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    Bande de filles
    note moyenne
    2,9
    2249 notes dont 264 critiques
    répartition des 264 critiques par note
    16 critiques
    63 critiques
    75 critiques
    61 critiques
    33 critiques
    16 critiques
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    264 critiques spectateurs

    Loskof
    Loskof

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    4,0
    Publiée le 29 octobre 2014
    A priori il faut être assez soft dans sa critique sur ce film pour qu'elle soit validée donc je vais faire de mon mieux. A la base je ne pensais pas aller voir ce film, déjà je n'étais même pas sur qu'il soit dans mon ciné mais à ma grande surprise il était programmé dans une salle. Et bien quelle bonne surprise ! Le cinéma d'auteur français regorge de talents et même si ce n'est pas le film que j'ai le mieux noté cette année c'est surement un des plus marquants que j'ai pu voir. En fait j'ai adoré dès la 2ème scène où l'on voit la bande de filles rentrer chez elle après un match de football américain. Elles discutent toutes en même temps, dans un brouhaha assez comique, puis arrivent aux pieds de la cité, voient les garçons au loin, et tout le monde se tait et passe tête baissée. Sublime ! C'est sublime de voir qu'en 2min, avec une scène toute simple, la réalisatrice arrive déjà à nous faire passer un message, à montrer une réalité. Et tout le film va être comme ça. On colle au plus près de l’héroïne, on nous montre la réalité, sa réalité en fait, et il n'y a aucun jugement qui est posé. On voit des séquences drôles, des séquences socialement non acceptables (bagarre, vol) mais le tout sans jugement. Il n'est pas question de légitimer un comportement ou de le condamner, on le montre, c'est tout. Et justement cette réalité est magnifiquement décrite, le fait que l'avenir se joue avec l'école, que les garçons font la loi, qu'une fille doit se comporter comme un garçon pour être acceptée, que ces filles se provoquent pour exister. Les relations entre garçons et filles est le point qui m'a le plus marqué car montré de façon très intelligente. En plus le film se permet d'être parfois franchement drôle, je pense à la scène du mini-golf, les actrices débordent tellement de gaieté que la salle était contaminée ! Idem avec la scène de danse sur du Rihanna, je déteste ce genre de musique, mais là ça passe incroyablement bien, c'est juste beau. Après je trouve que le film dure 20min de trop, car la dernière séquence n'est pas la meilleure, ce n'est pas la plus belle et elle laisse un goût d'inachevé même si le dialogue dans la chambre d'hôtel est incroyablement vrai (qu'est-ce qu'il faut faire de sa vie? quelles sont les opportunités?). Vraiment c'est rafraichissant un tel film, de voir la banlieue filmée sans jugement, de faire un éventail des comportements, de leurs causes, de leurs conséquences sans qu'il y ait de critique. J'ai vraiment pensé à 17 filles devant ce film, le film possède les mêmes qualités, en décrivant une réalité complexe, et en le faisant bien, en proposant des séquences justes, avec des dialogues vrais. Une belle surprise, et je pense qu'il y aura de la place aux Césars pour ce film.
    brunetol
    brunetol

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    0,5
    Publiée le 26 janvier 2015
    Je ne suis pas allé le voir à sa sortie, j'avais des a-prioris, je flairais le naufrage. Ressorti en salles par Telerama, j'ai voulu quand même me faire ma propre idée plutôt que d'en dire du mal sans l'avoir vu. J'en suis sorti mi-furieux, mi-euphorique. Malgré le supplice subit, démolir cette horreur sera un vrai plaisir. Voilà le topo : le fonds d'aide de la Région Ile-de-France vous présente sa nouvelle production, tournée par les élèves d'une classe de seconde de la Courneuve, lors d'un atelier animé par une spécialiste de la crise d'adolescence, Céline Sciamma. Inspiré par les meilleures séries d'Azoulay et Berda ("Les musclés", "Hélène et les garçons", "Premiers baisers"), "Bande de filles" suit l'initiation de Vic (oui, comme dans "La Boum") qui passe de l'adolescence insouciante et dansante à l'austère âge adulte dans le dur monde de la banlieue black-beur - très original ! Ce n'est pas tout. Révoltant dans la forme, le programme du film pourrait se résumer à : "Céline Sciamma au zoo", mais c'est sûrement inconscient, ne lui faisons pas de mauvais procès. Totalement fascinée par ses actrices, dont elle oublie de faire des personnages, elle se contente de les exhiber avec complaisance comme des animaux savants, tout en les maltraitant (c'est la règle du dressage), soit qu'elle les laisse (très mal) improviser en roue libre avec 3 mots de vocabulaire, soit qu'elle leur impose d'ânonner par cœur ses propres dialogues lamentables avec l'air inspiré d'élèves de 1ère année au Cours Florent ; spoiler: le clou étant la tirade sur le "moment parfait à Disneyland" qui m'a arraché un fou rire nerveux. Sciamma n'a rien à dire sur la jeunesse ou la banlieue, elle se contente de la fantasmer dans son coin, de façonner des digressions futiles sur des archétypes et des clichés - les grands-frères tyranniques, les parents dépassés, la violence omniprésente - jusqu'à un éloge complaisant de la sauvagerie, mais sans l'énergie puissante et imaginative d'un Larry Clark, ou la légitimité quasi-documentaire d'un Rachid Djaïdani ("Rengaine"). Pour couronner le tout, sa mise en scène reste collée au sol, plate, froide comme un Dardenne surgelé, tout juste pimentée de quelques clips poussifs sur la musique de Para One, et la fameuse scène sur "Diamonds in the sky", totalement gratuite, située dans une chambre d'hôtel improbable, mais qui permet de se souvenir que c'est un sacré bon morceau.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,0
    Publiée le 10 janvier 2015
    [Edit] Je crois rêver, ne pas publier ma critique pour vulgarité ? Où ça ? Faut arrêter de faire n'importe quoi. Parce que j'ai utilisé le mot "merde" ? Mot qu'on utilise tous 10 fois par jour ? Mot qui n'est rien à côté de la vulgarité utilisée dans le film ? Surtout que c'est pour qualifier un travail... Parce que ouais je pense que ça ne fait rêver personne de faire carrière comme de ménage... Incroyable cette hypocrisie, surtout lorsqu'on lit vos articles bien plus vulgaires que mes critiques... Bande de filles je l'attendais ! J'adore ce que peut propose Sciamma comme cinéma, un cinéma qui est profondément vrai, ça l'était dans naissance des pieuvres, dans tomboy aussi, donc forcément Bande De Filles n'échappe pas à la règle ! J'émets immédiatement ce que j'ai moins aimé, comme ça je pourrai y aller à fond dans l'éloge ensuite, la dernière partie est moins marquante que le reste et c'est vraiment dommage. Sinon, tout le reste est excellent et le film va bien sûr se faire insulter de toutes parts, sauf qu'en fait je pense qu'à la fois les gens d'extrême droite croyant au "grand remplacement", les féministes, les racistes, les militants anti-racistes trouvent leur compte, parce qu'en fait tous y trouveront ce qu'ils défendent. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que Sciamma présente une réalité complexe qui va plus loin qu'un sympa constat bête et méchant qui dirait que : "les noirs sont des victimes" "les hommes sont dangereux" ou je ne sais quelle ânerie. Bande De Filles ne veut pas dresser un portrait élogieux de la banlieue, il veut la montrer telle qu'elle est au travers du regard d'une ado de 16 ans, timide, qui va se faire une place dans une bande de fille et enfin exister. On voit donc son quotidien entre son frère qui fait sa loi à la maison, sa mère absente avec son travail de merde, sa soeur et elle qui s'occupent de sa plus petite soeur, ses amours, etc. Tout est là. Le film n'est jamais misérabiliste, il est avant tout beau malgré la dureté de ce qui est montré là. C'est un film plein de tendresse, de moments de bonheur, parfois éphémères, souvent éphémères d'ailleurs. Parce que le film dresse malgré tout en filigrane une dure réalité pour les jeunes de banlieue, quelles sont les options une fois qu'on les laisse plus continuer les études générales ? Le CAP, la prostitution, devenir mère au foyer, dealer, le même travail que sa mère, voler ? On voit bien que l'ascenseur social est bloqué, qu'elle n'a aucun moyen de sortir de sa cité, que le seul moyen c'était l'école et que c'est mort... elle a laissé passer sa chance... trop tard, ce n'est plus le souci de personne. Et malgré la dureté du constat, c'est drôle, c'est frais, c'est beau, c'est plein de vie. La scène où elles dansent toutes les quatre sur je ne sais quelle musique commerciale c'est juste sublime, l'un des plus beau moment de cinéma de l'année (sans doute avec 2 jours 1 nuit avec la scène où Timour (?) tombe à genou... ou bien avec l'étreinte de P'tit Quinquin). ça fait un bien fout de voir ça au cinéma. Et je pense que ceux qui le critiquent comme on avait critiqué Tomboy lors de son passage sur Arte pour avoir soi-disant véhiculé la théorie du genre ne l'ont juste pas vu... En quoi est-ce mal de montrer la vie de jeunes de banlieues avec leurs espoirs, leurs joies, leurs tristesses ? Parce qu'il ne faut pas croire qu'on a un film là qui sera un antiraciste sans cervelle. Parce que personne dans le film n'est tout blanc ou tout noir. Loin de là, et l'héroïne encore moins... Bref c'est vraiment splendide.
    Clingo
    Clingo

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    5,0
    Publiée le 22 octobre 2014
    La sortie des séances réserve parfois son lot de commentaires un peu honteux qu'on préférerait ne jamais avoir entendus. A la fin de Bande de Filles, dans le couloir du cinéma, une dame donne son avis : " C'est tellement pas mon monde que je suis pas rentrée dedans ". Cette femme, n'ayant probablement jamais vécu au dix-huitième siècle ni dans l'Ouest américain, ne regarde donc jamais de film sur la Révolution française ni de western. Elle ne daigne certainement pas s'intéresser à la trilogie rurale de Raymond Depardon et n'a jamais vu Alien. Parmi les beautés du cinéma, il y a celle de découvrir d'autres univers, de plonger dans un monde qui nous est inconnu, pour en voir les moeurs, et peut-être aussi pour se rendre compte que ces mondes différents du nôtre n'en sont finalement pas si éloignés. Dans Bande de Filles, Céline Sciamma filme la banlieue, et il pouvait y avoir une crainte à ce qu'une cinéaste " intellectuelle " s'aventure sur ce terrain qui n'est pas le sien. Mais les préjugés s'envolent vite car de son film, Sciamma extrait une universalité, quelque chose qui n'est pas l'exclusivité du microcosme de la banlieue et de ses habitant(e)s. Elle filme des filles, simplement, et même si le contexte social a son importance, l'essentiel tient dans la place donnée à l'être humain. Ce qui compte, c'est que Céline Sciamma regarde les jeunes filles qu'elle filme. Il y a une séquence emblématique de sa volonté de donner une importance à une population qui n'a pas l'habitude d'être regardée, au cinéma ou ailleurs - des jeunes filles, des jeunes filles noires de banlieue - : Dans le métro, Lady met la musique à plein volume, une situation agaçante dans la vie quotidienne pour les personnes alentour. Les filles s'amusent, et Sciamma ne fait pas ce que bon nombre de cinéastes auraient fait : elle ne filme pas la réaction des autres usagers. Elle concentre son attention sur la bande, elle ne veut pas s'en détacher. Elle se fiche complètement de ce que le spectateur attend. La grande intelligence du film réside en partie ici, ne pas donner ce que l'on attend, détourner sans cesse le scénario vers autre chose, par exemple, que le film social envahi par les clichés. Tout ce qui pourrait paraître lourd est constamment détourné par une finesse d'écriture hallucinante, il y a du symbolisme, des gestes faciles, mais il n'y a aucun souci à les accepter parce qu'il y a de la sincérité qui transpire à chaque seconde du film. Sciamma n'a pas peur de faire du Cinéma, de s'autoriser à filmer des choses a priori incohérentes dans l'ensemble, mais qui révèlent finalement quelque chose de fort. L'exemple typique d'une telle ligne directrice est peut-être la séquence de la chanson de Rihanna, qui pourrait être de trop, qui pourrait " faire genre ". Mais la séquence n'a plus besoin de démontrer sa pertinence quand elle se situe à un tel moment du film où l'on s'est déjà attaché au groupe, et l'on comprend dès lors la beauté du moment, le lien fort qui unit ces quatre magnifiques jeunes filles. La séquence n'est plus gratuite car elle a dit toute leur amitié, et l'effet, d'une manière plus générale, n'est jamais une afféterie stylistique dans Bande de Filles. La maîtrise de Céline Sciamma est toujours au service de l'émotion et du discours. C'est le cas du travelling d'accompagnement, à deux reprises notamment, qui outre sa beauté visuelle, son petit côté jouissif, a une portée forte. Dans la première séquence, le travelling suit un groupe de filles dont les mots créent un tel désordre qu'il est impossible de comprendre ce qu'elles disent, puis elles se taisent subitement quand elles approchent de garçons. Le refus de la coupe apporte un effet saisissant de contraste, et immerge un peu plus le spectateur au sein du groupe. Dans la seconde, Marieme pénètre un appartement de petits bobos friqués pour y livrer de la drogue. De l'extérieur du bâtiment jusqu'au moment où elle en ressort, la caméra plonge avec elle dans ce monde qu'elle ne connaîtra jamais. La musique de Para One couvre les quelques mots échangés dans l'appartement. On n'entend rien, et pourtant on comprend la portée sociale, le " message " qui n'en est pas ouvertement un parce que Sciamma ne fait pas un film pour asséner des vérités. Il y a quelque chose de profondément réjouissant à voir un film dont on ne pourrait attendre rien de plus que du naturalisme, aller vers une esthétique particulière, prendre forme et ne pas s'enfermer dans des carcans de genre. Du genre justement, mais dans un autre sens, il est aussi question dans Bande de Filles. Dans Tomboy, la petite Laure se faisait passer pour un garçon et on ne savait pas tellement pourquoi. La liberté d'interprétation était laissée aux spectateurs, et cette absence de justification démontrait déjà la subtilité de la cinéaste. Dans Bande de Filles, la question du genre est traitée, mais dans une dimension plus sociale. A travers la transformation de Marieme et sa dérive vers un comportement " masculin ", c'est de la banlieue dont il est aussi question, et cette question est celle de la place d'une fille dans un tel environnement. Le film est très juste dans sa description d'un monde où l'on ne peut survivre que si l'on adopte des codes spécifiques, masculins. A travers la notion de genre, Céline Sciamma pose cette question de film en film depuis Naissance des Pieuvres : comment trouver son identité ? Et par extension, comment trouver sa place, que ce soit dans un groupe d'ami(e)s, ou dans la société ? D'une intelligence profonde, d'une folle audace et d'une beauté bouleversante, le troisième film de Céline Sciamma vient confirmer le talent d'une des cinéastes les plus intéressantes de sa génération, en pleine maîtrise de son art. " Brillant comme un diamant ", éclatant comme ses personnages, le film est magnifique.
    Miltiade
    Miltiade

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    3,0
    Publiée le 21 octobre 2014
    L’adolescence, l’environnement morne des cités, le choix d’une identité : le cinéma de Sciamma a déjà trouvé des thèmes de travail. La mise en scène de Céline Sciamma est toujours aussi distinguée et réfléchie : une volonté de réalisme et d’immersion qui n’est pas portée par des plans prise caméra à l’épaule mais par des plans fixes, composés, électrisés par la superbe musique de Para One. Mais la vision de « Bande de filles » provoque un léger malaise. Quelque chose cloche dans ce film, qui sonne parfois faux. Il y a un problème de distance entre Céline Sciamma et l’objet de sa mise en scène. Une ambigüité dans la démarche de l’auteur qui n’est pas dépassée par la puissance de son sujet : la faute peut-être à cette histoire volontairement classique, dont la construction trop étudiée fait parfois voler en éclats l’impression de réalisme pourtant recherchée.
    Ewen Blake
    Ewen Blake

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    1,5
    Publiée le 5 mai 2016
    Il vrai que je connais mieux la campagne de province que les banlieues de Paname et Les vallées du Monde me sont plus familières que celles du Figaro. Peut-être suis-je également trop innocent et peu trop peu sensibilisé à la rhétorique Zemmourienne mais pour un film prétendu réaliste j'ai trouvé Bande de filles incroyablement caricatural, à la limite du racisme. Quel malaise à la lecture du cadre de vie : la mère qui fait le ménage, le père absent, le grand frère tyrannique (on a pris un acteur avec la tête de l'emploi !) qui assume son rôle de chef de famille à la force du poignet (au sens littéral). L'altercation entre les deux bandes de filles dans le métro. Franchement, ce ne sont plus des cassos mais des animaux ! Même la hiérarchie des valeurs m'a choqué. La seule fois où l'héroïne remonte dans l'estime de son frère c'est lorsqu'elle se bat et humilie une autre fille ! On se croirait au paléolithique. Le problème c'est que je me suis très peu reconnu dans l'héroïne. Lorsqu'elle a l'opportunité de faire les ménages pendant les deux mois d'été et qu'elle le fout en l'air pour aller danser à la Défense ("quelle fraicheur" diront les critiques) ! A part les plus privilégiés, on est tous passé par là. Comment développer de l'empathie face à quelqu'un qui refuse l'effort et préfère raquetter une gamine de 12ans ? Il y a tout de même de beaux moments dans ce film comme lorsque les filles rentrent du foot et deviennent silencieuses sans même se concerter en passant auprès des garçons. Même si elle traduit le machisme du ghettos et la sourde domination sexuelle qui y règne, la réalité qu'elle dépeint m'a paru tout à fait juste et plausible. Beaucoup plus que la fille qui se fait tondre parce qu'elle a perdu un combat de rue. Au final ce qui ressort de ce film c'est le paradoxe entre son apparente joie de vivre, son dynamisme et le déterminisme glaçant qu'il véhicule : les banlieusards sont condamnées, ils n'ont aucune échappatoire à la vie merdique qui les attend s'ils ont laissé passer le train de l'école : dealers, voleuse, prostituée, mère au foyer; l'éventail des possibles est tiré : choisissez votre carte. Rajoutez à cela le creux des personnages (peut-être le plus choquant dans l'oeuvre de Sciamma) : notre héroïne n'a pour loisir que la PlayStation, le shopping et le bourrage de gueule dans une chambre d'hôtel miteuse en chantant du Rihanna. Quelle tristesse. Pas étonnant que certains préfère échapper à leur destin dans la religion ou dans Daech. Quels autres choix ont ils ? Pour finir je me demande si Bande de fille ne doit pas son succès critique dans sa capacité à renforcer les clichés et conforter les spectateurs dans leur vision pré-établie condescendante (et non pas réaliste et sans jugement comme l'auteur le prétend) de la banlieue et ses habitants.
    Farafino
    Farafino

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    0,5
    Publiée le 28 octobre 2014
    Dès la scène générique d'introduction ( le match de foot US ), j'ai compris qu'il s'agirait d'un film sans exigence de réalisme. La scène suivante est la meilleure du film, on pense que la première impression était fausse............mais non. Je n'ai rien contre l'idée que l'on dépeigne une équipe de jolies jeunes filles noires de banlieue à la dérive, dans leur réalité consternante de médiocrité et de nihilisme, d'injustice sociale, de domination et d'aliénation, mais il y a une telle complaisance dans ces données que le film y stagne sans jamais prendre de relief, ni n'inspirer la moindre réflexion intéressante... Il y a tant de choses passionnantes à dire sur ce milieu des noires en France et c'est ça qui sort du chapeau !? Quelle déception ! Quelle frustration ! Et même, quelle humiliation ! Il n'y a aucune promotion culturelle, aucune plus value émotionnelle.... Juste de la consternation.... A peu de scènes près, tout sonne faux, jusqu'à prêter à rire, tout est d'une caricature odieuse, et le film dans son ensemble inspire au mieux une grande pitié, sinon une grande exaspération..... Des idées fortes apparaissent mais rien n'est exploité à sa juste valeur, et en définitive, on est agacé par un jeu très approximatif et une absence de positivité quelconque........ On sort de la salle, surpris d'avoir tenu jusqu'à la fin....
    Olivier Barlet
    Olivier Barlet

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    4,0
    Publiée le 22 octobre 2014
    Il n'est ainsi pas neutre de choisir des adolescentes noires pour exprimer ce qui fait la base du cinéma de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Tomboy) : la construction du féminin, l'affirmation des désirs, le jeu avec les identités. Elle trouve en elles la vitalité nécessaire à son propos. Car si Bande de filles sert les filles qu'il met en scène, c'est en rendant compte de leur magnifique énergie, c'est en filmant - sans justement les enfermer dans le stéréotype autre que celui qu'elles travaillent elles-mêmes en résistance - leurs gestes, leurs danses, leurs paroles, leurs formules, et cela dans les espaces qu'elles se créent, comme ces chambres d'hôtel qu'elles louent pour pouvoir être entre elles. Il y a de la rage dans cette énergie, et c'est cette rage qui permettra à Vic de sortir du déterminisme de son environnement social, et cinématographiquement de sortir du cadre. La transgression, beau programme !
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    1,0
    Publiée le 3 novembre 2014
    Aïe aïe aïe… J’ai beau apprécier la patte de Cécile Sciamma d’habitude, là c’est vraiment trop… français. Et qu’on me comprenne bien quand j’utilise un tel qualificatif, ce sont bien les convenances du cinéma hexagonal que je vise : 40 minutes de situation initiale ; présentation didactique des enjeux ; focalisation extrême sur les déterminismes sociaux ; dialogues très pauvres qui se contentent de surligner la lecture sociale voulue par l’auteur… Pour moi ce n’est juste pas possible à suivre. Le pire c’est qu’il y a bien deux trois séquences, deux trois instants, qui savent traduire le savoir-faire et la délicatesse suave de Cécile Sciammia, mais à mes yeux, il manque tout ce qui devrait y avoir autour pour que ça fasse de ce « Bande de filles » un film enivrant. Car non, je suis désolé, mais simplement se contenter d’enchainer des « tranches de vie » pour sensibiliser et initier les gens à ce que c’est de vivre en banlieue, c’est bien peu, c’est même très pauvre, surtout quand on a déjà mis un pied en banlieue. Et tout ça pour dire quoi au final ? Simplement pour nous apprendre qu’être une jeune fille noire en banlieue spoiler: c’est dur . Et le pire, c’est que je dis ça sans animosité aucune. J’aime bien Cécile Sciamma. J’aime bien son regard. Mais là, pour moi, ce film est juste une ébauche pas réfléchie qui n’offre pas plus que ce que n’importe qui pourrait en attendre et s’en imaginer.
    Brandon W.
    Brandon W.

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    1,5
    Publiée le 5 décembre 2014
    Trop de clichés pour un film qu'on attendait comme du renouveau... Une Realisatrice qui ne change pas...
    NammJones
    NammJones

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    1,5
    Publiée le 6 novembre 2014
    Sciamma nous livre une histoire sans scénario, sans profondeur et quasi sans intérêt en plus d'être totalement banale. On y "découvre" la vie d'une jeune fille qui pourrait être réaliste sans ces acteurs tous plus mauvais les uns que les autres. On doit supporter beaucoup de longueurs inutiles, qui ne font pas avancer les choses mais qui cachent probablement un manque d'idées. L'histoire n'a ni queue ni tête, pas d'intrigue et une mise en scène qui a oublié l'émotion. On nous saoule de fausses images fortes spoiler: comme lorsqu'elle prend le couteau et qu'un plan d'une minute est fait sur son dos . Ça n'a aucune signification intéressante pour la suite du film ! Et tout le reste est sur la même lignée. On peut aimer si on n'a jamais rien vu de tel mais de là à mettre 5 étoiles à un film comme celui-là, c'est du mensonge pur et dur !
    pierre72
    pierre72

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    4,0
    Publiée le 24 octobre 2014
    Vouloir réduire "Bande de filles" à une version de "La haine", qui semble être le positionnement de pas mal de médias en ce moment, n'est pas rendre service à ce film. Certes une énorme énergie se dégage de l'ensemble, mais le projet est assez loin d'être un constat sur la vie des filles en banlieue. Le propos de Céline Sciamma est autre ou tout du moins bien moins réducteur. Le titre joue déjà l'ambiguïté ."Bande de filles" peut également sonner comme une insulte proférée par une bande de cons ou une bande de ploucs. C'est sur cette notion de minorité sexuelle cherchant à s'émanciper que la réalisatrice développe son histoire. C'était la thématique de ces deux précédents films (les excellents "Naissance des pieuvres " et "Tomboy" ) mais ici, cela prend une dimension supplémentaire tant son choix des personnages et son immersion en banlieue donnent un caractère éminemment plus politique. Cette bande de filles, existe bien dans l'histoire mais n'en est pas l'élément principal. Dès la deuxième scène du film, magnifique, nous en sommes avertis. Les filles enjouées et bavardes après une partie de football américain, rentrent chez elle, s'imposant sous les regards de quelques garçons qui traînent, un silence de plus en plus grand au fur et à mesure de leur avancée dans la cité. Le constat ainsi posé, la réalisatrice va s'intéresser à Marieme (plus tard Vic). Elle a 16 ans, pas très bonne élève. Lorsque la proviseure du lycée l'oriente un CAP, elle sent bien que sa jeune vie prend des rails guère emballants. Une rage toute intérieure naît dans la tête de cette jeune fille aux apparences très sages. C'est le moment où tout se joue pour elle. Elle refuse les codes que l'on veut lui imposer et va choisir la voie difficile de l'émancipation donc du combat. Elle fera avec les moyens du bord, s'engageant dans des impasses dont elle saura au final en retirer le meilleur pour mieux avancer. Elle s'intégrera dans une bande de filles lookées, bling bling, à la supposée liberté. Elle y trouvera une forme de solidarité, d'amitié fraternelle mais en sentira bien vite les limites. Son incursion dans un monde plus sombre, celui des trafics de banlieue, sera tout aussi vain mais aussi un creuset pour mettre son corps à l'épreuve, puisque afin d'éviter la prostitution, elle gommera sa féminité. Pour mieux se concentrer sur le sujet, Céline Sciamma a éliminé des éléments trop clivants ou clichés, même si elle en joue parfois pour mieux les tordre. Ainsi pas religion, pas de police, pas de pères, peu d'hommes en fait, même si on sent leur regard et leur présence . Elle filme également la banlieue sans tags, comme un ensemble architectural aux formes sinon harmonieuses tout du moins esthétiques mais tout cela avec une énergie farouche et stimulante. D'ailleurs, pour son troisième film, la réalisatrice a particulièrement soigné l'image, ici de toute beauté, balayant d'un revers de caméra ce cliché de banlieues grisouilles, préférant les couleurs vives et claquantes à l'images de ses héroïnes. La fin sur le blog
    Lyon W.
    Lyon W.

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    1,5
    Publiée le 25 octobre 2014
    Film assez faible sur pratiquement tous les domaines. Le naturalisme est en fait assez faussé, le stylisme n'est jamais assumé, les dialogues sont faibles, les comédiens ne sont pas très bons à quelques exceptions. Le tout est assez alourdi pas un mauvais rythme et un point de vu qui ne va pas plus loin que son idée de départ. C'est assez dommage dans l'ensemble. A plusieurs reprises, on voit des pistes intéressantes mais la réalisatrice n'en fait rien. Peut-être par manque de maitrise.
    De smet M.
    De smet M.

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    2,0
    Publiée le 11 octobre 2014
    Là où le titre nous promettait un film de bande et le synopsis un récit initiatique inédit, force est de constater que "Bande de Filles" dévie fortement de son programme initial, jusqu'à une fin en décalage complet et s'apparentant à une véritable sortie de route [...] Suite de la critique sur Pours Cinéphilie.
    Kiwi98
    Kiwi98

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    1,5
    Publiée le 23 octobre 2014
    Alors que Celine Sciamma était une réalisatrice réputée, montrant des personnages complexes et dépassés par leurs émotions, son "Bande de Filles" est un peu plus libre. C'est un film ou la fiction se rapproche de la réalité ou une adolescente fermée va entrer dans la danse et se faire un réputation parmi ses nouvelles amies, elle a une mère femme de ménage (parce que au cinéma tous les gosses de banlieue ont une mère femme de ménage) et un frère autoritaire qui n'hésite pas à la frapper. Mais elle va trouver avec ses amies un échappatoire vers la liberté. Le problème c'est que Sciamma voit la banlieue comme un endroit esthétique, tellement que la réalité lui échappe. "Bande de Filles" est trop tape à l'oeil et Sciamma va même aller jusqu'à la sublimation pour arrivé à ne faire que des artifices pendant deux longues heures. La séquence "Diamonds" l'illustre très bien avec cette lumière bleu qui finalement ne sert à rien à part sublimer l'héroïne Mariemme que la réalisatrice met tellement en valeur qu'on croirait qu'elle en est fan. On peut y voir aussi un rapprochement avec (le merveilleux) "Tomboy" que Sciamma avait réalisé en 2011 et à cause duquel elle s'est vue attirer les foudres des fachos. C'est dans la psychologie même de l'héroïne, pas bien ficelée mais intéressante ou elle va adopter des codes masculins, ce qui est dommage c'est qu'elle cherche à se faire passer pour une guerrière ce qui est plus qu'inintéressant au final, dommage, le personnage était très attachant au début, un facteur qui contribue à cette distance entre elle et nous c'est également le fait qu'on ne sait rien sur elle, on ne la voit jamais à l'école, que très rarement avec sa famille, elle est aussi froide, prévisible, le film qui va d'ailleurs se permettre de créer autour d'elle un humour lourd dingue. Mais tous les défauts du films résident là, c'est beaucoup trop superficiel, et "Bande de Filles" n'a surtout pas grand chose à raconter, pour ne pas dire rien du tout mais au moins ne pas sortir les clichés sans caricature ! La manière dont Sciamma décrit la sexualité chez les adolescents est ultra caricaturale, sans chercher bien loin, sans profondeur, sans subtilité, trop concentrée sur l'éclairage pour ne pas montrer ses faiblesses évidentes comme son manque d'audace pour arriver à du cinéma artificiel et superficiel. On retiendra le beau quatuor que forme des actrices géniales.
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