2.5 - Moyen
Tous les génies de pixar ne sont pas voués à réaliser des chef d'oeuvre live. Alors que Brad Bird faisait des exploits avec "Mission Impossible : protocole fantôme", Andrew Stanton propose une oeuvre simplistes, sans relief et sans aucune personnalité. Malgré des effets spéciaux epoustoufflants, des scénes de bravoure intenses, des combats aériens plutôt interessants, l'ensemble souffre d'un défaut rythmique qui plonge trés vite l'oeuvre vers la lassitude. Scénaristiquement, cette énéme relecture des contes enfantins, entre la princesse, le preux chevalier, le méchant, le peuple hostile etc, on nous sert tous les clichés. Cela aurait pu être davantage stupéfiant, si le réalisateur s'était orienté vers une vision originale et non pas mettre en place son film comme simple spectateur des événements. Disney oblige, les relations entre les personnages tiennent sur deux confétis : une princesse qui, pour sauver son peuple, est contrainte de se marier, mais veut pas (ouhhhhh c'est culte) ; un ennemi, qui prétend vouloir la sereineté sur la planété Barsoom, qui demande le dit mariage pour représenter la paix (ouhhhhh du jamais vu !) ; un bel appolon, taillé sur mesure, grand soldat sur Terre et masquotte de la guerre sur Mars, qui s'éprend de la belle princesse et en oublie de vouloir rentrer chez lui (ouhhhh que de surprises en surprises). Cependant, les Tharks se montrent agréables et l'ensemble des scénes qui les mettent en valeur sont agréables visuellement et cinématographiquement. Au delà de cela, dont cette accumulation de stéréotypes mille fois utilisés, Stanton est appuyé par des comédiens qui n'en font pas des tonnes et ne se cantonnent pas à faire de la figuration. Ainsi, Taylor Kitsch en tête livre une prestation honnorable qui ne restera pas dans les annales du cinéma mais rompt l'impression de n'avoir été engagé que pour son joli minois. Quant à Lynn Colins, elle sert pas à grand chose, si ce n'est montrer ses courbes à la fin, ou se positionner comme témoin rebelle d'une défaillance dans le systeme et gagner la guerre. Guerre qui, pour le coup, n'interpelle personne, et ne semble pas être aussi atroce et violente qu'on voudrait nous le faire croire. L'intrigue se décompose en plusieurs temps, découpée en elipses (qui, par ailleurs, sont appréciables notamment les flash back concernant notre héros), allant de John Carter sur Terre à John Carter sur Mars. La mise en scéne technique et la photographie soignée permettent de passer d'excellents moments lors de ces passages sur Terre. On y trouve un héros qui ne se bat pour aucune cause, et se crée des ennuis. D'autre part, certains passages sont complétement inutiles et plombent le rythme, dont les scénes avec le colonnel Powell qui, de toute évidence, n'apporte rien au déroulement de l'histoire. Certains retournements de situation sont ridicules. Mais la beauté artistique surprend et, à défaut de nous emmener voyager, nous ébloui les yeux par la qualité des effets numériques. Souvent annoncé comme l'héritier de Star Wars, d'Avatar et on en passe, John Carter en bien loin de prétendre à s'inspirer de l'univers de la premiere reference, mais s'avére globalement aussi peu inspiré que la seconde. Musicalement, Michael Giacchino n'arrive pas à cerner de théme musical au film, la bande originale étant d'un classissisme déroutant. Humour pataud, récit bâclé, "John Carter" n'a rien de la révolution annoncée et ne fait que démontrer, tristement, ô combien la planété Mars (Barsoom) est vide.
Ajoutée le 25 mai 2012 à 12h06
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