Aujourd’hui considéré comme un monument du cinéma, Scarface n’a pourtant pas fait l’unanimité à sa sortie en 1983. Le remake signé Brian De Palma, porté par Al Pacino dans le rôle du trafiquant de drogue Tony Montana, avait divisé la critique en raison de son extrême violence et de son langage cru. Avec le temps, le long-métrage est cependant devenu une œuvre culte, dont l’influence se ressent encore aujourd’hui aussi bien chez les cinéastes que dans la musique ou la culture populaire.
Comme le rappelle FarOut Magazine, si Brian De Palma est indissociable du film, il ne faut pas oublier qu’un autre grand nom d’Hollywood a largement contribué à son succès : Oliver Stone. À l’époque, le futur réalisateur n’était pas encore une figure incontournable derrière la caméra et s’était chargé d’écrire le scénario. Ironie de l’histoire, il avait d’abord refusé le projet, n’étant pas convaincu par le film original. Son script donnera pourtant naissance à des répliques devenues mythiques.
Deux refus qu’Oliver Stone n’a jamais digérés
Scarface marquait la première collaboration entre Stone et Pacino, mais elle aurait pu intervenir bien plus tôt. Dans les années 1970, Oliver Stone développait déjà le projet qui deviendrait plus tard Né un 4 juillet. Al Pacino devait initialement y incarner Ron Kovic, avant de se retirer, laissant le film bloqué pendant plusieurs années.
Et ce ne sera pas la dernière fois. Lorsque Sidney Lumet est pressenti pour réaliser Platoon, adapté d’un scénario écrit par Oliver Stone en 1976, Al Pacino est envisagé pour le rôle du sergent-chef Barnes. Le projet manque cependant de se concrétiser à plusieurs reprises. Au fil des années, d’autres producteurs et acteurs sont associés au film, notamment Michael Cimino et Emilio Estevez, avant que Stone ne reprenne finalement les commandes et réalise lui-même le film en 1986. Le rôle de Barnes revient alors à Tom Berenger.
Ces deux refus ont profondément marqué le cinéaste, qui ne s’en est jamais caché. En 1989, Oliver Stone règle même publiquement ses comptes avec l’acteur. “Pacino est un crétin”, a déclaré Stone à People (via The Stacks Reader), avant d’ajouter : “Sa carrière est fichue”.
Universal Pictures
Une prédiction qui s’est révélée totalement fausse
Pourtant, refuser des rôles a toujours fait partie de la manière de fonctionner d’Al Pacino. Au fil de sa carrière, il a décliné des personnages devenus mythiques, parmi lesquels Travis Bickle, John Rambo ou encore Han Solo. Des choix qui lui ont parfois attiré les critiques de plusieurs grands décideurs d’Hollywood, sans pour autant mettre un terme à sa carrière.
Au contraire, Pacino a continué à enchaîner les rôles marquants. La preuve avec ses retrouvailles professionnelles avec Oliver Stone en 1999 dans L’Enfer du dimanche. L’acteur y interprète Tony D’Amato, l’entraîneur de l’équipe fictive de football américain des Miami Sharks.
Cette collaboration était très attendue après des années de tensions entre les deux hommes. Pourtant, le film n’a pas rencontré le succès espéré et est souvent considéré comme une œuvre mineure dans la filmographie des deux artistes. Une conclusion loin de justifier plus de dix ans d’attente... mais qui n’aura en rien confirmé la prédiction d’Oliver Stone sur la carrière d’Al Pacino.
Leur première collaboration, Scarface, est aujourd’hui à redécouvrir sur Netflix. Pour ce qui est de L’Enfer du dimanche, direction Ciné+ OCS.
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