Plus de cinq ans après la publication de l'enquête par Médiapart qui révélait que l'ancienne actrice Adèle Haenel avait été agressée sexuellement par le réalisateur Christophe Ruggia de ses 12 à 14 ans, le verdict est tombé ce lundi 3 février.
L'homme, aujourd'hui âgé de 60 ans, est jugé coupable et condamné à quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet électronique. En plus de cette condamnation, le cinéaste doit indemniser l'ancienne actrice de 15 000 euros pour son préjudice moral et de 20 000 euros pour ses années de suivi psychologique.
À la suite de l'annonce de sa condamnation, le réalisateur a annoncé faire appel.
Le #MeToo français
C'est à partir du le tournage du film Les Diables - le tout premier d'Adèle Haenel -, sorti en 2002, que Christophe Ruggia avait adopté des comportements inappropriés avec l'adolescente. Une fois le tournage terminé, l'homme continuait de recevoir la jeune fille chez lui presque "tous les samedis après-midi".
Les révélations d'Adèle Haenel avait suscité une véritable secousse dans le monde culturel français, lançant ainsi la vague #MeToo dans la sphère du cinéma et ce, deux ans après les accusations contre Harvey Weinstein à Hollywood.
Un soutien citoyen et artistique
Présentes au procès aujourd'hui, les actrices et réalisatrices Judith Godrèche et Assa Maïga étaient venues soutenir Adèle Haenel.
De nombreux citoyens se sont également présentés devant les portes du procès pour applaudir Adèle Haenel, qui a depuis quitté l'industrie du cinéma. En sortant de la salle d'audience, elle a tenu à leur adresser un message : "Merci à toutes et tous d'être venus et de faire avancer les droits humains par votre présence."