Quelle énergie !
Sherlock n'est pas encore le détective que l'on connaît en cette époque Victorienne. À 19 ans, il est espiègle et gaffeur, souvent couvert par sa famille d'aristocrates dont les moyens financiers et les relations s'étendent jusqu'en haut lieu. Cela dit, on perçoit déjà chez lui un talent pour le décryptage des indices grâce à une observation aiguisée. Sa particularité est de pouvoir se projeter au cœur d'une scène clé du passé, comme s'il y avait réellement été présent.
Si l'attention est focalisée principalement sur Sherlock Holmes et son jeune acolyte James Moriarty, l'intrigue repose aussi sur une mystérieuse série de meurtres au cœur de l’Université d’Oxford. Entraînés malgré eux dans cette affaire, ils vont devoir mener l'enquête pour prouver leur innocence. Le style est jeune et dynamique, à l'image des protagonistes de cette série. L’enquête n’est jamais ennuyeuse et j’ai régulièrement noté une pointe d'humour "à l'anglaise".
À partir du cinquième épisode, l'histoire prend un nouveau virage en recentrant l'intrigue sur une menace chimique et sur la famille Holmes au complet. L'ambiance change radicalement, devenant un peu plus sombre sans rien perdre de son dynamisme.
Qu’en ai-je pensé ? Que du bien.
On le doit peut-être en grande partie à son réalisateur, Guy Ritchie, que l’on ne présente plus. Il n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, après ses deux films adaptés du célèbre détective (2009 et 2011).
La liste des éloges pour cette série est longue.
La progression est bien dosée : chaque épisode lève un voile sur le secret, ce qui permet de maintenir une tension permanente sans lasser le spectateur. Pour garantir cela, il faut un scénario riche en événements et en rebondissements, et c'est bien le cas ici : on ne s'ennuie pas une seconde. L'ensemble est très bien écrit, complexe, original et créatif. Les dialogues, notamment, sont très affûtés.
J’ai noté peu de facilités scénaristiques. Tout est bien pensé et mis en scène avec un soin particulier pour rendre l'histoire crédible. J’apprécie ce point.
La photographie, les costumes et les décors d'époque (l'action se situe en 1871) sont particulièrement réussis. C’est franchement immersif, voire de toute beauté. L’esthétique des images est remarquable et très authentique. Entre Londres et Constantinople, on voyage beaucoup.
Le résultat à l’écran est peu violent et donc accessible à un large public. C’est tant mieux si l’on cherche une histoire agréable, sans massacres ni horreur au programme.
Je me dois malgré tout de noter quelques petits reproches, mais rien de rédhibitoire à mes yeux.
Tout va vite, porté par une énergie débordante. Ce rythme effréné apporte beaucoup d'action, mais impose aussi des dialogues à l'élocution rapide. Cela qui demande une attention particulière pour ne pas louper une information essentielle.
Comme mentionné plus haut, j’ai relevé quelques facilités scénaristiques pour garantir ce rythme soutenu, mais elles restent en quantité négligeable, ce qui est à saluer.
On peut aussi avoir, par moments, l'impression que le jeune duo d'enquêteurs en fait un peu trop, "surjouant" pour épater la galerie. Là encore, c’est probablement dû au style des romans "Young Sherlock Holmes" d’Andrew Lane.
Pour conclure, j’ai passé un excellent moment. Le style est audacieux et entreprenant. L’intrigue est complexe, soignée et possède de vraies allures de film d’aventure. Enfin, j'en ai pas encore parlé mais les acteurs sont très convaincants. Une excellente surprise que je recommande !