"Je me suis lassé" : en arrêtant de chanter dans ses westerns, John Wayne a lancé une star
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Bien avant de devenir une légende du western, John Wayne incarnait un cowboy chanteur ! Mais un détail embarrassant l’a poussé à arrêter… permettant au passage à une autre future star de prendre sa place.

Lorsqu’on pense à John Wayne, difficile de l’imaginer interrompre une poursuite à cheval pour pousser la chansonnette, guitare à la main. C’est pourtant exactement ce que l’acteur a dû faire au début des années 1930, bien avant que sa collaboration avec John Ford ne fasse de lui l’une des figures incontournables du cinéma américain.

À cette époque, Wayne est encore loin du statut de star qui sera bientôt le sien. Et une curieuse tentative pour profiter d’une nouvelle mode hollywoodienne va même l’amener à devenir, pendant quelques films, un cowboy chanteur... sans réellement savoir chanter ni jouer de la guitare.

John Wayne dans “La Piste des géants” Twentieth Century Fox
John Wayne dans “La Piste des géants”

John Wayne devient “Singin’ Sandy”

Tout commence après La Piste des géants, ambitieux western de Raoul Walsh qui devait installer John Wayne parmi les grandes vedettes du moment. Mais le film ne rencontre pas le succès espéré et la carrière de l’acteur ne décolle pas.

Wayne trouve alors principalement du travail auprès de petites sociétés de production aux moyens particulièrement limités, souvent associées à ce que l’on surnommait la “Poverty Row”. C’est dans ce contexte qu’il rejoint Paul Malvern Productions, qui décide en 1933 d’exploiter un genre alors en train de se développer : le western musical.

John Wayne se retrouve ainsi à incarner “Singin’ Sandy” dans Les Cavaliers du destin. L’expérience se poursuit ensuite avec L’Homme de l’Utah en 1934, puis Westward Ho et Lawless Range en 1935. Ces quatre westerns sont réalisés par Robert N. Bradbury.

Seulement voilà : le futur monument du western n’a pas vraiment les talents musicaux de son personnage. Il ne maîtrise pas la guitare et ses capacités vocales ne sont pas davantage à la hauteur. Pour entretenir l’illusion à l’écran, il mime donc les chansons tandis qu’une autre voix se charge de les interpréter.

“Je pense que j’ai assez chanté”

Ce procédé aurait pu continuer encore quelque temps si John Wayne ne s’était pas retrouvé confronté à un problème inattendu. Le public, et notamment les plus jeunes spectateurs, était persuadé que c’était bien lui qui chantait dans ses films.

Lors l’une interview accordée à la BBC en 1969, l’acteur racontait avec humour pourquoi il avait fini par demander à son studio de mettre un terme à cette étonnante facette de sa carrière :

Je me suis lassé de [chanter] dans les films. En pleine poursuite, je devais m’arrêter au creux d’un arbre et jouer de la guitare ! Et quand je faisais des apparitions publiques au studio ou aux cinémas, les enfants me demandaient de chanter. Je suis donc allé voir le patron et je lui ai dit : ‘Je pense que j’ai assez chanté.’ Il est donc allé voir le chanteur hillbilly le plus populaire de l’époque pour continuer ce genre-là avec lui, et c’était Gene Autry. Il a débuté comme ça.

Autrement dit, tant que la supercherie restait cantonnée à l’écran, Wayne pouvait s’en accommoder. Mais lorsqu’on commença à lui demander de reproduire ses performances musicales en public, la situation devint nettement plus compliquée.

John Wayne et Sheila Bromley dans “Westward Ho” Republic Pictures
John Wayne et Sheila Bromley dans “Westward Ho”

Son départ ouvre la voie à Gene Autry

En renonçant aux westerns chantants, John Wayne va également, selon son propre récit, contribuer indirectement à l’ascension d’un autre cowboy appelé à devenir extrêmement célèbre : Gene Autry.

Contrairement à Wayne, Autry possède précisément les qualités recherchées pour ce type de productions. Il s’impose rapidement comme l’une des grandes figures du cowboy chantant et mène une carrière particulièrement prolifique. Il apparaît dans près d’une centaine de films en moins d’une décennie avant de bâtir un véritable empire dans les médias, notamment grâce à la télévision et à la radio, et de devenir également propriétaire d’une équipe de baseball.

John Ford va finalement tout changer

De son côté, John Wayne reste encore plusieurs années cantonné aux productions modestes et aux westerns de série B. Son immense carrière est pourtant sur le point de prendre un tout autre chemin.

Il faudra attendre qu’un certain John Ford lui offre l’un des rôles déterminants de sa filmographie dans La Chevauchée fantastique. Sorti en 1939, le western change radicalement le destin de l’acteur et contribue à façonner l’image qui restera associée à John Wayne pendant des décennies.

Le cowboy chanteur peut alors définitivement ranger sa guitare : une légende du western est en train de naître.

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini
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