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Birth of a Nation, 12 Years a Slave... Quand l'Amérique regarde son Histoire en face
Par Olivier Pallaruelo (@Olivepal) — 9 janv. 2017 à 19:00
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Après "12 Years a Slave", "Birth of a Nation" tend à nouveau le miroir d'une Amérique hantée par son passé. Une Histoire éminemment douloureuse que le pays, dans un mélange de honte et de culpabilité, n'a pas fini de solder. Au contraire même.

Fin décembre 2012, Etats-Unis. Le Django Unchained de Tarantino déboule sur les écrans avec fracas. Et entraîne bien malgré lui dans son sillage une polémique dont le réalisateur se serait volontiers passé. Motif ? Certains -le réalisateur Spike Lee en tête- contestent à l’œuvre de Q.T. le traitement qu’il accorde à l’esclavage dans son film, et en particulier l’usage du mot "Nigger". "Je n’irai pas voir le film, par respect pour mes ancêtres !" fulminait le réalisateur de Malcolm X.

Une polémique quelque peu stérile et finalement retombée assez rapidement. Déjà parce que Spike Lee est très loin de se faire le porte-parole de 33 millions de Noirs américains, qui ne partagent pas tous, loin s’en faut, ses convictions. Ensuite parce que le réalisateur réagissait comme s’il ne reconnaissait pas le droit à des metteurs en scène non noirs de traiter ou même d’évoquer le sujet de l’esclavagisme. Chez Spike Lee, ce thème éminemment politique et culturel est si profondément ancré en lui qu’il a même baptisé sa société de production 40 Acres And a Mule. Soit la promesse d'indemnisation faite aux esclaves afro-américains libérés après la Guerre de Sécession : 40 acres (16 hectares) de terre à cultiver, et une mule pour traîner une charrue…

Sony Pictures Releasing France
Jamie Foxx est Django, libéré de sa servitude d'esclave par le Dr King Schultz.

Dans un mélange de honte et de culpabilité, à l’ombre des  Pères Fondateurs de l’Indépendance et de la Constitution Américaine dont douze d’entre eux faisaient travailler des esclaves dans leurs plantations, les Etats-Unis ont encore bien du mal à évoquer le sujet de l’esclavage. Même s’il ne faut pas occulter le fait que de nombreux artistes ont préféré privilégier l'histoire de la Ségrégation et des Droits Civiques, traitée à de nombreuses reprises au cinéma comme Mississippi Burning ou Malcolm X. Pourquoi ? Parce que la fin de l’esclavage n'a pas pour autant abouti à une égalité réelle, et qu'il a fallu attendre le début des années soixante (du XXe siècle) pour que cette égalité émerge, avec en point d’orgue la grande Marche vers Washington pour le travail et la liberté emmenée par Martin Luther King en 1963, et la signature du Civil Rights Act en 1964.

Une lecture fallacieuse et raciste de l'Histoire de l'esclavage

Depuis Naissance d'une nation en 1915 de D.W. Griffith, qui donnait de l’histoire de l’esclavage une lecture fallacieuse et raciste et qui était destiné à alimenter une propagande en faveur de la politique ségrégationniste, rares sont les films hollywoodiens ayant témoigné de la réalité de l’esclavage aux Etats-Unis. Pour rester sur le film de Griffith, certains personnages noirs sont incarnés par des blancs, le visage peint en noir.

Les fameux et infâmants Blackfaces, qui renvoient à une forme théâtrale pratiquée dans les Minstrel Shows, puis dans le vaudeville, dans lequel le comédien incarnait une caricature stéréotypée de personne noire. Extrêmement populaire, c’est même devenu un genre à part entière au début du XXe siècle. Le racisme à son paroxysme, qui est d’ailleurs au cœur de l’extraordinaire Very Black Show de Spike Lee, qui montre dans son film une terrible séquence - montage de Blackfaces et de représentations de la communauté noire en général dans les films et les dessins animés de l’époque.

 Ci-dessous, la séquence de The Very Black Show...

Même un chef-d’œuvre incontestable comme Autant en emporte le vent n’est pas exempt de reproches sur la manière dont il montre la communauté noire, véhiculant les stéréotypes. Ce qui n’empêcha pas l’interprète de Mamma, Hattie McDaniel, de devenir la première afro-américaine de l’histoire à remporter l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour le film. Pourtant, le 15 décembre 1939, à l’avant-première mondiale du film à Atlanta en Géorgie, un Etat ouvertement ségrégationniste, on lui interdit l’accès à la projection…

Le réveil de vieux démons...

Machine à fabriquer des mythes et souvent prompt à bâtir de toute pièce un passé idéalisé, Hollywood est pourtant capable de produire des œuvres suffisamment fortes autour du sujet, même si elles restent prudentes et académiques. Dans le remarquable film Glory d’Edward Zwick, qui relate l’histoire authentique du 54e régiment noir d’infanterie durant la Guerre de Sécession, le passé est ainsi brutalement revenu à la gorge de l’équipe du film...

Columbia TriStar Films
Denzel Washington, vu de dos, avant d'être fouetté, dans le film "Glory".

C'est lors du tournage de la fameuse séquence où Denzel Washington subit la terrible humiliation d'être fouetté devant tout le régiment que le passé a refait surface. Une scène très tendue à tourner. "Les experts nous ont dit qu'en entrant dans ces camps, on voyait des gars attachés à des roues. C'était leur punition. On vous attachait, on vous fouettait, et on vous laissait là. Rien à voir avec la couleur, c'était une punition militaire" expliquait Morgan Freeman.

Je sentais un truc que Denzel n'avait pas envie d'explorer, et c'était l'humiliation la plus profonde, le vol de sa dignité. (Edward Zwick)

"Le fait de fouetter un homme en Géorgie, où tant d'autres avaient été fouettés auparavant, ça réveillait des démons" se souvient Edward Zwick; "je ne savais pas vraiment ce que ça allait donner. J'ai cherché avec l'accessoiriste un moyen de faire la scène. Il avait une lanière de cuir sur laquelle il a mis de la couleur pour que ça ressemble à du sang. Il a dit : "ça piquera un peu, mais ça ne fera pas mal". Et Denzel, qui un jour pareil est prêt à tout et rentre à fond dans la peau du personnage, ne voulait pas en parler. Je sentais un truc que Denzel n'avait pas envie d'explorer, et c'était l'humiliation la plus profonde, le vol de sa dignité. J'ai dit à l'opérateur de mettre une bobine de 300 m sur la caméra, et j'ai dit au chef opérateur de ne pas s'arrêter, j'ai laissé tourner, jusqu'à ce que Denzel y arrive. Ce qu'il a découvert, c'est la perte de contrôle. Et ce qui s'ensuit est l'un des moments les plus forts que j'ai vu au cinéma".

Ci-dessous, la scène en question...

Si la série  Racines de 1977 reste une des plus fameuses évocations à l’écran de l’esclavage, elle n’était en revanche pas exempt de défauts, à commencer par le manque de rigueur sur certains faits ou de soucis du détails (ce qui n’enlève en rien ses qualités, soit-dit en passant). Mais elle eut de vraies vertues pédagogiques : avant sa diffusion sur le petit écran, beaucoup d'Américains ignoraient encore le passé esclavagiste du pays.

Steve McQueen lui, procède dans 12 Years A Slave avec une rigueur qui force le respect, et porte le souci du détail jusqu'à un point d'incandescence qui frise l'obsessionnel. Il va jusqu’à demander à son responsable des costumes des échantillons de terre ramassés sur différentes anciennes plantations en Louisiane, afin d’obtenir la bonne couleur de la saleté des vêtements des esclaves dans le film. Oui, cela va jusque-là.

Un film salutaire et historique

Souvent présenté comme l’héritier de Spike Lee, le britannique Steve McQueen livre ici un film salutaire et historique. Pour au moins deux raisons. La première : il s’agit du premier film hollywoodien traitant du thème de l’esclavage réalisé par un metteur en scène noir ; fut-il non américain. La seconde : un point de vue qui tranche radicalement avec les productions cinématographiques passées. Ici, le film épouse le point de vue de Solomon Northup, homme libre réduit à l’état d’esclave. Un témoignage essentiel écrit par l’intéressé en 1853. 101 fugitifs ont publié un ouvrage sur leur esclavage aux Etats-Unis, mais seul Solomon Northup a raconté son histoire d’homme libre, puis celle de sa captivité, et celle de sa liberté recouvrée.

Ci-dessous, la bande-annonce du film...

 

Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour voir à Hollywood un film traiter de manière aussi juste et sensible le sujet ? "En fait, le problème est que contrairement à la pléthore de films évoquant différentes atrocités historiques comme l'Holocauste, il y a peu de films sur le sujet de l'esclavage" écrit dans un article Salamishah Tillet, professeur associée d'études anglo-africaines à l'Université de Pennsylvanie.  Et elle ajoute : "mais contrairement aux films ayant pour sujet l'Holocauste, qui permettent aux spectateurs américains de comprendre les traumas du passé et les violences de masses comme phénomènes se déroulant en dehors des Etats-Unis, les films sur l'esclavage révèlent le paradoxe qui continue de nous hanter : le mariage étrange entre le racisme et la liberté, sur lesquels le pays a été fondé".

Une opposition Nord / Sud ? Pas si simple...

Un vrai souci d’exactitude disions-nous un peu plus haut. C’est que 12 Years A Slave évite aussi, en filigrane, les schémas simplificateurs, où par facilité sinon simplisme on oppose les Etats du Nord et le Sud, les Etats abolitionnistes et Etats esclavagistes, avant la Guerre de Sécession. Or, souligne Henry Louis Gates Jr., universitaire et critique littéraire américain qui enseigne à Harvard et consultant sur le film, "il convient de ne pas exagérer la délimitation entre Nord et Sud. Certes, à l'époque de l'enlèvement de Northup, on comptait 13 Etats esclavagistes et 13 abolitionnistes en Amérique. Mais il ne faut pas oublier qu'avant la Guerre de Sécession, il y a toujours eu plus d'hommes noirs libres dans le Sud que dans le Nord, en dépit de l'esclavage". Et d'ajouter :  "s'il y avait un écart majeur entre les libertés dont pouvait jouir Solomon Northup, en tant qu'homme libre à New York, et celles dont il disposait en tant qu'esclave en Louisiane, la discrimination, au Nord, était largement répandue. Dans certains Etats, des lois anti-immigration et des dispositifs raciaux préfiguraient même une époque ségrégationniste, faisant de la liberté pour les Noirs américains un mythe jusqu'aux mouvements en faveur des Droits civiques dans les années 1950-60".

Tobis Film
Dans "12 Years a Slave", Chiwetel Ejiofor est Solomon Northup.

Si les Etats-Unis ont accueilli environ 400 000 Africains en provenance d'Europe, victimes de ce que l'on a appelé la Traite des Noirs, on estime que vers 1860 leurs descendants sont au nombre de 4 millions. "Vous savez, mes parents sont originaires des Caraïbes" dit Steve McQueen; "et il y a un mélange important de personnes aux Etats-Unis et en Europe qui ont beaucoup de choses en commun. Malcolm X, Sidney Poitier, Colin Powell...Tous portent cette histoire en eux. La question n'est pas de voir les choses en noir ou blanc, lorsqu'il s'agit de nationalité. C'est bien plus complexe que ça".

Une Histoire effectivement complexe, cruelle et terrible à la fois, qui plonge ses racines loin dans le passé des Etats-Unis et la conscience collective, mais pas seulement. Une histoire à  laquelle 12 Years A Slave apporte une salutaire et brillante contribution.

(Re)naissance d'une nation

Contribution à laquelle il faut désormais ajouter un autre film salutaire, en salle ce mercredi 11 janvier : Birth of a Nation. Le film relate l'histoire de Nat Turner, esclave afro-américain né en 1800 et mort pendu en 1831. L'homme avait conduit une révolte sanglante et extrêmement violente en août 1831. Turner est décrit à l'époque comme un criminel sanguinaire. Il sera capturé dans son comté de Southampton en Virginie, jugé et condamné à mort. Son action révolutionnaire a malheureusement mené les autorités à voter des lois encore plus restrictives envers les esclaves.

Ci-dessous, la bande-annonce du film...

C'est le premier film réalisé par le comédien Nate Parker, qui a investi 100.000 dollars de son propre argent dans ce projet qui lui tenait particulièrement à coeur. L'acteur souhaitait en effet de le porter à l'écran depuis 2009, date à laquelle il a commencé à en écrire le script, qu'il a nourri par la lecture de plusieurs livres soigneusement documentés : The Fires of Jubilee: Nat Turner’s Fierce Rebellion de Stephen B. Oates, professeur d’histoire à l’université du Massachusetts; The Rebellious Slave: Nat Turner in American Memory du professeur d’histoire Scot French; et The Southampton Insurrection publié en 1900 par William Sidney Drewry; un ouvrage rare basé sur des entretiens avec des témoins vivants.

"L’histoire est à portée de main si on se donne la peine de s’y intéresser. Nat Turner est souvent considéré comme une figure « controversée », mais il ne l’est à mon sens pas plus que bien d’autres personnalités américaines. Le Président Truman, par exemple, et bien d’autres, ont pris des décisions controversées qui ont coûté la vie à de nombreux êtres humains au nom de la paix", explique le cinéaste.

Le fait que son film possède le même titre que celui de D.W. Griffith ne doit évidemment rien au hasard. Nate Parker a souhaité utiliser le même titre afin de dénoncer la vision raciste du film de Griffith, qui faisait notamment passer les membres du Ku Klux Klan pour des héros et les noirs pour des brutes sanguinaires. "Nat Turner s’est mû en leader en dépit d’incroyables obstacles. Dans la culture populaire, l’esclavage est souvent traité à travers des histoires de souffrance et de persévérance, mais l’histoire de Nat Turner est bien plus que cela : c’était un esclave mais également un rebelle qui s’est élevé contre l’injustice. Son histoire devait être racontée avec sincérité, elle est incroyablement pertinente et témoigne de l’aspiration à la paix raciale dans ce pays. Pour moi, intituler ce film The Birth of a Nation était une manière de me réapproprier ces mots, de réparer une injustice et de transformer ce titre en source d’inspiration. Il soulève une question que nous devons impérativement nous poser si nous voulons réussir à surmonter cette épreuve ensemble, en tant que nation : lorsque l’injustice frappera à notre porte, la combattrons-nous de toutes nos forces ?" s'interroge Nate Parker.

Twentieth Century Fox

Une épineuse et  douloureuse question posée à la société civile américaine. Aux Etats-Unis, des poursuites judiciaires ont été abandonnées contre plusieurs policiers blancs responsables de la mort de Noirs, entrainant indignations et manifestations. Ces décès, accusés d'être des bavures des forces de l'ordre, sont intervenues dans un contexte de relations raciales tendues dans le pays, alors que plusieurs Afro-Américains, souvent non armés, ont été tués par la police ces derniers mois. Le climat de violence lors de la campagne à la présidence des Etats-Unis a aussi exacerbé et libéré la parole et les actes racistes.

Dans une enquête publiée par le Pew Research Center (un Centre d'études basé à Washington) en juin 2016, seuls 46 % des Blancs qualifient les relations intercommunautaires de « bonnes ». Au sein de la population afro-américaine, c'est la désillusion : ils sont à peine 34%. Selon le Southern Poverty Law Center, les groupes suprémacistes blancs affiliés au Ku Klux Klan sont passés de 70 en 2014 à 190 en 2015. De quoi rendre plus aiguë la question soulevée par Nate Parker, alors même que l'Amérique s'apprête à changer de président dans les jours qui viennent. Un président qui aura la lourde tâche de ne pas apparaître comme celui des Etats désunis d'Amérique.

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Commentaires
  • Docteur Jivago

    C'est vrai que "Naissance d'une Nation" de Griffith est raciste et surtout fait l'apologie du Ku Klux Klan (et aurait même été à l'origine de la reformations du KKK alors que ce groupe avait disparu). C'est fou comment ce film pourtant bon, notamment techniquement peut avoir un fond aussi nauséabond.... Pour "Autant en Emporte le vent" ça suit le roman et surtout la reconstitution d'une époque... Je vois pas comment on peut taxer le film de racisme. Mais c'est vrai que c'est rare de traiter de ce sujet comme le fait Steve McQueen dans 12 Years A Slave et de vraiment nous mettre face au rétroviseur de l'humanité...

  • Jean-Michel Nguyen

    Et 'Mandingo' et sa suite, 'Drums' (Richard Fleischer, 1975 / Steve Carver, 1976) ?

  • Guarina Danez

    Par ricochet, on pourrait aussi se demande pourquoi la France à plus de mal à regarder son histoire coloniale/ esclavagiste en face?

    Peu de film sur le sujet (surtout ne me parlez pas de la masquarade Case départ).

  • Niels L.

    il y en a eu quelques uns et puis tout simplement parce que ç an'apporterait rien et surtout en france: ça risquerai d'être assez mal adapté ^^

  • regibarc

    On a plus de mal car notre arrogance et notre prétention nous empêchent d'admettre (voir même concevoir) nos torts et nos erreurs passées.
    Hé,les droits de l'homme c'est nous donc on est forçèment meilleur moralement que tout le monde!

  • drakhov

    Merci pour le dossier en une page :)

  • Maexim

    Je vois pas le problème avec Case Départ? Ca peut être un bon moyen d’amener le sujet en douceur. D'ailleurs, il se moque pas mal des esclavagistes.

    Cependant, il y a moins d'intérêt a faire un film de ce type en France pour la bonne raison que l'esclavage y était absent sur le territoire métropolitain, il ne concernait que les Antilles, lointaines...

    Alors que pour les Etats Unis, l'esclavage était bien présent sur le continent, le pays était également en grande partie fondé sur l'esclavage, a la différence de la France.

  • gregbutton

    C'est bien qu'on parle de tout ça aprés le récent lourd débat autour d'un humouriste, ça nous montre beaucoup de choses, qu'on en parle pas assez et ça rejoint d'autre sujet tabou comme la colonisation, parlons en, mais dans la paix car tout ça est derrière nous.

  • damjelaine

    "Amener le sujet avec douceur.". C'est bien là que réside le problème. Il n'y a pas plus de douceur dans ces 400 ans de mutilations physiques et mentales qu'il y en a eu durant l'Holocauste. Pourtant aucune comédie française ayant pour toile de fond la Shoah n'émergerait de la plume d'un scénariste. À cause d'une certaine primauté du malheur qui en devient écœurante.
    Amoindrir l'intérêt d'un film abordant l'esclavage en France sous prétexte qu'ils ont perpétré leurs ignominies outre-Atlantique revient à rejeter une responsabilité quasi-totale de la France dans cette histoire.
    Le territoire métropolitain est, autant que le territoire antillais, au coeur de l'esclavage. Case Départ est une merde infâme, n'ayant pour seule utilité que de faire rire le Noir qui ne connait pas bien l'histoire qui lui a été imposée et faire rire le Blanc qui ne sait pas s'il est coupable, mais saute sur l'occasion parce que ce sont deux Noirs qui en font la proposition.
    S'il n'y a rien au dessus de l'Holocauste juif, comme le disent certains fièrement protégés par le devoir de mémoire, il n'y a assurément rien au dessus de la traite négrière. Alors qu'elle soit aborder avec un respect identique si ce n'est plus grand, c'est-à-dire sans l'artifice du rire, sans le dédain occidental, sans l'ombre de l'horreur allemande, l'atténuation du 21ème siècle.

  • lexcalvin

    "En fait, le problème est que contrairement à la pléthore de films
    évoquant différentes atrocités historiques comme l'Holocauste, il y a
    peu de films sur le sujet de l'esclavage" écrit dans un article Salamishah Tillet, professeur associée d'études anglo-africaines à l'Université de Pennsylvanie.
    ---------------------------------------------------
    Tiens on ne lui interdit pas de s'exprimer ?

    Ah oui, nous ne sommes pas en France ....

  • M.Vega

    L'Amérique est un continent, les EUA sont un pays. Le mot «histoire» s'écrit sans la majuscule.

  • kw76

    Moi ce que j'aimerai bien voir, c'est un film francais (pas une comédie, cf : Case Depart) sur la traite negriere, car la France a surement une bonne grosse histoire a raconter la dessus. On enchaine les films sur la guerre 39-45, mais cette page sombre de l'histoire de l'humanité n'a jamais été mise en scène serieusement en France.

  • Guarina Danez

    Merci beaucoup damjelaine pour ta réponse, je n'aurais pas dit mieux.

  • kw76

    C'est simple, les films sur la Shoah, on a nos coupables, les nazis et hitler, par contre pour ce qui est de se reconnaitre coupable de la traite negriere, la il y a plus personne. Puis aussi le fait qu'on ne peut pas toucher a la shoah, fait beaucoup aussi.
    La rafle par exemple est un film ecoeurant qui pue le fric et les idées bien pensantes. Quand je pense qu'ils ont changé la véritable histoire pour avoir une fin tire larme qui repoussera encore plus le spectateur dans ses retranchement et dans le sanglot, moi ca me fait halluciner. C'est un film clairement fait pour clamer et imposer que l'holocauste est la pire chose que l'humanité n'ai jamais connu, et que les juifs sont les gens les plus a plaindre.

  • le_marabout_japonais

    La France aussi à du mal à regarder son passé, combien de films sur l'esclavage, sur la guerre d'Algérie quand on compare aux americains et à tous les films qu'ils ont fait sur la guerre du Viet-nam

  • Saymyname-WW

    C'est vrai qu'en France il n'y a pas eu beaucoup de films sur la guerre d'Algérie : La trahison, Mon colonel, Cartouches gauloises, Hors la loi, L'ennemi intime, Nuit noire, Les sacrifiés...

    Et là je te parle que des films que je connais donc comme je ne sais pas tout, il y en a beaucoup d'autres.

  • AHeardCR7

    La majuscule est justifiée. Pour "Amérique", c'est exact mais c'est vraiment chercher la petite bête..

  • le_marabout_japonais

    Je parle de grands films
    Après si pour toi Hors la loi vaut Apocalypse Now, Platoon, Full Metal Jacket ou The Deer Hunter...

  • Saymyname-WW

    Et alors ? C'est pas parce qu'ils n'ont pas rencontré un grand succès en salle que ce sont des films mauvais...

    Rattrape toi comme tu peux mais tu as dit une connerie en disant qu'en France on ne faisait pas de film sur la guerre d'Algérie car il y en a des dizaines.

  • cinephiledu59

    Arrêtez la concurrence entre l'holocauste et l'esclavage, c'est pas un concours de d'atrocités.

  • M.Vega

    Non, la majuscule est optionnel et seulement dans un cas précis. Pour la petite bête je comprends mais c'est relatif : j'habite en Amérique et ça me dérange - vraiment- d'être assimilé aux Etasuniens.

  • AHeardCR7

    Ah ! Je comprends mieux la réaction alors ! Au temps pour moi :) Mais pour la majuscule je reste persuadé qu'elle est justifiée étant donné que l'on parle là d'événements historiques. Peut-être que je me trompe, mais j'aurais probablement mis une majuscule également...

  • Maexim

    Il faut arrêter la concurrence victimaire. On ne peut pas comparer un génocide, action ponctuelle visant à exterminer à l'esclavage, oppression sur la durée.
    Vois tu, bien que n'ayant aucun lien avec la Shoah, je trouve cela assez déplacé de rire dessus, cependant, il en serait de même pour le génocide arménien ou même rwandais. Je pourrais même l'étendre aux grandes catastrophes naturelles tel que les Tsunami ayant eu lieu au Japon ou en Asie du sud est. J'ai trouvé déplacé les remarques de certains "humoristes" à ce sujet.
    Après il faut arrêter de fantasmer, non, le territoire métropolitain n'est qu'une périphérie de l'esclavage, des négriers ont pu en partir, des entreprises ont pu être fondées dans certains ports, mais ça reste marginal.

    Et en quoi le "blanc" serait responsable? Il faut arrêter de vouloir trouver des coupables à chaque fois. 90% des français étaient de paysans rattachés à leur terre, des serfs, un statut pas si éloigné de l'esclavage, et après tu dis que ce sont eux les responsables? Même parmis les 10% restants la participation à la traite était négligeable.
    Si tu cherches des coupables, tu devrais regarder du coté Africain ou de nombreuses personnes n'ont pas hésité a vendre les leurs contre des marchandises, mais la bien entendu on entend personnes. Les coupables ne peuvent être que blancs.

    Ensuite, le rire sur l'esclavage ne concerne pas que ta sacro-sainte traite négrière, par exemple, tu peux trouver des scènes "amusantes" sur la relation maitre/esclave dans la série Rome ou les esclaves sont, a ton grand regret, blancs.

    Mais tu fait totalement ce que tu critiques à propos de la Shoah, tu érige en religion le culte de la traite négrière, c'est aussi pathétique que dans l'autre cas...

  • Nestys

    Maexim je pense que tu fais une erreur très grave en dissociant la France et les Antilles, aussi lointaines qu'elles soient.
    Dois-je te rappeler que les Antilles étaient et sont un territoire français, donc tout les événements datant de depuis leur colonisation font partis de l'histoire de France.

    D'après toi, l'Etat français (ainsi que d'autres pays européens) qui a légalisé ce crime contre l'humanité qu'est l'esclavage, devrait être innocenté uniquement parce que la population qui faisait tourner ce commerce ne représentait que 10% de celle du pays ? Ce qui importe ici n'est pas le nombre de coupable, mais l'ampleur et la gravité du crime.

    Aussi, l'économie de la france reposait elle aussi beaucoup sur l'esclavage, comme les Etats Unis et tu ne devrais pas le sous estimer. Pour ne donner qu'un exemple, la colonie française de Saint-Domingue était surnommée "la perle des antilles" tant l'exploitation des noirs la rendait riche et prospère.

    Pour ton exemple de la série Rome, certes tu peux trouver des scènes "amusantes" sur la relation maitre/esclave, mais ce ne sont que des scènes et non tout le film qui repose sur l'humour, et quand tu compare les fiches de Rome et Case Départ, l'un à pour genre "Drame, Guerre, Historique, Action" l'autre "Comédie", donc bon ...

    Enfin, je pense que c'est toi qui cherche "d'autres coupables", car tout comme la Shoah a pour coupable Hitler et les nazis, l'esclavages a pour coupable certains Etats européens.
    Et les africains qui en vendaient d'autres étaient comme le gouvernement de Vichy durant la 2nde GM, des collaborateurs, ce qui ne les déculpabilise pas, loin de là, mais ce ne sont pas eux qui ont commis les horreurs faites dans les colonies. Et ils n'avaient pas d'idée précise des abominations que subissait ensuite ces esclaves en Amérique, contrairement au régime de Vichy, qui savaient pertinemment qu'ils emmenaient les juifs a l'abattoire

  • Maexim

    Il ne faut pas abuser des mots, tu parle d'Etat français, peut être, mais quelle responsabilité cela entraine il pour la France et les Français? Dois-je te rappeler que la France était une monarchie absolue, et que les paysans français (l'immense majorité) n'avaient aucun lien avec l'esclavage? Donc pourquoi les accuser directement? De plus les choses sont à remettre dans leur contexte, l'esclavage était omniprésent à l'époque, partout dans le monde, que ce soit les musulmans avec la traite islamique, les Africains entre eux, et même en Asie. Tous les peuples avaient cette pratique, il s'avère même qu'au contraire, l'Europe était épargnée par ce phénomène (sur le continent) et c'est ce qui permettra aux Européens d'éradiquer l'esclavage (je te ferais remarquer que les autres peuples ont attendu bien plus longtemps). Par ailleurs, le code noir, même si il est ignoble et que je le condamne fermement, était une tentative de la monarchie pour encadrer les pratiques des colons qui étaient bien pires.

    Tu dis que ca a enrichi l'économie, mais quelle économie? Celles des nobles, bourgeois et dont le peuple ne bénéficiait aucunement, donc en quoi les Français seraient responsables? Ils ont, dans leur quasi totalité, pas profité de l'esclavage.

    Concernant les Africains et leur relation avec l'esclavage, tu as en partie raison, certains envoyaient leurs enfants car ils croyaient leur donner un bon avenir, mais certains rois vendaient leurs sujets, ou bien des tribus rivales partaient faire des rafles, et la ils sont aussi coupables que les Européens.
    Tu dis que je cherche d'autres coupables, en effet, sans nier la culpabilité d'une "élite économique" qui as en partie bénéficié de ces pratiques ignobles, je souhaite montrer que les Européens n'étaient pas les seuls à pratiquer cette activité. Toi tu semble au contraire le penser, tu dis : "l'esclavages a pour coupable certains Etats européens"
    Or, ce que je veux démontrer, c'est qu'ils font partis "DES" coupables, et ne sont pas les uniques coupables, c'est tout.

    Ensuite, je me suis déja expliqué sur le fait que je trouvais Case Départ amusant, on ne peut pas comparer selon moi un système d’oppression qui date de la nuit des temps (avec une multitude de statut, dans la Rome antique, il était parfois préférable d'être esclave que libre) a des actions horribles qui sont ponctuelles (j'y range le génocides, mais également les grandes catastrophes humaines ou naturelles).

  • carol M.

    Ce n'est peut-être pas plus mal. Ce n'est pas regarder "en face" que de se retourner sur le passé. Revenir sans cesse sur le passé n'est pas vraiment positif. Cela incite à entretenir la rancune et à trouver des raisons supplémentaires de se détester tous. . Pensons à tous ceux qui ont été jadis ennemis, qui se sont fait la guerre, ne serait-ce qu'en Europe ! La France, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, tous ces pays se sont fait la guerre autrefois. Tous les Européens peuvent se dire qu'un de leurs ancêtres a été tué par un soldat d'un de ces pays. Sans parler des guerres de religion. Il faut savoir tourner la page à un moment..Une sage citation : "Regardez la vie à travers le pare-brise, pas dans le rétroviseur. (Byrd Baggett). C'est mieux."

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