Joaquin Phoenix face à Pedro Pascal : le western subversif d'Ari Aster vous ramène en 2020 pour vous retourner le cerveau
Mégane Choquet
Mégane Choquet
-Journaliste
Journaliste spécialisée dans l'offre ciné et séries sur les plateformes quel que soit le genre. Ce qui ne l'empêche pas de rester fidèle à la petite lucarne et au grand écran.

Porté par Joaquin Phoenix et Pedro Pascal, "Eddington" est le nouveau film d'Ari Aster à découvrir au cinéma. Ce western paranoïaque et subversif va vous retourner le cerveau et vous rappeler des souvenirs angoissants de la pandémie mondiale.

Après s'être fait un nom dans le cinéma d'horreur avec Hérédité ou encore Midsommar, Ari Aster a poursuivi sa transition dans son imagerie cinématographique avec une forme d'horreur plus humaine, plus réaliste et plus politique, déjà avec Beau is Afraid, et désormais encore plus avec son nouveau long-métrage.

Après avoir été projeté en Compétition officielle au Festival de Cannes, Eddington est enfin diffusé dans les salles de cinéma. Le nouveau film décalé et sous haute tension du réalisateur, producteur et scénariste américain devrait vous retourner le cerveau.

Eddington
Eddington
Sortie : 16 juillet 2025 | 2h 25min
De Ari Aster
Avec Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone
Presse
3,6
Spectateurs
3,2
louer ou acheter

Pour ce quatrième long-métrage, Ari Aster réunit Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone et Austin Butler dans un western noir qui lui permet de jeter un nouveau regard acerbe et sombre sur l'Amérique contemporaine. Une autre forme d'horreur différente de ce qu'il a pu proposer auparavant.

Entre revivre l'angoisse de la pandémie mondiale...

Eddington va vous replonger dans l'angoisse de la pandémie du Covid-19 puisque le film se déroule en mai 2020 dans une petite ville du Nouveau Mexique. La confrontation entre le shérif et le maire met le feu aux poudres en montant les habitants les uns contre les autres.

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Revivre l'expérience du Covid a été une des grandes appréhensions de Pedro Pascal, qui incarne le maire Ted Garcia. "C'était trop dur pour moi de revenir là-dessus, mais je savais que je devais accepter l'expérience de faire ce film", nous a-t-il expliqués. Même si Ari Aster insistait pour qu'il n'incarne pas son personnage de manière bidimensionnel, Pedro Pascal a abordé son rôle sans une trop grande préparation :

"J'avais des appréhensions, je me demandais si ça n'allait pas me faire du mal de revivre ce genre d'angoisse. Et je me disais que même si c'était le cas, ça en vaudrait la peine pour ce casting et ce réalisateur. Et finalement, quand je suis arrivé sur le plateau et que j'ai commencé à travailler, ça a été un grand soulagement. C'était une expérience créative très enrichissante et c'était un vrai plaisir de pouvoir aborder un sujet comme celui-ci dans un environnement aussi créatif, avec un réalisateur très fluide et empathique, et d'excellents partenaires."

Du côté de Micheal Ward et Luke Grimes, l'expérience était plus drôle grâce au recul pris sur la situation. L'acteur de Yellowstone se souvient : "Je me souviens que le plateau était tellement bien que j'oubliais la situation. Tout d'un coup, on voyait un tas de papier toilette empilé dans un coin, et on se disait : 'Ah, oui, j'avais oublié ce côté bizarre du COVID où tout le monde faisait des réserves de papier toilette sans raison'".

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Pour l'acteur de Top Boy, le scénario d'Eddington lui a paru plus normal que de raison étant donné ce que le monde a vécu avec le Covid. "Quand j'ai lu le scénario, j'ai parlé à un de mes proches et je me suis dit : 'C'est un film normal d'Ari', parce qu'on l'a vécu. Si quelqu'un vous avait parlé de ce scénario et que le COVID n'était pas une réalité pour nous, vous vous seriez dit que ça n'avait aucun sens, ce qui n'est pas le cas. Le film est ancré dans la réalité".

...et se préparer pour incarner des personnages loufoques et dangereux

De son côté, Austin Butler incarne Vernon Jefferson Peak, un gourou de secte radical qui rassemble des fidèles grâce à ses vidéos sur Internet. Parmi ses nouveaux partisans, on retrouve notamment Louise Cross, campée par Emma Stone.

L'acteur, qui a connu une renommée mondiale grâce à Elvis de Baz Luhrmann pour lequel il a été récompensé d'un Golden Globe et d'un BAFTA, ne s'est pas inspiré de sa propre expérience du COVID pour son rôle. Mais il s'est préparé afin d'interpréter au mieux ce personnage aussi loufoque que dangereux.

"Heureusement, j'avais des mois d'avance pour me préparer, ce qui m'a permis d'essayer plein de choses différentes", explique-t-il. "J'ai exploré les bas-fonds d'Internet, j'ai regardé pas mal de trucs et astuces, mais aussi des documentaires intéressants, notamment 'Marjoe', sur un enfant prédicateur dans les années 70".

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Mais ce n'est pas tout puisqu'Austin Butler s'est inspiré d'un comédien de stand-up dont l'un des spectacles a été très populaire sur Netflix en 2021. Il s'agit d'Inside, le spectacle écrit, monté, filmé et réalisé par Bo Burnham lors de la pandémie de COVID-19.

S'intéressant aux thématiques de l'anxiété sociale, de la solitude, de l'introspection et d'enjeux sociopolitiques contemporains, ce spectacle et son interprète ont été une source d'inspiration pour Austin Butler.

"Honnêtement, j'ai beaucoup regardé Bo Burnham pour son intelligence et sa rapidité d'esprit", confie-t-il. "Et j'ai écouté sa chanson 'Welcome to the Internet'. Je l'ai vraiment beaucoup écoutée". En plus de cette musique, Austin a également travaillé sa diction et sa manière de parler pour être un gourou réaliste. Et le travail sur la voix, ça le connait tant son investissement pour Elvis fait encore parler.

Propos recueillis par Mégane Choquet le 17 mai 2025 à Cannes.

Le film "Eddington" est actuellement au cinéma.

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