Noté 4,5 sur 5, le thriller le plus iconique des années 90 ressort au cinéma, et il est plus impressionnant que jamais
Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

Le 22 janvier, "Se7en" fêtera ses 30 ans en grande pompe, mais c'est le film de David Fincher qui se charge de faire un cadeau aux spectateurs : une ressortie dans les salles IMAX de France.

Le film qui a propulsé Brad Pitt au sommet d'Hollywood. Le coup d'éclat de David Fincher (et son coup d'essai selon ses dires, vu qu'il renie toujours le pourtant pas déshonorant Alien 3). Le générique de début au son du "Closer" de Nine Inch Nails. Le plan absolument imparable de son tueur en série, qui culmine dans un final tellement intense et cruel que beaucoup sont persuadés d'y avoir vu une image qui n'apparaît pas à l'écran.

Que n'a-t-on pas encore dit ou écrit sur Se7en, thriller à la fois iconique et séminal, dont on retrouve encore des traces aujourd'hui, jusque dans le Gotham City gris et pluvieux du Batman de Matt Reeves ? S'il a fallu un tout petit peu plus de temps à Fight Club, le film suivant de David Fincher et Brad Pitt, pour acquérir le statut qui est aujourd'hui le sien, l'onde de choc provoquée par l'enquête de David Mills et du pré-retraité William Sommerset (Morgan Freeman) est immédiate.

Seven
Seven
De David Fincher
Avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow
Sortie le 31 janvier 1996
Presse
3,6
Spectateurs
4,5
Streaming

Dès le 22 septembre 1995, jour de sa sortie dans les salles américaines, les spectateurs intrigués par cette histoire de tueur en série dont les meurtres font écho aux sept péchés capitaux sont très vite happés. Par l'ambiance, le scénario retors d'Andrew Kevin Walker, la précision de la mise en scène de David Fincher ou le charisme et la beauté de Brad Pitt, qui tranchent sévèrement avec le côté poisseux et nihiliste de l'ensemble, face auquel certains avouent se sentir sales. À raison.

Malaise palpable

Lorsqu'on le revoit aujourd'hui, Se7en n'est peut-être pas aussi insoutenable que dans nos souvenirs. Sans doute parce que les Saw (qui s'en est clairement inspiré) et autres Hostel, chantres du torture porn, ont fait de lui un modèle de suggestion et de hors-champ. Il n'empêche que ça n'est pas tant grâce à ses images choc, décharges électriques parsemées au gré du récit, qu'il marque les esprits, mais bien la sensation de malaise qu'il tient de bout en bout.

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Et qui, avant le final évoqué plus haut et que beaucoup s'amusent à citer lorsqu'il faut ouvrir un gros paquet cadeau, culmine notamment dans la révélation du visage du tueur, qui s'inscrit à contre-courant de ce passage obligé du genre. Mais c'est aussi en cela que Se7en occupe cette place dans l'Histoire du Cinéma : dans sa manière de mêler une histoire de serial killer (revenue à la mode avec Le Silence des agneaux) avec des codes du film noir (la pluie en tête), et de les enrober dans une esthétique marquée et, à l'époque, novatrice.

Sorti le 31 janvier 1996 dans les salles françaises, Se7en n'a rien perdu de sa force alors qu'il s'apprête à souffler ses trente bougies. Et chaque film qui a tenté de marcher sur ses plates-bandes n'a fait que renforcer son statut de référence, alors que David Fincher a, lui-même, tout fait pour s'en éloigner à chaque fois qu'il s'est replongé dans le genre du thriller (y compris avec le récent The Killer, qui marquait ses retrouvailles avec Andrew Kevin Walker), sans doute conscient que la comparaison ne jouerait pas en sa faveur.

Immersion totale

Si vous l'avez vu en salles au moment de sa sortie, son souvenir est très certainement encore vivace dans votre esprit. Et si votre premier visionnage s'est fait sur grand écran, vous n'avez peut-être pas vraiment vu Se7en. Mais sa ressortie, à partir du 22 janvier, va vous permettre de le (re)découvrir, plus impressionnant que jamais. Car restauré, pour que sa saleté soit encore plus belle, et projeté dans les salles IMAX de l'Hexagone.

Très prisé par Christopher Nolan, qui ne jure plus que par lui, ce format favorise l'immersion dans un long métrage et il est on-ne-peut-plus approprié dans le cas présent, puisque le film de David Fincher doit une partie de son pouvoir de fascination à son ambiance, décuplée en IMAX. Vous risquez peut-être de garder votre manteau sur vous, capuche incluse, à cause de la pluie qui tombera à l'écran, mais dites-vous que, malgré le malaise que vous risquez de ressentir pendant la séance, c'est un beau cadeau qui vous est fait pour cet anniversaire.

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