Endeuillée, Anaïs Enshaïan a directement eu envie de faire un film. Un film en forme d’hommage, de témoignage et d’histoire de celle qui l’a vu grandir et qui l’a fait grandir : sa mère Marie-Christine. Cette dernière était une restauratrice d’art de grande renommée, elle a restauré des collections extrêmement célèbres et importantes du début du 20ème siècle telles que des oeuvres des grandissimes Picasso et Goya, pour ne citer qu’eux. Sa fille, en faisant ce long-métrage documentaire, nous offre d’abord la chance de découvrir un milieu, un artisanat peu exploité au cinéma et peu connu de manière générale.. Ensuite, ce sont les autres et notamment ses collaborateurs qui parlent de Marie-Christine et des problématiques induites par l’exercice de ce métier : la peur d’abîmer l’oeuvre par inexpérience, la nécessité de connaître la manière de réagir de la matière, la contrainte de « ne pas faire de miracles, mais de faire de belles choses ». La restauration en tant que tel, la restauration d’une âme écornée par la vie et la perte de sa mère ; c’est cette double trajectoire que nous propose d’emprunter Restaurée.