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Décidément, Henri-Georges Clouzot était l'un des (très) grands du cinéma français. Existe-t-il plus percutant pamphlet contre la corruption de l'argent? Fiévreux, mené de main de maître, «Le Salaire de la Peur» n'a pas démérité la moisson de prix qu'il a reçu, qu'ils récompensent la mise en scène ou l'interprétation. Tout concourt à en faire un grand film : une réalisation au sommet (Hitchcock fait bien pâle figure à côté), un montage exemplaire, des acteurs exceptionnels (Charles Vanel!), un scénario dense et extrêmement bien exploité, une ambiance électrique et étouffante, parvenant à nous faire ressentir la moiteur d'une Amérique Latine fantasmée et la mort planant au-dessus de ces types aveuglés par leur paie de 2000 misérables dollars, au regard de ce qui les attend. Les hommes sont donc prêt à tout pour de l'argent... Que ce soient les américains spoliant les indigènes locaux de leurs ressources et de leur force de travail dans un mépris total, ou les 4 conducteurs chargés de mener à terme leur stock mortel de nitroglycérine. Le suspense est à son comble et la noirceur du récit lui donne une force étourdissante, un charme incisif et indéniable. Mais ce serait gravement sous-estimer Clouzot que de ne voir en lui qu'un misanthrope. L'humanité de ses personnages viciés par l'appât du gain est tout à fait bouleversante, renforcée par l'admirable jeu des acteurs et des répliques pleines de mordant, si bien que l'on se prend rapidement à craindre pour leur vie avec eux. On est véritablement absorbés par l'histoire, fascinés par cette épopée insensée avec pour seules finalités le fric ou la mort. Un chef-d'oeuvre caustique, sombre et intense. Du grand cinéma, assurément. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 17 mai 2012 à 12h19 Signaler un abus
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