Atypique et comique, cette série SF est assez réussie grâce à l'environnement de la ville enneigée, aux différents mystères et enquêtes proposées, ainsi qu'à ce personnage venu d'ailleurs qui est un peu froid et maladroit, logique et sarcastique, tout en étant touchant et attachant, et servant, dans son apprentissage constant des coutumes locales, une critique acerbe sur les codes social et moral de l'humanité.
Accompagné par une panoplie de personnages secondaires, qui ont tous leur personnalité, leur particularité, jouant beaucoup sur les dynamiques en binôme, et menant quelques dialogues d'humour noir et grinçant parfois bien savoureux.
La conclusion permet en grande partie la résolution de tout ce qui avait été initié, par l'évolution intérieure des valeurs, d'une contamination inversée de son successeur, et d'une réconciliation, d'une transformation de chacun vers l'idée de rassembler, protéger, plutôt que d'être séparé, tué ou isolé.
Néanmoins, et ce malgré le talent de l'acteur qui joue Harry, cet ami qui nous veut du bien, on peut avoir l'impression que ça tourne en rond, tantôt agaçant et ennuyant, tantôt surjoué et forcé, ou pas assez inspiré et développé. Le récit peut avoir tendance à s'essouffler, sans nouveauté, avec des intrigues mises de côté, ou carrément oubliées.
Bien que la série soit séduisante et piquante avec de bonnes idées générales, les saisons ne sont pas égales, avec des arcs qui dérivent sur des conflits conjugaux et familiaux un peu trop caricaturaux, trop similaires à ceux que l'on connait, ainsi que des enjeux relationnels parfois inutiles et futiles, et comme beaucoup d'autres productions, celle-ci n'a pas échappé à l'intrusion du cahier des charges actuel, où toutes les femmes sont innocentes et victimes des méchants hommes.
On ne peut toutefois pas critiquer totalement ces aspects-là pour la série, puisqu'on ne peut ignorer que Harry, à l'image de Sheldon Cooper, représente une forme d'autisme et de sincérité forcée, faisant de lui l'incarnation de la différence, de l'immigration et de l'adaptation, avec l'apprentissage du langage, et cette obligation de se camoufler pour s'intégrer, devenant le miroir des songes et des mensonges des hommes et des spectateurs, faite de préjugés, de pensée étriquée, où seule la nature intuitive et ouverte des enfants leur permet d'accéder à une vérité que l'adulte ne percevra qu'après un long voyage.
Le héros agit comme la révélation de l'aliénation, dont la ville de la Patience nous permet d'entrevoir ce qu'il faudrait en termes de temps et de rythme, pour comprendre l'étranger, et sa propre étrangeté, pour l'accepter, et enfin se libérer.
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