Mort à 73 ans du réalisateur Medhi Charef, César de la Meilleure première oeuvre et prix Jean Vigo pour Le Thé au harem d'Archimède
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Révélé au cinéma en 1984 par son film "Le Thé au harem d'Archimède" qui remporta le César de la Meilleure première oeuvre et le prix Jean Vigo, l'écrivain et réalisateur Mehdi Charef s'est éteint à l'âge de 73 ans.

L'écrivain et cinéaste Mehdi Charef, connu notamment pour son film Le Thé au harem d'Archimède, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à 73 ans, ont annoncé sa famille et son éditeur à l'AFP : "Nous garderons de lui son immense générosité, sa douceur, sa poésie, son espièglerie et son inépuisable intérêt pour les êtres humains, envers et contre leurs fragilités et leurs contradictions" a déclaré sa famille dans un communiqué transmis à l'agence de Presse.

La révélation d'un Thé au harem d'Archimède

Né à Maghnia en Algérie en octobre 1952, Mehdi Charef arrive en France à l'âge de dix ans et vit dans des cités de transit et les bidonvilles de la région parisienne. Issu d'une famille d'ouvriers, il suit une formation de mécanicien et travaille à l'usine comme affuteur de 1970 à 1983.

Ecrivain, il débute en tant que réalisateur grâce à Costa-Gavras qui lui conseille de réaliser lui-même l'adaptation d'un de ses romans : Le Thé au harem d'Archimède. Cette chronique de la vie d'une cité HLM de la banlieue parisienne dans les années 1980 à travers le parcours de deux jeunes remporte le César de la meilleure première oeuvre et le Prix Jean Vigo. Le cinéaste continue à traiter de l'immigration deux ans plus tard avec son nouveau film, Miss Mona.

Adepte de sujets graves, il esquisse au travers de la plupart de ses films des portraits de femmes. En 1988, dans Camomille, il décrit une droguée en manque qui veut changer de vie. Dans Au pays des Juliets, sélectionné à Cannes, il suit la trajectoire de trois prisonnières.

Un premier rôle dramatique pour Muriel Robin

Avec Marie-Line en 2000, il donne à Muriel Robin son premier rôle dramatique qui lui vaut une nomination pour le César de la meilleure actrice. Avec La Fille de Keltoum l'année suivante, il revient dans son pays d'origine pour rendre un hommage aux Algériennes.

En 2007, il signait un autre très beau film, en grande partie autobiographique, Cartouches Gauloises, sur fond de Guerre d'Algérie. Un projet qu'il a mis longtemps à accoucher d'ailleurs : "cela ne s'est pas fait tout de suite parce que je craignais les gens : Français, Harkis, Algériens... La vision que j'avais de la guerre n'était pas celle des adultes, et je le savais. Je suis d'une génération où mon père me disait qu'il fallait se taire quand on habitait dans un pays étranger, et surtout ne pas faire de politique, ni de manifestations" nous racontait-il lorsque nous nous étions entretenu avec lui.

Son dernier film est Graziella, sorti en 2015; une chronique d'une rencontre entre deux existences cabossées sur fond de milieu carcéral, dans laquelle il dirige l'actrice Rossy de Palma face à Denis Lavant.

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Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.
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