Tout au long de sa carrière, Oliver Stone s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus prolifiques et ambitieux d’Hollywood. Avant même de passer derrière la caméra, il avait déjà signé les scénarios de classiques comme Midnight Express et Scarface. Une fois lancé dans la réalisation, son rythme de travail est devenu impressionnant.
À la fin des années 1980, il enchaîne ainsi Salvador, Platoon, Wall Street, Conversations nocturnes et Né un 4 juillet en seulement trois ans, avant de sortir la même année The Doors et JFK. Pourtant, malgré cette cadence infernale, un film l’a plus éprouvé que tous les autres.
Sorti en 1999, L’Enfer du dimanche (Any Given Sunday) marque un véritable tournant dans sa carrière. Ce drame sportif porté par Al Pacino, dans le rôle de l’entraîneur des Miami Sharks, une équipe fictive de football américain, réunit également Cameron Diaz, Dennis Quaid et James Woods.
Malgré son succès, le tournage s’est révélé particulièrement éprouvant. Entre un budget considérable et une distribution composée de nombreuses fortes personnalités, Oliver Stone finit par ressentir le besoin de prendre du recul.
Comme il l’a confié à la BBC en 2003 : “En 1999, j’ai réalisé L’Enfer du dimanche, un film extrêmement éprouvant, et il était temps de faire une pause. Comme vous le savez, dans les années 90, les budgets des films hollywoodiens ont explosé : ce qui coûtait 19 millions de dollars au début des années 90 atteignait désormais les 50 millions.”
Des budgets toujours plus importants… et une pression grandissante
Selon plusieurs sources, L’Enfer du dimanche a bénéficié d’un budget d’environ 55 millions de dollars. À titre de comparaison, Platoon avait été tourné avec seulement 6 millions de dollars, tandis que JFK, pourtant bien plus ambitieux sur le papier, avait coûté environ 40 millions.
Pour Oliver Stone, cette inflation des budgets allait de pair avec l’évolution d’Hollywood et du sport professionnel, dont il s’inspire dans le film. Il expliquait d’ailleurs à Entertainment Weekly (via FarOut Magazine) que le football américain était devenu une “industrie démesurée”.
Warner Bros.
Le réalisateur se retrouvait ainsi confronté à des attentes toujours plus élevées de la part des studios. Comme il le résumait lui-même : “Il s’agissait donc de plus en plus de marketing, de budgets plus importants, d’egos plus démesurés. C’est tout simplement très difficile de travailler dans ce système – non pas que j’y ai renoncé, mais j’avais juste besoin d’une pause.”
Cette parenthèse l’éloigne d’Hollywood pendant quelques années. En 2002, il se rend à Cuba pour réaliser un documentaire consacré à Fidel Castro. Ce film, premier volet d’une trilogie d’entretiens avec des dirigeants controversés, n’a jamais été distribué aux États-Unis. Oliver Stone poursuivra ensuite cette série avec South of the Border, centré sur Hugo Chávez, puis Conversations avec Poutine en 2017.
Ironiquement, après avoir quitté Hollywood pour souffler, le cinéaste reviendra rapidement aux superproductions. Dès 2004, il réalise Alexandre, une fresque historique consacrée à Alexandre le Grand, dont le budget dépasse de près de 100 millions de dollars celui de L’Enfer du dimanche. Malgré l’épuisement provoqué par ce dernier, Oliver Stone n’avait donc pas renoncé aux projets hors normes.
L’Enfer du dimanche est aujourd’hui à revoir sur CINE+ OCS, ou encore SFR Play.
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