On lui doit les scénarios de Jurassic Park (1993), Mission: Impossible (1996), Spider-Man (2002) ou encore La Guerre des mondes (2005), et les longs métrages Fenêtre secrète et Hypnose. Mais David Koepp est également romancier. En 2019, il publie un roman de science-fiction intitulé Cold Storage ("Chambre froide" en version française), aujourd’hui adapté au cinéma.
L’auteur coécrit le scénario aux côtés du metteur en scène Jonny Campbell. Le long métrage, porté par Joe Keery (Stranger Things), Georgina Campbell (Barbare), Liam Neeson et Lesley Manville, suit Teacake et Naomi, deux employés d’un entrepôt de self-stockage installé sur le site d’une ancienne base militaire américaine. Leur quotidien bascule lorsqu’ils découvrent qu’un champignon parasite hautement contagieux s’est échappé des profondeurs scellées du complexe. Rapidement, les occupants du bâtiment se retrouvent confrontés à un micro-organisme qui mute à une vitesse alarmante et provoque l’explosion des corps.
Pour survivre à la nuit la plus folle de leur vie et tenter de sauver l’humanité, les deux employés s’allient à un agent chevronné spécialisé dans la lutte contre le bioterrorisme, alors que le micro-organisme menace de se propager et de tout détruire sur son passage.
De Stranger Things à Cold Storage
Cold Storage s’appuie sur un casting éclectique et solide. Joe Keery, mondialement connu pour son rôle de Steve Harrington dans la série Stranger Things, incarne Teacake, un personnage ordinaire propulsé malgré lui dans une situation extrême. L’acteur, également musicien sous le pseudonyme de Djo, poursuit ici son exploration de la science-fiction.
À ses côtés on retrouve Georgina Campbell, remarquée dans le film d'horreur Barbare, Liam Neeson dans le rôle d'un vétéran mis au placard, Lesley Manville et la trop rare Vanessa Redgrave dans un rôle à contre-emploi.
Inspiré d'un fait réél
Dans la lignée de The Last of Us et Stranger Things, Cold Storage mêle brillamment humour noir et science-fiction, tout en revendiquant les codes du cinéma de série B.
David Koepp souligne dans le dossier de presse avoir mené de nombreuses recherches scientifiques afin de rendre son récit le plus crédible possible : " À certains égards, c’est un peu comparable à Jurassic Park, dans la mesure où la dimension scientifique est très bien documentée. J’ai toujours aimé les histoires qui partent d’une réalité scientifique : tout ce qui en découle ensuite est plus vraisemblable."
Reiner Bajo
Pour construire son intrigue, l’auteur s’est inspiré de trois éléments : une authentique catastrophe spatiale, un homme croisé un jour dans la rue et un détecteur de fumée défectueux. La catastrophe spatiale l’a marqué le 11 juillet 1979, lorsque Skylab s’est abîmée dans l’hémisphère sud. Première station spatiale de la NASA et plus grand engin jamais retombé sur Terre, Skylab était inhabitée depuis le retour de son dernier équipage en février 1974, dans l’attente d’une relève qui n’est jamais arrivée...
Sous l’effet conjugué de l’intensification des rayons solaires et de la diminution des molécules d’air, la trajectoire de Skylab a été déviée. La station a alors été happée par l’atmosphère terrestre avant de se désintégrer au-dessus de l’océan Indien, projetant des débris sur plus de 150 kilomètres dans une région faiblement peuplée de l’ouest de l’Australie.
Jonny Campbell précise : " La séquence d’ouverture s’inspire de ces événements authentiques, et Kiwirrkurra existe bel et bien. C’est la communauté la plus enclavée d’Australie."
Située à 700 kilomètres à l’ouest d’Alice Springs, Kiwirrkurra est le décor du prologue du film, au cours duquel le champignon intergalactique se répand sur Terre pour la première fois, au détriment du personnage incarné par Sosie Bacon.
Reiner Bajo
Concernant le deuxième élément d’inspiration, David Koepp explique avoir croisé, dans les rues de New York, un jeune vigile d’une vingtaine d’années auquel il s’est immédiatement identifié : "Je me suis dit que je voulais faire de cet homme-là le héros d’un film. J’adore placer un personnage banal dans une situation extrême et hors du commun. Le spectateur peut rapidement se projeter dans un contexte pareil. C’est le genre de film que je préfère."
Enfin, l’alarme du détecteur de fumée – troisième déclencheur du récit – trouve son origine dans la vie privée de l’écrivain, comme le précise Jonny Campbell : " Il y avait un détecteur de fumée qui avait été condamné dans sa maison et ça le rendait totalement fou de ne pas pouvoir identifier la source du bruit. Les bons auteurs se nourrissent de ce qui leur arrive au quotidien, 24 heures sur 24, sept jours sur sept."
Un scénario, puis un livre et... un scénario
À l’origine, David Koepp envisageait d’écrire directement un scénario pour Cold Storage. Mais au fil de l’écriture, le projet a pris une autre forme :comme il l'explique dans le dossier de presse : "Pour une raison que j’ignore, je me suis lancé le défi d’écrire une dizaine de pages pour mieux cerner les personnages. Puis une trentaine, puis une centaine… et j’ai bien dû reconnaître que c’était un roman. Ce travail d’écriture a été un vrai bonheur. "
Reiner Bajo
Il aura finalement fallu attendre sept ans pour que Cold Storage redevienne un film. David Koepp confie : "Quand le moment est venu d’écrire le scénario, ça a été plus aisé, car j’avais déjà une trame de film en tête pendant tout le travail d’écriture du roman. On n’oublie pas facilement ses réflexes acquis en trente ans d’écriture scénaristique."
Si en voyant Cold Storage, on pense forcément à The Last of Us, Jonny Campbell et David Koepp revendiquent d’autres influences majeures : The Thing de John Carpenter, L’Invasion des profanateurs (1978) de Philip Kaufman, Le Monstre (1955), Wake in Fright (1971) de Ted Kotcheff, la saga Tremors, ainsi que Shaun of the Dead pour son humour.
Porté par une mise en scène maîtrisée, un humour noir assumé et un casting aussi éclectique qu’efficace, Cold Storage évoque les grandes œuvres de science-fiction des années 1980. Un film jubilatoire à découvrir en salles.
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