Saison I :
Une série médicale exemplaire, digne héritière d'« Urgences » (pour moi c’est comme une sorte de suite , car ce pourrait très bien être la suite des aventures du Dr Carte qui au début d’urgences débutait comme externe en médecine, et quittait la série après la fin de la 11e saison, peu de temps après avoir été nommé titulaire enseignant de l'hôpital. On imagine parfaitement que 17 ans plus tard il aurait pu devenir médecin chef dans un hôpital de Pittsburgh. Les scénaristes lui ont donné un autre nom mais je ne dois pas être le seul à avoir cette impression.
Noah Wyle confère à son personnage profondeur et charisme, contrebalançant le chaos par des moments de vulnérabilité. Autour de lui, l'équipe médicale est confrontée à des dilemmes éthiques, des cas critiques et un système de santé qui, loin de les aider, semble les entraver. C'est un homme fatigué, épuisé, qui trouve néanmoins la force de continuer car son métier est de soigner les autres.
Dès le premier épisode la série parvient à saisir l'essence même d'une équipe médicale et du système de santé américain (celui des personnes les moins fortunées).
Dans The Pitt, des patients meurent, il y a du sang, des gros plans insoutenables, des patients hystériques qui envoient les médecins au diable, et et une gestionnaire qui affirme sans vergogne que l'équilibre des comptes passe avant tout.
On est bluffé par la façon dont tout ça est filmé : une équipe de tournage entière dans une seule salle d'urgences ouverte, avec plein d'acteurs principaux et secondaires, et des sujets médicaux, scientifiques et techniques complexes abordés. C'est vraiment impressionnant.
La série se démarque par un rythme nerveux et haletant avec son concept croisant Urgences et 24 Chrono.. Il n’y a absolument aucun temps mort.
C'est une immersion sans répit dans le quotidien d'un service d'urgences. Les patients se succèdent, chacun avec un problème allant du plus grave au plus bénin, et à chaque fois, les médecins sont au sommet de leur art.
La relation entre les médecins titulaires et les étudiants qu'ils encadrent est touchante. Chaque cas est spectaculaire. Leur façon d'analyser, de traiter et de résoudre le problème en quelques secondes est tout simplement remarquable.
Et puis, il y a la qualité du travail de chaque acteur : Les médecins, les infirmières, les aides-soignants, les étudiants et… les patients.
Dès les premiers épisodes, on apprend à connaître les personnages et leurs particularités, ce qui enrichit considérablement la série qui est aussi empreinte d'humanité et de respect.
Bien que le contexte de la série soit clairement dramatique, elle comporte également de petites touches d'humour, comme un personnage constamment aspergé de divers fluides (corporels ou autres), le fait de voir des chiens et des rats courir dans la salle d'urgence d'un hôpital, ou le jeu de mots pour désigner la salle d'urgence comme la fosse ou le gouffre (Pit, en anglais), un humour noir pur.
Certains épisodes resteront gravés dans l'histoire de la télévision car il est impossible de mieux combiner un scénario avec un montage impeccable, des dizaines de performances fantastiques (médecins et patients), un rythme sans égal, un thème technique d'une telle complexité, et de vous laisser les larmes aux yeux sans pour autant trop en faire dans le mélo.
Je note que des gens peut-être plus au courant que moi du système médical des hôpitaux américains émettent des réserves sur plusieurs points : la présence des proches aux côtés de leur proche qui sont en train de se faire opérer (étonnant en effet!), les trois « novices », deux étudiants en médecine de troisième et quatrième année et une jeune diplômée qui commence son internat, qui dès leur première journée ne vont pas arrêter de pratiquer des interventions exceptionnelles.
Une fois qu'on accepte qu'il s'agit d'une œuvre de fiction et que certaines choses seront incompréhensibles, c'est en réalité très, très prenante.
En fait, c'est l'une des meilleures choses que j'ai vues en 2025. .