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Christian Duhourcau
1 abonné
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5,0
Publiée le 23 septembre 2026
Évidemment un chef d’oeuvre du film historique et ethnique avec deux grands acteurs -Robert de Niro et Jeremy Irons- et surtout la musique divine d’Ennio Moriconne. Et quand on pense que c’est une histoire vraie, c’est à pleurer.
Un prêtre emporté par les chutes d'Iguaçu, une croix qui coule lentement vers le fond de l'eau : l'image d'une foi qui se noie sous nos yeux. "Si la force fait le droit, alors l'amour n'a pas sa place dans le monde", tout est dit. Étonnamment, je croyais regarder la conversion des Guaranis mais j'ai fini par assister à la corruption des pouvoirs qui prétendent agir en leur nom. L'Église réécrivant la parole de Dieu comme les couronnes espagnole et portugaise réécrivent leurs traités, un vieux mécanisme qui n'a hélas pas pris une ride. Pour lutter, Gabriel choisit la prière, Mendoza reprend les armes, et aucune des deux voies ne sauve personne : leur double martyre dit à lui seul l'impuissance de la vertu face à la raison d'État. Le film a le courage de dénoncer l'esclavagisme et l'impérialisme, mais flirte parfois avec le récit du sauveur blanc, comme s'il fallait sanctifier des jésuites pour raconter le massacre d'un peuple. Dommage aussi que les colons restent des silhouettes, que l'Église ne soit jamais vraiment fouillée dans sa duplicité, et que les Guaranis, trop souvent réduits au silence, n'existent presque jamais par eux-mêmes.
La mise en scène a la gravité d'un tribunal, comme si le jugement était déjà rendu ailleurs. Les trente premières minutes, portées par l'ascension des chutes et l'apparition du hautbois, installent une tension magnifique, et le dernier acte, sec comme une tragédie antique, ne desserre jamais la mâchoire. Entre les deux, le film souffle un peu plus court, l'installation de Mendoza dans la mission et la diplomatie du cardinal peinant à retenir la même tension. Le film, dans son ensemble, mise sur des dialogues sobres, où tout passe par le silence et le hors champ plutôt que par les mots. Cette économie nourrit un vrai rythme contemplatif, mais laisse aussi les seconds rôles trop esquissés.
Visuellement, c'est une splendeur. Roland Joffé filme la grandeur de la jungle avec presque plus de conviction que l'intériorité de ceux qui la traversent, et les scènes de vie guarani comptent parmi les plus réussies du film. On regarde, saisi, sans toujours être emporté, mais il se passe indiscutablement quelque chose. Il y a aussi Morricone, dont la mélodie a traversé les générations bien au-delà du film qui l'a vue naître. Le duo De Niro-Irons fonctionne par contraste, et les deux acteurs livrent une performance habitée. Irons est tout en calme, il apprivoise la flûte et reste serein jusque dans la douleur. De Niro, plus fougueux, traîne son armure dans la jungle comme une pénitence. Chez lui, toute la métamorphose passe par le corps. Mission est une blessure silencieuse, il lui arrive de perdre son souffle narratif, mais jamais sa gravité morale, et l'on ne peut y rester indifférent.
J'ai adoré ce film. Robert De Niro, Jeremy Irons et Liam Neeson pour ne citer qu'eux, jouent très bien leurs rôles et sont tous les trois vraiment touchants De Niro regrette son passé de meurtrier et d'esclavagiste et devient chrétien de manière innatendue. Il rejoint Jeremy Irons et Niam Neeson, deux chrétiens jésuites, et se met au service du Christ avec eux. Ils montrent alors tout leur amour envers les Guaranis et les protègent de l'esclavagisme des espagnols et des portugais. Ce film met aussi bien en évidence l'absurdité de ceux qui oeuvrent sans conscience, c'est-à-dire ceux qui sont aveuglément au service de politiciens corrompus, et qui après avoir fait le signe de croix devant une croix en bois sur le territoire des Guaranis, se mettent à massacrer des milliers d'innocents... Et dire que cela est inspiré de faits réels qui se sont déroulés dès 1750. Ce film est une déclaration de guerre à la bêtise humaine et une magnifique défense du Christianisme, souvent moqué encore aujourd'hui. A regarder avant de mourir...
Palme d'or en 1986, Mission de Roland Joffé est un magnifique film, dénonçant la colonialisme et l'extinction des peuples indiens. Si Danse avec les loups reste le chef d'oeuvre ultime, celui là réussit tout de même à transposer la pensée des personnages des prêtres : Le souhait d'un monde de partage et d'un équilibre possible.
Jumelé à la musique exceptionnelle de Ennio Morricone, le film se conclut de la brillante manière. Cette émotion grandissante glorifie le film tout comme le duo Jeremy Irons/ Robert de Niro
Un très beau film porté par les images et la musique. Les cadrages sont super bien réalisés. Pour un film des années 1986, il n'a pas pris une ride. De plus des fortes questions existentielles sont abordés tout en rappelant qu'encore aujourd'hui des prêtres et des personnes risquent leur vie pour soutenir les peuples autochtones.
tellement un chef d'oeuvre, j'en pleure de tristesse de voir autant de dégats des colons occidentaux qui ont détruit le peuple des guarana et de toute l'amazonie, une musique grandiose aussi belle que la foret amazonienne
J'étais pas parti pour mettre une telle note. Si "La mission" est sans conteste un très bon film, je lui remettre la Palme d'or 1986 me paraissait être d'un enthousiasme un peu excessif. La seule chose irréprochable réside dans la grande qualité de la distribution, dont un Robert de Niro très touchant. Le reste est solide mais un poil décevant : les images sont belles mais il y avait matière à donner une photographie et des plans plus à la hauteur ; la musique, principalement des chants catholiques, est touchante mais pas toujours à propos ; le scénario a d'excellentes idées mais plante mal le décor et prend trop de longueurs. Cependant le réalisateur a eu le bon goût de faire prendre à son film une toute autre direction que celle indiquée par le synopsis, à savoir un affrontement entre le prêtre et le mercenaire : il n'en est rien, et dès le premier quart d'heure cette querelle disparaît avec beaucoup de grâce pour permettre à De Niro de nous livrer une interprétation riche et pleine de sensibilité. Le film se mue en fresque politico-religieuse sur le déchirement des Européens du Nouveau monde entre leur foi et leur suzeraineté, avec au milieu de ça une Église elle-même déchirée entre ses pouvoirs spirituel et temporel. La scène finale, spoiler: grandiose mais silencieuse procession eucharistique des autochtones et des jésuites en communion , est d'une beauté et d'une grâce telles qu'une note inférieure serait bien cruelle.
Palme d'or en 1986, ce film de Roland Joffé n'est pas transcendant. J'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à cette histoire de Jésuites en Amérique du Sud, c'est un thème mortellement ennuyeux. Malgré la présence d'acteurs très talentueux (De Niro, Jeremy irons, Liam Neeson), la sauce ne prend jamais. Il est vrai que la nature est superbe et que les chutes d'eau sont magnifiques mais ce n'est pas suffisant. On s'ennuie ferme.
Après la maestria d'une première heure 1/4 vraiment réussie (décor naturel, acteurs, rythme, musique), le souffle retombe un peu pendant 30 min durant lesquelles il aurait été plus intéressant de montrer des scènes avec de l'enseignement, de la religion et des échanges multiculturels et d'en profiter pour donner plus de texte au duo d'acteurs phare (d'ailleurs très bon Jeremy Irons) et je dirai même au trio en englobant Liam Neeson, plutôt que d'être dans cette attente un peu inerte et stérile avant la scène finale. Scène finale qui ensuite, sans être d'une efficacité folle au niveau de l'action, est correcte, alors au final: bon film.
Le sujet du film est intéressant mais je n'ai pas adhéré à la langueur lancinante instaurée tout du long. Il y a facilement 30min de trop, comblé par des scènes peu intéressantes. Une contextualisation plus forte de la place des jésuites et des mercenaires aurait été un plus à la compréhension globale.
Il est vrai que la fin du film lui donne une aura légendaire. Il a la force apocalyptique d’un « voyage au bout de l’enfer » avec cette paix et cette joie saisissante tout au long du film qui en était le si beau préambule. Superbe incarnation des acteurs qui sont apprivoisés par les autochtones. Le film, en étant également un récit historique, est bouleversant et grandiose.
On n'est pas loin du chef d'œuvre, notamment grâce à la performance exceptionnelle et au charisme de Robert de Niro. Somptueux de sensibilité et d'intelligence. Et la musique d'Ennio Morricone est incroyable. L'une des plus belles musiques de film de tous les temps.
En 1750, en Amérique du Sud, la communauté d'indiens Guarani dirigée par le père jésuite Gabriel voit son existence paisible menacée par les tractations politiques et coloniales entre l'Espagne et le Portugal, arbitrées par le Saint-Siège. Jungle somptueuse et chutes d'eau fabuleuses, Roland Joffé met en scène la mission retirée du père Gabriel, lequel a réussi son évangélisation, dans ce qui ressemble à un un petit paradis. Mais on sait que les paradis ne sont pas des sanctuaires et qu'en ces temps d'expansion coloniale, les européens saccagent tout ce qu'ils conquièrent...
Dans ces contrées admirables, le réalisateur s'attache habilement à conjuguer l'authenticité historique et ethnologique, des considérations humanistes incontournables avec une mise en scène spectaculaire autant que d'une grande beauté formelle. Fort de cette riche matière, Joffé peut aussi compter sur deux acteurs vedettes dans des rôles intéressants, modestes, au sens où, n'occupant pas constamment le devant de la scène, Robert de Niro et Jeremy Irons se fondent humblement dans un histoire qui n'est pas que la leur. Irons est ce jésuite oeuvrant sincèrement pour la paix et l'amour du prochain. Plus complexe, on découvre en préambule le personnage de de Niro, ce Mendoza féroce, mercenaire et trafiquant d'esclaves dont la destinée est bientôt liée à celle du prêtre et des indiens. De Niro impose son charisme dans un personnage intériorisé et laconique, bien éloigné de ses rôles spectaculaire de gangsters italo-américains. Enfin, la musique d'Ennio Morricone donne à l'action et au sort des uns et des autres une dimension encore plus hiératique et tragique.
Indéniablement un chef-d'oeuvre. L'interprétation de Jeremy Irons et de Robert de Niro _ au sommet de leur art _ atteint au sublime. La musique d'Ennio Morricone, qui signe ici l'une de ses plus belles partitions, et la réalisation de Rolland Joffé sont magistrales. Porté par un souffle mystique d'une puissance rarement égalée au sein du 7ème Art, "Mission" fait partie de ces films laissant un souvenir inoubliable. Du très grand cinéma.