À première vue, Sirens pourrait passer pour une chronique mondaine sur la haute société et ses coups bas. Pourtant, la série explore en profondeur un thème bien plus subtil : que devient une femme qui n’a jamais appris à exister par elle-même ? C’est la trajectoire fascinante de Simone (Milly Alcock), jeune assistante loyale au passé douloureux, qui se transforme peu à peu… en sirène.
Car “Sirens” n’est pas qu’un joli mot. C’est un archétype. Dans la mythologie, les sirènes attirent les marins avec leur chant envoûtant, les détournant de leur cap. Dans la série, les femmes – Simone, Kiki, même Devon – sont vues comme séduisantes, insaisissables, parfois dangereuses. Mais la série inverse le mythe : ces sirènes-là ne séduisent pas pour dominer, mais pour survivre. Simone, en particulier, s’accroche à l’image que les autres veulent d’elle, jusqu’à en perdre son propre reflet.
Le retournement final,
où elle prend la place de Kiki, pourrait passer pour une trahison. En réalité, c’est l’ultime chant d’une femme qui n’a plus d’ancrage, plus d’autre choix que de devenir celle qu’on attend d’elle. On ne sait plus si elle gagne… ou si elle se noie.
Sirens séduit là où on ne l’attend pas : par sa capacité à raconter la douleur de celles qui brillent… pour ne pas sombrer.
Une série à voir pour ses performances, ses non-dits, et sa réflexion dérangeante sur le prix de l’image. Pas un chef-d’œuvre, mais un miroir troublant.