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CH1218
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4,0
Publiée le 25 août 2024
Le voyeurisme est au centre de ce grand classique d’Alfred Hitchcock au décor unique, plaçant le spectateur dans la même position que celle de James Stewart. Malgré quelques longueurs, la mise en scène est parfaitement maîtrisée et les 15 dernières minutes rattrapent bien le décollage tardif du suspense.
De tous les Hitchcock que j'ai vus (j'admets qu'il n'y en a pas nécessairement autant que je le voudrais) c'est bien celui-là mon préféré. On y retrouve tout ce qui fait le succès des autres mais avec une intrigue peut être encore plus machiavélique par sa simplicité même et son originalité puisqu'il prend complètement le spectateur à rebrousse poil en renversant les codes du genre: la question n'est pas qui a commis le meurtre, ni même comment, mais y a-t-il eu meurtre -et c'est diabolique! On retrouve également le même sentiment de modernité, notemment au niveau des dialogues pleins de piquant et d'ironie, qui m'impressionne toujours autant dans les films du monsieur et bien sûr la mise en scène est virtuose: ce qu'il parvient à faire en terme de dynamisme avec de telles contraintes (puisque tout -ou presque- se déroule du point de vue de James Stewart cloué dans un fauteuil) est tout bonnement impressionnant; spoiler: quant à cette scène où le pauvre James Stewart attend piégé dans le noir l'arrivée de Thorwald (je n'avais même pas reconnu Raymond Burr tiens!): tout simplement viscérale . Enfin faut-il encore insister sur le couple de légendes qu'il met en scène? James Stewart et Grace Kelly, tout est dit! Chef d'oeuvre.
Sur un scénario tiré d'un roman de Cornell Woolrich (alias William Irish). Réflexion voyeuriste sur l'amour et le cinéma. Comme le note François Truffaut dans son célèbre receuil d'entretiens, tous les voisins qu'observe James Stewart ont pour point commun l'amour : couple qui se dispute, jeunes mariés qui passent leurs journées au lit, ménage sans enfant qui a reporté son amour sur un chien, danseuse qui s'exhibe et que les hommes désirent... Le tout renvoie James Stewart, immobilisé à la suite d'une fracture de la jambe, à son problème : épousera-t-il ou non Grace Kelly, qui ne demande que ça, mais qu'il craint. Sa position d'observateur immobile d'un crime est bien celle du cinéphile : en multipliant les cadres - rectangulaires (comme les fenêtres), ronds (comme les jumelles ou objectifs photographiques) -, la mise en scène construit une série de mise en abyme. Le voyeurisme - et l'impuissance qu'il suggère - constitue un exutoire fantasmatique du désir. Sous le polar, d'une maîtrise absolue, se cache une fois de plus les obséssions psychanalytiques de Hitchcock aux prises avec sa libido.
Alfred Hitchcock est au summum de son Art avec Fenêtre sur cour (1955) où il nous prouve ici et comme toujours qu’il est bien celui que l’on surnomme tous, le « maître du suspens ». Tout commence par un sublime plan séquence sur la vie de Jeff Jeffries, photographe professionnel, qui lors d’une course de voitures se retrouve la jambe dans le plâtre et cloué dans un fauteuil roulant. Ne pouvant plus travailler, il n’aura pour seul passe-temps, scotché à sa fenêtre, d’espionner ses nombreux voisins. Chacun y mène une vie différente, drôle, surprenante. Les jours se suivent et se ressemblent pour Jeff, jusqu’au jour où il suspecte l’un de ses voisins d’avoir assassiné sa femme. Sans preuve matérielle et ne pouvant se déplacer de chez lui, il va devoir parvenir à convaincre Lisa, sa petite amie, que ce qu’il affirme est bien la triste vérité. C’est alors qu’ils décident tous deux de mener l’enquête, afin d’éclaircir cette sombre histoire. Ce qu’il y a d’épatant ici, c’est que le film a été entièrement été tourné en studio (les décors sont si réels). Les deux interprètes principaux sont envoûtants, que ce soit James Stewart (L'Homme qui en savait trop - 1956) ou Grace Kelly (La Main au collet - 1955). A travers ce machiavélique polar où le voyeurisme prime avant tout, Hitchcock nous séduit du début à la fin !
Un peu mou à mon sens, un rythme assez décousu mais qui prend toute son importance sur la toute fin. Hormis cela et un montage moins actuel (longueurs et dénouement attendu) je n'ai rien à redire sur ce film. Le suspens est très bien géré, l'histoire est originale et bonne, la musique joue son rôle, la critique sous jacente du voyeurisme sert le scénario sans moralisation exacerbée, le huis clos s'insère bien dans l'ambiance et rajoute au suspens avec la proximité du tueur. Si on rajoute que les acteurs et les dialogues sont vraiment très bons on obtient un thriller efficace et sympa à ne pas louper.
Mon premier Hitchcock et j'ai adoré... Un même lieu et une telle simplicité peut mener à une histoire et un suspens fou si il est bien pensé. Un grand film...
On peut prendre le problème dans tous les sens, pour qui doit faire un tiercé des meilleurs films d'Hitchcock, Fenêtre sur cour est forcément dedans... La plus éblouissante démonstration qui soit autour de la thématique du voyeurisme, de ses effets secondaires sur la capacité humaine d'action et de décision (en amour comme au coeur d'une enquête policière). Car ce personnage principal immobilisé n'est pas seulement la mise en abyme de la position du spectateur qui est la nôtre, c'est aussi l'incarnation d'une dépendance physique, de l'impuissance d'un spectateur de sa propre vie qui se drogue à celle des autres.... Un film visionnaire en ce qu'il préfigure notre société actuelle, entièrement dédiée au culte de l'image si bien promue par l'avilissant royaume tout puissant de la télé.
Un classique immortel de Alfred Hitchcock."Fenêtre sur cour" était d'une incroyable modernité en 1954,et il l'est encore aujourd'hui.Jeffries,photo-reporter,cloué sur une chaise roulante,se met à espionner ses voisins par la fenêtre.Une activité pour passer le temps qui devient vite une obsession lorsqu'il croit avoir assisté à un meurtre.Imparable,le scénario épingle sans appel le voyeurisme,forme interdite de rentrée dans l'intimité des gens.Mais ici,la fascination l'emporte devant ce microcosme en perpétuel mouvement.Jeffries surveille ses nombreux voisins,ayant tous des histoires de coeur contrariées.Il en oublie la présence charnelle de la magnifique Lisa(Grace Kelly,princière,héroïne hitchcockienne par excellence),qui ne demande qu'à être aimée en retour.Le spectateur est aussi obsédé que peut l'être James Stewart.Encore une fois,Hitchcock malmène le physique vulnérable de Stewart,son acteur fétiche de l'après-guerre.Les dialogues sont particulièrement grivois pour l'époque.Le décor des 32 appartements a été intégralement reconstitué en studio.Un tour de force.Ce huis-clos semble un peu statique de prime abord,mais il représente surtout une impeccable percée dans les fantasmes et vicissitudes humaines,dont les actes se retournent parfois contre eux.Bel ouvrage.
Un synopsis minimaliste mais un suspense qui atteint des sommets, une intrigue extrêmement maline et prenante, un thriller en forme d'exercice de style très réussi. James Stewart et Grace Kelly sont très bons. Une acclamation de la critique pleinement justifiée ou comment faire un chef d'œuvre avec un minimum de décors et un maximum d'inventivité.
C'est un des chefs-d'oeuvre du maître. On a déjà tout dit à son sujet, notamment du point de vue technique avec un espace utilisé plus que restreint. Il s'agit en plus d'une formidable métaphore de la vie humaine avec tous les caractères possibles épluchés à la pelle. Non, ce ne sont pas des clichés mais de superbes représentations de la vie américaine des années 50, magistralement mis en scène sans dialogues inutiles. Ajoutez à cela une dose de suspense assez exceptionnelle et vous obtenez un des plus grands thrillers jamais tournés. Sans oublier bien sûr le duo mythique Stewart-Kelly, qui fait des étincelles en matière de sensualité et d'érotisme. "Fenêtre sur Cour" est une oeuvre tellement complète qu'il faut des dizaines de visions pour la comprendre. C'est peut-être ce côté innaccessible dont seul son auteur a le secret qui la rend encore plus fascinante. C'est une des perles du cinéma!
Ce huis clos sur le thème du voyeurisme est passionnant de bout en bout. Le spectateur va suivre le film comme le personnage de James Stewart, c'est-à-dire uniquement de sa chambre. Ce personnage est cloué chez lui avec une jambe dans le plâtre, ce qui donnera quelques excellentes scènes riches en tensions. James Stewart est comme toujours convaincant, il signe ici l'un de ses plus grands rôles et c'est la même chose pour la superbe Grace Kelly qui est aussi bonne actrice qu'elle est charismatique (carrière stoppée bien trop tôt !). Des acteurs au sommet, une mise en scène parfaite, beaucoup d'humour, du suspens, bref un chef-d'œuvre et l'un des plus grands films d'Alfred Hitchcock.
Le maître du suspense ne porte pas son sobriquet par hasard. Car pendant près de deux heures, il ne filme l'action que d'un endroit fixe: l'appartement duquel James Stewart observe, espionne ses voisins. De par ce procédé, le cinéaste anglais réalise deux choses. De une, il nous projette totalement dans le film en nous posant dans la chambre du héros (et le cinéma, n'est-ce pas quelque part du voyeurisme, une façon de se projeter en tant que spectateur invisible et omniscient dans un cadre que l'on détaille hypocritement avec une satisfaction personnelle, en fin de compte un reflet de nos désirs?), formidablement incarné par James Stewart, et de deux il nous tient prisonnier de ce cadre renfermé, dans un huis-clos captivant et qui met les nerfs à rude épreuve. Impressionnant techniquement, ça c'est la marque de fabrique de Sir Alfred. Mais cette fois, il va au-delà du simple divertissement pour tirer une fable sur le voyeurisme banal. Le résultat n'en est que plus fort et efficace.
En générale on trouve les films vieux assez ennuyeux mais pour le coup je trouve ce film juste parfait. L'intrigue est vraiment bien ficelée et James Stewart et Grace Kelly sont juste excellents. Alfred Hitchcock signe là un de ses meilleurs films et pour ma part on a affaire à un chef-d'oeuvre. Dans sa réalisation ce film en a inspiré beaucoup d'autre. Bref je conseille ce film à tout le monde. 5/5
Hitchcock est un grand réalisateur et son nom suffit à influencer les spectateurs. Car franchement, ce film n'est pas un chef d'oeuvre dans sa filmographie. Il a trop de défauts, trop d'incohérences et il devient ennuyeux parce que le suspense n'est pas au rendez-vous. Pour sa défense, il a été réalisé en 1954. S'il était proposé aujourd'hui dans une salle, nul doute qu'il ne ferait pas un carton.