Je ne m’attarderai pas sur la critique technique ni sur la réalisation de ce navet, qui enchaîne les scènes comme on enfile des perles, avec un mépris total pour la cohérence, la vraisemblance et, accessoirement, l’intelligence du spectateur.
Le plus choquant n’est pas dans cet extrême simplisme narratif. Il se situe dans le fond même de l’histoire, qui semble considérer comme un happy ending hollywoodien le fait de
tuer l’homme que l’enfant tient pour son père, puis de l’arracher brutalement à ce qu’il pense être sa famille
. À aucun moment le scénario ne semble véritablement s’interroger sur le bien de l’enfant. Tout est centré sur la volonté monomaniaque d’un père biologique lancé dans une quête personnelle, manifestement peu soucieux des conséquences psychologiques de son petit projet.
Il y avait pourtant matière à explorer une question autrement plus complexe : celle des liens entre un enfant, son père biologique — dont il n’a aucun souvenir — et l’homme qu’il considère, lui, comme son véritable père. Autrement dit, toute la problématique des enfants adoptés, déplacés ou arrachés à leur histoire affective, traitée ici à la va-vite, sans nuance ni profondeur.
À la fin de la saison, on en vient même à se demander si l’enfant n’était pas mieux avant, plutôt que contraint de réintégrer un cercle familial qui lui est, en réalité, totalement étranger. Le scénario présente ce retour comme une réparation, alors qu’il ressemble surtout à une nouvelle violence exercé à l'endroit du petit garçon.
On aurait pourtant pu imaginer une fin bien plus crédible et surtout plus belle : celle d’un père biologique renonçant à sa propre quête pour préserver le bonheur réel de l’enfant. Un renoncement qui aurait témoigné d’un amour paternel profond et sincère : accepter sa propre souffrance, sa perte symbolique, pour ne pas détruire l’équilibre affectif de celui qu’il prétend aimer.
Mais visiblement, ce n’est pas sur Netflix que l’on vient chercher la nuance. À la place, on nous sert une morale simpliste et profondément discutable.
Bref : pitoyable et immoral.