À travers le regard porté sur la fabrication d’une oeuvre, Gilles Thomat s’intéresse à ce moment fragile, intime, où rien n’est encore figé, où l’oeuvre est en devenir. Le « work in progress » devient ici l’espace central de son travail. « Ce qui m’anime, c’est la volonté de regarder. Discrètement, honnêtement. De filmer le travail, l’action, le souffle de l’artiste, sans artifice. D’entrer dans une intimité silencieuse, là où naît l’oeuvre, dans sa matérialité, sa lenteur, ses hésitations. » Son approche repose sur une relation de confiance avec les artistes (Marc Désarme, Jin Bo, Stephen Marsden). qu’il filme et cela donne naissance à une construction mutuelle : le film n’est pas un portrait imposé, c’est une oeuvre qui se co-construit, dans l’échange, dans la résonance. Ce projet est profondément humain. Il repose sur une relation forte entre filmeur et filmé, une forme de complicité simple, presque amicale, loin des enjeux institutionnels. « Je donne beaucoup dans cette relation, et je reçois tout autant ».