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Le Salaire de la Peur
note moyenne
4,1
3245 notes dont 163 critiques
40% (66 critiques)
44% (71 critiques)
10% (16 critiques)
5% (8 critiques)
1% (1 critique)
1% (1 critique)
Votre avis sur Le Salaire de la Peur ?

163 critiques spectateurs

Fabios Om

Suivre son activité 3 abonnés Lire ses 726 critiques

3,5Bien
Publiée le 03/11/2018

Une histoire dramatique,belle ,et dangereuses. un Yves montant excellent meme si on peux trouver que sont role par moment et un peu méchant dasn ses dialogue. ce film montre que les plus peureux c'est pas souvent ceux qu'on crois. le problème du film cest le même que titanic une grosse partie du film ne servent à rien et apporte rien à l'histoire. sinon un beau drame et on ce demande si ils vont réussir.

pierrre s.

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3,5Bien
Publiée le 31/10/2018

L’œuvre de Henri-Georges Clouzot est de grande qualité, dommage donc qu'elle soit plombée par une première partie lente et inintéressante. Le film aurait gagné à passer plus rapidement à la partie qui nous intéresse, à savoir celle du convoi.

hardoise667 .

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 23/10/2018

Si vous venez lire cette critique vous devez déjà savoir que ce film a plus de 60 ans et vous pensez donc bien qu'il s'agit ni plus ni moins d'un CHEF D’ŒUVRE, l'intérêt qu'il suscite malgré sa longévité l'atteste. Ce film est de ceux que dans nos moments de lâcheté nous préférions oublier, trop dur de voir cette réalité qui fait suer pour vivre, suer jusqu'à la mort. Des personnages façonnés par la pauvreté, la rude et âpre existence, les errances et finalement le danger mortel, avec en prime, un lardeux qui dispose de vos vies comme il dispose des billets de la banque. A chaque battement de paupière je me disais que de nos jours nous n'en étions plus là, mais qui a tort? le film qui démontre les instincts, la fatalité de notre condition et la volonté de vivre pour rompre avec la misère ou mes illusions sociales qui évoluent au gré de la macro économie? Malheureusement, le film donne la réponse et très vite! tout le reste n'est que suspense, mais quel suspense!

marmottefurieuse

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 09/10/2018

Un grand film qui commence de manière lente avant l'arrivée de Jo (Charles Vanel). L'action se déroule dans une petite ville d'un pays de l'Amérique du Sud ou centrale où vivent quelques étrangers indésirables (Italiens, Français, britanniques, allemands) dans leur pays respectif. Mario (Yves Montand) est un jeune homme français qui est venu se perdre dans cette contrée du monde déshéritée alors que le sol regorge de pétrole exploité par une société américaine. Pourtant, le ton du film va radicalement changer après un accident survenu sur l'une des installations de la société pétrolière. une mission quasi-suicide est montée de toute pièce : convoyer de la nitroglycérine sur deux camions adaptés sommairement et faire 500 kilomètres dans des conditions de sécurité inexistantes. De la sueur et de la peur pour justifier une prime de 2000 dollars pour ceux qui rempliront la mission. Deux convois partent avec à leurs bords Jo (Vanel) remarquable en faux dur, Mario (Montand) le jeune casse-cou insolent et quelque peu mauvais garçon qui néglige l'amour que lui porte Linda (Vera Clouzot), Luigi (Lulli) le gentil et débonnaire Calabrais et Bimba (Van Eyck) l'allemand que tout le monde craint. La deuxième partie est une succession de péripéties où l'esprit de camaraderie va être mis à contribution. Mais c'est surtout la fin qui marque les esprits avec l'agonie de Jo, maculé de pétrole qui repose sa tête sur Mario. une scène émouvante et intime dans la cabine du camion où les deux compères s'échangent leurs dernières paroles. Enfin, la toute dernière scène avec Mario qui périt bêtement sur le chemin du retour alors que le plus terrible avait été parcouru et que Linda se réjouit de son retour en dansant est terrible pour le spectateur... Un film immanquable.

cheesecake631

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3,5Bien
Publiée le 23/07/2018

Un film culte qui mérite le détour pour son discours réaliste et cru, enlevé par un Yves Montand plus sérieux que d'ordinaire. Le Salaire de la peur nous montre le parcours catastrophique de convoyeurs de glycérine, qui peuvent perdre la vie au premier cahot sur la route, et sont donc littéralement "payés pour mourir". Beaucoup n'en réchapperont pas... Et c'est bien ce qui nous émeut dans ce film, on sait que de tels hommes ont existé pour le confort de l'industrie, et l'on suit alors les déboires d'Yves Montand avec d'autant plus de chagrin (le sort réservé à l'ami est tout bonnement horrible et son agonie face à un Montand dépité par la situation est bien triste). Le final nous révolte du peu de compréhension du directeur du convoi face aux victimes qu'il a provoquées, on a tremblé pendant deux heures pour un constat bien pessimiste. D'ailleurs, le film accuse une durée trop longue (plus de 2h30) pour rester passionnant de bout en bout, surtout que le début est laborieux avec son bavardage interminable, on le voit une fois, mais deux... Un drame réaliste émouvant et dur, qui fait suite à un début long et mou, et dont la durée en rebutera plus d'un spectateur. Mais en finalité une prise de conscience assez triste.

Le raleur

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4,0Très bien
Publiée le 23/03/2018

Jeudi 8 mars 2018 : j'ai redecouvert ce film avec un immense plaisir trente ans après l'avoir vu Du très grand "Clouzot" ou suspens, aventure et comédie se complètent à merveille sans ennui.

Gfa Cro

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 09/03/2018

Vu et avis le 20180208 Première fois que je le vois en entier. Sous une apparente simplicité, un film riche. Je pense que le thème principal du film est la camaraderie. Dans le film elle subit plusieurs épreuve le manque d agent et le désœuvrement, les femmes (le jour de congé de Linda entre autre), l appât du gain (le mouchoir blanc, les planches pour signaler le trou), la peur (jo et le ponton vermoulu, Luigi qui essaie d éteindre la mèche). Le film est très long, on sent bien qu'il est long, mais il passe très vite quand même.

Bernard D.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 18/02/2018

Quel plaisir que de pouvoir revoir sur grand écran « Le salaire de la peur » de Clouzot sorti en 1953. La première partie montrant ce petit village d’Amérique du sud brûlé par le soleil et où traîne une faune de persona non grata dans leur différents pays, enfermés « dans une prison à ciel ouvert » est peut-être un peu longue même si elle permet de comprendre pourquoi tous sont prêts à accepter cette mission dangereuse. Vera Clouzot n’est pas spécialement mise en valeur car exploitée par le tenancier d'un bar-hôtel-épicerie … interprété par Dario Moreno ! Quelques touches « politiques » également vis-à-vis d'une société pétrolière américaine… ce qui vaudra au film quelques coupures par la censure américaine ! Mais ensuite et malgré les 2 h 30 de ce film, quel plaisir que de retrouver le tandem Yves Montand – Charles Vanel car même en connaissant l’histoire et son issue, on se laisse envahir par le suspense de ce convoi pour le moins explosif ! L’image est magnifique avec une série de gros plans montrant la peur de chacun et des cadrages audacieux pour l’époque. A l’esthétique du film, s’ajoute une analyse psychologique fine des 2 conducteurs Spoiler: oscillant entre des mots très durs « Salop, fumier, ordure …. Tu n’es qu’une gonzesse » et des gestes de compassion touchants. Les acteurs – comme toujours avec Clouzot – donnent le meilleur d’eux-mêmes et Charles Vanel dont la jambe est écrasée dans une mare de mazout restera un grand moment de cinéma … surtout quand on sait que Clouzot a imposé au grand Charles Vanel de l’époque, de jouer réellement dans une mare de mazout pour être au plus proche de la réalité. Le tandem conduisant le second camion, formé par Luigi, maçon italien aux poumons ravagés par le ciment, et Bimba est tout aussi touchant. Bref un film magistral en termes de suspense ce qui a valu à HG Clouzot le surnom de "Hitchcock français" et d’obtenir la même année la palme d’or à Cannes et le Lion d’or à Berlin, Clouzot étant avec avec Michelangelo Antonioni et Robert Altman, le seul cinéaste à avoir remporté les 3 récompenses suprêmes des 3 principaux festivals européens.

Cinéphiles 44

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 10/02/2018

Nous sommes dans un village d’Amérique du Sud où quelques Européens ont échoués espérant trouver du travail. L’occasion se présente lorsqu’une compagnie pétrolière propose deux milles dollars à qui voudra bien être chauffeur et transporter de la nitroglycérine pour éteindre un feu dans un puits de pétrole à 500 kilomètres. Le chargement est explosif, la mission suicidaire. Bon nombre vont alors lâcher l’affaire, mais quatre hommes postulent. Après une heure d’hésitations et de questionnements sur cette mission qui met en jeu des vies pour le l’argent, Henri-Georges Clouzot nous emmène sur les routes en piteuses états avec ses protagonistes joués notamment par Yves Montand et Charles Vanel. Le cinéaste réalise un film étouffant, fascinant, et sans aucun doute stressant du fait que la mort rôde à tout moment dans le chargement des camions. Clouzot a si bien préparé son intrigue qu’il ne lui reste qu’à nous montrer des cailloux sur une route, un virage trop serré, des gouttes de sueur sur des fronts ou faire fumer ses personnages près des camions. Grand Prix à Cannes, meilleur film aux BAFTA et Ours d’Or à la Berlinale en 1953, le chef d’œuvre méritait bien une ressortie en version restaurée en 2017. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com

Nicolas L.

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3,5Bien
Publiée le 10/01/2018

Puissant malgré l'époque (le film date tout de même de 1953). Une intro un peu longue mais après quel suspense !!

7eme critique

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4,0Très bien
Publiée le 09/01/2018

Le convoi de l'extrême ! Henri-Georges Clouzot nous propose un film à grande tension avec ce concept de transport de nitroglycérine en terrain périlleux. "Le salaire de la peur" est une aventure aussi prenante que stressante, emportée par des acteurs d'exception et une brillante mise en scène.

blacktide

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 14/12/2017

Une question de vie ou de mort Comment devient-on cinéphile ? Comment cultiver cette passion pour ne jamais en perdre le goût ? Autant de réponses à l’objectivité hasardeuse que d’individus tombés dans la marmite pour des raisons aussi diverses que passionnantes. Une marmite où les influences mijotent au milieu des expériences personnelles. Le résultat : des œuvres collées à notre peau qui perdurent dans la mémoire comme ces premières fois qui ne s’oublient pas. Pour certains d’entre nous, Henri-Georges Clouzot y est pour beaucoup. Ses œuvres, souvent imprévisibles, jamais conventionnelles, mêlant maîtrise formelle, perversité atmosphérique et ambition populaire, ont toujours su ménager le public tout en maintenant un certain standing de mise en scène. Et au croisement de ses quêtes de perfection et de son âme torturée, Clouzot signe avec Le Salaire de la Peur un tatouage indélébile dont la noirceur morale n’a d’égale que sa nostalgique beauté. Beaucoup d’entre nous l’ont découvert, un soir, devant la télévision, un peu par hasard, sans même avoir la moindre idée de la portée émotionnelle que ce film allait provoquer chez eux: d’intenses moments où les poils s’hérissent, les mains se crispent et où la fascination se mêle à l’agitation. Une œuvre qui se ressent donc à chaque instant, au plus profond de sa chair, et appuyée par cette peur suintante que ne dément aucune séquence. Toucher au-delà du physique au moral et à la psychologie en somme : un film doublement efficace donc. Le suspense lui se veut interminable ; une heure et demie où les nerfs craquent, où la tension ruissèle à même la peau, une heure et demie où le spectateur est mis à rude épreuve. Car le film se veut une lente et longue traversée de la souffrance, comme un bras de fer avec un masochisme moral, où tout le monde y perdrait une part d’humanité. Créer au final une interrogation autour du néant existentiel, de la mort qui nous poursuit, de cette vie en sursis, constamment en équilibre instable entre cette ouverture « tranche de vie » et ces instants de déflagration, entre l’instant présent et le danger à venir. Un leitmotiv obsessif de la mort conduisant tout compte fait à lancer un cinéma sous tension. Car, de ce fatalisme oppressant, l’exposition n’en devient que plus diabolique. Des cafards, la misère, la pluie, la fatigue caniculaire, la faim… Las Pierdas, un lieu qui n’existerait seulement qu’en tant que métaphore d’un monde qui se délite, un purgatoire où les hommes échouent lorsque la société a décidé de les ranger dans la catégorie indésirable. Des gens d’avant, de là-bas, perdus dans leur propre mort, là où le paradis aérien se veut inaccessible et l’enfer du feu pétrolier à portée de main : un ticket de métro, inutilisable, seul rattachement à la société pour Montand. Des Hommes qui continueraient donc de mourir une seconde fois. Et dans cette exposition à la frontière du documentaire, Clouzot semble vouloir nourrir la fiction de cette dimension sociale, une sorte de synthèse de la misère de ces pays latins américains, là où les violents contrastes sociaux s’écorchent face à l’emprise capitaliste (les Etats-Unis censureront d’ailleurs toute la première partie du film). Tout un film de dominations, où l’argent écrase l’humain, où le riche prospère dans la misère du pauvre, et où l’apparente solidarité se désagrège face à l’individualisme. Dans cette avidité déshumanisante, Le Trésor de la Sierra Madre n’est jamais loin. Même la Femme en est réduite à son animalité : « C’est son jour de sortie » annonce Yves Montand, comme pour appuyer ces (contre)-plongées souveraines où Vera Clouzot nettoie le sol, à quatre pattes, acculée à la servilité, et à l’objet d’attraction sexuelle. Presque une sorte d’enfer masculin où sous les amitiés sadomasos règne une véritable homosexualité latente, là où la seule femme, n’est qu’une insaisissable beauté rongée par la folie : Mario et son débardeur, des corps luisants de sueur, érodés par la douleur, plongés dans une mare de pétrole, non sans rappeler une certaine scène du bain dans Spartacus, la brutalité en plus. D’autant plus qu’à ce pessimisme apparent quant à la nature humaine, Clouzot transforme son film d’aventures en véritable cinéma politique, brut, boueux, où le Mal capitaliste se diffuse progressivement dans la folie de ses personnages. Comme pour témoigner d’une réalité qui les éclabousserait jusqu’à ce que l’espoir d’évasion meure dans un dernier soupir : « La palissade. Qu'est-ce qu'il y avait derrière ? –Rien ». Toute l’exposition, dans son insolente longueur, ne contribue que mieux à renforcer cette déshumanisation : une construction perturbante à première vue, mais d’une incroyable subtilité. Car la première partie est celle des apparences, des lisses surfaces, des beaux parleurs et des solidaires espoirs ; avant que la seconde égratigne le tout en révélant la vraie nature de l’Homme, mise à nue par la Peur inversant les rapports de forces. Une Peur qui se puise dans cette soif d’absolu, là où le dollar est la première cause de mort. Deux camions, quatre hommes, des jerricanes de nitroglycérine, et la mort dans chaque seconde. Tout tend à l’oppression alors même que le ressenti se devrait être presque anti-claustrophobique. Et pourtant là est tout le paradoxe, dans ces extérieurs en fuite, de grands espaces confinant l’Homme au néant, à l’hostilité même du décor, jusqu’à ce que le risque devienne partie intégrante de celui-ci : là réside tout le talent de Clouzot, à savoir de façonner chaque avancée en une infernale épreuve, une question de vie ou de mort, aussi bien pour ses personnages que pour les spectateurs. Ainsi, la lâcheté de Jo est nôtre, comme au final notre compromission dans l’inévitable passivité face au destin des personnages. Un destin qui nous tourmente, qui nous écartèle au milieu de cette Nature Morte, poisseuse, et rocailleuse ; à l’image de cette scène de « manœuvre sur pont instable » ou du « rocher détonant », du sensationnel spectacle s’approchant d’une véritable torture mentale. Plus encore, toute la tension, tous les frémissements de l’œuvre pourraient se condenser en une seule scène, d’amour-haine, où Montand et Vanel doivent traverser une mare de pétrole : le sadisme à son paroxysme, pour un symbolisme des plus évocateurs. Une sorte d’arrêt brut dans la course effrénée, où tout se noie dans le nihilisme. Continuer à avancer pour la couleur noire de l’argent en dépit des amitiés, qui se brisent comme une jambe sous une roue de semi-remorque. La scène se veut lente, interminable, et profondément mémorable, avant que la réconciliation n’aboutisse à une forme de résignation. Il est trop tard, car survivre à la mort peut en être la porte d’entrée. Tout comme ce final de zigzags émotionnels, où la joie de la survie et la valse en montage Cut animent le Beau Danube Bleu d’une chute quasi libératrice. Et dans ce climat où tout semble pouvoir exploser au moindre choc, on pourrait y voir une métaphore même de la création de Clouzot, à l’image de ce projet avorté sur le Brésil : une sorte de voyage intérieur du réalisateur et du cheminement de son film ; chercher une perfection dans l’aboutissement de l’échec en somme. Clouzot face à la confession du miroir, vulnérable sous son apparente brutalité. A mi-chemin entre la poésie et les ténèbres, il y a pourtant dans Le Salaire de la Peur quelque chose d’infiniment beau qui ne s’apprécie qu’avec une certaine nostalgie : cette texture, ce grain, ces plans lumineusement contrasté, etc. Et pour reprendre les mots si justes d’Henri Magnan: « s’il est vrai qu’un bon sonnet vaut mieux qu’un méchant long poème, je ne crains pas de dire que le long poème de Clouzot est préférable à un bon sonnet ». Car son Salaire de la Peur est d’une poésie brute, la plus noire, et la plus pourpre d’entre toutes. Une sorte de carte postale que n’aurait pas reniée Camus, là où tout converge vers l’échappée d’un « condamné à mort ». Un peu comme du Céline aussi, au fond froid, pessimiste, épique, mais au cœur rayonnant de beauté. D’autant plus que l’écriture de Georges Arnaud est quant à elle profondément cinématographique, faite de ces moments bruts, secs, et ambigus. De quoi attirer l’œil nerveux de Clouzot où la caméra saisirait les mouvements des plus Grands pour les condenser dans une spectaculaire singularité, là où évoluent des ombres sans couleur, pour un film de textures, de moiteur. Car la caméra a son mot à dire, de façon à ce que les dialogues s’attachent à ne jamais alourdir l’esprit des Images. Des images dont l’influence germanique se fait ressentir ne serait-ce que sur la précision du cadrage et l’utilisation du clair obscur. De l’art véritablement plastique en définitive. Saluons aussi le magnifique travail des opérateurs qui ont su faire de la Camargue une vision encore plus moite, plus caniculaire que le Brésil lui-même. Et à cette Obsession des Images, Clouzot se veut porter en germe un style « à l’américaine » qui permet au Salaire de la Peur de s’insérer au niveau international. Puisque qu’il serait important de nous rappeler que tous les chemins mènent au Salaire de la Peur. Une œuvre à la portée aussi intense qu’un Voyage au bout de l’enfer. Friedkin en colorisera d’ailleurs la noirceur dans son magnifique et puissant Sorcerer, tout en y amplifiant les ambitions ne serait-ce qu’à travers son intense séquence du pont sur fond de tempête tropicale. Et l’on oublie bien souvent que John McClane a tout de la réinvention/ américanisation du personnage d’Yves Montand : de la sueur imprégnant son débardeur à la charismatique détermination, seul change l’objectif : la pureté de l’amour contre l’aliénation du dollar. Retenir son souffle, se pétrifier de magnétisme et se noyer dans sa propre sueur. Autant dire que Le Salaire de la Peur ménage positivement son public, non seulement dans la tension mais aussi dans la poésie et l’attachement. Un film à l’image de son réalisateur, un cinéaste dont la quête de perfection et de cinéma n’a jamais cessé d’alimenter sa légende de maniaque obsessif, cruel et mystérieux. Son œuvre transpire la virtuosité et le désespoir. Et une fois qu’on a goûté à cette fatalité noire, plus rien ne pourra nous dévier du chef d’œuvre à sillonner. Car contempler Le Salaire de la Peur, c’est un peu être au volant de sa propre cinéphilie, variant au fil des virages et des butées, entre obstacles et grandeur d’une œuvre à l’aura éternelle. Comme si tous ces instants de grâce étaient voués à exploser à un moment ou à un autre du voyage. Un voyage sans retour, puisque comme tout cinéphile le sait, le Cinéma est une maladie sans remède, un enchantement sans issue. Ne reste qu’à admirer à jamais ce gigantesque moment de cinéma, où Clouzot se rêve déjà à réaliser son Enfer. Finalement, encore et toujours l’histoire d’un monde qui en serait réduit à un No Man’s Land… Noir comme le mazout, explosif comme de la nitro

ronny1

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4,0Très bien
Publiée le 19/11/2017

LE SALAIRE DE LA PEUR est un condensé de l'art de Clouzot. Une première partie un peu longue, permet la mise en place des personnages et de leurs relations masochistes, dont Vera Clouzot est une victime aussi touchante que sexy. Cet univers topographiquement très précis (un village d'Amérique du sud filmé en Camargue !) devient rapidement concentrationnaire. Pour en sortir il faut de l'argent, postulat qui amène la deuxième partie : le transport de la nitroglycérine sur 500 km de route défoncée, moyennant une forte prime. Commence alors un enchaînement de morceaux de bravoure, mais pas que… La tension et la peur exacerbera la relation entre Montand (dont c'est le premier grand rôle au cinéma) et le génial Charles Vanel (Gabin refusa le rôle). Le courage de l'un et la peur de l'autre finiront par inverser le rapport dominant dominé. Le réalisateur réussit parfaitement la synthèse entre un thriller psychologique et le film d'action pur, une première à l'époque, réalisant un film « américain » à la John Huston, la noirceur en plus, Clouzot étant nettement moins optimiste sur la nature humaine. Le film rencontra un immense succès planétaire et inspira un remake (remarquable) de William Friedkin. La tragique et ironique scène du BEAU DANUBE BLEU décida certainement Kubrick pour un des choix musicaux dans 2001.

Frédéric P

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4,0Très bien
Publiée le 12/11/2017

Des repris de justice exilés dans un pays latino-américain acceptent une mission périlleuse pour gagner une prime : transporter de la nitroglycérine en camion sur des pistes défoncées pour aller éteindre un puit de pétrole. Scène d’exposition des personnages un peu longue avant que le convoi ne parte. Extraordinaires images dans la mare de pétrole. Suspense. La manière machiste de se comporter du personnage joué par Montand avec Vera Clouzot dérange aujourd’hui ainsi que quelques remarques racistes.

Xavi_de_Paris

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4,0Très bien
Publiée le 28/10/2017

Un très grand classique du cinéma français, et une très belle réussite à tous les niveaux. Après une introduction certes un peu longue, le film se lance dans le vif du sujet. Et là, le moins que l'on puisse dire c'est que le film n'a pas pris une ride. D'un point-de-vue technique, il n'y a rien à redire, et le suspense est superbement mis en scène dans une intrigue qui tient en haleine jusqu'au bout. Les acteurs sont impeccables, incarnant chacun à leur manière tous types de personnalités et de réactions face à l'adversité.

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