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    Le cinéma français est-il mort ? Cédric Klapisch, Julie Gayet et 8 cinéastes répondent à Eric Neuhoff
    Par Brigitte Baronnet (@bbaronnet) avec la collaboration de Laetitia Ratane — 5 sept. 2019 à 10:50
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    Alors que sort le pamphlet "Très cher cinéma français" signé Eric Neuhoff, nous sommes allés prendre quelques nouvelles du cinéma français auprès des principaux intéressés à l'occasion du Festival du film francophone qui vient de s'achever.

    Bruno Glätsch de Pixabay

    « HS. Kaputt. Finito. Arrêtons les frais. Le cinéma français agonise sous nos yeux. Il est à peine l'ombre de lui-même. Bientôt, on punira les enfants qui n'ont pas fini leurs devoirs en les obligeant à regarder les nouveautés. C'est ainsi, le plaisir est devenu une corvée. Si tu n'es pas sage, tu iras voir le dernier Ozon. »

    Voici les premiers mots de "(très) cher cinéma français", livre signé par le critique Eric Neuhoff (Le Figaro, Le Masque et la plume). Ce pamphlet, édité par Albin Michel et disponible en librairie depuis hier 4 septembre, décrit avec beaucoup de dureté l'état actuel du cinéma français, avant tout sur le plan artistique, étrillant notamment Isabelle Huppert, et du côté des réalisateurs, François Ozon et "cette génération qui a une fâcheuse tendance à insister sur le côté emmerdant". Si Eric Neuhoff use et abuse du second degré, de mauvaise foi et de la caricature qui va souvent avec le genre du pamphlet, on ressort de la lecture de ce livre avec l'impression d'avoir entendu un seul et même message martelé : "c'était mieux avant" ! Une idée reçue que l'on entend souvent, c'est vrai, et qui revient de façon cyclique à la une de magazines, les Cahiers du cinéma en tête.

    Nous avons saisi l'opportunité de la sortie de ce livre pour interroger les premiers intéressés, en l'occurrence les réalisateurs et acteurs français. Objectif : savoir comment se porte le cinéma français ? Et était-ce vraiment mieux avant ? L'occasion était toute trouvée de poser ces questions au Festival du film francophone d'Angoulême où se réunit, à la rentrée, depuis plus de 10 ans toute la profession, et donnant en quelque sorte le coup d'envoi d'une saison de cinéma français, en y montrant une vaste sélection, dans toute sa diversité. De Cédric Klapisch à Julie Gayet, en passant par des représentants de la nouvelle génération à l'instar de Stéphane Batut (Prix Jean-Vigo 2019 pour Vif-Argent) ou Sarah Marx (dont le premier long métrage, K Contraire, sortira en décembre) à l'ancien critique et aujourd'hui réalisateur Nicolas Boukhrief... Tour d'horizon du ressenti de la profession sur l'état du cinéma français en 10 témoignages...

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    Le réalisateur Cédric Kahn avec une partie du casting de son nouveau film, Fête de famille : Vincent Macaigne, Emmanuelle Bercot et Catherine Deneuve.
    Cédric Kahn, cinéaste

    A l'affiche ce mercredi avec Fête de famille, présenté en avant-première au Festival d'Angoulême.

    Cédric Kahn : "Je ne trouve pas que le cinéma français va mal. Je ne partage pas cette analyse. Je trouve qu'il produit encore beaucoup de films très originaux. Je le trouve assez passionnant, même dans ses fragilités. C'est vrai que ce système français, c'est à la fois notre force et notre fragilité, parce qu'on est un peu déconnectés des réalités, un peu protégés. Il y a beaucoup de films qui se produisent donc forcément, beaucoup de choses plus ou moins bien. Mais je trouve qu'il est riche."

    Il y a un proverbe américain qui dit « boring like a fucking french film » ! C'est drôle, mais c'est injuste !

    "Il y a un proverbe américain qui dit « Boring like a fucking french film ». C'est drôle, mais c'est injuste", poursuit le cinéaste après avoir lu la 4ème de couverture du livre. "Surtout en parlant des films de Ozon parce que s'il y a bien un cinéaste qui se soucie du spectateurs, c'est François Ozon. Ce n'est pas quelqu'un qui est déconnecté du public."

    La question de l'accessibilité des films au public ne doit pas non plus devenir une chose qui préside la fabrication, la création...

    "Je comprends cette critique qu'on fait au cinéma français d'être un peu déconnecté du public, et c'est un problème... Je me pose la question, je n'y arrive pas toujours, mais je me pose la question de l'accessibilité des films au public, mais ça ne doit pas non plus devenir une chose qui préside la fabrication, la création. Il faut aussi qu'il y ait une proposition, une originalité, une prise de risques. Je trouve que quand le cinéma français est au bon endroit, entre ces deux choses, ça justifie son existence par rapport à la grosse machine hollywoodienne." 

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    Le réalisateur Louis-Julien Petit et la bande des Invisibles et la productrice Liza Benguigui.
    Louis-Julien Petit, cinéaste

    Réalisateur des Invisibles, sorti en janvier dernier, et cumulant plus d'1,4 million d'entrées, membre du jury de l'édition 2019 du Festival du film francophone d'Angoulême

    Louis-Julien Petit : "Mon père, il me dit toujours 'c'était mieux avant'. Mes grands parents, ils me disaient toujours 'c'était mieux avant'… Globalement, c'est toujours mieux avant. J'ai envie de dire à mes enfants : 'ça sera mieux plus tard ! Ça sera mieux demain'. Que ce soit dans le cinéma ou dans la vie, en politique… Je ne suis pas très nostalgique. Ce n'est pas mon caractère. Je vois devant, pas derrière."

    J'ai envie d'espoir, et envie d'espoir dans le cinéma français.

    "J'ai envie d'y croire, j'ai une boulimie de cinéma. J'ai envie de découvrir demain. Quand j'aurai l'âge de ce Monsieur [Neuhoff], je n'aimerais pas dire ça. J'aimerais dire : 'génial, il y a une nouvelle génération qui arrive et c'est super'. C'est ma manière de voir. Il faut être positif. J'ai envie d'espoir, et envie d'espoir dans le cinéma français. Le cinéma évolue, et il évolue avec son époque."

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    Le réalisateur Cédric Klapisch avec la comédienne Ana Girardot au photocall d'Angoulême pour Deux Moi.
    Cédric Klapisch, cinéaste

    A l'affiche mercredi 11 septembre avec Deux Moi, présenté en avant-première au Festival d'Angoulême.

    Cédric Klapisch : "Quand j'étais étudiant en cinéma, il y avait des profs qui nous parlaient de la mort du cinéma. Grosso modo, ils nous disaient qu'on ne pouvait plus rien créer. Ce que ça voulait dire, c'est qu'après la Nouvelle Vague, il ne pourrait plus y avoir de mouvements créatifs, de création tout court. Du coup, ils nous disaient : « laissez tomber les gars, ce n'est même pas la peine d'essayer ». C'est grosso modo des phrases [C. Klapisch fait référence au livre d'Eric Neuhoff] qui veulent dire ça. Ce sont des phrases d'aigris, de gens qui pensent que la création va s'arrêter un jour. Non, ça ne va pas s'arrêter."

    Le cinéma ne va pas s'arrêter. Il y a des gens qui créent toujours de nouvelles formes. 

    "Le cinéma ne va pas s'arrêter. Il y a des gens qui créent toujours de nouvelles formes. Quand il y a eu Festen, il y a eu le Dogme. C'était un vrai renouvellement. Ça n'a pas duré longtemps, mais il y a eu une sorte de sursaut avec le fait d'utiliser de nouveaux outils, une nouvelle façon de faire. Ce qui se passe avec les séries est un vrai bouleversement dans le cinéma et dans la façon de voir des histoires filmées. Le cinéma est en bouleversement en ce moment."

    "Il y a certainement une transition qui est liée d'ailleurs à la frontière compliquée entre la télévision et le cinéma, qui est liée au fait qu'il y a un bouleversement dans le financement du cinéma. Mais je vois qu'il y a plein de jeunes réalisateurs qui font des films déments en ce moment, donc encore une fois, ce sont des propos de vieille personne aigrie. Ce sont des gens qui ne savent pas voir les choses qui arrivent."

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    Pierre Lemaitre, Sandrine Bonnaire, Nicolas Boukhrief, Pablo Pauly et Perrine Margaine au photocall de la 12ème édition du festival du Film francophone d'Angoulême
    Nicolas Boukhrief, réalisateur, scénariste et ancien critique cinéma

    A l'affiche mercredi 18 septembre de Trois jours et une vie, son nouveau long métrage, présenté en avant-première à Angoulême 

    Nicolas Boukhrief : "C'est facile de démonter, c'est plus difficile de construire. La vocation de ce monsieur n'est pas d'être scénariste. Il a le droit de dire que tout se déglingue mais peut être qu'il pourrait essayer de trouver des solutions. J'espère qu'il trace des pistes pour remédier à ce qu'il semble dénoncer, sinon, quel intérêt ?" 

    "L'un des problèmes est que les cinéphiles vous diront toujours 'c'était mieux avant'. Toujours ! Les cinéphiles, les critiques… Aujourd'hui, c'est plus comme avant ; Hollywood, ce n'est plus ce que c'était. Mais c'est leur propre adolescence qu'ils regrettent. C'est l'époque où ils arrivaient à voir des films en toute naïveté. A force de voir des films, ils ont l'usure qui fait que rien ne vaut. Je ne suis pas certain que la personne qui a écrit ça a regardé tous les films français produits dans l'année. Je pense qu'il n'a pas vu certaines pépites dans les premiers films."

    Les cinéphiles vous diront toujours 'c'était mieux avant'. Toujours ! 

    "Effectivement, c'est un marronnier, c'est quelque chose que l'on entend : le cinéma français est moins bon, on n'a plus de stars, on ne sait pas les préserver, on fait un cinéma beaucoup trop intellectuel, qui s'éloigne du public. Je suis désolé, mais il y a une comédie importante qui sort chaque année. En ce moment, on vit une vraie révolution au sein du cinéma français, de son système de production… Il y a moins d'argent par certains aspects, il y a d'autres intervenants comme Netflix qui arrivent. Tout ça est en train de bouger."

    "François Truffaut a écrit un jour dans Les Cahier du cinéma un article très virulent sur le cinéma français (Une Certaine Tendance du cinéma français). Cet article a fait école et resté historique et chacun s'imagine écrire ce même pamphlet. Mais d'abord les gens qui ont écrit ce pamphlet n'avaient qu'une envie, c'est d'être metteur en scène donc ils étaient très naturellement énervés contre les gens en place, parce qu'ils se disaient qu'ils ne pratiquent pas le cinéma qu'il faut pratiquer. Dans une moindre mesure, l'équipe de Starfix était très remontée contre le cinéma français mais l'équipe est devenue metteur en scène, scénaristes, producteurs… Comme ils ne voyaient pas les films dont ils rêvaient pour le cinéma français, ils ont fini par les faire."

    C'est très dans l'air du temps d'écrire un livre pour dire que les choses ne vont pas… 

    "C'est très dans l'air du temps d'écrire un livre pour dire que les choses ne vont pas… C'est comme en politique : exister en disant que tout va mal plutôt que de se retrouver au pouvoir et trouver des solutions. Je vais faire de l'auto-promo : avec mon épouse Lydia, qui est aussi la monteuse de mes films, nous nous sommes rendus compte il y a pas mal de temps déjà, que la cinéphilie disparaissait, que la notion d'histoire du cinéma avait tendance à disparaître pour les enfants. La nouvelle génération ne connaît pas l'existence de certains films, comme Babe, le cochon devenu berger, ou La Party de Blake Edwards. On s'est dit : pourquoi on ne ferait pas un livre qui raconte l'histoire du cinéma à travers 100 films pour enfants dont on garantit -car nous les avons testés- que ces films vont leur plaire et les éduquer au cinéma de la meilleure façon possible, sans leur imposer des films qui sont aujourd'hui passés de mode (100 grands films pour les petits, édité chez Grund). En les amenant à s'ouvrir à la poésie du cinéma muet, noir et blanc, etc."

    "Je fais de l'auto-promo car je pense que c'est une démarche beaucoup plus constructive dans les temps actuels que de faire un livre pour dire tout va mal. Je préférerais un livre qui dit : j'ai regardé les 5 dernières années de production française et je vais vous parler des films qui ont été injustement ignorés par le public ou mal jugés. Ou tous les films français qu'il a aimé qui sont peu connus. De nous amener à voir les films que nous aurions pu rater. Je trouverais cette démarche beaucoup plus intéressante. Dire voilà le cinéma français que j'aime et pas je n'aime pas le cinéma français d'aujourd'hui. Je précise que je n'ai pas lu le livre, mais le dos de couverture est très virulent."

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    Julie Gayet, comédienne (actuellement dans la mini-série Soupçons sur France 3), réalisatrice (prochainement avec le documentaire FilmaKers) et productrice
    Julie Gayet, comédienne, réalisatrice et productrice

    Prochainement sur Canal+ le documentaire FilmaKers à la rencontre des réalisatrices du monde entier, présenté en avant-première à Angoulême  

    Julie Gayet : "Le cinéma français va bien ! Il marche en salles, il se produit. En revanche, oui, le monde est en train de changer avec le numérique. On s'adapte, on modifie. Les gens vont en salles.(...) C'est ça qui est incroyable ici à Angoulême, c'est de voir les gens dans des salles remplies. Pour ça on a vraiment un pays qui est complètement incroyable, qui aime la salle de cinéma. Et sur la diversité, le système du cinéma français, c'est passionnant, on cherche et on continue de chercher."

    "Ce que dit [Eric Neuhoff], et la discussion est très pénible, c'est qu'il y a trop de films produits. (...) C'est parce qu'on fait des films et parce qu'on cherche, sinon on ne pourrait jamais faire un 2ème, un 3ème film, c'est parce qu'il faut suivre des créateurs. Il y a des choses qui fonctionnent mieux que d'autres, mais ça se suit. C'est parce qu'il faut de la diversité – il faut de la comédie, des films de recherche…"

    J'ai beaucoup de mal avec le discours consistant à dire qu'un film est bien produit parce que c'est un gros budget 

    "J'ai beaucoup de mal avec le discours consistant à dire qu'un film est bien produit parce que c'est un gros budget, et les petits budgets, bof, ce sont des courts métrages, ça n'a pas d'intéret, alors que ce sont peut être des films majeurs. On a Céline Sciamma ici : Tomboy, c'est un chef d'oeuvre absolu. A l'époque, le budget de Tomboy, ce n'était certainement pas celui de Camping. Mais on a besoin des deux. Je crois beaucoup au fait de produire et à cette diversité du cinéma français. Ca c'est vraiment la richesse du cinéma français. On voit que dans les pays où les cinématographies nationales ont abandonné, finalement les salles ont disparu… On avait un cinéma italien absolument incroyable. Aujourd'hui il renait tout doucement, mais il a du mal et il n'y a plus de salles en Italie."

    "Je milite pour protéger notre système et je suis convaincue que le cinéma français trouve son public. Il y a des films plus cinéphiles, d'autres plus grand public. Je fais partie des deux familles : C'est quoi cette mamie?! avec Chantal Ladesou qui a fait plus d'un million d'entrées et qui véhicule des valeurs que j'adore, qui fait rire et qui fait du bien, pour toute la famille. J'ai toujours fait des comédies, comme Delphine 1 - Yvan 0. Et à la fois, je produis le film de Vincent Delerm qui est une petite pépite, un poème dans la veine des films d'Agnès Varda ou d'Alain Cavalier, comme un film à la maison. Je crois vraiment qu'il faut de tout et qu'il faut garder ça. C'est un métier de prototypes."

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    Le réalisateur de Vif-argent, Stéphane Batut, avec sa comédienne Judith Chemla.
    Stéphane Batut, cinéaste

    A l'affiche actuellement avec Vif-argent, son premier long métrage de fiction, présenté en avant-première à Angoulême  

    Stéphane Batut : "J'ai l'impression qu'on pourrait dire que le cinéma français va mal au niveau de l'exploitation. Il y a beaucoup de films qui se font, des films intéressants... Je continue à travailler sur le casting de films [avant de passer à la réalisation, Stéphane Batut était casting director, Ndlr.], il y a plein de beaux projets. A Cannes, j'en ai vu aussi. Je trouve qu'il y a une diversité importante. Mais ce qui est difficile, c'est que ces films soient vus. Ça passe très vite. Et le problème, c'est de dire qu'il y a trop de films qui se font, mais qui va choisir les films qui doivent se faire ? C'est une question un peu insoluble parce que ça serait absurde de penser qu'il y a une façon de faire les films, un type de film qu'il faudrait privilégier."

    Je trouve qu'il y a une diversité importante. Mais ce qui est difficile, c'est que ces films soient vus. 

    "Il y a sûrement des règles à appliquer concernant le cinéma français. (...) Ce que je sens, c'est que la précarité des films est due beaucoup à leur peu de visibilité alors même qu'il y en a pas mal qui se font. Il y a plus de films qui se font, et plus de films intéressants que ceux qui pouvaient se faire il y a quelques années. Mais comment les voir ? Quand vous me parlez des difficultés du cinéma français, c'est plus ça qui me vient."

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    L'acteur, scénariste et réalisateur Louis-Do de Lencquesaing (Au galop, La Sainte famille)
    Louis-Do de Lencquesaing, acteur et cinéaste

    A l'affiche mercredi 25 décembre de La Sainte Famille, son second long métrage en tant que réalisateur et comédien, présenté en avant-première à Angoulême  

    Louis-Do de Lencquesaing : "Peut être que le cinéma français a perdu un peu de son âme ? Il y a une vraie crise. Il y en a toujours. Tous les ans, tous les 10 ans, on recommence. Je ne vais pas vous faire un résumé du cinéma français, mais ça existe encore. Il n'y a jamais eu 10 chefs d’œuvre par an. S'il y en a un, c'est déjà pas mal." 

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    Laëtitia Eïdo, Pierre Rochefort, Alexia Seferoglou, Pierre Filmon et le producteur de Long Time No See au Festival du film francophone d'Angoulême
    Pierre Filmon, cinéaste

    A l'affiche de Long Time No See, premier long métrage de fiction, présenté en avant-première à Angoulême et dont la sortie est prévue au printemps 2020

    Pierre Filmon : "C'est une question intéressante et en même temps récurrente de dire que le cinéma est mort. On l'a dit dans les années 70, on le dit aujourd'hui. On l'a dit avant, on le dira encore après. Pour moi, pour garder mon optimisme, c'est les talents. Evidemment qu'il y aura toujours des talents, des jeunes femmes et des jeunes hommes qui sortent de ces écoles de cinéma, ou pas. Qui viennent de banlieue comme Ladj Ly ou d'autres qui ont des tas de trucs à dire, qu'il faut qu'ils disent absolument et qu'ils ne peuvent dire qu'à travers le cinéma."

    Oui, il y a une partie de moi qui peut regretter qu'une certaine cinéphilie est passée sous silence aujourd’hui, certains grands auteurs du passé sont un peu plus oubliés maintenant, mais ce sont toujours des histoires de mode

    "Le cinéma n'a jamais été plus vivant que maintenant. Oui, il y a une partie de moi qui peut regretter qu'une certaine cinéphilie est passée sous silence aujourd’hui, certains grands auteurs du passé sont un peu plus oubliés maintenant, mais ce sont toujours des histoires de mode. Ça passe et on redécouvre des gens. On est dans cette grande phase depuis quelques années de la redécouverte du cinéma bis, de films qui il y a 20 ans étaient méprisés, et dans 20 ans peut être on re-méprisera. Ce sont des histoires de mode. C'est vivant. Le cinéma est vivant."

    "Il y a des cinéastes, il y a des regards, il y a des gens qui osent des choses et qui ne peuvent les faire que comme ça. Je suis extrêmement optimiste. Quand on voit effectivement à Angoulême tous les cinéastes qu'il y a, tous les cinémas qu'il y a, tous les genres de cinéma qu'il y a, non il n'est pas mort, certainement pas. En aucun cas. Après on peut dire, je préfère telle chose à telle autre, libre à chacun, ce sont des questions de goût. L’œuvre d'art interroge la personne qu'elle regarde. Après c'est sain de ruer dans les brancards et de donner un coup de pied dans la fourmilière de temps en temps pour réveiller un peu les sens et interroger. Même s'il n'a pas de point d'interrogation [en référence au titre du livre d'Eric Neuhoff], peut être que ça interroge quelque chose. C'est toujours intéressant."

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    La comédienne Sandrine Bonnaire et la réalisatrice Sarah Marx pour le premier long métrage K Contraire.
    Sandrine Bonnaire, comédienne et Sarah Marx, réalisatrice

    A l'affiche du premier long métrage K Contraire, présenté en avant-première à Angoulême, à l'affiche le 11 décembre 2019

    Sarah Marx : "Les choses changent. C'est la consommation d'images qui a changé. Aujourd'hui on regarde des films sur son téléphone, sur toutes les plateformes qu'on connait. Après, sur le mode de financement, on bénéficie d'un système qui est assez chouette avec des subventions. C'est à la fois dur de monter des films chers. Dans le cas de K Contraire, c'est un film qu'on a fait avec peu d'argent, mais ça reste beaucoup d'argent (700 000 € de coût de fabrication). C'était suffisant pour faire ce film, mais on n'aurait pas dit non à plus, mais c'est aussi ça de raconter des histoires au ras des hommes. Il faut être cohérent avec les budgets avec lesquels on travaille. Mais aujourd'hui il y a une accessibilité : on peut faire des images avec des petites caméras, des téléphones… Il y a une profusion d'idées. Il y a aussi une jeunesse qui a accès à un cinéma qui à l'époque n'avait pas du tout accès. Le cinéma ouvre ses portes. Les choses évoluent, les choses changent."

    Aujourd'hui il y a une accessibilité : on peut faire des images avec des petites caméras, des téléphones… Il y a une profusion d'idées 

    Sandrine Bonnaire : "Ce qui change, ce sont les modes de financement. J'ai 52 ans. J'ai commencé ce métier, j'avais 15 ans, et c'est vrai que les films étaient financés différemment. Aujourd'hui, la télévision finance beaucoup, même si elle finance un peu moins qu'avant, mais quand même. Donc ça change la donne."

    "A la fois le cinéma ne va pas bien, mais il y a de plus en plus de films qui se font, et il n'y a plus assez de place pour les diffuser. Les films n'ont plus une durée de vie comme ça l'était à l'époque. C'est vrai qu'Internet a changé beaucoup de choses. Mais je me dis que tant qu'on peut voir des films – évidemment c'est mieux de les voir en salles -, et qu'il y a encore des films qui se font, même si on les regarde sur un écran d'ordinateur ou un portable, je préfère ça à l'idée qu'il n'y ait plus de films du tout." 

    "Il y a des gens qui se battent pour des films qui ne sont pas forcément des grosses machines. Il y a des salles formidables en France. Il y a des cinémas indépendants, des festivals. Ça reste malgré tout préservé."

    >>> (très) Cher cinéma français, par Eric Neuhoff, Albin Michel, 14€, disponible depuis le 4 septembre 2019

    Pour aller plus loin sur la question de la production des films français, écoutez notre podcast essayant de répondre à la question suivante : "Y a-t-il trop de films en salles ?"

    Propos recueillis par Laetitia Ratane et Brigitte Baronnet au Festival du film francophone d'Angoulême 2019

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    Commentaires
    • meiyo
      Pas seulement : parce qu'ils nous prennent pour des vaches à lait.
    • Didier R.
      c'est justement pour ça qu'ils augmentent , ils compensent par le manque de frequentation, on va finri a 20 euros la place!! déjà ils font payer les chaines pour regarder nos grands et bons films d'antan, ils se servent la dessus tu penses!!
    • Didier R.
      les gens d'imagination il y en a, mais ce sont les acteurs qui sont nuls, pensez vous qu'un super tonton flingueur 50 ans après avec des dialogues aussi ciselants et des scènes immenses, que cela fonctionnaerait avec les nuls et compagnie de Glellouche dujardin ,la bande cannée!!?? ils massacrent tout
    • Didier R.
      merci eric neuhoff , OUI le cinéma est mort!! les vrais acteurs font peur, un retour des GABIN VENTURA c'est comme le retour du roi charles le shériff de buckingham qui l'empêche de revenir!
    • Didier R.
      alors on supprime les commentaires, la mort du cinéma Français, est qu'il est assiégé par des nuls qui se congratulent entre eux a faire des navets , se relancer entre potes les intermittences du spectacle, des bankables a moindre cachets mais 4 à 5 navets par an , ce qui explique les 250 navets!! il faut vraiment que les producteurs risquent l'argent des autres parce qu'ils ne se risqueraient pas avec les bankables nuls que vous npus imposer! EN plus d'écrire un bon scènar c'est déchirant de savoir que vous allez le massacrer avec ces nullards! je vais vous dire mieux, demain j'ai le bonheur qu'on s'intéresse a moi et mes projets, il est hors question de tourner avec ces nuls!! même pour des milliards! ce qui est à déplorer c'est que des vrais passent sur des figurations et on les voit grandiose, j'espère que les acteurs vrais et agents témoins vont l'ouvrir car OUI il y a un espoir dans le cinéma Français!! didier rodier
    • ManoCornuta
      Cela fait trente ans que la comédie a pris le pouvoir en France, de façon quasi définitive: il faut remonter à l'Ours de Jean-Jacques Annaud pour trouver un film ayant eu un énorme succès dans les salles françaises sans avoir un aspect comique... Les projets ambitieux n'intéressent plus, les projets radicaux n'intéressent pas, et la déconnexion entre la presse et le public n'a jamais été aussi grande. Témoin justement cet ouvrage d'Eric Neuhoff qui se voit comme un apôtre du bon goût en matière de cinéma. Ce sont des gens comme lui qui sont aussi responsables de cet état de fait, n'ayant jamais réussi à faire aimer un de leurs coups de cœur au public.
    • Johan d
      il y aura 161 films francais sur l année 2019 et sur ses films plus de 80 seront des comedies suivies par les drames voici a quoi ressemble le cinema francais en 2019, et ca ne vient pas de ma pensée binaire
    • Loic D
      Valérian , Astérix d'Astier, Sauver ou périr, le futur film Kamelott , ... J'avoue il n'y a que de la comédie. Maintenant c'est certain qu'il y en a beaucoup trop ...
    • kingbee49
      Ah ... un bon petit buzz avec un titre pareil...qui ne dit pas la vérité mais donne à débattre sur l'état du système. La singularité du cinéma français, ce sont ses auteurs, ses formes d'écritures... Entre Audiard, Ozon, Jeunet, Salvadori, Campillo, et j'en passe, il y a des talents en France, et toujours un jeune qui vient avec quelque chose de neuf pour remettre en question les choses, donc sur un certain plan qualitatif, moi je trouve que ça ne va pas si mal.. Après, ce que je déplore, c'est que le cinéma français - a de rares exceptions- a du mal à s'ouvrir au cinéma de genre ; il y a récemment eu les exemples de Grave (film de cannibalisme gore) ou La nuit a dévoré le monde (film de zombie) mais ces exemples restes confidentiels... Et c'est dommage ! Il y a tant de chose à explorer à ce niveau là sans avoir peur de la concurrence anglo-saxonne. Le problème est qu' aujourdhui, les producteurs, distributeurs ou même les institutions qui subventionnent, préfère miser sur ce qui rassure. Alors oui, les grosses comédies qui prennent toute la place; les auteurs bien aimés des critiques qui font un film par an, les véhicules pour les stars françaises bankables (les Dujardin, Cotillard, Canet, Lellouch, Cassel, Sy, Duris, etc...), c'est tout ça qui fait le cinéma français DU SYSTEME, hélas. Parce qu'il existe un autre cinéma français, qui se fait hors du système - visible sur internet ou dans les festivals- avec souvent des surprises, des films vraiment originaux, des choses radicales ou anti conformistes, mais qui a peu de chance d'atteindre le grand public des salles parce qu'indépendant, auto produit, n'ayant pas l'aval du sacro saint CNC ou rejetés par les distributeurs.... Certains, par chance, trouvent une sortie sur 2, 3 copies à Paris, restent une semaine à l'affiche et basta ! Ce sont les mécanismes du système de diffusion qui sont fermés, verrouillés - Stéphane Batut en parle un peu d'ailleurs-Le cinéma français n'est pas mort artistiquement, mais il ronronne dans son système, tourné sur lui même, financé par la télé ou je ne sais quoi, centralisé sur Paris (le plus souvent) institutionnalisé et corporatiste sur bien des points.
    • Cooper1992
      Noé est un très bon exemple, mais au delà des bons ou mauvais films (c'est un avis perso), je trouve que cinématographiquement, le cinéma français n'arrive pas à la cheville du cinéma Américain, Anglais, Coréen, Scandinave, par exemple, je trouve qu'il y a rarement des films français avec des belles photographies, je trouve rarement des films français avec des très belles réalisations, une très belle direction artistique, une très belle musique, des très beaux costumes, bien sûr je demande pas du Cameron dans une comédie franchouillarde mais un minimum quand même, il y a une sorte de je-m'en-foutiste incroyable, et ça rien avoir avec les budgets, le cinéma Coréen est moins important que le notre, pourtant il y a des choses hallucinantes, Memories of Murders par exemple, cite moi un thriller policier Français sur les 20 dernières années aussi virtuose sur le plan de la technique mais aussi de la narration ? Quand tu regarde la liste des films français favoris des réalisateurs ou acteurs Américains, généralement c'est que des films des années 50-70, il y a surtout que deux films récents de réellement culte pour eux, Un Prophète et surtout Intouchables (l'un des films favoris de Jennifer Lawrence pour l'anecdote ^^).Le cinéma US est loin d'être parfait, avec des blockbusters bruyants, des films politiquement correct et académiques pour les oscars mais il y a minimum de savoir faire quand même.Je sais pas pourquoi notre cinéma baisse aussi fortement, pour la laideur visuel, j'ai ma petite idée, la quasi inexistence de la péloche pour les tournages, aujourd'hui c'est 99,9% du numérique pour des raisons de coûts, j'ai absolument rien contre le numérique mais le soucis, c'est très vite moche quand c'est mal utilisé, avec des images affreusement lisses.
    • ServalReturns
      Une bien belle pensée binaire bien subtile. Le discours typique du mec qui n'y connaît rien.
    • MickDenfer
      Le cinéma français n'est pas mort mais il est en train de crever par manque d'imagination.Il y a le cinéma belge.
    • meiyo
      La faute à qui ? Bientôt, la place plein tarif sera à 15 €. Si on arrêtait de prendre le spectateur pour un crétin et une vache à lait, le cinéma français se porterait mieux.
    • Hunnam29
      J'ai envie de te renvoyer au paragraphe de Satirycon en-dessous qui parle du mainstream.Je ne cite que quelques exemples en 2018 oui. Je pourrais faire la même sur toutes les années, et je pourrais t'en citer d'autres de 2018, la liste n'est pas exhaustive. Je pense à l'excellent Jusqu'à la garde aussi, mais faudrait revoir le calendrier en entier pour tous les citer. Tout ça pour dire qu'il y a des films très ambitieux chaque année. Un Climax de Gaspard Noé, c'est juste méga ambitieux et certains américains suivent son cinéma (Enter the void avait été le film préféré de pas mal de monde l'année de sa sortie, dont Ryan Gosling).Après tu parles de 300 films... Mais toute nationalité confondus, il n'y a pas 300 films qui valent le coup d’œil par année, faut pas déconner. Qu'ils soient américains, français ou je sais pas quoi. L'offre a un spectre très large, et le flux des bons films est floodé par pleins longs métrages inutiles aussitôt vu, aussitôt oubliés. Mais c'est pareil pour la musique, tu te fais tout le temps flooder par l'EDM mer**que qui est à la mode. Est-ce que pour autant il ne faut pas que des petits artistes qui ne rentrent pas dans leur frais proposent autre chose, qui leur tient à cœur, qui est artistique et qui fait plaisir à certains ? Bah si, et c'est ça l'art.
    • Ryo H
      Tu sais faire des calculs. Tu crois que 100% du billet de cinéma va dans la poche des producteurs? Tu crois que les cinéma travaillent bénévolement? Le but d'un film, c'est d'être rentable en comptant les ventes DVD, VOD et la diffusion télé. Point.Le reste, outre la subjectivité de ton opinion, repose sur beaucoup de contrefaits et visiblement ton ignorance du cinéma Français.
    • Muad Dib
      Ce n'est pas parce que personne ne parle des bons films Français que le cinéma Français est mort. C'est sur que si on se fie aux films qui font le plus de bruit on peut penser ça. Qui plus est Allociné est assez hypocrite sur ce sujet vu qu'ils sont les premiers à sponsoriser les films qui tuent le cinéma Français en occultant tous les autres
    • Cooper1992
      Pour les gros blockbusters de 150-200M$ bien sûr, mais faire un Black Swan (un énorme carton sur un sujet sérieux et sombre, à la limite du film d'horreur), un Winter's Bone (film d'auteur social réellement puissant et ténébreux, c'est autre chose que nos trucs !), un film d'horreur efficace à la James Wan, c'est largement possible, regarde : All Inclusive coûte plus que Crawl !
    • Cooper1992
      Tu cites une dizaine de film (et encore, c'est discutable sur certain) sur 300 films, des miettes !
    • Cooper1992
      Désolé mais je trouve pas normal que seulement 10% des films remboursement leurs budgets en salle, alors que celui-ci coûte en moyenne moins de 10 millions d'euros donc rentable avec même pas 1 million d'entrées, il y a environ 250-300 films français par an, très peu de millionnaire dans l'année, les audiences TV, la vente des droits, etc rattrape un peu le coup mais c'est inquiétant quand même...La qualité c'est pas le sujet, et honnêtement je préfère LARGEMENT les films Américains que Français, rien que sur le plan technique, c'est affolant la différence. Pourquoi en France on a pas de film d'horreur efficace ? Pourquoi on a pas un Winter's Bone ? Un Enemy (le Villeneuve) ? Un Black Swan ? On a largement le budget pour, les sujets mais non, le cinéma français s'enferme dans la comédie, le film d'auteur sans âme, je trouve le cinéma absolument catastrophique depuis facile 15 ans et je regarde le 3/4 des films qui sortent en salle, il y a bien sûr des exceptions par ici et par là, et généralement c'est les films qui arrivent dans les salles Américaines qui du coup ont une image surestimé du cinéma Français, mais quand je compare avec les années 60-70...Christophe Gans en parle récemment, le cinéma Français s'exporte très mal maintenant, il est de moins en moins ouvert pour les projets un peu autre.
    • Morcar
      Jusqu'à la garde, Nous finirons ensemble, Grave, Les chatouilles, les Astérix animés de Clichy/Astier, Au revoir là-haut, Le sens de la fête, Monsieur et Madame Adelman, Le chant du loup, Première année, Mia et le lion blanc, Le jeu, ...Si je regarde seulement sur les deux ou trois dernières années, tous genres confondus, je trouve qu'il y a quand même pas mal de choses originales et bien faites. Mais forcément, si on s'arrête aux Tuches et aux comédies qui sortent à la chaîne avec toujours la même recette...Et puis il faut aussi prendre en compte qu'on ne pourra jamais avoir les mêmes moyens qu'Hollywood pour faire des films à gros budget qui en mettent plein la vue. Non seulement les films Hollywoodiens ont de base un nombre de spectateurs potentiels bien plus important sur le sol américain, mais en plus ils s'exportent beaucoup plus, alors que les films français n'ont pas tout ça.Besson a bien essayé de faire des films en anglais dans l'espoir de parvenir à d'avantage les exporter, mais ça ne lui a pas réussi, et on sait d'avance que l'exercice est beaucoup plus risqué pour un film français.Ça n'a pas empêché deux très bons films d'action comme les Largo Winch de se faire, mais le risque est grand, donc les producteurs n'ont pas nécessairement trop envie de le prendre.
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