Attention, spoilers ! Cet article revient sur la fin de la saison 1 de Spider-Noir. Si vous ne l'avez pas vue et ne souhaitez pas en connaître la teneur, ne poursuivez pas votre lecture.
Ben Reilly a sauvé New York. Mais à quel prix. Dans les derniers instants de la saison 1 de Spider-Noir, L'Araignée se retrouve seul, physiquement épuisé, ses pouvoirs défaillants... et surtout le cœur en miettes. Silvermane (Brendan Gleeson) est mort, certes. Mais Flint (Jack Huston), guéri de sa malédiction de l'Homme de Sable, repart avec Cat Hardy (Li Jun Li), la femme dont Ben (Nicolas Cage) est tombé amoureux.
Victoire amère, au sens le plus noble du terme. C'est précisément cette tonalité que le co-showrunner Oren Uziel revendique dans un entretien accordé à Collider. "Dans l'univers des films noirs, c'est comme ça que ça se passe. Tu ne pars pas avec la fille. Tu ne gagnes pas vraiment comme tu l'aurais cru", explique-t-il.
Ce dénouement n'est pas un accident de parcours, c'est la colonne vertébrale philosophique de toute la série. "C'est une histoire sur la tentation d'esquiver ses responsabilités envers ses semblables", confie Uziel à Collider. "Je voulais raconter l'histoire d'un type qui finit par assumer, par accepter le flambeau. La série dit : 'Sans pouvoir, sans responsabilité' parce que c'est tentant. Il y a une vraie séduction là-dedans." Ben a choisi de reprendre le masque en sachant qu'il n'y gagnerait rien de personnel. C'est précisément ce qui en fait un héros de film noir plutôt qu'un super-héros classique.
L'ombre de Casablanca sur le final
La scène où Cat repart avec Flint n'est pas tombée du ciel. Oren Uziel assume ouvertement sa référence : "Casablanca était un point de référence énorme pour cette série. Elle s'envole dans cet avion, et lui est là. C'est le début d'une belle amitié, mais ce n'est pas ce qu'il avait imaginé. Ce n'est pas ce qu'il voulait et pourtant on sent qu'il s'en sort mieux ainsi", dit-il à Collider.
Une fin digne des grands films noirs hollywoodiens, où le sacrifice du héros ne lui rapporte rien sinon une forme de paix intérieure, même fragile et incertaine.
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Noir et blanc ou couleurs : vraiment deux séries différentes
Le showrunner profite également de cet entretien pour revenir sur le choix esthétique le plus discuté de la série : proposer deux versions distinctes, l'une en noir et blanc, l'autre en couleurs. Et Uziel est catégorique. Ce ne sont pas deux habillages du même produit, mais deux expériences émotionnelles radicalement différentes.
"On a pris cette décision très, très tôt, et c'est peut-être la seule façon de procéder, mais cette prise de conscience est venue au montage, et c'était vraiment intéressant", raconte-t-il à Collider. "Au début, on montait en noir et blanc en y faisant attention, et puis on a réalisé qu'il fallait vraiment s'occuper de la couleur. Ce n'est pas la même série."
Concrètement : là où le noir et blanc rapproche le jeu de Nicolas Cage des grands détectives du cinéma classique – Humphrey Bogart, Edward G. Robinson – la version couleur transforme les mêmes scènes en quelque chose d'électrique et de chaotique, plus proche de l'univers des comic books et d'un film pulp. Deux lectures d'un même personnage, deux rapports au genre différents.
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Une saison 2 en vue ?
C'est la question que tous les fans se posent depuis la mise en ligne de la série. Uziel ne confirme rien d'officiel, mais ses propos laissent entrevoir que l'histoire de Ben Reilly est loin d'être terminée. L'état physique et émotionnel dans lequel se trouve le héros à la fin de la saison 1 (pouvoirs instables, cœur brisé, solitude totale) est moins une conclusion qu'un nouveau point de départ.
Le showrunner glisse à Collider que les "ennuis" pour Ben ne font que commencer. De quoi alimenter l'appétit des spectateurs qui, visiblement, n'ont pas fini d'arpenter les ruelles sombres du New York de L'Araignée.
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