé de retrouver le souffle des grands westerns des années 40, mais en donnant un point de vue plus objectif sur les Indiens. C'est à la fois réussi et raté, dans la mesure ou Hill réussit en effet un film beaucoup plus nuancé que pouvait l'être les westerns de cette époque, mais se focalise paradoxalement trop d'un point de vue américain, ne laissant ainsi pas assez la place à la culture indienne dans son long métrage. De plus, les personnages américains sont un peu trop marqués et manquent de subtilité, à l'exception peut-être de celui de Robert Duvall et cela malgré une bonne interprétation de l'ensemble des acteurs. D'un point de vue purement cinémtographique, l'oeuvre sait quant à elle se faire assez plaisante et enrichissante, soutenu par quelques très belles qualités, notamment la musique de Ry Cooder. Hélas, même si l'oeuvre s'avère très soignée et que les combats sont assez réussis, il manque véritablement cette force épique, ce souffle presque romanesque que Ford réussissait si bien à trouver, si bien que l'oeuvre manque un peu de grandeur et ne restera ainsi pas autant dans les mémoires qu'elle aurait pu. Cela dit, l'ensemble n'a vraiment rien de déshonorant et "Géronimo" mérite au moins d'être vu une fois, surtout si l'on ne connait pas très bien cette page de l'Ouest Américain.
Un très grand western sur un figure mythique de l'ouest américain : Géronimo. La reconstruction historique est habilement dirigée, les acteurs épatants (Wes Study est sculptural à souhait), la mise en scène dynamique... bref, un très grand western qui nous laisse sceptique quant aux origines des USA.
Il ne faut pas comparer ce film à des westerns plus anciens, plus proches de l’art cinématographique que de la vérité historique. Walter Hill n’est pas Ford et il est le premier à le savoir ; aussi traite t-il son sujet autrement. Il en fait un documentaire et utilise raisonnablement les procédés à la mode dans les années 90. Comme le thème est sans doute le plus important qui soit, il prend son temps pour bien nous faire comprendre les raisons différentes qui poussent chaque personnage à agir. Le résultat est magnifique, on en sort édifié particulièrement les spectatrices qui y découvrent la nature des hommes. Certes, Géronimo est un sauvage mais comment faut-il qualifier ses ennemis ? C’est à chacun de nous d’y répondre. Quelques scènes d’actions imaginaires classiques parsèment le film, afin de nous permettre nous détendre. Je retiendrai le superbe combat entre un chiricahua illuminé et Gatewood. Les chevaux y jouent un rôle comparable à ceux des tournois du moyen âge. Tous les acteurs sont excellents en particulier Duval et Patric et c’est un plaisir que de découvrir comme narrateur Marc Damon à ses débuts. La lenteur du film est une nécessité qui permet à chacun de nous de réfléchir profondément aux évènements passés et à ceux d’aujourd’hui dans d’autres pays que la France. Ce film se regarde comme un témoignage, ce n’est en aucun cas un film d’aventures conçu pour nous distraire. Il est indispensable de le savoir pour l’apprécier.
Le temps fait parfois bien les choses. Découvrir le Geronimo de Walter Hill après Hostiles de Scott Cooper révèle à la fois la paternité revendiquée par ce dernier, prolongeant la reddition de l’Indien ennemi sous la forme d’un retour à la terre natale de laquelle il fut chassé – et cette chasse n’est autre que celle orchestrée par le long métrage de 1993 –, ainsi que l’humanisme d’un récit mettant en scène les exactions des deux camps en présence pour mieux chanter une paix qui n’est possible que dans l’au-delà. Geronimo pose les bases esthétiques d’Hostiles : une mélancolie générale qui se heurte à des scènes de sauvagerie, un lent crépuscule teinté de déceptions, la peinture d’une humanité fantomatique dont la soif de vengeance s’avère insatiable et stérile, comme en témoigne le guerrier apache en clausule, dans une séquence de dialogue que reprendra, presque à l’identique, Scott Cooper. Notons que Wes Studi assure la transition entre les deux. Ce qui frappe dans le western de Walter Hill, c’est que les combats ne constituent pas le cœur des préoccupations ; ils sont d’ailleurs filmés de façon interne, les plans donnant l’impression d’avoir été captés au milieu de la mêlée dans laquelle s’affrontent pêle-mêle amis et ennemis. L’essentiel se joue ailleurs, dans les discussions entre les peuples et en leur sein qui doivent organiser la paix entre eux, mais dont chaque proposition se voit aussitôt soldée par un échec sanglant. Le cinéaste recourt à de nombreux gros plans sur les visages de ses acteurs : il scrute leur regard, fait parler pupille et iris, invente une communication non-verbale qui dit tout, soit la position de spectateur de personnages n’ayant aucune prise sur un affrontement racial de nature politique et bureaucratique – les ordres viennent d’en haut, les gradés se suivent et se ressemblent, unis par le service rendu à la nation et l’uniforme. La terre indienne devient un lieu de passage : on y stocke des garnisons, on y tue, on y traque celles et ceux qui refusent de se plier aux lois imposées par le gouvernement américain. Aussi les protagonistes principaux apparaissent-ils tels des gardiens d’une mémoire territoriale, ils sont ceux qui connaissent la terre et son histoire, qui s’entretiennent avec les autres peuples de manière ou compatissante ou autoritaire. Ils sont autant d’avatars de ce « rêveur », chamane fusillé pour avoir prédit la trahison de l’homme blanc. Même Al Sieber, dont l’hostilité à l’égard des Apaches est explicite, éprouve du respect pour des ennemis qui, en d’autres circonstances, auraient pu lui être chers. En d’autres termes, Geronimo pense ses personnages comme des pions animés par des forces supérieures, une force politique, vindicative, religieuse ; il peint la disparition d’un mode de vie vieux de plus d’un millénaire comme une trahison étendue à tous ses acteurs, peu importe le camp qu’ils défendent ; il atteste la fin d’un genre, le western, qui semble s’éteindre avec les derniers mots du chef rebelle, « mon temps est terminé ». Un immense film, à réévaluer d’urgence.
c'est l'un de mes films préférés et qui m'as fais vraiment aimé les westerns je vois beaucoup de critique sur sa lenteur mais moi elle m'apaise j'aime a chaque fois connaître de nouveau cette histoire et revoir ce guerrier apashe si charismatique souvent j'essaie de voir si ça concorde avec le roman de sauerwein et c'est le cas bref j'aime inconditionnellement ce film
Artistiquement parlant ce n’est pas un mauvais film. Ce Geronimo profite d’une belle photo, d’un bon découpage et d’une troupe d’acteur concernée. Il est en revanche beaucoup plus discutable sur ce qu’il nous raconte. Car non content d’évoquer l’anéantissement des des indiens d’Amérique de manière très édulcorée, il montre le personnage de Geronimo du point de vu des hommes blancs. Du coup on a pas une meilleure compréhension de ce personnage mais juste une sorte d’image d’Epinal fausse et inintéressante. C’est vraiment une impression de gâchis de la part de Walter Hill qui se fait prendre au piège du Western à l’ancienne alors que c’était la l’occasion d’offrir une vision plus moderne et novatrice; dommage.
"Geronimo" est un western de 1993, un peu tombé dans les oubliettes et mal-aimé, qu'il convient pourtant de réhabiliter. On suit le destin du chef Apache entre ses deux redditions (1984 et 1986). La narration est fluide, pédagogique et plaisante. Le point de vue se place le plus souvent du côté des blancs, un défaut dans le sens où la personnalité profonde de Geronimo nous échappe. D'une tonalité généralement très classique, certaines séquences apportent également une mélancolie touchante (c'est la fin d'un monde et une page de l'histoire qui se tourne). Côté casting, Matt Damon semble un peu tendre. Wes Studi est convaincant bien que sous-employé. Mais ce sont bien les vétérans qui emportent le morceau : Gene Hackman et Robert Duvall, ce dernier interprétant à la perfection le mercenaire Al Sieber, le personnage le plus ambigu du film, et donc le plus passionnant.
Un western historique sur le traitement réservé aux Apaches (et Indien en général) et sur la personnalité de Geronimo. Niveau mise en scène et scénario pas de surprise, c'est bien fait mais conventionnel. par contre le casting est plutôt de qualité.
L'armée contre Géronimo incarné par l ' excellent Wes Studi dans ce western aux paysages arides et magnifiques . Deux grands acteurs dans ce film Gene Hackman et Robert Duvall et le tout jeune Matt Damon ainsi que Jason Patrick . Un film simple et efficace , seul souci la non traduction du langage apache .
Une page de l'histoire américaine mise en avant avec une belle distribution et une belle interprétation. Des paysages magnifiques. J'aime ce film qui aborde un sujet important.
Le célèbre guerrier apache (qui n'était pas chef mais chamane) dans un western qui donne une version très proche de la réalité historique. Mais on est déçu rapidement car il ne s'agit nullement d'un biopic mais l'histoire des dernières années de combats de Geronimo vu par l'oeil d'un jeune lieutenant qui voit surtout l'histoire de son point de vue et de celui de son supérieur qu'il admire. Peu de Géronimo au final malgré un Wes Studi impeccable. Un casting impressionnant (Gene Hackman et Robert Duvall surtout) et un duo Milius-Hill aux commandes ne sauvent pas le film. Loin d'être un navet il s'agit avant tout d'une sorte de témoignage d'un soldat qui a croisé un temps soit peu Géronimo lors de ses débuts. Dommage car les scènes de combats sont très réussis mais le plaisir reste limité.