En 31 ans de carrière, Danny Boyle a su se bâtir une solide filmographie. Si nombre de fans du cinéaste citent volontiers des oeuvres comme Trainspotting, 28 jours plus tard ou son multi oscarisé Slumdog millionnaire grâce auquel il remporta la statuette du meilleur réalisateur, il y a au moins une oeuvre qui a totalement raté son rendez-vous avec le public et la critique : Sunshine, sorti en 2007, qui est vraiment le mal-aimé de la filmographie du cinéaste britannique.
Le récit de ce film de science-fiction se déroule en 2057. Le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l’extinction de l’espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes dirigé par le Capitaine Kaneda est le dernier espoir de l’humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l’activité solaire…
"Une réflexion philosophique embarrassante de mièvrerie"
Ecrit par Alex Garland, Sunshine alignait en prime un casting de folie : Chris Evans, Cillian Murphy, Rose Byrne, Michelle Yeoh, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong, Mark Strong ou encore Cliff Curtis et Troy Garity.
Etrillé par une large partie de la critique ("Une réflexion philosophique embarrassante de mièvrerie" écrit par exemple Libération, tandis que Variety lâche un aimable "Sunshine brille de mille feux avant d’imploser en un dramatique trou noir"...), le film n'a pas davantage séduit les spectateurs. Pour un budget de 40 millions de dollars, Sunshine n'en a même pas rapporté 39 millions au box office international.
Une déception majuscule, forcément, qui fera même dire à Chris Evans en 2011 ce commentaire désabusé : "J’adore Sunshine. [...] Peut-être que dix personnes l’ont vu. Tous mes bons films, personne ne les voit. Tout le monde va voir Les Quatre Fantastiques, mais personne ne voit Sunshine. J’aurais une carrière différente si les gens l’avaient vu".
"il y avait une idée extraordinaire"
Dans un récent entretien avec le site Collider, pour la promotion de son film très attendu 28 ans plus tard (en salle chez nous le 18 juin), Danny Boyle révèle que Sunshine était en fait le premier volet d'une trilogie en devenir.
"À l'origine, Alex [Garland] a écrit deux autres parties. C'était censé être une trilogie. Il [Garland] n'a écrit que les grandes lignes. C'était une trilogie planétaire. Cela concernait le soleil lui-même, avec deux autres histoires. Ce qui est intéressant, c'est qu'Alex a un instinct naturel de conteur pour raconter ces histoires en expansion, et c'est pourquoi 28 ans plus tard a fini par devenir une trilogie".
Lorsque le journaliste lui demande quelle aurait été l'intrigue de la suite de Sunshine, Boyle répond : "Oh, je ne peux pas vous le dire... Eh bien, parce que je ne peux pas m'en souvenir avec suffisamment de détails. Mais il y avait une idée extraordinaire dans l'un d'entre eux". Même en insistant, Boyle ne lâchera rien, "parce qu'Alex pourrait s'en servir à nouveau".